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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Driss Bennani

"On reproche à l'athlétisme de bien se porter"

Antécédents
Aziz Daouda
Directeur technique
national pour l’athlétisme
1951. Naissance à Rabat
1971. Entraîneur national adjoint
1972. Formation en éducation physique en Roumanie
1978. Élu à la Fédération royale marocaine d'athlétisme
1979. Doctorat en sciences de l'activité physique au Canada
2005. Directeur général des championnats du monde pour cadets de Marrakech
Smyet Bak ?
Ahmed Belhoussine.

Smyet mok ?
Lalla Mina Makhloufi.

On est obligé de garder le lalla, zaâma ?
Je ne sais pas, c'est ce qu'il y a sur l'état civil.

Nimirou d'la carte ?
A 178 076.

Comment vont vos doigts, Si Daouda ?
Bien, pourquoi ?

On se disait que vous avez dû vous les mordre souvent en regardant les championnats du monde d'Helsinki ?
Pourquoi, je n'ai pas à me mordre les doigts. Je ne suis responsable de la migration de personne.

Vous voulez dire que ça ne vous a rien fait de voir Rachid Ramzi remporter deux médailles d'or sous les couleurs de Bahrein ?
Non, pour deux raisons. La première est que ça doit faire d'abord quelque chose à ce gars-là. Ensuite, je n'étais pas responsable quand Ramzi est parti. Entre 2000 et 2003, j'ai pris trois années sabbatiques. Et de toutes les manières, cela fait un quart de siècle que l'athlétisme marocain se porte très bien.

Pourquoi ? Courir est un destin marocain ?
Non, nous n'avons pas toujours été bons. Mais disons que depuis 1978, nous avons de jeunes cadres marocains, qui sont de moins en moins jeunes d'ailleurs, qui adorent leur pays et qui se sont donnés entièrement à ce sport.

Vous parlez de vous, là ?
Je ne suis pas le seul. Nous sommes une équipe qui travaille dans des conditions très difficiles. Vous savez, la critique est art, alors que la médisance est à la portée de tous les médiocres. Le problème, c'est qu'il y en a beaucoup. On reproche à l'athlétisme de bien se porter. C'est quand même fou. En 1999, feu Hassan II a dit dans l'un de ses discours combien l'athlétisme a rendu service au Maroc. Ca balaye, à mon regard, toutes ces médisances.

Pourquoi ça ne marche pas aussi fort dans le foot, par exemple ?
Je crois qu'on a pris un très mauvais virage dans les années 70. Il y a eu une dévalorisation du cadre marocain. C'était comme si on avait des compétences marocaines pour tous les domaines sauf pour le foot. D'ailleurs, depuis que les cadres marocains ont repris la chose en main, nous avons de meilleurs résultats. Je crois bien que c'est un problème d'encadrement. Nous avons de nombreux cadres qui ont de grands diplômes et qui ne demandent qu'à être coachés.

Vous auriez été entraîneur, vous auriez viré Naybet ?
Professionnellement, Zaki a toute la latitude de gérer son équipe. Maintenant, sur un plan sentimental, j'aime beaucoup Naybet comme tous les sportifs qui font des choses pour le pays. Cette année a été la première où je n'ai pas fait courir Bidouane, Hissou ou El Guerrouj. C'est très difficile.

Ce n'est pas mieux pour les jeunes athlètes, finalement ?
El Guerrouj est le meilleur coureur de demi-fond de l'histoire, Bidouane est la femme la plus titrée du Maroc. Ce sont des résultats d'exception. Forcément, un jeune athlète ne peut rien donner face à ces ogres de l'athlétisme.

Ce n'est pas vrai. Pour une fois que vous ne l'avez pas sacrifié pour El Guerrouj, Kaouch a terminé deuxième…
Nous ne l'avons jamais sacrifié. La seule fois où il a participé à une victoire d'El Guerrouj, c'était en 1999 à Séville.
Kaouch arrivait pour la première fois en finale et n'avait aucune chance de gagner, la pression était énorme sur El Guerrouj. La stratégie a finalement payé, puisque c'est à Séville que Hicham a réalisé son record en championnat du monde.

Pourquoi vous n'aimez pas Saïd Aouita ?
Ce n'est pas vrai. En 1978, un grand athlète m'a contacté pour me présenter un jeune prodige à Fès. J'ai pris ma Fiat 127 pour aller le rencontrer et lui faire signer une licence avec mon club, l'OM-1919. C’était Saïd Aouita. D'ailleurs, j'ai continué à m'en occuper jusqu'en 1989. Depuis, il y a eu des développements malheureux, dont je ne suis pas responsable. Je dis qu'il y a de la place pour toutes les bonnes volontés. C'est tout.

 
 
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