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Pages coordonnées par Abdeslam Kadiri

Londres. La piste des"kamikazes locaux"

Hassib Hussein(AFP)
On pensait que l’enquête serait lente et difficile. Elle a pourtant vite et bien avancé. Dans un communiqué publié le 13 juillet, le gouvernement britannique a officiellement attribué les attentats du 7 juillet à Al Qaida. Quatre jeunes Britanniques d’origine pakistanaise ont été identifiés comme les auteurs des attaques ayant visé trois rames de métro et un bus londoniens. Trois d’entre eux vivaient à Leeds, dans le nord de l’Angleterre, le quatrième à Luton, à cinquante kilomètres de Londres.
Aujourd’hui, c’est la stupeur qui prévaut en Grande-Bretagne face à des kamikazes "faits maison". Dominique Thomas, auteur de Londonistan, la voix du djihad, estime qu’il s’agit de
"jeunes réislamisés, qui ne se reconnaissent ni dans l’islam pakistanais traditionnel, ni dans le mode d’intégration britannique". Reste à savoir comment ces jeunes gens se sont trouvés happés par une logique jihadiste internationale. Toujours selon Dominique Thomas, il est peu probable que les idéologues du Londonistan - sanctuaire d’islamistes exilés en Grande-Bretagne avant le 11 septembre pour profiter du laxisme britannique en la matière – aient joué un rôle dans les attaques.
Il s’agit en tout cas des premiers attentats-suicide commis en Europe occidentale. Les enquêteurs craignent toujours une deuxième attaque. Ils recherchent le cerveau de l’opération, qui serait lui aussi d’origine pakistanaise, ainsi qu’un universitaire égyptien qui aurait quitté la Grande-Bretagne à la veille des attentats.

I.B.A



Égypte. Grand nettoyage médiatique

Le régime égyptien a remercié une vingtaine de rédacteurs en chef de la presse gouvernementale, pour se donner une nouvelle image à l’approche des élections présidentielles de septembre et législatives de novembre.
L’état s’est donc débarrassé des gardiens du temple, en place depuis plus de vingt ans et qui dispensaient "la voix officielle" du pays. Des noms comme Ibrahim Nafie (d’ Al-Ahram) et Samir Ragab (Al-Gomhouriyya) qui donnaient une piètre image du régime (corruption, népotisme…) ont dû céder la place à des jeunes, nommés par le Sénat.
Ce nettoyage s’explique par une guerre entre la vieille garde, qui entourait le président Moubarak, et la nouvelle qui a les faveurs de son fils, Gamal, chef du PND au pouvoir. L’opposition a salué du bout des lèvres la nouvelle.


Turquie. Paix fragile avec les Kurdes

L'état turc s’inquiète de voir les attentats des séparatistes kurdes se multiplier sur son sol, et gagner en intensité, débordant des zones sensibles, au sud-est du pays, pour atteindre les villes du sud-ouest .
Après l’attentat de Kusadasi, les Faucons de la liberté du Kurdistan ont revendiqué celui de Cesme et promettent d'autres attaques. Selon la police, ils seraient une émanation du PKK d’ Abdullah Öcalan.
Le climat s'était pourtant nettement détendu depuis deux ans, à la faveur des réformes d’Ankara en vue d'une adhésion à l'Europe. Depuis, les escarmouches entre l'armée et la guérilla se sont multipliées. L’armée turque craint que le désordre irakien où elle est engagée n’ encourage les Kurdes à rallumer les vieux rêves sécessionnistes d'un grand Kurdistan.



Vite !

Au moins 150 personnes sont mortes, mercredi 13 juillet, dans un accident ferroviaire provoqué par la collision de trois trains de passagers dans la province de Sindh, au sud du Pakistan. L'accident a eu lieu sur la grande ligne ferroviaire reliant les deux grandes villes du pays, Karachi et Lahore. Il serait dû à un problème de signal lumineux.

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L'ex-PDG de l’opérateur télécoms américain WorldCom, Bernard Ebbers, 63 ans, a été condamné, mercredi, par un tribunal new-yorkais à 25 ans de prison. Il est coupable de fraude, complot, falsification et fausses déclarations aux autorités boursières (SEC). La faillite de WorldCom avait été déclarée en juillet 2002 après des malversations comptables qui ont été estimées à 11 milliards de dollars !


Palestine. Gaza et la Cisjordanie bouclées

Au lendemain de l'attentat suicide, mardi 12 juillet, devant le centre commercial de Netanya, Ariel Sharon a décidé de verrouiller tous les fronts. L'armée a bouclé la Cisjordanie et Gaza, fermant les check points et interdisant aux Palestiniens, même munis d'une carte de travail, de se rendre en Israël.
Le terroriste venait de la région de Tulkarem et l’attentat a été revendiqué par le Jihad islamique. L'armée israélienne continue sa recherche du noyau dur du Jihad installé dans la ville.
Au Sud, depuis mercredi, la bande de Gaza est doublement bouclée. Comme en Cisjordanie, les Palestiniens ne peuvent plus sortir de leur territoire. Mais Sharon a aussi posé une main de fer sur les 21 colonies israéliennes qui doivent être évacuées de Gaza à la mi-août.


Liban. Un attentat qui brouille les pistes

L' attentat à la voiture piégée auquel a échappé, mardi, l’ ex-ministre de la Défense, Elias Murr a brouillé les pistes au Liban, au moment où le nouveau gouvernement allait être formé.
Contrairement au journaliste Samir Kassir ou à l’ex-chef du Parti communiste, George Hawi, E. Murr n' est pas un opposant à la Syrie. Au contraire, il était ministre de l'Intérieur en août 2001, au temps de la tutelle de Damas sur le Liban. Cet attentat prouve que les anciennes lignes de clivage entre pro et antisyriens ne sont plus d'actualité.
Deux hypothèses : E. Murr s’était rapproché de Rafic Hariri peu avant sa mort. Cet attentat visait alors à "liquider tous les témoins de l’assassinat de Hariri", selon le chef druze W. Joumbatt. Ou bien E. Murr a été pris comme cible en raison "des informations qu’il avait concernant les allées et venues des organisations terroristes dans le pays", d’après Michel Aoun.



Lu pour vous.
La loi d’Uribe
(El Pais du 13 juillet)

Éditorial

Le président colombien est venu avec un engagement ardu à Madrid. Uribe devait non seulement convaincre Zapatero des vertus de sa Loi de justice et de paix, mais obtenir de ce dernier qu’il se convertisse en l’avocat de Bogota auprès de l’UE. La loi prévoit de démobiliser 13 000 paramilitaires et un petit nombre de guérilleros, qui combattent les FARC avec leurs propres armes. Indépendamment ou avec l’accord tacite de l’armée colombienne.
Zapatero est convaincu que la voie d’Uribe est la bonne pour éradiquer une force qui pratique la guérilla de la terreur. Son rôle sera de le faire comprendre à l’Europe. Si le président colombien a obtenu un succès étonnamment rapide à Madrid, Zapatero, lui, n’aura pas la tâche facile face à l’UE. Le passé trouble et la générosité corruptrice d’Uribe freineront l’UE.
Zapatero était bien disposé à écouter, car il n’a pas oublié qu’Uribe s’est montré conciliant avec les ventes d’armes espagnoles au Vénézuela, un pays qui soutient pourtant les FARC...
La vérité, c’est que l’opinion colombienne appuie en majorité cette pacification et que parfois, il ne faut pas être plus royaliste que le roi. La guerre colombienne contre la guérilla et les paramilitaires dure depuis quatre décennies. Un pays épuisé réclame la fin de la violence. Les états-Unis appuient et financent une grande partie de l’effort de guerre, alors que l’aide européenne est peu significative. L’Espagne se trouve cette fois du côté de l’Oncle Sam.

 
 
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