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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Abseslam Kadiri

États-Unis. Bush essuie une tempête politique

(AFP)
C'est la crise à l’ONU. Le sommet qui s’est ouvert mercredi à New York en présence de 170 chefs d’état, devait être celui de la réforme, en ce 60e anniversaire de l’ONU. Kofi Annan voulait faire avaliser un vaste projet de réformes : élargissement du Conseil de sécurité, lutte contre la pauvreté et le terrorisme, non proliférationdes armes nucléaires… Bref, proposer un ensemble de réformes où chacun trouverait son compte, dans une sorte de pacte Nord-Sud de sécurité économique et politique.
Mais rien n’y a fait, l’esprit n’a pas soufflé. La fracture irakienne et les déboires de l’Organisation (retard des "objectifs du millénaire", bureaucratie pesante, scandales, missions
contestées…) ont terni le blason des Nations Unies et déprimé ses fonctionnaires.
Mercredi soir, personne n’était satisfait du document final de 35 pages. Si l’engagement à réduire la pauvreté a été réaffirmé, le texte reste vague sur les détails, muet sur une définition du terrorisme et totalement vide sur le désarmement. Kofi Annan a fustigé l'incapacité des états à s'entendre sur ces points.
En tuteur, le président américain George W. Bush a souligné la nécessité que les Nations Unies soient "débarrassées de toute corruption", suite au scandale du programme pétrole contre nourriture. "Les Nations Unies doivent être elles-mêmes à la hauteur des critères qu'elles fixent aux autres". Kofi Annan s'est engagé à "restaurer la confiance en l'impartialité et l'intégrité de l'Organisation".


Mauritanie. Retour triomphal d’exilés

Plus de 200 opposants mauritaniens au régime déchu du colonel Mouaouiya Ould Taya, exilés en Europe, aux états-Unis ou en Afrique, vont rentrer dans leur pays. Ils répondent à l’amnistie générale accordée le 2 septembre par le colonel Ould Mohammed Vall, président du CMJD, aux rênes du pouvoir depuis le 3 août.
Cette mesure est destinée aux détenus pour délits et crimes politiques. Les putschistes étaient concernés au premier rang. Un vol a été organisé par l’homme d'affaires mauritanien Limam Chavi pour ramener des exilés. Trente sont déjà rentrés à Nouakchott. Parmi eux figurent l’un des chefs des "Cavaliers du Changement", Ould Cheikhna, le porte-parole de "Conscience et Résistance", Ould Yessa, ainsi que des membres de l'Alliance patriotique (AP). L'opposant islamiste mauritanien, Ahmed Ould Wadiaa, en exil à Bruxelles, est aussi rentré au bercail.



Vite !

La popularité du président brésilien Lula da Silva a chuté de dix points entre juillet et septembre, en raison des affaires de corruption qui ont entaché son Parti des travailleurs. Si 59,9% des Brésiliens lui faisaient confiance au départ, ils ne sont plus que 50% à présent. La présidentielle de 2006 promet un bras de fer entre Lula et le social-démocrate José Serra.

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La Cour Suprême chilienne a levé mercredi l'immunité de l'ex-dictateur Augusto Pinochet pour les poursuites concernant l'"Opération Colombo" qui a fait 119 disparus, en 1975. La Cour a pris cette décision par 10 voix contre 6. La Cour a toutefois ordonné que Pinochet passe des examens médicaux, avant d’être interrogé.


Palestine. Gaza libre !

Le dernier drapeau a été arraché mardi. Les soldats israéliens ont quitté la bande de Gaza, dimanche soir, mettant fin à 38 ans d’occupation militaire de ce territoire où vivent 1,4 million de Palestiniens. Les forces de sécurité de l’Autorité palestinienne ont refusé de participer à une cérémonie de passation de pouvoir, après que le gouvernement Sharon eut décidé dimanche matin de ne pas détruire les 24 synagogues laissées par les 8 000 colons juifs évacués en août. Par ailleurs, les voitures des médias étrangers ont essuyé des tirs d’activistes palestiniens. Les brigades Abou Rich, proches du Fatah, avaient menacé d’enlèvements les journalistes qui couvraient le retrait israélien. Samedi soir, un reporter italien a été kidnappé pendant quelques heures.


Algérie. Pardon aux enfants de harkis

Bouteflika se réconcilie avec les enfants de harkis. "Nous avons commis des erreurs à l’encontre des familles et des proches des harkis ! a-t-il déclaré samedi dernier. S’ils veulent être Algériens, ils sont les bienvenus".
À l’indépendance, les harkis, supplétifs indigènes de l’armée française, ont été abandonnés à la vengeance populaire. Dès les premières années d’indépendance, les Algériens voulaient "tourner la page". Mais on n’a jamais voulu pardonner la "trahison" des harkis, assimilés à des "collabos". Leurs familles sont restées bannies de leur terre natale. Pour Bouteflika, "la question est définitivement tranchée, mais l’erreur serait de tenir rancœur à leurs enfants. Désormais, ces derniers peuvent venir en Algérie et repartir librement". En pleine campagne pour "la réconciliation nationale", ce geste marque un tournant dans la polémique qui enfle depuis des mois entre Paris et Alger.


Allemagne. Schröder regagne du terrain

Alors que la campagne des législatives allemandes touche à sa fin, on assiste à une spectaculaire remontée des sociaux-démocrates de Gerhard Schröder, au détriment de la CDU-CSU d’Angela Merkel.
En juin, l’écart entre les conservateurs de la CDU et le SPD était de vingt points. Jeudi, il n’était plus que de six points : 41 % d’intentions de vote contre 34,5%. Les chrétiens-démocrates arriveront peut être en tête, mais ils ne sont plus assurés d’obtenir une majorité absolue avec leurs alliés du FDP.
Considéré comme le fossoyeur de la social-démocratie avant l’été, le chancelier de 61 ans a réussi à se positionner comme garant de l’état social. Lundi encore, lors du débat télévisé, il a profité de la confusion sur les propositions de réforme fiscale de la droite pour grapiller des points. De plus, Merkel, compétente sur la question de l’emploi, n’est jamais parvenue à recentrer le débat sur le chômage.



Lu pour vous.
La révolution Koizumi
(Le Monde, 14 septembre 2005)

Editorial

Les élections législatives japonaises du 11 septembre, qui ont pris le tour d’un référendum sur la politique du Premier ministre Junichiro Koizumi, se sont traduites par un plébiscite. Cette victoire écrasante d’un homme et de son parti, le PLD, aura été marquée par une personnalisation excessive du pouvoir.
M. Koizumi restera dans l’histoire comme le premier Premier ministre à avoir cherché à moderniser le conservatisme national. Mieux : il a su si bien canaliser les aspirations au changement des électeurs que ceux-ci ont accordé une majorité triomphale au parti au pouvoir… depuis un demi-siècle.
Première démocratie en Asie, le Japon semble ainsi se replier sous le grand arbre d’un conservatisme en "habits neufs", alors que d’autres pays de la région, telle la Corée du Sud, ont choisi l’alternance. Le Japon opère, lui, une "révolution de palais". Les électeurs se sont laissé porter par le chant d’optimisme de M. Koizumi, qui leur promet un "Japon ambitieux", en faisant la sourde oreille au sombre réalisme de l’opposition.
Quelle direction prend la seconde puissance économique du monde ? Elle prend le chemin d’une économie plus résolument néolibérale et une diplomatie tentée d’accentuer un alignement inconditionnel sur les états-Unis, au détriment des liens avec ses voisins. S’il répond aux espoirs placés en lui, M. Koizumi aura fait franchir à son pays un pas décisif. Dans le cas contraire, il aura été un "divertissement" à succès.

 
 
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