Internet. Farid le cyber-diable
Mauritanie. Chronique d'un putsch
Chronique. Musique et hold up mental
Reportage. Imilchil, au delà de la carte postale
Automobile. Le roi des collectionneurs
N° 189
Webmaster
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Khalid Tritki


(AFP)
Maroc. Le choc pétrolier est déjà là

à plus de 70 dollars le baril de pétrole, le Maroc est au bord de l’asphyxie. Deux augmentations des prix à la pompe (un dirham en cumul par litre) n'auront pas suffi. Une autre hausse est inévitable. À l’instar des précédentes, cette hausse ne sera qu’une action ponctuelle. Le problème demeurera entier. Deux réunions sont prévues début septembre avec le ministre de l’énergie (dit "Monsieur tout va bien") et le Premier ministre. Au menu : l’indexation sur les prix internationaux. C’est un système qui a un effet de miroir. Une hausse du brut au niveau
mondial se répercutera sur les prix à la pompe au Maroc. Il faut juste s’assurer que le système jouera également en cas de baisse. Le comble est que les hausses successives de l’or noir n’ont pas incité les tuteurs de ce secteur à préparer une étude d’impact. Elle est, paraît-il, à l’ordre du jour. De même qu’il est inconcevable, selon des distributeurs, que l’état continue à encaisser presque 50% du prix du carburant sans verser la part des intervenants sur le marché du pétrole. L’ardoise a atteint les 4 milliards de dirhams que la Caisse de compensation doit verser aux distributeurs et au raffineur. Ce manque à gagner se traduit en frais financiers, car les acteurs du secteur recourent au crédit bancaire pour financer leur activité. Le choc pétrolier est déjà là et la situation, vue les contraintes du budget, est intenable.


Libre échange. Statu quo sur les accords

Les accords de libre-échange signés avec les états-Unis et la Turquie ne sont pas encore mis en application. Les Américains subordonnent la ratification de l’accord à la réforme des lois marocaines sur la propriété industrielle et intellectuelle. Les officiels marocains le savent depuis un bout de temps, mais aucun projet de loi n’est prêt à l’adoption. En revanche, l’accord avec la Turquie attend toujours la promulgation des dahirs. Rappelons que le Maroc a fait pression pour que l’Union européenne lui accorde une dérogation. L’objectif est de profiter du cumul diagonal avant que la Commission européenne ne tranche sur cette question. Le comble est que la dérogation a été obtenue mais n’a pas été mise à profit. Les textes devant la rendre applicable n’ont pas été publiés.



Les off

Les faucons du Palais s’intéressent de près au sort de la CGEM. Selon des sources jugées fiables, un proche du monarque encourage Meryem Ben Salah à se présenter comme candidate à la présidence du patronat. Un autre proche du roi encouragerait Kamil Benjelloun à maintenir sa candidature. La bataille promet d’être rude pour succéder à Chami.

------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Les inspecteurs du travail font des visites surprises aux entreprises. Objectif: vérifier si les patrons sont en conformité avec la loi. Des cas d’absence des cartes de travail ont été enregistrés ainsi que le non-respect de la clause sur les délégués du personnel. Selon la loi, au-delà de 10 salariés, un délégué du personnel est obligatoire.


Emploi. Les mesures de la rentrée

Les 22 et 23 septembre, le gouvernement tiendra ses assises de l’emploi. Notons d’abord que cette date a été retenue sous pression. Le roi voulait apparemment que son Premier ministre annonce des mesures concrètes le plus tôt possible. Trois grandes mesures sont programmées. La première concerne la qualification pour l’emploi. Des cycles de formation de courte durée serviront à requalifier des demandeurs d’emploi pour des métiers bien précis. Seconde mesure : le gouvernement proposera l’exonération d’une partie de l’IGR contre l’emploi d’un jeune. Le taux de l’abattement n’est pas encore connu. Enfin, la troisième mesure consiste en l’encouragement de la création de l’auto-emploi. Des mesures incitatives pour la création de micro entreprises seront mises en place.


PME. Les assises repoussées

La fédération de la PME a repoussé la date de la tenue de la troisième édition de ses assises. Les organisateurs ont été priés de surseoir à leur opération pour permettre au Premier ministre de tenir ses assises sur l’emploi les 22 et 23 septembre. Les organisateurs ont mis à profit ce décalage pour trouver une nouveauté : les assises offriront, en novembre, un espace pour les jeunes porteurs d’idées de créations d’entreprises. Une enveloppe financière symbolique (50.000 DH) sera attribuée aux meilleures propositions. La Banque Centrale Populaire, partenaire financier de la fédération, pourrait apporter un plus en soutenant les idées les plus porteuses. Pour le reste, le programme est inchangé. Les assises se focaliseront sur l’environnement régional de la PME et seront l’occasion pour la signature d’un arrangement avec le secteur bancaire.


Industrie. émergence bientôt ?

Selon des intervenants au congrès de l’Association internationale des sciences économiques, le Maroc annonce bientôt sa nouvelle stratégie industrielle intégrée. Il s’agit du plan Emergence connu sous le nom de stratégie Mckinsey. Après vérification, il s’avère que la dite stratégie n’a pas encore été présentée en haut lieu. Ce qui veut dire qu’elle n’a pas encore été finalisée. De sources fiables, le cabinet qui a réalisé cette stratégie craint que ce retard ne mette sa crédibilité en péril. Les conclusions de la stratégie sont périssables si elles ne sont pas appliquées dans un laps de temps raisonnable. Et tout laisse croire que ce sera le cas.



Khalid Tritki
Le flou

L'année 2006 pointe sur fond de flou économique. Le gouvernement a, certes, de quoi meubler le vide qu’il a installé par manque de réactivité. Il reste cependant plusieurs inconnues dans l’équation. La création d’emplois, acte politique par excellence, repose sur la pérennité de l’entreprise. Petite ou grande, elle a besoin de règles claires. Les réformes que les politiques mettent en avant ne sont souvent que de la poudre aux yeux. Pour preuve, la loi sur la concurrence sommeille encore. Vous imaginez une économie de
marché qui n’applique pas ses lois concurrentielles? La justice, épine dorsale de la liberté d’entreprendre, demeure hasardeuse. Ne dit-on pas que l’issue d’une affaire en justice est l’équivalent d’un coup de poker ? Les accords de libre-échange signés en grande pompe ne sont pas encore en vigueur. En gros, le système de gouvernance laisse gravement à désirer. La nouvelle ère n’a apporté que des aménagements techniques. La politique des grands chantiers a démontré ses limites et l’INDH vient lui sauver la mise. Mais le développement du pays ne se limite pas à cela. Ce qui manque à ce royaume heureux, c’est la confiance dans le système. Les têtes pensantes à Rabat ne l’ont pas encore compris. Ils se félicitent de leur génie autoproclamé et prennent plaisir aux courbettes des affairistes. Conclusion : La vieille dame qu’est le Maroc perd un peu de son charme chaque jour.

 
 
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est © 2008 TelQuel Magazine. Maroc. Tous droits résérvés