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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Youssef Aït Akdim

France. Les imams radicaux expulsés

(AFP)
"On ne peut pas déchoir les gens de leur nationalité. On ne peut pas expulser les gens. Il ne peut pas faire ça !". Abderrahmane Ammari, l’imam de la mosquée d’Evry, refuse énergiquement d’y croire. Pourtant, Nicolas Sarkozy, le ministre français de l’Intérieur, l’a promis : une dizaine d’imams radicaux auront été expulsés du territoire français avant la fin août et d’autres seront déchus de leur nationalité française. Il s’agit de l’une des conséquences du durcissement du discours français après les attentats de Londres.
Selon Franck Louvrier, le conseiller pour la presse et la communication au Ministère de l’Intérieur, "six ou sept personnes ont été expulsées". On connaît les noms d’au moins
deux d’entre elles : Amar Heraz et Khellaf Hamam sont Algériens, le premier a été inculpé pour participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un acte terroriste, le deuxième est accusé d’avoir participé à la formation paramilitaire de jeunes activistes islamistes. "Je ne connais qu’une politique contre ces gens, la fermeté, les arrêter, les punir, les châtier, à Madrid, à Londres, à New York, partout. Jamais nous ne devons nous laisser aller à leur donner la satisfaction d’une division entre nous", a martelé Nicolas Sarkozy.
Annoncées en plein mois d’août, ces mesures n’ont pas fait couler beaucoup d’encre en France. On attend par ailleurs la présentation d’un projet de loi renforçant la lutte contre le terrorisme cette semaine. Il devrait, en entre autres choses, concerner la vidéosurveillance et la conservation des données téléphoniques.

Paris, I.B.A



Israël. Sharon capitalise

Après le succès de son plan de retrait unilatéral de Gaza, le Premier ministre Ariel Sharon est à nouveau confronté à une fronde à l'intérieur de son parti. Ariel Sharon a annoncé à la radio que les colonies israéliennes existantes en Cisjordanie ne resteront pas toutes en place, rejoignant là une majorité d'Israéliens qui y voient un pas nécessaire pour relancer le processus de paix. Au cours de la même interview, Sharon a attaqué son rival au sein du Likoud, Benjamin Netanyahu. "Il faut pour ceci, une sérénité intérieure, une faculté de jugement et des nerfs solides et il (Netanyahu) n'a rien de tout cela". Tenant d'un nationalisme dur, Netanyahu démissionnaire une semaine avant le début du retrait, a annoncé mardi qu'il briguait la direction du parti en vue des prochaines législatives. D'après un sondage publié mercredi par le quotidien Yédiot Aharonot, les Israéliens préfèrent de loin Sharon (54% de soutien) à Netanyahu (21%) pour exercer les fonctions de Premier ministre.


Liban. Hariri : l'enquête progresse

Le président de la commission internationale d'enquête sur l'assassinat de Rafic Hariri, Detlev Mehlis, pourrait se rendre en Syrie pour poursuivre ses investigations même si aucun suspect syrien n'a été "identifié". L'enquête a marqué ses premiers points, mardi, lorsque quatre hauts responsables pro-syriens de la sécurité libanaise -dont le chef de la Garde présidentielle en titre, les anciens directeurs de la Sûreté générale, de la sécurité intérieure et des Renseignements de l'armée - ont été arrêtés. également accusé par l'opposition, le président Emile Lahoud a fait savoir qu'il entendait "rester à son poste et remplir ses responsabilités". Créée par la résolution 1595, la commission d'enquête internationale a pour mission de faire la lumière sur les "circonstances et les responsabilités" dans l'attentat qui a coûté la vie, le 14 février à Beyrouth, à Rafic Hariri et à 20 autres personnes. Elle doit présenter son rapport au Conseil le 15 septembre.



Vite !

Un soldat marocain de l'ONU a été tué mercredi d'un coup de couteau à Bouaké (Côte d'Ivoire), bastion de la rébellion, au centre du pays. L'attaque a eu lieu peu après minuit alors que le soldat était en faction devant une école de police de la ville, a déclaré le porte-parole de l'ONUCI. L'identité des agresseurs reste inconnue. Au début du mois, un casque bleu togolais avait été blessé par une arme à feu à Abidjan.

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Une vingtaine de chefs d'état rassemblés à Gdansk ont fêté les 25 ans de Solidarnosc, premier syndicat libre de l'Europe de l'Est qui s'est opposé à l'ingérence soviétique dans les années 80. "Sans un seul coup de fusil, sans effusion de sang", a rappelé Lech Walesa. Au même moment, sur les chantiers navals de Gdansk, 200 syndicalistes ont organisé leur propre cérémonie pour protester contre la baisse d'activité et le chômage.


UE/Chine. Les chiffons fâchent

Un espoir de compromis est permis dans la crise qui oppose l'Union européenne à la Chine. Le commissaire européen au Commerce a demandé jeudi aux pays européens de débloquer les produits textiles chinois retenus dans leurs ports. La crise avait été provoquée par le dépassement rapide, dans certains produits, des quotas d'importation fixés pour 2005 dans l'accord signé le 10 juin à Shanghai. Pour obtenir le maximum de pièces avant son entrée en vigueur, les importateurs européens avaient obtenu des licences d'importation pour des quantités excédant largement ces quotas. La découverte du dépassement a conduit au blocage de plus de 80 millions de produits textiles chinois. Par ailleurs, la 4ème série des négociations sino-américaines sur les exportations textiles chinoises s'est achevée, jeudi, sans accord.


Irak. Mercredi noir à Baghdad

Un deuil chiite à Bagdad a tourné à la tragédie mercredi 31 août, se soldant par près de 1.000 morts, la plupart noyés ou piétinés, à la suite d'un mouvement de panique sur un pont du Tigre dû à des rumeurs sur la présence d'un kamikaze dans la foule. C'est la journée la plus sanglante connue par l'Irak depuis la chute de Saddam Hussein en avril 2003. Des milliers de pèlerins traversaient le pont séparant les quartiers Adhamiyah et Kazimiyah, au centre-nord de la capitale, pour rejoindre le mausolée du septième imam des chiites, Moussa al-Kazim, dont les chiites d'Irak célébraient l'anniversaire de la mort. Après avoir décrété un deuil national, le Premier ministre Ibrahim Jaafari est apparu à la télévision publique pour appeler à l'unité nationale. Il a aussitot ordonné la formation d'une commission d'enquête présidée par un juge. Auparavant, le président Jalal Talabani a privilégié la piste "terroriste", accusant la résistance sunnite.


USA. Un cyclone nommé Katrina

Le passage du cyclone Katrina a complètement ravagé le sud des états-Unis, faisant plusieurs centaines de morts. La Nouvelle-Orléans (1,4 million d'habitants, Louisiane) a été inondée à plus de 80%. "La dévastation dépasse nos pires craintes, c'est totalement accablant", a déclaré le gouverneur de la Louisiane, Kathleen Blanco. Le président George W. Bush est rentré à Washington mercredi pour coordonner les secours. Aucun bilan précis des victimes n'était disponible dans les trois états dont les côtes ont été frappées, la Louisiane, le Mississipi et l'Alabama. Mais l'ampleur des dégâts matériels est sans précédent. Dans le Mississippi par endroits, 90% des bâtiments ont été totalement détruits. Les réparations pourraient prendre longtemps, malgré l'intervention du génie militaire et de toutes les forces de secours. Par ailleurs, 95% de la production quotidienne de pétrole du golfe du Mexique a été arrêtée, relançant les cours du baril de pétrole brut, qui ont enregistré un nouveau record mardi à New York, à près de 70 dollars. Avant que le secrétaire à l'énergie Samuel Bodman n'annonce, mercredi, que les états-Unis vont puiser dans leurs réserves stratégiques pétrolières.



Lu pour vous.
Les 99,5% restants
(Ha'aretz, du 24 août 2005.)

Amira Hass

"En tant que juif, et à vous qui êtes juive", avait dit cet homme qui s'est avéré être un touriste sud-américain qui a de la famille en Israël et parlant l'hébreu. C'était au point de passage d'Eretz, entre les barbelés et les portes verrouillées, et ces haut-parleurs criant des ordres en hébreu à des femmes qui ont attendu cinq heures dans la chaleur pour rendre visite à leurs fils détenus dans la prison de Beer Sheva. "Est-il possible", poursuivit-il, "que les Israéliens qui sont tellement aimables et bons ne sachent pas quelle injustice ils ont causé ici ?" Le choc des visions de destruction qu'Israël laisse dans le Gaza palestinien et dont il avait été le témoin ces derniers jours se reflétait dans son regard. Si naïve fut-elle, cette question était comme une bouffée d'air frais. Voilà un juif qui donnait son opinion sur le sort d'un 1 300 000 êtres humains, pendant que le monde entier semble se focaliser sur chacun des 8 000 juifs qui déménagent. Voilà un juif ébranlé par ce qui est devenu une froide comptabilité : 1 719 Palestiniens ont été tués dans la bande de Gaza depuis septembre 2000 : les deux tiers n'étaient pas armés et n'ont pas été tués dans un combat ni dans une tentative d'attaquer une position militaire ou une colonie (...). Pour environ 0,5% de la population de la bande, les vies des 99,5%, ont été complètement bouleversées, détruites (...). Et ce qui étonne, c'est de voir comment la majorité des autres Israéliens, qui ne sont pas allés coloniser la patrie, ont supporté cette réalité et n'ont pas exigé de leur gouvernement d'y mettre fin.

 
 
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