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N° 186
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Khalid Tritki

Mohand Laenser (DR)
Pêche. Un accord contestable

C'est désormais officiel, le Maroc et l’Union Européenne négocieront un nouvel accord de pêche. Qualifié d'"accord nouvelle génération", il a pour base des propositions qui ne font pas l’unanimité. D’abord, les pêcheries des céphalopodes et des crevettes sont exclues de la base de négociation. C’était attendu, rien de surprenant à ce niveau. La branche est gérée à coup de quotas et la moindre ouverture vers l’étranger diminuera la part des Marocains. Les armateurs ne se laisseront pas faire. Mohand Laenser, ministre de l’Agriculture et de la
Pêche le sait. Ensuite, le Maroc offre l’exploitation des segments du pélagique et du palangrier. Or, dans le projet de code de la pêche qui n’a jamais abouti, un accord sur l’ouverture d’une pêcherie n’est possible que dans le cadre d’un plan d’aménagement établi précédemment. Ce n’est pas le cas actuellement. Le ministre promet, depuis sa nomination, un nouveau plan d’aménagement pour les pélagiques. Mais il n’arrive qu’à retarder l’échéance. Des observateurs s’interrogent sur les raisons réelles de ce retard. Laenser ne cherche t-il pas à signer l’accord de pêche avec l'UE avant de lancer son plan d’aménagement ? Attendons pour voir. Enfin, les propositions marocaines exigent le débarquement des prises dans les ports nationaux. C’est une bonne chose, mais cela reste symbolique. Il aurait été judicieux d’exiger que les prises passent d’abord par les halles avant de prendre la route vers l’Espagne.


Patronat. SOS Mezouar

La CGEM soutient le plan "émergence". Hassan Chami, patron des patrons, a organisé une conférence de presse, lundi 18 juillet à Casablanca, pour apporter son soutien à l’étude Mckinsey. Après moult contestations, la CGEM a finalement adhéré au plan. Rappelons que la confédération reprochait aux concepteurs de l’étude de ne pas avoir consulté les fédérations et associations professionnelles avant de remettre leurs conclusions. Des réunions ont finalement eu lieu et les deux parties ont trouvé un terrain d’entente. Selon des analystes proches de la confédération, la sortie de la CGEM n’est autre qu’un appui politique au gouvernement. Le plan "émergence" bloquait et il fallait une mobilisation des patrons pour pousser à sa concrétisation. C’est fait.



Les off

Nouvel assainissement à Rabat. Une centaine de dossiers d’hommes d’affaires sont passés au peigne fin. Objectif, épurer leur passif vis-à-vis de l’état. Un impôt non payé, une redevance de concession ou de licence d’exploitation… Dans le lot, des hauts gradés de l’armée, qui bénéficieront d’un traitement à part. Réseau politique et sécuritaire oblige.

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Des contacts ont été établis avec Miloud Chaâbi, patron du groupe YNNA pour qu’il réintègre la CGEM. Selon des sources concordantes, l’homme d’affaire aurait donné son accord de principe. Son retour est vraisemblablement programmé pour début 2006, date de la clôture des cotisations en préparation des élections de juin 2006.


Affaire. Dallah Al Baraka débouté

Dallah Al Baraka revient à la case départ. Mardi 21 juillet, la cour d’appel de Marrakech a annulé le jugement du tribunal de commerce d’Agadir. L’expulsion d’Helios n’a plus d’effet. La société gestionnaire de l’hôtel Palais des Roses rejoindra son poste incessamment. Et ce n’est pas fini. L’audience qui devait porter sur l’usage de faux documents pour augmenter le capital de PRI, la société propriétaire de l’hôtel, n’a pas eu lieu. La plainte déposée par l’associé de Dallah Al Baraka a été retirée. L’affaire sera portée devant le tribunal de commerce. Ce qui veut dire que le Saoudien est obligé de reprendre son contentieux depuis le départ. Et il risque d’avoir de mauvaises surprises. Pendant la période de l’expulsion d’Helios, c’est le Saoudien qui s’engageait auprès des fournisseurs de l’Hôtel. De grosses factures ne sont pas encore réglées.


Partenariat. La poste séduit Attijariwafa

Barid Al-Maghrib a signé le mardi 19 juillet avec Attijariwafa bank un accord de partenariat. Le deal porte sur les services que la poste pourrait assurer pour le compte de la banque. C’est un business très vaste qui peut aller du courrier hybride, à la messagerie, à l’assurance, au crédit à la consommation, à l’intermédiation boursière et aux services à valeur ajoutée. Barid Al-Maghrib fait jouer sa carte de déploiement pour attirer de gros clients. La poste dispose de points de vente qui couvrent la totalité du territoire, chose à laquelle ne peuvent prétendre les banques de la place. D’ailleurs Attijariwafa Bank n’est pas le premier à faire appel au réseau postier. Des sociétés de crédits à la consommation et d’assurance ont déjà amorcé ce virage.


Agroalimentaire. Cosumar vise haut

Le grand projet de Cosumar est en marche. La première phase de l’extension de sa capacité de production est achevée. Elle a coûté près de 800 millions de dirhams. Pour la campagne sucrière 2005, la capacité de traitement du site de Sidi Bennour a atteint 10.000 tonnes par jour. Et elle sera portée à 15.000 tonnes au terme de la prochaine saison agricole. Bien avant cette extension, la Cosumar était le leader du sucre au Maroc. Cela est surtout dû à son positionnement historique. Elle produit actuellement 68,4% du sucre à destination du marché national. Et ce n’est pas fini. La filiale de l’ONA se prépare à acheter l’une des sucreries de l’état, prochainement privatisable.



Khalid Tritki
L’après Chami

Hassan Chami a parlé. Que son intervention ait été calculée ou spontanée, cela n’a pas d'importance. Que son acte ait servi ou desservi Driss Jettou, cela aussi fait partie du passé. C'est l’avenir qui compte. La logique veut qu’après une telle sortie, la machine de récupération se mette en marche. Rappelez-vous que même avec un Chami docile, adepte de la langue de bois, la CGEM n’était pas à l’abri des convoitises. La veille des élections de juin 2003, les grands groupes ont mené une fronde pour mettre leur homme
à la tête du patronat. Une tentative justifiée. Le gros de l’économie n’avait pas sa voix dans le cercle très fermé des patrons. La donne a changé depuis. Chami, et donc la CGEM, était devenu l’appui politique de Jettou. Deux clans ont vu le jour : ceux qui sont avec le Premier ministre, et ceux qui courent pour l’entourage royal. Les deux se battaient par messages interposés dans l’attente du moment fatidique. Nous y sommes. Les faucons de Rabat laisseront-ils passer l'occasion de mettre la main sur la CGEM ? Logiquement, non. Les jeux semblent faits. Le patronat a peu de moyens de contrer la prochaine attaque. L’absence de leadership au sein de la confédération la met à la merci de la lame de fond qui se prépare. Les candidats déclarés à la présidence ne sont pas de taille. La mobilisation des membres croule sous les rivalités et les ambitions démesurées. La CGEM, vieillie, affaiblie, pourrait céder sans résistance.

 
 
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