Débat. Faut-il travailler POUR, AVEC ou CONTRE le pouvoir ?
Années de plomb. Pourtant, ils en rient...
Foot. La dream team du Maroc
Mariage mixte. La nationalité marocaine, qui en veut encore ?
Que deviennent les Oufkir ?
Témoignage. Mémoires de Oulad El Kariane
Contes & légendes. Kane ya ma kane
Reportage. Amsterdam, le paradis du haschich marocain
Enquête. Legs d'un duc à Tanger
Fictions. Si l'Histoire du Maroc m’était (re)contée…
N° 187
Webmaster
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Khalid Tritki

Les échéances de la rentrée

(AFP)
Pêche. La sardine aura son plan

Le nouvel accord de pêche a été signé jeudi 28 juillet à Bruxelles. Il autorise la flotte communautaire à dépêcher 119 bateaux dans le segment artisanal, une clause qui devrait déplaire aux professionnels de la pêche côtière. Les Marocains concèdent un quota de 60.000 tonnes sur la branche de la pêche pélagique (sardine, anchois, maquereaux, etc) par l’ouverture du stock C (situé à la zone sud) à la flotte européenne. 25% des prises du pélagique doivent être débarquées dans les ports marocains (celui de Dakhla surtout
étant proche de la zone de pêche visée). L’accord qui entrera en vigueur le premier mars 2006, porte sur 4 ans. Le Maroc percevra une redevance de 160 millions d’euros pour les 4 ans (440 millions DH par an). Une partie de cette somme sera dédiée à la mise à niveau, à la distribution, à l’alimentation du fonds de restructuration à la filière des barques. D’autres volets portent sur le partenariat et l’accompagnement. Ce qui retient le plus l'attention dans cet accord nouvelle génération est le fait qu’il constitue une rupture totale par rapport à la base de négociation de 1999. À l’époque, le Maroc interdisait l’extraction de la ressource et voulait pousser vers l’investissement à terre. Ce n’est plus le cas. La deuxième fait majeur est l’ouverture du stock C. Un haut responsable du ministère soutient que d’ici mars prochain, un plan d’aménagement sera mis en place. Espérons que pour cette fois, le plan d’aménagement sera soumis au débat et non pas imposé, comme les clauses du nouvel accord.


Transport maritime. La réforme avant la fin de l'année ?

Le dossier du transport maritime connaîtra des rebondissements. Tout laisse croire que Karim Ghellab, ministre de l’équipement et du transport, est déterminé à gagner la bataille du maritime. C’est un secteur bien particulier, dont la réforme attend depuis plus d’une dizaine d’années. Un premier projet a été élaboré, puis classé sans raison apparente. Fin 2003, une autre mouture a été préparée, cette fois avec l’appui d’experts internationaux, mais elle ne semble pas convaincante. Pour preuve, elle n’a jamais vu le jour. Selon des sources bien informées, la réforme bloquait dans l’attente de la restructuration du transporteur national. La situation financière où se débattait la Comanav à l’époque ne la qualifiait pas à devenir un champion national. Depuis, un contrat programme a été signé et la société recapitalisée. Actuellement, que la société s’en sorte ou pas, la réforme ne peut plus attendre. Surtout que les négociations sur les services sont déjà entamées au sein de l’OMC.


Télécoms. Bientôt la fin du supense

Maroc Connect et Orascom ont jusqu’à fin août pour apporter le complément d’information que l’agence de régulation leur a demandé. Et ils n’ont pas intérêt à rater le coche. Il y va de la licence fixe, l’unique qui reste à attribuer après la désignation de Médi Telecom comme le deuxième opérateur fixe du Maroc. Vers la moitié de septembre, l’agence se prononcera sur qui sera l’heureux gagnant. Pour être de la partie, les deux candidats doivent convaincre sur deux volets, la stratégie de déploiement du réseau et les engagements financiers. La démarche du régulateur est intelligente. Son astuce réside dans le fait qu’il laisse la possibilité aux opérateurs de fixer leurs propres contraintes. Plus l’opérateur met la barre haute, plus il a de chance de décrocher la licence. Ses engagements formeront le cahier de charges et s’imposeront à l’heureux gagnant.


PME. Des assises décisives

Les troisièmes assises de la PME se tiendront en septembre. La fédération de la PME compte sur cette édition pour tisser un réseau africain. Mais l’enjeu ne réside pas à ce niveau. Les assises promettent la signature d’un gentleman agreement entre la fédération et les banques. En vertu de cet accord, les deux parties s’engagent à jouer franc jeu. Cela se traduira par plus d’engagement de la part des banquiers sur la base de comptes certifiés. Pour la PME, le pari réside dans l’adoption de la culture de la transparence et du management moderne. Une autre convention avec les experts comptables est prévue à cet effet. Ces derniers auront à certifier les comptes et donc attester de la bonne conduite des candidats aux financements.


Budget. Oualalou à l’épreuve

Fathallah Oualalou, ministre des Finances se tire les cheveux. L’élaboration de la loi des finances est entamée dans un climat de tension. Les contraintes budgétaires ne lui laissent pas le choix : prix du pétrole instable, campagne agricole incertaine, croissance faible… Mais le plus dur reste à faire. à deux ans des élections, la tentation de rompre avec l’attentisme est grande. Mais le courage et les moyens n’y sont pas. Pour preuve, l’argentier du pays doit mobiliser des fonds pour résoudre le problème de la retraite. Rien que dans le cas de l’OCP, la facture dépasse 30 milliards de dirhams. Sans oublier que croissance ou pas, le ministre des Finances est tenu de mettre de l’argent à la disposition de l’Initiative Nationale pour le Développement Humain. Et comme à l’accoutumée, l’argentier va vers la facilité : éviter toute baisse notable des impôts et augmenter les impositions sur la consommation. La baisse de l’IGR demeure un fantasme, alors que la TVA risque de nous jouer des tours. Attendons la rentrée pour voir.



Khalid Tritki
À la porte du roi

Le ministre de la Justice doit, en homme d’état, choisir qui recevoir et à quelle requête donner suite. En homme sous pression, il reçoit ceux qu’on lui conseille vivement de voir. Jusque-là, il n’y a rien à dire. C’est la nature du poste. Sauf qu’une rencontre, du troisième type sans doute, lui restera en travers de la gorge. Il a reçu les représentants de Dallah Al Baraka. Suite à quoi, ces derniers lui ont adressé, en mars, une missive très salée. Le ton est vindicatif, méprisant et insolent. Elle commence par une phrase qui en dit
long : "Suite à notre entretien (...) le groupe Dallah Al Baraka vous rappelle qu'il est insatisfait du traitement que subissent nos investissements". Vous avez certainement deviné que la missive visait l’affaire de l’hôtel Palais des Roses. Mais, comme moi, vous ne comprenez pas pourquoi le groupe parle de tous ses investissements. Des investissements généralement sans lendemain. Dans sa lettre, il stigmatise les hauts responsables du ministère qui lui ont proposé de régler ses problèmes à l’amiable. Mais paradoxalement, sa stratégie marche. Puisque les décisions des juges, juste après la lettre, lui ont été favorables. La tendance ne s’est renversée que dernièrement. Et devinez quoi, le groupe, insatisfait qu’il est, risque de taper encore plus haut que le ministre. Ira-t-il jusqu’à frapper à la porte du roi ? Sans doute, ses introductions l’aideront. Et la rentrée nous dira si l’entourage du roi se laissera duper par les manœuvres d’un ex-grand groupe dont il ne reste que des vestiges et des langues acérées.

 
 
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est © 2009 TelQuel Magazine. Maroc. Tous droits résérvés