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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Karim Boukhari

Scoop. La "fille israélienne" de Hassan II

(AFP)
L'israélienne Hedva Selaa, 53 ans, ancienne soldate de Tsahal, aujourd’hui réceptionniste dans un hôtel à Eilat, prétend être la fille naturelle de Hassan II. C’est en tout cas le "scoop" présenté le 19 août dernier en Une d’un supplément du quotidien israélien à grand tirage Yedioth Aharonot (photo). Sous le titre "le roi et moi", Hedva (Selaa est le nom de son mari) pose avec une photo du roi défunt – un cliché censé souligner leur ressemblance. Intitulé "une princesse marocaine", l’article raconte la romance qu’aurait eue Anita Benzaquen, la mère de Hedva, en 1952, avec le prince héritier Moulay Hassan, alors âgé de 23 ans. Deux enfants seraient nés des amours illégitimes du prince et d’Anita, nièce de Léon Benzaquen, figure de la communauté juive
marocaine et futur ministre des PTT. Si Jacky, l’aîné, refuse toujours de parler à la presse, Hedva, la cadette, a décidé de "tout révéler" 8 ans après le décès de sa mère Anita, en 1997. Une mère que Hedva n’hésite pas à qualifier de femme frivole et multipliant les aventures. "Un test ADN n’est pas envisageable, admet Hedva, et mon frère Jacky a brûlé toutes les archives de notre mère après sa mort". Même si son récit s’appuie sur des recoupements familiaux troublants, Hedva n’a aucune preuve tangible à avancer. Aussi, elle ne demande rien, et notamment pas d’argent. Son unique souhait, dit-elle, est de "rencontrer mon demi-frère, le roi Mohammed VI". Pour tenter de donner suite à cette demande, Yedioth Aharonot a, bizarrement, contacté Badreddine Radi, un fonctionnaire du ministère de la Communication à Rabat. Après "24 heures de réflexion", dit le quotidien israélien, M. Radi a répondu que le Maroc "ne donnera aucune réponse officielle à ce récit".


Recel. Trafic de vaisselle royale

Suite à l’arrestation d’une dizaine de personnes, accusées de recel de vaisselle précieuse estampillée Hassan II et volée dans les palais royaux, le brocanteur Jamal Hammachi a conduit la police, jeudi 22 septembre à 6h du matin, au domicile de Fadel Iraki, assureur, collectionneur d’objets d’art et, par ailleurs, actionnaire principal du Journal Hebdomadaire. Après que son domicile ait été perquisitionné et qu’il ait été entendu par la police, Iraki (contrairement aux dix autres inculpés) a été relâché. 128 verres de cristal et 2 carafes issus de la collection recherchée ont été saisis chez lui. "Je ne pouvais soupçonner ces objets d’être volés, se défend Iraki, vu qu’il en circulait des milliers".


Abdellah Ibrahim. Quand la mémoire est en cause

La famille de Abdellah Ibrahim a réagi suite à la publication par plusieurs journaux (dont TelQuel), d’extraits des mémoires du défunt, transcrits à partir des enregistrements effectués par Mohamed Louma, qui édite bientôt un livre sur le sujet. "Il n’y a nulle autre mémoire du défunt que celle que détient sa famille", nous a notamment déclaré Tariq, le fils de Moulay Abdellah, qui a par ailleurs diffusé un démenti contre Mohamed Louma. Ce dernier a également réagi. "Abdellah Ibrahim appartient au Maroc, et pas seulement à sa petite famille. J’ai gardé tous les enregistrements du défunt, et le travail effectué s’est fait avec son accord préalable".


Istiqlal. L’humour de Abbès…

Abbès El Fassi a présidé, en fin de semaine, une réunion du comité central de l’Istiqlal, pour tenter de contourner la crise née des remous autour de l’UGTM, la centrale syndicale proche du parti. Il en a profité, d’après plusieurs témoins présents, pour remettre certaines pendules à l’heure, notamment concernant ses rapports avec la presse écrite. "Si je n’avais pas été secrétaire général du parti, il y a longtemps que j’aurais poursuivi certains organes de presse pour leurs écrits". Faut-il, pour autant, prier que Abbès soit reconduit, pour un troisième mandat, à la tête du parti fondé par un autre El Fassi (mais d'une toute autre trempe).


Sondage. Ben Laden en baisse

Ben Laden n’a plus la cote auprès des Marocains. Selon les résultats d’un dernier sondage, publié cette semaine sur le site NFC (News First Class, spécialisé dans l’information géo-stratégique), 26 % de la population marocaine soutiendrait Al Qaïda alors qu’en 2003, ils étaient 49 % à exprimer cette opinion. L’effet Laânigri, peut-être… À titre de comparaison, et toujours selon la même source, au Liban, seulement 2 % auraient exprimé leur sympathie envers Al Qaïda. L’enquête, portant sur l’attitude du public vis-à-vis des appartenances religieuses, a été menée auprès de 17.000 personnes dans 17 pays différents dont le Maroc.


Etude. La presse à la loupe

La fondation Friederich Ebert Stiftung porte un intérêt particulier à l’état de santé de la presse au Maroc. Elle en est à sa troisième étude sur le propos. La première a porté sur les conditions de travail des journalistes (salaires, etc). La seconde s’est intéressée à la qualité du travail effectué (professionnalisme, éthique). Et la dernière, moins médiatisée, et effectuée en collaboration avec le Club d’Analyse et de Réflexion Politique (CARP), a porté sur le fruit du travail mené dans les coulisses (les thèmes de prédilection, les priorités éditoriales). Mohamed El Ayadi et Hassan Rachik y ont fait un inventaire des choix éditoriaux du Journal et de TelQuel. Et les autres titres ? À suivre.


Développement. Les quartiers remettent le turbo

L'union sacrée patrons / ONG de quartiers, c’est reparti ! Du mercredi 28 au vendredi 30 septembre prochains se tiendra, au parc de l’office des Changes à Casablanca, la deuxième édition du forum entreprises-associations, fruit du partenariat entre le patronat et le Resaq (réseau des associations de quartier). Cette année, 150 projets de développement clés en mains venus de Casa, d’Al Hoceima et d’Azilal, seront soumis à la générosité des sponsors. En 2004, il n’y en avait que 50, et le forum avait collecté près de 4 millions de dirhams de dons en un week-end ! 39 parmi ces projets sont déjà bouclés et opérationnels. Bon signe pour la suite : toutes les entreprises donatrices de l’année dernière ont décidé de reconduire leurs partenariats avec les ONG qu’ils suivent déjà, pour lancer de nouveaux projets. Et comme l’année dernière, Driss Jettou présidera en personne la signature des conventions de partenariat, à la clôture du forum. Autre excellent signe : la fondation Mohammed V est partenaire de l’évènement, et Zoulikha Nasri, sa directrice, sera présente à l’inauguration. Un modèle de coopération entre l’état et la société civile !


Argent. Les (bonnes) idées du PJD

On ne le dira jamais assez : le PJD est un parti qui fonctionne "normalement", c’est-à-dire, dans le contexte marocain, exceptionnellement. Cette semaine, il vient d’imposer à ses élus absentéistes (des séances du Parlement) des amendes, respectivement, de 1000 dh pour les séances de vote, et de 500 dh pour les séances courantes. Une nouvelle bonne idée qui resserre les rangs du parti... et renfloue ses caisses. À ajouter aux 7.000 dh que les 42 élus du PJD doivent verser obligatoirement tous les mois, soit un peu plus de 20% de leur salaire, sous peine d’être exclus du parti ! Le commentaire vous appartient.


Prisons. Erramach se balade

Mounir Erramach, qui purge une peine de 23 ans de prison pour trafic de drogue, a été transféré dans une cellule isolée à la prison civile de Salé, dans le quartier de haute sécurité habituellement réservé aux détenus islamistes. Après Tétouan et Kénitra, c’est la troisième escale pénitentiaire, en deux ans à peine, pour l’ancien dealer de Tétouan que l’on dit surveillé, par ailleurs, de très près par des éléments des services marocains… Pour lever le "blocus" imposé à Erramach, sa famille a déposé une nouvelle plainte au tribunal administratif de Rabat. Y a-t-il anguille sous roche ?


Hrig. Les GUS aussi ?

Les policiers se sont-ils mis à jouer aux immigrés clandestins ? Quatre éléments des groupes urbains de Sécurité (GUS) auraient abandonné leur uniforme et leur véhicule, début septembre, à proximité du port de Casablanca. Portés disparus, les policiers auraient téléphoné, quelques jours plus tard, à leurs anciens camarades à partir… de Camberra en Australie. D’après une source policière non autorisée, les 4 GUS auraient "fugué" à bord d’un bateau en partance pour l’Australie. Il faut dire que malgré l’apparat et les véhicules flambants neufs, cette catégorie de policiers reste généralement sous-payée par rapport aux autres fonctionnaires de grade égal.


Presse quotidienne. La saison des transferts

Le journal francophone de l’USFP, Libération, agonise. Outre le départ de Mohamed El Gahs de sa direction, alors qu’il l’avait ressuscité en 1992, voilà que son dauphin Salah Sbyea et le gardien du temple, Bachir Znagui, quittent le navire. Ayant été contacté par la direction du parti, Aziz Khamlich (un revenant) semble prêt à prendre le gouvernail. Bon vent. Et que deviennent les artisans de Libé ? Ils rejoignent Mohamed Lamrani, vieil ami d’El Gahs et ex-rédacteur en chef d’Al Ahdath, qui s’apprête à lancer un nouveau quotidien en arabe, le 1er novembre. Le titre : Sawt Annass (La Voix des Gens). Avec 2.700.000 DH et une possibilité d’atteindre 4.000.000 DH après réouverture du capital, et un tour de table comportant des partisans et des passionnés, hors parti, le projet est quasiment ficelé.


3 questions à Aïssa Ouardighi (Secrétaire général du PSD)

Votre congrès de fusion avec l'USFP vient d’être reporté. Est-ce par manque de garanties de l’USFP ou à cause des résistances au sein du PSD ?

Ni l’un ni l’autre. Le congrès était certes prévu initialement pour fin septembre. Mais à cause des difficultés de redémarrage liées à la rentrée et au fait que le mois d’octobre coïncide avec le ramadan, nous avons eu des contraintes objectives. D’où la date du 5 novembre pour la tenue de notre deuxième congrès.

Il sera aussi le dernier. Mais même si vous intégrez l’USFP, vos élus resteront dans leur groupe parlementaire actuel. N’est-ce pas hybride, comme formule ?
Cela fait partie des bases de l’accord passé entre nos deux formations. Nos parlementaires resteront avec le PPS et al Ahd jusqu’à la fin de la législature. Pour ce qui est de notre participation aux instances dirigeantes, régionales ou autres, la démarche adoptée est souple.

Avec le risque d’être noyé dans la marmite USFP et d’avouer in fine l’échec
du PSD…
Certaines interprétations tendancieuses présentent les choses ainsi. à vrai dire, nous partageons les mêmes missions et les mêmes valeurs. Nous avons même fait du travail en commun sur le terrain. Aujourd’hui, ce sera mieux réinvesti, en direction des jeunes, des femmes, des opérateurs PME. L’objectif étant de relever le défi 2007 et de sécuriser l’alternance.



Billet. Intolérance (par Driss ksikes)

Ceci est l’histoire d’un couple. H.D refuse, mordicus, de laisser à son ex-femme, S.E, la garde de leur unique enfant, parce qu’il a découvert sur le tard qu’elle était d’ascendance juive. Il a même fait valoir une attestation adoulaire, avec 12 témoins à l’appui, pour le prouver et la déclarer du coup "inapte à éduquer son enfant". Certes, le juge a estimé cet argument confessionnel hors de propos, mais n’a tout de même pas remis la garde de l’enfant à la mère, remariée entre temps. D’autres mères, quoique convolant en secondes noces, ont eu gain de cause. Mais S.E, elle, a dû se contenter d’un minuscule droit de visite. Depuis, elle crie à qui veut bien l’entendre (documents à l’appui) qu’elle est musulmane de père, et de mère chrétienne. Et repart en bataille judiciaire pour invalider "cette accusation de judaïté" qui pourrait avoir pesé dans la balance. H.D, menaçant de révéler des documents prouvant que sa belle-mère était bel et bien d’obédience juive, n’en démord pas. "J’accepterai tout sauf, laisser une fille de juive éduquer mon enfant", claironne-t-il. Sauf que cette dame, qu’elle soit musulmane ou juive, est aussi (et d’abord) la mère de l’enfant. Mais que voulez-vous, l’intolérance latente au sein de la société  va à l’encontre du bon sens. Et d’où provient-elle ? Du racisme anti-juif, ancré dans notre imaginaire, et qui nous rend prêts à traiter un quelconque vis à vis de "juif" pour mieux le bannir. De nos adouls et autres héritiers de nos traditions, qui portent un patrimoine à vocation raciste et le refilent à la société moderne. Puis, de nos machos qui cherchent par tous les moyens à se défendre contre l’exigence de démocratie culturelle qu’impliquent nos nouvelles lois (Moudawana, code de la nationalité). Et la tolérance ? On en est loin.



Billet. La hogra d’abord (par Karim Boukhari)

Avant d’être un comédien hors-pair, au talent enfin reconnu de tous, Hassan El Fad a longtemps partagé un sentiment commun, hélas, à une majorité de Marocains : celui d’être un pas grand-chose que le plus petit agent d’autorité pouvait écraser de sa puissance. Ben oui, la hogra d’abord… Un jour, dans les tristes années 80, Hassan se met en tête d’obtenir son passeport. Une folie pour un artiste en herbe, un illustre inconnu sans emploi fixe, même pas pistonné. Dans sa quête du Graal, Hassan finit par atterrir dans les bureaux du gouverneur. La suite pouvait parfaitement prendre la direction, comme le dit la pub, du commissariat le plus proche. Le gouverneur toise Hassan d’un regard hautain et lui demande : "Donne-moi une raison valable de t’accorder un passeport". "Je suis le fils du roi !", répond l’artiste. Le gouverneur demande des explications. Et Hassan de s’en sortir par une nouvelle pirouette : "Oui, monsieur, je suis le fils du roi… comme les 20 (à l’époque) millions de Marocains". Coincé entre la tentation d’appeler la police et celle de se plier à la volonté de ce "fils du roi", le gouverneur choisit le plus facile : signer le précieux passeport et qu’on n’en parle plus ! L’histoire de Hassan El Fad a une morale, sinon plusieurs. Comme dans un film de Kieslowski ou d’Alain Resnais, le destin du comédien aurait peut-être été tout autre si son "truc" n’avait jamais marché auprès du gouverneur. Imaginez un Hassan El Fad saxophoniste payé à l’heure et buveur de bière, ou éternel artiste en herbe, ou énième victime des années de plomb, etc. L’addition de ses malheurs et de la bonne vieille hogra nationale qu’il a appris à mater comme un beau diable, Hassan en fait aujourd’hui la nourriture de son art. Vérifiez tout cela, bientôt, avec la nouvelle émission qu’il produit pour TVM et vous m’en direz des nouvelles.



Vite !

Le ministre marocain des Affaires étrangères, Mohamed Benaissa, a croisé son homologue israélien Sylvan Shalom à l’ONU en début de semaine, en marge du 60ème sommet de l’ONU. L’établissement de relations diplomatiques entre Rabat et Tel Aviv aurait été au menu de la rencontre même si officiellement, côté marocain, on persiste à affirmer le contraire.

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Le ministère de l’éducation nationale a trouvé le moyen de rectifier les anomalies sexistes qui ponctuaient les manuels d’éducation islamiques. Ainsi, dans le manuel de CE4, homologué par le ministère, au lieu d’avoir des filles en situations dégradantes, on a choisi de ne pas mettre d’images de filles du tout. Voilà ce qui s’appelle régler un problème à la racine.

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Les bureaux de l’AFP à Rabat seront dirigés par Sami Ketz, anciennement responsable des bureaux de l’agence à Bagdad. Depuis le départ, au courant de l’été, de Dominique Pettit, l’AFP - Rabat a été confiée, par intérim, à Jacques Lhuillery. Sami Ketz, qui a représenté l’agence dans nombre de capitales arabes, est attendu début février à Rabat.

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Cinq cafés clandestins spécialisés dans les paris illégaux ont été condamnés à une fermeture temporaire, dans le centre-ville de Casablanca. Sans autorisation du Pari mutuel urbain (PMU), les tripots organisaient les paris dans une atmosphère délirante. Ce qui a poussé les habitants avoisinants à se plaindre auprès de la préfecture de Casablanca-Anfa.

 
 
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