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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Driss Bennani

"Mohammed VI brille dans mes yeux"

Antécédents
Mouna Fettou
Comédienne
1988. Premier cours d’art dramatique
1989. 1er rôle dans "Un amour à Casa"
1991. Premier prix d’interprétation au festival de Meknès
1998. Mariage
1999. Naissance de son fils
2005. Joue le rôle de Ghita Ben Barka dans "J’ai vu tuer Ben Barka"
Smyet Bak ?
Mohamed Fettou.

Smyet mok ?
Amina L'hrouti.

Nimirou d’la carte ?
A 32 31 93.

La dernière fois au commissariat, c’était pourquoi ?
Je le vous dirai la prochaine fois que vous m'interviewerez.

Dites-moi quand c'était, j’essaierai de remonter dans nos fichiers…
C’était le 4 mai 2005. Mais je n’en dirai pas plus.

Je reviendrai, alors. Entre 1988 et 1991, vous avez joué votre plus grand rôle et eu votre premier prix. Vous voulez tout faire très vite ?
C’est le hasard, c’est tout. Abdelkader Lagtaâ faisait son casting et il m’a choisie pour son film. C’était un coup de chance, mais depuis, je crois que j’ai fait mes preuves.

Commettre le premier baiser du cinéma marocain (dans Un amour à Casablanca) était la meilleure manière d’entrer dans le milieu ?
Mais il n'y avait même pas de baiser ! Il n'y a eu que des suggestions. On a tout dit à propos de ce film. Certains disaient qu’il contenait des scènes pornographiques, il n’en est rien. Je crois que c’est plutôt le thème du film qui a dérangé. Une histoire d’amour à trois. Une fille qui tombe amoureuse du père, puis du fils en 1989, ça avait de quoi choquer. De quoi déranger notre société.

Vous campez le rôle de l’épouse de Ben Barka après avoir joué celui d’une détenue politique dans Jawhara. Vous vous politisez pas mal, dites donc !
Ce n’est pas une stratégie de carrière. Il était intéressant de faire Jawhara à un moment où on était enfin libre d’évoquer des sujets pareils. Dans "J’ai vu tuer Ben Barka", c’était un honneur de participer à un film qui parle d’un grand homme comme Ben Barka. Ma participation est finalement symbolique puisque le tournage a duré deux jours seulement et que le film tourne autour de la mort de Mehdi Ben Barka.

Vous ne vous êtes pas posée trop de questions avant d’accepter de jouer dedans ?
Pourquoi, tant qu’on relate ce qui s’est passé ? En plus, c’est une co-production.

Vous avez fait 8 films en 15 ans de carrière. Cela fait de vous une star ?
Parce que ça existe ? On refuse de créer le star system. J’ai l’impression que les réalisateurs ne croient pas en leurs acteurs, alors qu’ailleurs, ils les adulent. Au lieu de cela, ils se battent pour de l’argent qu’ils investissent en technique. Ils oublient que le star system peut créer une industrie.

Est-ce qu’une star qui fuit les mondanités en est une ?
Bien sûr, une actrice n’est pas forcément mondaine.

S’il ne devait y avoir qu’une star dans ce pays, ce serait qui ?
Mohammed VI. Il brille dans mes yeux. Et je ne le flatte pas en disant cela.

Qu’est-ce que vous faites quand vous ne tournez pas ?
Beaucoup de sport, de danse orientale. Je m’occupe de mon fils, je lis beaucoup. Je vais au théâtre, au cinéma, etc.

Cela fait 30 minutes que personne n’est venu vous saluer dans ce café. C’est frustrant ?
Non, du tout. C’est très agréable de voir de l’admiration dans les yeux des gens, c’est flatteur. Mais l’anonymat est tout aussi agréable, des fois.

Si demain, vous vous présentez aux élections, ce serait avec quel parti ?
Un parti intègre, qui défend la femme et le peuple.

Ça existe ?
Certains le prétendent.

Le sourire, c’est un trait de caractère ou une arme marketing ?
Je ne sais pas me vendre, je suis nulle en marketing. Je ne sais rien vendre d’ailleurs. Le sourire est
naturel chez moi, c’est comme un miroir.

Vous avez déjà refusé des rôles à Saâd Chraïbi, votre mari ?
Oui, le dernier est un rôle dans le téléfilm Demande d’emploi qui ne m’a pas convaincue.

 
 
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