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Affaire TelQuel : La mobilisation continue
Chers lectrices, chers lecteurs,
à l'approche du procès en appel, votre mobilisation ne faiblit pas. Chaque jour, le site Internet soutientelquel.com continue d'enregistrer des centaines de nouvelles signatures, et nous de recevoir de multiples lettres, mots, appels et manifestations de soutien. Merci pour votre fidélité, merci pour votre confiance. Nous continuerons à faire de notre mieux pour en rester dignes. A.R.B
Pétition. à l'issue d'un procès en diffamation expéditif, le directeur de TelQuel Ahmed R. Benchemsi et son chef des actualités Karim Boukhari ont été condamnés, sans même que leur avocat ait eu droit à la parole, à deux mois de prison avec sursis chacun, plus une amende record de 1.050.000 DH. Les deux journalistes ont fait appel.
Ces peines de prison et cette amende exorbitante constituent, sans aucun doute, un "avertissement" du pouvoir à l'égard de TelQuel, "puni" pour son indépendance éditoriale. Elles inaugurent une nouvelle méthode pour museler la presse : l'étouffer progressivement par des amendes disproportionnées, obtenues grâce à des simulacres de procès civils. à travers TelQuel aujourd'hui, c'est demain toute la presse libre du Maroc qui est menacée.
Nous soussignés, dénonçons avec force toute atteinte, même indirecte, à la liberté de la presse et demandons justice pour TelQuel à l'issue d'un procès en appel transparent et équitable. |
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Formidables lecteurs
À quelque chose malheur est bon. Le simulacre de justice dont TelQuel a été la victime a déclenché un formidable élan de solidarité, et nous a permis de mieux connaître nos lecteurs.
Vous êtes, chers lectrices et chers lecteurs (les deux sexes sont représentés à parts quasiment égales), représentatifs d'un très large spectre géographique. La grande majorité d'entre vous se trouve bien sûr au Maroc, mais pas forcément dans l'axe Casablanca-Rabat. Les grandes villes sont très représentées, mais vous avez été nombreux à nous écrire de localités aussi éloignées que Chefchaouen, Tiznit, Inezgane, Demnate, Khénifra, Afourer, Taza, Guercif, Settat, Sidi Slimane
Grâce à Internet, également, vous êtes très nombreux à nous lire à l'étranger. En Europe, évidemment, là où la communauté marocaine est la plus présente (France, Belgique, Espagne, Allemagne, Pays-Bas, Italie, Suisse, Suède
), mais aussi dans le monde arabe (Algérie, Tunisie, Palestine, Koweit, émirats Arabes Unis), en Amérique (états-Unis, Canada), en Afrique subsaharienne (Nigeria, Angola) et même dans des pays aussi éloignés que la Chine, le Japon et le Chili !
La palette socioprofessionnelle de nos lecteurs est également très large. De la femme au foyer à l'ancien ministre, du responsable associatif au cadre de banque, du musicien à l'universitaire, de l'étudiant au fonctionnaire, du chômeur au chirurgien, de l'artiste peintre au webmaster, du menuisier au journaliste
Vous exercez, chères lectrices et chers lecteurs, toutes les professions, et venez de tous les horizons. Votre diversité est, pour nous, un énorme compliment
en plus d'un démenti éclatant de la théorie selon laquelle TelQuel est réservé à "une certaine élite" !
Nous aurions aimé publier tous vos noms, un par un. Mais vous êtes trop nombreux, et nous serions vraiment mal inspirés de nous en plaindre. à tous et à chacun, merci de tout notre cur. Vous êtes notre plus belle raison de continuer.
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Quelques signataires
Tilila Aabillouch, professeur, association Tamaynut, Agadir
Naima Abbadi, directeur de projet à l'université McGill, Montréal, Canada
Mohamed Abitalib, alliance des associations de Sidi Moumen, Casablanca
Jonathan Amsellem, chef cuisinier, Marbella, Espagne
Laurent Arnauts, directeur du "Journal du Mardi", Bruxelles
Siham Ayad, management consultant banking & capital markets, Dubaï
Abdelmounaim Azaroual, consultant en aéronautique, Montréal
Elias Azoulay, pêcheur, Tel-Aviv
Hicham Bahou, militant culturel, Casablanca
Mohamed Bahri « Barry », musicien, Casablanca
Hicham Bajjou, musicien, Casablanca
Nora Belhefra, conseillère au gouvernement, Canada
Farid Belkahia, artiste peintre, Marrakech
Ali Benabderrazak, parlementaire, Safi
Mohamed Moncif Benabderrazik, pharmacien, Casablanca
Rajae Benchemsi, écrivain, Marrakech
Ohman Benhami, rappeur, Meknes
Ahmed Ben Omar, épicier, Mantes la Jolie, France
Houcine Bensaid, ancien gouverneur, Montréal
Hichem Benyaïche, journaliste, Paris
Aziz Binebine, ancien officier des FAR, Marrakech
Abdelkader Boukhriss, président fondateur du syndicat national des experts comptables, Casablanca
Alima Boumediene-Thiery, sénateur, Paris
Mohamed Chafik, académicien, Rabat
Abdelkader Chaoui, écrivain, Rabat
Leila Chérif, présidente de l'heure joyeuse, Casablanca
Mohammed Rachid Chrii, militant AMDH, Safi
Meryam Demnati, professeur chercheur à l'IRCAM, Rabat
Latifa El Bouhsini, membre du bureau national de l'OMDH, Rabat
Abdallah El Bousti, chauffeur de taxi, Safi
Brahim El Hajjam, président d'ONG, Sidi Slimane
Mohamed Elmandjra, PDG, San Francisco
Rachid El Ouali, comédien, Rabat
Driss Fellah, ancien ambassadeur, ancien gouverneur, Tanger
Ismael Ferroukhi, cinéaste, Paris
Driss Frej, Professeur à la faculté de droit, Rabat
Pierre Geandaud, ancien consul honoraire de France, Safi
Mohammed Guilli, fleuriste, Amsterdam
Sophia Hadi, comédienne, Rabat
Taoufik Hazeb, rappeur, Casablanca
Hamadi Hmidouch, ancien footballeur international et entraîneur de l'équipe nationale, Fès
Amine Houari, directeur Deloitte Canada, Montréal
Mustapha Jalal, professeur universitaire, Los Angeles
Adil Jazouli, sociologue, Paris
khalil Jemmah, président d'ONG, Khouribga
Jamal Khalil, sociologue, Casablanca
Khadouj Kharoubi, cheikha, Paris
Samir Koutoune, coursier, Casablanca
Naïma Laaouidi, femme de ménage, Safi
Samia Labidi, écrivain, présidente d'ONG, Paris
Aïcha Lahlou, professeur à l'université de Houston, Texas
Nabyl Lahlou, cinéaste et homme de théâtre, Rabat
Mohamed Lamine, vice-president BNP Paribas new York, New York
Khadija Lechgar, comité des sages Resaq, Casablanca
Marc-André Lessard, sociologue, Québec
Ellen Lindquist, écrivain, Atlanta, USA
Abdelouhab Maalmi, ancien ambassadeur, Casablanca
Morad Maammer El Bourachdi, vice-président de société, Riyad, Arabie Saoudite
Aziz Madi, menuisier, Agadir
Jamyl Mamri, PDG, Montréal
Mohamed Mardi, kiosquier, Rabat
Bilal Marmid, journaliste à Médi1, Tanger
Kabira Mifdal, femme de ménage, Casablanca
Lindsey Moore, Maître de conférence, Lancaster, Royaume Uni
Mustapha Moubarak, universitaire, Séville
Omar Mounir, juriste, écrivain et journaliste, Prague
Ali Mourad, agriculteur, Azrou
Jawad Moustakbal, Attac Maroc, Casablanca
Mostafa Nissabouri, poète et écrivain, Casablanca
Mohamed Nedali, écrivain, Tahennaoute
Herman Obdeijn, fondateur de la Fondation Maroc Pays-Bas 400 ans, Leiden, Pays-Bas
Bruno Philip, lobbyiste, Bruxelles
Mohamed Qnouch, militant associatif, Casablanca
Fathi Rafik, fonctionnaire international, Genève
Maati Raqui, agent de sécurité, Montréal
Olivier Rogez, journaliste à Radio France Internationale, Paris
Rabiaa Saadi, ancienne cheikha, Paris
Mohamed Saaf, boucher, Safi
Hicham Safir, analyste financier, Londres
Mohamed Sahih, chauffeur de tram, Bruxelles
Camile Saideddine, Key account manager, Shanghai, Chine
Mounsef Saidi, médecin, île de la Réunion
Farouk Slimani, journalier, Errachidia
Ghila Sroka, journaliste et éditrice, Montréal
Mohamed Taif, fonctionnaire international, Jeddah, Arabie Saoudite
Abdelouahed Tijari, chauffeur, Casablanca
Darnace Torou, ancien diplomate, ancien de la MINURSO, Toronto, Canada
Myriem Touhami Kadiri, administrateur de programme aux Nations Unies, Paris
Joseph et Christelle Vandervenderen, Bouquinistes, Namur, Belgique
Mouna Wassimi, réceptionniste, Rabat
Gérard Xavier, délégué de la Fondation Terre des hommes au Maroc, Casablanca
Mohamed Najib Yousfi, ancien agent d'autorité, Rabat
Ali Zourdani, médecin, Alger |
Ils nous soutiennent
Procès en sorcellerie
Le procès en sorcellerie intenté à TelQuel et la parodie de justice qui s'est ensuivie sont une résurgence pathétique du règne de l'arbitraire dont une majorité de Marocains sont décidés à briser les chaînes. Les commanditaires et les pâles exécutants d'une telle indignité doivent savoir qu'ils seront tôt ou tard rattrapés par l'Histoire. TelQuel représente quant à lui l'avenir d'un Maroc où leurs privilèges et leurs combines politiciennes ne seront plus qu'un mauvais souvenir. En fait, le procès de cet organe de la pensée libre nous rappelle cruellement qu'un autre procès tarde à s'ouvrir : celui de l'impunité.
Abdellatif Laâbi, poète et écrivain
Recette usée
Le Diable est diable non parce qu'il est diabolique, mais parce qu'il est vieux. C'est ainsi que les Espagnols louent les vertus de l'expérience. Mais la recette est usée, aussi vieille que le Diable : faire payer un jeune canard modéré, intelligent et responsable pour les excès des autres.
La Constitution actuelle aurait permis de condamner, par exemple, le Journal Hebdomadaire pour la lettre ouverte de Aboubakr Jamaï adressée au roi. On n'en fit rien. Les nostalgiques des temps anciens ont laissé passer l'orage en fourbissant leurs triques. S'en prendre au Journal Hebdo (autrement que par une asphyxie publicitaire devenue inefficace) aurait fait du bruit, ternissant davantage la vitrine démocratique que nos gouvernants s'échinent à lustrer. On aurait crié censure aux quatre coins du royaume. Et ailleurs. Surtout ailleurs.
Voilà que pour une boutade sur notre "Chicholina" locale, on s'en prend sournoisement à ceux qui rendent un peu de dignité aux Marocains longtemps muselés.
Mahi Binebine, écrivain et artiste-peintre
Coup de poignard
Après le grotesque et ridicule procès intenté à feu Demain, pour avoir "profané" la pierre sacrée du palais de Skhirat, voici une sacrée "cheikha" qui poignarde honteusement l'une des rares, très rares, publications et tribunes de journalisme professionnel dont peut s'enorgueillir le lectorat marocain, intelligent et anti-populiste.
Nabyl Lahlou, cinéaste et homme de théâtre
Objectif : faire mal
Je voudrais exprimer ma solidarité avec TelQuel. Cette chronique sur une "cheikha" aurait pu être publiée dans n'importe quelle publication, n'importe où dans le monde. Il me semble que l'objectif de ce procès en diffamation est de faire mal à votre hebdomadaire. Je considère que c'est une violation de la liberté de la presse et une attaque contre la presse libre et indépendante du Maroc.
(Traduit de l'anglais) Jan Keulen, responsable du programme arabe de "Free Voice"
Force et conviction
Mes collègues et moi avons été réellement choqués par ce qui est arrivé à TelQuel. Nous n'arrivons pas à comprendre que dans le cadre d'un procès, TelQuel n'ait même pas été écouté. Nous vous soutenons, évidemment, avec force et conviction.
Marjolijn Swart, pour l'équipe de Maroc-Pays Bas, Amsterdam
Affaire absurde
J'espère que cette affaire absurde, une fois résolue, ne laissera pas de séquelles auprès de la presse indépendante. Un million de dirhams, c'est bien plus coercitif que des mois de prison. Jolie trouvaille, Messieurs les juges ! Ou peut-être devrais-je m'adresser à "ceux d'en haut", qui passent leur temps à imaginer le moyen de faire taire les quelques voix qui osent dire les choses telles qu'elles sont ? Pauvre Maroc !
Abderrahmane Haddougha, informatiste, Fès
N'importe quoi !
C'est du n'importe quoi, tout ça ! Les cheikhate font partie de notre patrimoine culturel national, sinon que font El Hemdaouia ou El Hammounia à la télé ?! Et même si ces deux journalistes sont fautifs, 1 million de dirhams est une somme incroyable ! Que ceux qui cherchent à s'enrichir laissent les journalistes tranquilles. Eux, au moins, courent des risques. Je soutiens Benchemsi et Boukhari, et profite aussi de l'occasion pour déclarer mon soutien à Rachid Nini, lui aussi aux prises avec la justice.
Mouad El Gharbaoui, étudiant, Francfort
Rocambolesque et effrayant
Rocambolesque et effrayant ! J'ai moi-même eu affaire à la justice dans le cadre de ma profession et je suis abasourdi, triste pour notre pays et en colère à chaque fois que je mets les pieds dans un tribunal. Continuez, de grâce, à nous aider, semaine après semaine, à croire encore en nous et en notre avenir.
Hakim Hamdouch, administrateur de société, Casablanca
Liberté de parole
"La liberté de la presse ne s'use que si l'on ne s'en sert pas", rappelle un grand hebdomadaire satirique français. J'espère que l'on ne tentera pas de vous user, car la modernisation du Maroc passe, j'en suis sûr, par la liberté de parole. Bonne chance à TelQuel !
Rachid Madrane, député, Bruxelles
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Communiqués de soutien (extraits)
Réseau Amazigh pour la citoyenneté
Soutien inconditionnel
Le bureau exécutif du Réseau Amazigh pour la Citoyenneté a suivi avec une grande colère le simulacre de procès du directeur et d'un journaliste de TelQuel (
), et qui s'est soldé par un jugement injuste (
) prononcé en un temps record. à cette occasion, (
) le Réseau Amazigh pour la Citoyenneté (
) qui suit avec attention l'état général des libertés publiques,
- Exprime sa solidarité inconditionnelle avec TelQuel (
) ;
- Condamne tous les simulacres de justice dirigés contre les libertés publiques en général et la liberté de la presse en particulier ;
- Demande aux autorités d'agir en accord avec les conventions internationales des droits de l'homme, de respecter la liberté d'opinion et d'expression, et de garantir à tous une justice équitable.
GSU et Fidélité à la Démocratie
Solidarité
Dans le cadre du suivi de l'actualité nationale, nous avons évoqué le procès intenté au magazine TelQuel (
) La Gauche Socialiste Unifiée et Fidélité à la Démocratie expriment leur solidarité avec TelQuel ainsi qu'avec la presse indépendante.
Comité préparatoire du congrès de fusion
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