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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Youssef Aït Akdim

États-Unis. Bush essuie une tempête politique

Georges W. Bush (AFP)
La catastrophe naturelle qui s’est abattue sur le sud des états-Unis prend des allures de Katrinagate à mesure qu’enfle la polémique sur l’incurie des secours. Le président Bush a annoncé vouloir une enquête "pour trouver ce qui s'était bien déroulé et ce qui s'était mal passé" dans la gestion des secours et décidé l'envoi de Dick Cheney dans les zones dévastées plus de dix jours après le passage du cyclone. Outre une enquête sénatoriale, plusieurs démocrates, dont Hillary Clinton, réclament une commission d'enquête indépendante, semblable à celle mise sur pied après les attentats du 11 septembre 2001. L’opposition réclame aussi la démission du chef de l'agence
fédérale de gestion des crises (Fema), Michael Brown, accusé d'incompétence. Pendant ce temps, à défaut de réponse humanitaire à temps, la Nouvelle-Orléans prend des allures de ville en guerre avec la présence de plus de 50.000 soldats en armes. Le président devrait demander une aide exceptionnelle de 50 milliards de dollars au Congrès. L'aide internationale continue d’affluer, les états-Unis ayant accepté l'assistance d'une quarantaine de pays et d'organisations. La réalité sociale – les scènes de pillage n’en sont qu’une illustration – de la première puissance mondiale a explosé au visage des Américains. Qualifié par certains analystes politiques de "second 11 septembre", Katrina pourrait marquer une inflexion dans le deuxième mandat de M. Bush et perturber son calendrier législatif, avec notamment le possible abandon de la réforme des retraites.


Tunisie. Tour de vis sécuritaire

Le régime de Ben Ali fait feu de tout bois contre ses dissidents, en cette rentrée, sans se soucier des (timides) pressions extérieures. Le départ de la campagne de répression a été donné fin août par la fermeture abusive, en absence de toute décision administrative ou judiciaire, du local de l’association des magistrats tunisiens (AMT). Avant que les autorités tunisiennes ne décident d’interdire au syndicat des journalistes tunisiens, qui milite pour la liberté de la presse, de tenir son premier congrès prévu pour le 7 septembre. Enfin, le tribunal de première instance de Tunis a décidé lundi 5 septembre de suspendre la tenue du congrès de la Ligue tunisienne des droits de l'Homme, suite à une plainte déposée par des membres de la LTDH du parti au pouvoir contestant la légalité de ces assises.



Vite !

Compromis dans une bataille bancaire où il aurait favorisé des investisseurs italiens, Antonio Fazio, le gouverneur de la Banque d'Italie, est poussé vers la sortie. Le gouvernement lui a demandé de se démettre, mais ne peut le révoquer, la banque centrale étant indépendante du pouvoir exécutif. M. Fazio a confirmé sa participation à la réunion ECOFIN vendredi.

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La Cour européenne des droits de l'Homme s’est saisie de la plainte d’une Irlandaise qui poursuit l'état irlandais pour avoir été contrainte d'avorter en Grande-Bretagne. D, porteuse d’un fœtus atteint de trisomie, n'avait pas obtenu le droit d'avorter. La loi irlandaise n'autorise l'avortement que si la grossesse met gravement en danger la vie de la mère.


Nucléaire. L’épreuve de force

L'Iran devrait rejeter le rapport de l’AIEA réagissant au redémarrage des activités de conversion d'uranium à l'usine d'Ispahan. L’Agence Internationale de l’énergie Atomique avait exigé le 11 août que l'Iran reprenne la "suspension volontaire" de ses activités. L'UE3, constitué du Royaume-Uni, de la France et de l'Allemagne, négocie depuis deux ans avec l'Iran sur son programme nucléaire et en avait obtenu la suspension depuis novembre 2004. D’après un rapport de l’IISS, le pays pourrait techniquement se doter d'une arme nucléaire d'ici cinq ans et une épreuve de force diplomatique avec l'Europe et les états-Unis pourrait être inévitable. Le prochain conseil des gouverneurs de l'AIEA doit décider le 19 septembre des "suites à donner" au refus de l'Iran de stopper ses activités nucléaires sensibles.


France. Jacques Chirac à l'hôpital

Le président français Jacques Chirac a été admis le 2 septembre à l'hôpital militaire parisien du Val-de-Grâce pour un "petit accident vasculaire". Chirac, âgé de 72 ans, a demandé le report de toutes ses activités de la semaine. Le Conseil des ministres a donc été présidé par le Premier ministre, Dominique de Villepin. C'est tout un symbole, à l'heure où la cote de popularité de ce dernier est sur la pente ascendante et où sa rivalité avec Nicolas Sarkozy est de plus en plus visible. D'après Jean-François Copé, le porte-parole du gouvernement, Chirac devrait être de retour à l'Elysée avant la fin de la semaine. On ne sait toujours pas s'il pourra être présent au sommet des Nations-Unies qui se tiendra à New York du 13 au 15 septembre, auquel il tenait tout particulièrement à assister.

I.B.A



Égypte. Démocratie de carnaval

L'élection présidentielle qui s’est tenue en égypte mercredi n’a pas tenu toutes ses promesses de transparence. Dans un simulacre de pluralisme, les égyptiens choisissaient pour la première fois leur président au suffrage universel, parmi dix candidats. Avant la consultation, des limites à l’ouverture étaient visibles : seuls des chefs de parti âgés d’au moins 40 ans pouvaient se présenter devant une commission ad hoc. Le gouvernement égyptien a, ensuite, refusé la présence d'observateurs internationaux avant d’autoriser des ONG locales à suivre le déroulement du vote. Ces dernières ont pu constater de nombreuses irrégularités, comme la présence de forces de sécurité à l'intérieur d'un bureau de vote. Ailleurs, des partisans de M. Moubarak distribuaient des tracts en faveur du chef de l'état. Le taux de participation est le principal enjeu de la consultation, l’opposition de gauche et le mouvement Kefaya ayant appelé au boycott. En 1999, M. Moubarak avait été reconduit au pouvoir avec 93,79% des voix.



Lu pour vous.
Les vacances sont terminées…
(Lettre ouverte à Georges W. Bush)

Michael Moore

Cher M. Bush,
Pas la moindre idée de l'endroit où sont passés tous nos hélicoptères ? C'est le cinquième jour et des milliers de gens demeurent captifs de La Nouvelle-Orléans. Où sont passés nos soldats de la Garde nationale ? Nous en aurions vraiment besoin aujourd'hui pour accomplir leur vraie mission : porter secours lors de catastrophes naturelles. Je sais à quel point vous n'aimez pas les mauvaises nouvelles. Le lendemain de l'ouragan, plutôt que de vous envoler pour la Louisiane, vous êtes allés à San Diego faire la fête avec des copains. Ne les laissez pas vous critiquer pour ça : après tout, l'ouragan était terminé, et que diable auriez-vous pu faire ? Mettre votre doigt dans une digue percée ? Le troisième jour, vous avez finalement quitté votre lieu de vacances. (…) Il y aura ceux qui essaieront de politiser cette tragédie et même de la retourner contre vous. Ne répondez à rien. Même pas à ces satanés scientifiques qui ont prédit que cela arriverait. Ignorez-les, de même que toutes leurs alertes de poules mouillées à propos du réchauffement climatique. Non, M. Bush, maintenez seulement le cap. Ce n'est pas votre faute si 30 % de la population de La Nouvelle-Orléans vit dans la pauvreté. Ce sont des Noirs, après tout (…) Vous avez la situation bien en main, M. Bush. Essayez seulement de trouver quelques hélicoptères de l'armée et envoyez-les là-bas. Vous n’aurez qu’à dire que La Nouvelle-Orléans est située près de Tikrit.

 
 
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