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N° 185
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Khalid Tritki

Karim Tazi (DR)
Textile. Le plan de relance dévoilé

L'association marocaine des industries du textile et de l’habillement (Amith) peut enfin respirer. Le plan de relance pour lequel elle a bataillé depuis le début de l’année verra enfin le jour. Karim Tazi, son président a dévoilé le contenu du plan lors de l’assemblée générale ordinaire de l’Amith, tenue jeudi 14 juillet à Casablanca. Ledit plan prévoit des mécanismes de financement relookés. Dans le cadre du Foman, l’apport en fonds propres des entreprises se limite à 10%, au lieu de 20% auparavant. L’engagement des fonds peut aller jusqu’à 40%,
avec un plafonnement à 5 millions de dirhams. Un fonds de restructuration servira à sortir les entreprises de la crise d’endettement. Le montant est plafonné à 20 millions de dirhams et sera offert à des taux allant de 5,3% à 6,8%. La banque est tenue de traiter le dossier dans un délai de 8 semaines au maximum. Les demandes de crédits doivent être appuyées par des business plan bancables réalisés avec le concours de l’agence de la PME. Cette obligation, si elle est respectée, évitera que le fonds de restructuration ne serve qu’à récupérer les cautions personnelles (villas et appartement hypothéqués). à cela s’ajoute l’alignement fiscal des fournisseurs sur le régime des producteurs de produits finis. Sans oublier que le gouvernement a promis d’autres mesures fiscales pour 2006. Les frais portuaires seront revus à la baisse, grâce à la libéralisation du secteur. Il reste à ramener les transporteurs à la raison, notamment en réduisant les coûts et en respectant les Incoterms (règles établissant la responsabilité au niveau du commerce international). Et in fine, le fonds de promotion sera de 20 millions de dirhams.


Télécoms. Méditelecom global

Le deuxième opérateur de téléphonie mobile vient de décrocher une place dans le fixe. L’Agence Nationale de Réglementation des Télécom lui a accordé trois licences, la boucle locale, le backbone et l’international. La nouvelle est telle que Othmane Benjelloune, PDG de Méditelecom, présidera lui-même la prochaine sortie médiatique, prévue cette semaine pour annoncer la stratégie de l’opérateur. Les deux autres concurrents sont toujours en compétition pour le lot restant. Orascom et Maroc Connect ont été priés de présenter des informations complémentaires. Selon l’agence, cela prendra du temps avant de les départager. à noter que la concurrence porte sur l’offre avec la mobilité restreinte. L’heureux gagnant aura non seulement des licences fixes, mais pourra dans 18 mois exploiter la téléphonie mobile.


Imprimerie. Fin d’un monopole

Le quotidien Al Ahdath Al Maghribiya n’est pas seulement passé à la couleur et n’a pas seulement changé de format, il a aussi importé une "rotative bobine" de 3 étages pouvant imprimer jusqu’à 40.000 exemplaires par heure, avec sécheur intégré. "Le monstre", comme l’appellent affectueusement ses propriétaires, aura coûté la bagatelle de 62 millions de dirhams. Un investissement titanesque, appelé à être amorti sur 10 ans. Outre Al Ahdath, dont le tirage est aujourd’hui à 100.000 exemplaires/jour, la nouvelle machine pourra aussi imprimer des magazines en couleurs à tirage élevé. Jusqu’à présent, seule l’imprimerie casablancaise Idéale avait cette capacité. Un monopole est brisé.



Les off

Un bateau de pêche appartenant à la société gérée par Khadija Doukali, présidente de la Fédération des Industries de la Mer, a été saisi pour créance non honorée. Cela ne l'a pourtant pas empêché de prendre la mer sans documents de bord (l’acte de nationalité, licence, assurance...). Le ministère de tutelle a demandé à la marine royale de l'intercepter. Chose qui n’a pas encore été faite à la rédaction de ces lignes.

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Cette semaine sera décisive pour l’affaire opposant Azeddine Lakhouaja au groupe Saoudien Dallah Al Baraka. Deux affaires en justice seront jugées mardi et mercredi. L’une en appel à Marrkech, porte sur l’éviction de la société Helios, locataire du Palais des roses international (PRI). La deuxième audience, prévue à Agadir, concerne l’annulation de l’augmentation de capital de PRI.


Industrie. L’offshoring en 2006

Le ministre de l’Industrie et du Commerce, Salaheddine Mezouar a (re) présenté sa stratégie industrielle au sein du conseil national du patronat. Alors que tout le monde s’attendait à l’annonce des actions de concrétisation, les patrons présents n’ont eu qu’une présentation des méthodes utilisées par le cabinet Mckinsey et des bribes sur l’avenir de la stratégie. De cette réunion, il ressort que le volet offshoring sera opérationnel à partir de 2006. Des mesures d’incitation et de financement seront prévues dans la prochaine loi des finances. Pour le reste, il faut prier et attendre. Selon des indiscrétions à Rabat, la copie de Mezouar peine à décrocher l’aval royal. Les 700 mesures dictées par Mckinsey seront difficiles à concrétiser et le gros du blocage réside dans le financement et les baisses fiscales.


Banque. Dictature à la BCP

Le PDG de la banque centrale populaire (BCP) est tombé dans le piège de l’abus. En violation des statuts de la banque, il a pris la décision de décharger le directeur des grandes entreprises et institutionnels de ses fonctions. Ce n’est pas un licenciement, mais une mise à l’écart qui n’a pas été justifiée. Après deux ans de tentative de conciliation, Fouad Kohen sort de son mutisme et adresse une lettre à Diwan Al Madalim. Selon cette missive, Omary, fort de ses pouvoirs, a désigné un intérimaire à la place de Kohen sans respecter la procédure de passation des pouvoirs. Autrement dit, si l’intérimaire fait un faux pas, c’est Fouad Kohen qui en portera le chapeau. Bizarre qu’un PDG ignore ses statuts à ce point. Si ce n’est pas de la vindicte, c’est sûrement de l’abus de pouvoir.



Khalid Tritki
Bravo

La sortie de Hassan Chami dans l’hebdomadaire La Vérité est unique dans son genre. Non seulement le patron des patrons s’est déchaîné, mais il a dépassé les limites qu’il s’est toujours fixé, certainement pas par pudeur. Ses déclarations tranchent par leur ton direct et leur teneur hautement politique. Savourez cette certitude : "[Il] n’aurait pas accepté d’être Premier ministre" si le poste lui avait été proposé dans les mêmes conditions que celles imposées à Driss Jettou. Sur ce dernier, Chami est catégorique : l’homme
veut faire, mais "on lui a coupé l’herbe sous les pieds". Le pouvoir de la Primature est amputé, car le Premier ministre ne peut sanctionner un bras cassé, ni le renvoyer. Les entreprises payent des impôts lourds sans garantie de contrepartie. En gros, Chami n’y est pas allé par quatre chemins. Il a pris des risques en affichant ainsi le fond de sa pensée et son soutien à Driss Jettou. Les faucons de Rabat ne le rateront pas. Et il ne faut pas s’étonner si demain on apprend que Hassan Chami aurait usé de manœuvres peu orthodoxes pour s’enrichir, alors qu’il était fonctionnaire de l’état. Il est ainsi averti.
Revenons à la raison de cette sortie musclée. Pourquoi un patron paisible, en fin de parcours institutionnel, choisit-il si ouvertement son camp ? La critique de Hassan Chami est adressée aux courtisans du Palais. Le message est clair : le Maroc gagnerait à clarifier ses rouages décisionnels. Qui fait quoi est le point nodal de la renaissance marocaine.

 
 
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