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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Khalid Tritki


Jalil Benabès Tâarji (DR)
Tourisme. La fédération voit rouge

Jalil Benabès Tâarji, patron la Fédération Nationale du Tourisme lance une opération de matraquage pour rappeler le gouvernement à l’ordre. Le timing n’est pas anodin. L’exécutif est en pleine période d’arbitrage pour l’élaboration du budget. La FNT s’attend à ce que trois chantiers prévus par le plan de développement du secteur (vision 2010) soient activés. D’abord, les ressources de l’Office National Marocain du Tourisme doivent être revues à la hausse. L’objectif, lui accorder 70 millions de dirhams de plus chaque année. Cela passe par l’augmentation
de l’allocation budgétaire et par la réforme de la taxe de promotion touristique. La loi des finances doit ensuite accoucher d’une réforme de la fiscalité locale. Un dossier qui touche surtout le ministère de l’Intérieur. Ce dernier a déjà mis en circulation un projet dont la teneur est totalement rejetée par la profession. La proposition de la FNT d’établir une taxe touristique unique ne semble pas plaire à Rabat. Résultat : le statu quo est maintenu. Le dernier dossier concerne le financement des fonds propres. Le plan du secteur prévoit un crédit azur qui semble sur les rails. Les banques s’impliquent, mais les opérateurs attendent toujours une réforme législative et réglementaire. Il s’agit entre autres de la réforme des dispositions régissant l’affectation des réserves techniques des compagnies d’assurance. Selon Tâarji "les discussions sont encourageantes, mais la décision tarde à venir". Pourquoi ? C’est là toute la question.


Audiovisuel. Tout le monde repart à zéro

La Haute Autorité de la Communication Audiovisuelle (HACA), vient d’entériner la procédure d’octroi des licences de distribution des cartes satellitaires (ART, Chow Time…). Une source proche du dossier affirme que les professionnels ont déjà reçu un courrier à cet effet. La HACA veut remettre tous les opérateurs sur la ligne de départ. Même ceux qui actuellement commercialisent des bouquets, sont obligé de suivre la nouvelle procédure d’octroi. Mais avant tout, il leur est demandé d’établir une déclaration sur l’honneur que le bouquet visé n’est pas sujet à contentieux. "Les dossiers en contentieux ne doivent pas être tranchés au niveau de la HACA tant que la justice n’a pas dit son dernier mot". Ce qui exclut de fait le dossier de Dallah Al Baraka, qui est en litige avec Prima Electronics sur le bouquet ART.


Télécoms. Nouvelle tête à Médi Telecom

Miguel Menchen quitte le navire Médi Telecom. Il cède à son successeur, Inigo Serrano, une entreprise rajeunie. Sous Menchen, l’opérateur est passé du scoring draconien à la prise de risque pour le recrutement des abonnés. Ensuite, l’organisation interne a été compressée pour moins de coûts et plus d’efficacité. Enfin, le langage de l’opérateur vis-à-vis de l’administration est devenu plus franc. Le nouveau directeur général adoptera-t-il la même démarche ? Ses collaborateurs disent qu’il est sympathique, son CV dit qu’il a été chef de projet pour l’obtention de la licence GSM au Maroc et, c’est le plus important, sa mission sera de réussir le lancement de la téléphonie fixe. Bonne chance, ce ne sera pas une mince affaire.



Les off

L'Agence Nationale de Réglementation des Télécommunications (ANRT) fait du recouvrement. Mohamed Benchaâboun, son patron, est parvenu à encaisser auprès des opérateurs pas moins de 500 millions de dirhams. Une manne pour l’INDH puisqu'une partie de cette argent sert déjà à l’équipement des établissements scolaires à Casablanca.

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Les textiliens entament la rentrée sur une note positive. Les usines tournent et le maintien des quotas rassure. Une tache de flotte gâche leur joie. Ils sont inquiets quant à la signature du plan d’urgence pour le secteur. La date initiale était fixée au 20 septembre. Il semble qu’ils ont eu vent d’un changement de rendez-vous. Ce qui n’est pas du tout rassurant.


Economie. Une croissance à 1,8%

Fathallah Oualalou revoit sa copie. Le taux de croissance du PIB en 2005 ne sera que de 1,8% contre 5,4% prévu en 2006. Ce qui veut dire que l’année 2005 a été quasiment blanche. Dans le langage des économistes, c’est une rupture de cycle. Le Maroc a connu une période appréciable affichant une moyenne de croissance de 3,5 à 4%. L’assainissement de l’économie et les réformes entreprises donneront davantage dans les années à venir. Mais il faut d’abord une période d’accalmie où un effet d’adaptation s’opère. Et c’est là où réside la rupture de cycle. Les économistes tablent sur un bon comportement de l’économie dans les cinq années à venir. C’est peu probable pour certains puisque des contraintes demeurent, l’analphabétisme figurant en tête.


Transport. Le gasoil plombe la trésorerie

Les transporteurs croulent sous le prix du gasoil. La Fédération Nationale du Transport Routier a tenu, le 9 septembre, une réunion avec Karim Ghellab, ministre des Transports, pour plaider la cause du gasoil professionnel. C’est une technique qui repose sur la subvention du gasoil par la récupération d’une partie de la taxe intérieure de consommation. Le ministre a promis d’y réfléchir et défendre le dossier auprès du Premier ministre. Si la subvention du gasoil est difficile, celle de l’allégement des prix de l’autoroute l’est moins. Les transporteurs réclament un prix préférentiel pour le trafic de nuit. La fédération propose également un prix de référence. Il s’agit de plafonner les prix minima pour contrecarrer l’informel qui s’accapare plus de 70% du transport de marchandises.


Industrie. Le plan émerge

La Banque mondiale est prête à mettre la main à la poche pour appuyer le plan Emergence (la fameuse stratégie Mckinsey). La délégation de la Banque mondiale, conduite par le directeur du département Maghreb, Théodore Ahlers, qui a rencontré le ministre de l’Industrie, du Commerce et de la Mise à niveau, a souligné que l’organisation financière est disposée à participer, entre autres, à la création d'une structure de soutien à la mise en œuvre du plan Emergence. C’est une bouée d’oxygène pour Salaheddine Mezouar, qui peine à concrétiser sa stratégie, faute d’appui politique et de moyens de financement. La Banque mondiale lui propose un accompagnement sur une période de 10 ans.



Khalid Tritki
Le borgne

La défunte TPI (taxe sur les profits immobiliers actuellement intégrée à l’IGR), fait toujours des ravages. Et son jumelage avec les frais d’enregistrement donne le tournis. Mardi 13 septembre, une mère de famille qui se présente au guichet du fisc pour une simulation des frais engendrés par la vente d’un appartement, se voit réclamer l’équivalent de 35% du prix de vente. Effondrée, elle nous contacte pour demander conseil. Que lui dire ? Les taux prévus par la loi sont clairs. Avec les profits immobiliers et
l’enregistrement, ils n’arrivent pas à 15% de la valeur du bien. Mais ça, c’est l’utopie du législateur. Il lui reste aussi la commission de taxation locale pour contester le droit du fisc. Mais il lui faut payer le montant réclamé en dirhams sonnants et trébuchants avant de pleurer son impuissance face à une machine redoutable.
Depuis l'arrivée de Noureddine Bensouda à la tête des Impôts, le discours se veut rassurant et moderniste. S’appropriant le slogan de Mitterrand, il se dit "une force tranquille". Il veut conduire le changement sans heurt. Sauf que… Tant que les règles de fonctionnement ne sont pas stables et rodées, le contribuable demeurera à la merci de l’humeur des agents du fisc. Le comble est que l’état s’en réjouit, puisque cela lui permet, souvent, d’arrondir ses fins d’année. Que dire d’un état qui se félicite des recettes et ferme les yeux sur les méthodes ? Qu’il est borgne.

 
 
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