Comment jauger la bonne foi du Palais ?
- Quel est votre degré de confiance dans le Palais, aujourdhui ?
Lahbib. La monarchie fait partie des institutions. Il faut se demander si elle a suffisamment évolué et si elle est prête à établir un contrat aux termes bien définis, avec des individus, des partis, des ONG, etc. Or, Aujourdhui, dans la configuration actuelle, il me semble que le Palais est ambivalent. Tantôt il semble accompagner le vu de démocratisation, tantôt il prend des mesures qui vont à lencontre de cette volonté.
Abdelmoumni. Si ambivalence il y a, elle ne peut se concevoir que dans des actions à court terme. Parce que cest normal davoir des avancées et des reculs dans limmédiat. Le comble est quil ny a pas dambivalence sur le moyen et le long terme. La monarchie refuse toujours de reconnaître la souveraineté populaire, et donc rejette la démocratie comme option. Elle ne prend pas sa responsabilité dans linduction du changement au niveau du système politique et économique, et se contente de mesures cosmétiques, aux niveaux social et culturel. Dans un tel contexte, je pense que nous ne pouvons pas accorder à la monarchie le crédit dun positionnement mitigé de "ni oui ni non".
Moudden. Aujourdhui, la conception de létat comme unité monolithique incapable de se réformer, tel que le percevait la gauche, est dépassée. Après un demi-siècle, au regard des résultats concrets, il faut juger de ce qua apporté létat marocain, comparé aux autres acteurs (partis, ONG, etc). Je pense, personnellement, que son apport, à ce niveau au moins, est de loin plus positif.
Filali. Le roi a hérité dun pouvoir très étendu. Cest un fait, mais il gouverne avec des acteurs, sociaux, politiques et économiques. Le produit final est laddition de lapport des uns et des autres. Donc, attribuer la volonté de changement à la monarchie, cest aller trop vite en besogne. Si réforme il y a, elle ne peut être que le résultat dune interaction. Il ne faut sous-estimer ni les acteurs en place, ni la pression internationale.
Benali. Je pense que pour rétablir la confiance, il va falloir définir un nouveau contrat social et dépasser le système dallégeance. Il faut que létat accepte lexistence de réels contre-pouvoirs et se débarrasse de cette politique traditionnelle qui consiste à dompter et domestiquer tous ceux qui sortent de la ligne de conduite tracée. Il faut que la monarchie accepte détablir les grandes lignes dun contrat moderne qui lamènerait à régner sans gouverner.
El Yazami. Je ne parlerais pas en termes de défiance ou de confiance à légard de la Monarchie. On peut très bien avoir une monarchie exécutive dun côté et une société qui sy oppose de lautre. Je suis plus sensible à la dynamique sociale à loeuvre. Or, nous lavons vu à lIER, la société marocaine est capable de se transformer. Il suffit de se comparer un peu plus avec dautres pays pour quon sen rende compte plus clairement.
Si le pouvoir se concentre au Palais, captez-vous des signaux indiquant sa volonté de réforme ?
El Yazami. Dans le domaine des droits de lhomme, lévolution est le résultat dune alliance entre états, ONG et experts. Cela nécessite de travailler avec les états tels quils sont, mais avec un objectif précis : influencer leurs agendas et priorités. Historiquement, rien ne sest fait sans un acteur politique central et fort. Au Maroc, la monarchie lest incontestablement. Alors, on travaille avec elle.
Lahbib. Les signaux sont le résultat dune interaction entre la société et létat. Voyez le CCDH. Il a longtemps été dévalorisé et considéré comme un appendice du Palais. Aujourdhui, suite à la dynamique qui la traversé, il est revalorisé. Pensez à la Fondation Mohammed V. On sest longtemps révolté contre sa culture de harira. Résultat, aujourdhui, lINDH vient comme une autocritique cinglante de lapproche qui y a été faite de la lutte contre la pauvreté.
Est-ce suffisant pour croire en la bonne foi de la monarchie ?
Abdelmoumni. Le fait quil y ait eu au sein du Palais un Guédira, et aujourdhui dautres personnalités suffisamment libérales pour apprécier la dynamique sociale, est la règle la plus élémentaire dun état. Le problème est ailleurs. Il faut se demander si nous navons pas besoin dune expression autonome, forte, qui traite dégal à égal avec un pouvoir complètement concentré entre les mains de la monarchie.
Moudden. Si létat offre des possibilités pour que des intérêts divergents le traversent, tout dépend de la capacité des acteurs en place à les exploiter. Or, quobservons-nous au Maroc ? Cest létat, beaucoup plus que tous les autres acteurs, qui a su capter et refléter les intérêts qui traversent la société. Nous lavons remarqué sur lamazighité, le droit des femmes et (en attendant le bilan final) le travail sur les années de plomb. à chaque fois, une volonté de létat est venue corroborer une dynamique sociale.
Filali. Concernant la femme, lamazighité et les droits de lhomme, il est erroné de juger la décision du roi comme déterminante. Il ne faut pas oublier quà un moment donné, la monarchie a été un facteur de blocage pour tous ces dossiers-là et que sans la pression de la société civile et des autres acteurs politiques qui les ont mises sur la place publique, ils nauraient pas avancé.
Peut-on negocier avec le Makhzen ?
Une volonté royale ne tombe pas du ciel. Comment faire pression pour la provoquer ?
Moudden. Vous touchez le maillon faible de la pratique politique au Maroc. On ne sait pas encore très bien comment cibler les alliés potentiels au sein de létat et comment neutraliser les opposants potentiels.
Benali. On commet généralement une grossière erreur, en oubliant le rôle fondamental que joue la scène internationale. Abderrahmane Youssoufi ne la jamais compris. Conséquence, au lieu de négocier, il sest rendu. Personnellement, je pense quun contrat équitable est possible, parce que le contexte international lexige. Or, notre société marocaine est orpheline dune élite moderne. Parce que lélite actuelle sest dissoute dans le Makhzen. Elle se contente de chercher des Guédira, mais narrive pas à constituer une masse critique qui, sans sopposer systématiquement à létat, sen démarquait.
Filali. Combien même le Palais édicterait un dahir interdisant la corruption, cela ne suffirait jamais pour endiguer le fléau. Et puis, supposons quon veuille négocier avec le Palais, cela nécessite un contrat. Or, même sil sagit dun contrat d'adhésion, il faudrait pouvoir dire "non" quand on ny adhère plus. Chose difficile lorsque tout le monde fait le courtisan pour servir la démocratie exécutive.
Quelles garanties demander aux hommes du Pouvoir, pour être sûrs dun minimum defficacité en négociant ?
El Yazami. Les garanties, je ne les demande pas, je les observe. Dabord, je réalise, sur le plan international, que létat marocain se bat pour faire passer des réformes cruciales, mais bute sur le club de la Ligue arabe. Ensuite, concernant la Moudawana, je retiens une chose fondamentale : le fait quil y ait eu clivage montre que le corps social marocain est en même temps vivace et pacifié.
Filali. Concernant lIER, le risque est que létat, dans un contexte international pressant, cherche juste à montrer patte blanche en impliquant des personnes au dessus de tout soupçon. Et quil ninstitutionnalise pas les règles pour que ça ne se reproduise pas. Sur ce point, je ne suis pas sûr que les individus qui y ont cru (et cest légitime) ont demandé suffisamment de garanties.
Justement, pour sassurer que la réforme est possible, peut-on demander à un Makhzen imprévisible des gages viables ?
Moudden. La question des garanties nest pas simple. On peut estimer quil ne peut y avoir de garantie de réussite sans une réforme constitutionnelle qui reconnaisse la diversité et lautonomie des acteurs politiques. Comme on peut considérer le fait de lancer plusieurs chantiers, qui aboutissent et donnent des résultats rassurants et concrets pour la société (amazighité, femme), comme une garantie en soi. On peut les utiliser pour convaincre les libéraux au sein de lEtat dune réforme plus fondamentale ou pour affaiblir les conservateurs de tous bords.
Lahbib. Je pense que dans le cas de lIER, la garantie a été le contrat de départ, qui fut écrit noir sur blanc. Ce texte est laboutissement dune négociation, de plateformes révisées. Il y a même eu une promesse, dans les coulisses, pour que la dimension vérité soit prise en compte, si le texte nétait pas changé. Et la promesse a été tenue. Cétait inespéré. Comment un mouvement démocratique, faible, irait-il exiger dune monarchie hyper puissante dappliquer ce quil demande lui, élément lambda, sans rien y changer ? Il ne faut pas rêver. Pour moi, la seule garantie est le fait que létat remplisse les termes du contrat tels quils ont été définis à la base. Ce serait déjà énorme.
Abdelmoumni. Jirai plus loin. La plus grande garantie serait que létat prenne conscience quil nous mène droit dans le mur. Ce ne sont pas ces questions là (femme, amazighité, années de plomb) qui résoudront nos grands problèmes de croissance ou de travail. Il faut accepter de faire des ruptures lourdes et de revoir les priorités. Comme il est nécessaire que létat comprenne, une fois pour toutes, quon a besoin dacteurs qui ne se définissent ni dedans ni dehors, mais ailleurs. Cela donnerait beaucoup plus de souffle à la société et rétablirait sa confiance envers létat.
El Yazami. Je ne suis pas daccord. Une dynamique, comme celle de la Moudawana, qui libère la moitié de la société, contribuera inévitablement à régler les problèmes économiques. LIER ne permet pas uniquement dindemniser des victimes de lère Hassan II. La réconciliation permet de se mettre daccord sur des termes (torture, disparition forcée, etc) à bannir des agissements de létat. En prenant lespace public pour en délibérer, des énergies peuvent être durablement libérées.
Benali. Cest très optimiste. Je pense que le Makhzen a une attitude vicieuse. à chaque fois quun acteur social développe un projet autonome, il cherche à le soumettre. Résultat, nos élites nont ni projet ni stratégie de négociation pour demander des garanties.
Filali. Je pense que létat mappartient aussi. à Transparency, on se comporte en gouvernés et non en sujets. En allant voir un responsable, on lui dit : "il est de ton devoir de faire ceci ou cela". On ne va rien solliciter de lui. Létat, cest vous et moi. Il est censé être à notre service.
Le fait que la négociation se fasse, parfois, dans les coulisses entre des individus des deux bords et non entre institutions, ne comporte-t-il pas un risque de décrédibilisation ?
Lahbib. Toutes les négociations, sur lobservation des élections et les violations graves des droits de lhomme, se sont faites avec les institutions. Lorsque Youssoufi na pas eu le courage de prendre en charge les dossiers (de la femme, par exemple), on a été obligés, par souci defficacité, daller voir dautres structures de létat. Maintenant, les individus peuvent être un élément facilitateur. Je nexclus pas, demain, daller masseoir à titre individuel avec des personnalités de létat, si cela devait servir les négociations et la cause défendue.
Abdelmoumni. Je suis daccord. Nous avons un discours extrêmement populiste sur tout ce qui concerne la négociation politique. Le plus important est de savoir sur quelle base est menée la négociation, à partir de quelles propositions, etc. Je suis daccord que lefficacité devrait être le critère majeur. Mais il sagit, à mon sens, plus dune efficacité historique que temporaire. Aujourdhui, ce qui me gêne est que le Palais tient par lalimentaire à décrédibiliser nos élites. Et si ces dernières sont vouées à elles-mêmes, cest faute de propositions concertées qui les prémunissent.
Certains croient quen salliant avec le Palais, ils peuvent renforcer laile libérale en son sein. Est-ce que cela ne risque pas de les affaiblir, plutôt ?
Moudden. Il y a une idée reçue, selon laquelle la société ne peut coopérer avec létat sans être récupérée et affaiblie. Or, sur des chantiers précis (encore une fois la femme et lamazighité), dans lesquels il y a eu des réalisations, laile réformatrice en est sortie gagnante.
Benali. Dans le cas de la Moudawana, laile réformiste a certes gagné. Mais la gauche na pas su faire fructifier cette victoire. à la place, elle sest réfugiée derrière le roi. Ce ratage na fait que renforcer davantage la monarchie.
El Yazami. On peut dire que cela confère plus de pouvoir à la monarchie, comme on peut dire quil renforce létat. Or, on a besoin dun état fort. Je ne crois pas à un contre pouvoir qui existerait en soi, ailleurs. Je trouve, par contre, quil y a des dysfonctionnements dans la relation entre intellectuels, ONG et état.
Filali. Il ne faut pas oublier que les forces de blocage sont bien positionnées, au Palais, dans le gouvernement, au sein des partis, etc. Mais au lieu de croire quelles vont disparaître, je préfère batailler pour des réformes qui leur enlèveraient leur assise. En demandant que les marchés publics deviennent plus transparents et que limpunité soit combattue, Transparency sattaque indirectement à tous ceux qui, au sommet de létat, se croient au dessus des lois. Je ne parle pas du roi, mais de tous ceux qui agissent en son nom et dont le cercle sélargit, sans cesse.
Comment préserver son independance ?
En évitant la négociation avec le Palais, le seul centre de pouvoir actuel, que reste-t-il, dans la perspective davancer ? Lindépendance empêche-t-elle le réalisme ?
Abdelmoumni. Je suis daccord que létat est le principal facteur de changement. Cest malheureux. Cest à cause de la politique dinhibition et délimination des élites. Mais cest un fait inévitable. Aujourdhui, je ne récuse absolument pas de me rapprocher de létat pour uvrer à infléchir sa politique et ses attitudes. Mais je dis que cette interpellation doit se faire en privilégiant des espaces majeurs où la société nest pas un simple appendice de létat et de son centre de pouvoir, la monarchie. Par ailleurs, je veux bien quil y ait de la contribution et de léchange, à condition que cela ne puisse pas être perçu comme de linstrumentalisation par un état qui cherche essentiellement à se perpétuer dans son statut moyenâgeux.
Cette prudence permet-elle daboutir à des résultats tangibles ?
Benali. Prenez Alternatives. Elle se conçoit plus comme un think tank et cherche surtout à comprendre la société. Sil nous arrive de sortir avec une idée claire pouvant inspirer un projet de société, cest le mieux qui puisse nous arriver. Pour ce faire, il faut sattacher à son autonomie. Surtout que nous navons pas déchéances politiques qui nécessite une quelconque frénésie. Rien ne nous empêche donc de pousser la réflexion jusquà ses limites pour bousculer la société.
Filali. Vous savez, les associations cogitent. à linverse des partis, leur objectif nest pas darriver au pouvoir. Si leurs idées passent ou sont réappropriées par dautres, cest lessentiel. Je vois mal des associations se dissoudre pour aller au gouvernement. Si des individus le font, ils cessent de faire partie de la société civile. Le parcours des personnes nous importe dans la mesure où il comporte des risques de domestication. Dautant que la puissance de captation des élites par le pouvoir est très grande.
Benali. Le Makhzen narrive surtout pas à comprendre que lon puisse se battre dabord pour une société de liberté. Or, si on se met à négocier le droit à cette liberté, cela voudrait dire quon se prépare à servir.
El Yazami. Je ne pense pas que lon est plus pur ou plus crédible lorsquon reste loin de létat. Il faudrait à mon sens réfléchir en terme darticulation et non dopposition. On peut établir des stratégies daction avec létat, dun côté, et avec la société de lautre. Lorsquon ma demandé en tant que secrétaire général du FIDH de rentrer à lIER à titre personnel, jai pensé pouvoir agir de lintérieur et peser avec la société civile de lextérieur. Et puis, il ne faut pas loublier, dans la relation avec un état, on peut se marier à un moment puis divorcer plus tard.
Filali. La raison dêtre des intellectuels et militants associatifs est lindépendance par rapport à létat. Surtout lorsque cet état est autocratique. Une fois dedans, on ne peut utiliser quun discours formaté.
En restant hors du pouvoir, quest-ce qui vous empêche de passer de la réflexion au lobbying ? En étant plus entreprenants, ne seriez-vous pas encore plus autonomes ?
Benali. Vous savez, cest aux partis et aux syndicats de faire du lobbying. Nous sommes en tout et pour tout, à Alternatives, 300 personnes. Impossible de faire pression. On peut tout juste briser des tabous.
Abdelmoumni. Ce qui me rend sceptique par rapport à la capacité à faire pression, cest labsence de stratégie de part et dautres. On demeure, tout de même, soit dans le système ou à sa marge, des électrons libres qui flottent sans centre de gravité.
Lahbib. Je ne suis pas daccord. Nous avons accumulé suffisamment de batailles pour être en mesure de parler avec létat. Reste à savoir jusquà quel point ce même état est prêt à écouter les voix qui proviennent de la société. Là, tout dépend des interlocuteurs. Lexpérience de lutte contre la corruption la montré, le ministre partisan en charge du dossier a plus été clientéliste que juste. Par contre, sur la question des droits de lhomme, on peut même se demander si, à la fin, on nest pas en train dinstrumentaliser létat. Il nest tout de même pas évident quun roi accepte de mettre son père sur la sellette.
Filali. Il est vrai quon peut préserver son autonomie en allant discuter avec létat. Durant la première expérience gouvernementale de "moralisation de la vie publique", nous sommes partis parce que le comité en charge du dossier navait pas respecté ses engagements. Aujourdhui, il y a plus découte. On se reconnaît dans lénoncé. Donc, on accompagne. Mais on reste vigilants.
Moudden. Lexemple de Transparency montre quon nest plus face à ce Makhzen, qui plus tu ten approches, plus il tabsorbe. Aujourdhui, la relation à létat est limitée, relative. Et il est de la responsabilité de chacun de définir ce quil a perdu ou réussi en sen approchant. Jinsiste là-dessus, lindépendance est fondamentale, elle permet de préserver un réservoir de valeurs. Mais lindépendance nest pas une fin en soi. Il faut voir ce quelle nous permet de réussir. Dans mon expérience à lIER, jai pu voir que les associations des droits de lhomme n'ont pas mobilisé à fond leurs ressources pour faire des propositions, contrôler leur réalisation, suivre le processus de près et contracter des alliances quand il le faut.
Benali. La société civile a fait montre, par contre, dune grande capacité de manifestation et de mobilisation. Sur laffaire des satanistes, elle a réussi pour la première fois à mobiliser des citoyens en faveur de la liberté. Ça compte.
Le Palais monopolise presque les ressorts de financement parallèle. Est-ce un argument de plus pour sen méfier ou pour sen approcher ?
Lahbib. Méfions-nous des jugements hâtifs. Aujourdhui, non seulement je suis au courant du budget de la fondation Mohammed V (elle a un site), mais en plus, je sais quelle a changé de cap et commence à financer sans conditions des projets sur des thématiques hier taboues. Cest le cas de Solidarité féminine et de lAmsed. Par contre, il ny a aucune transparence au sujet du budget social de la Primature.
Abdelmoumni. Je nirais pas jusquà dire que la fondation Mohammed V, qui ne vit que de la proximité du Palais, exige un acte dallégeance préalable. Mais le fait quelle accapare lespace, réduit terriblement les choix. Elle devient le seul recours après la bénédiction divine. Surtout que loffre de financement est faible et que la demande est immense.
Moudden. la recherche des fonds nous apprend lessence de la politique, la relativisation de nos exigences et lacceptation des compromis.
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