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Affaire TelQuel. La mobilisation se poursuit
Chers lectrices, chers lecteurs,
Le procès en appel s'est ouvert jeudi 22 septembre. Pour fournir aux avocats des deux parties "le temps nécessaire pour s'exprimer", le président du tribunal a reporté la séance à "une date moins chargée", le jeudi 13 octobre.
Le fond n'a donc pas encore été abordé. Et votre mobilisation, chères lectrices et chers lecteurs, ne faiblit toujours pas. Les signatures à la pétition, lettres, mots et appels de soutien, continuent d'affluer chaque jour.
Nous en sommes honorés. à tous et à chacun, merci sept mille fois ! A.R.B
Pétition. à l'issue d'un procès en diffamation expéditif, le directeur de TelQuel Ahmed R. Benchemsi et son chef des actualités Karim Boukhari ont été condamnés, sans même que leur avocat ait eu droit à la parole, à deux mois de prison avec sursis chacun, plus une amende record de 1.050.000 DH. Les deux journalistes ont fait appel.
Ces peines de prison et cette amende exorbitante constituent, sans aucun doute, un "avertissement" du pouvoir à l'égard de TelQuel, "puni" pour son indépendance éditoriale. Elles inaugurent une nouvelle méthode pour museler la presse : l'étouffer progressivement par des amendes disproportionnées, obtenues grâce à des
simulacres de procès civils. à travers TelQuel aujourd'hui, c'est demain toute la presse libre du Maroc qui est menacée.
Nous soussignés, dénonçons avec force toute atteinte, même indirecte, à la liberté de la presse et demandons justice pour TelQuel à l'issue d'un procès en appel transparent et équitable. |
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Merci, confrères
Un groupe de journalistes et de militants associatifs et des droits humains s'est réuni le 18 septembre au siège casablancais du Syndicat National de la Presse Marocaine. Au cours de cette réunion, l'affaire TelQuel a été abordée, et les participants ont convenu du fait qu'il s'agissait d'un nouveau genre de harcèlement de la presse nationale, et d'une atteinte manifeste à la liberté d'opinion et d'expression. Le premier noyau d'un "comité de soutien à TelQuel" s'est constitué, et a appelé "tous les défenseurs du droit, de la justice et de la liberté d'opinion" à être présents au procès en appel. D'autres réunions sont prévues, en vue de mettre en place le programme d'activité du comité de soutien. |
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Quelques signataires
Yuba Aabdi, journaliste à Berbère Télévision, Paris
Abdallah Abidar, étudiant, Tiznit
Soraya Achour, bibliothécaire, Rabat
Mohamed Amlal, dentiste, Ouarzazate
Charaf Aït Rahali, magasinier, Agadir
Dario Anaconda, avocat, Hanovre
Youssef Annouar, professeur, Laayoune
Laurent Avignon, PDG, Paris/Bruxelles
Mohamed Azzouzi, député, Bruxelles
Mohamed Badaoui, commerçant, Tan Tan
Abderrazak Bagana, inspecteur divisionnaire des impôts, Marrakech
Abdelfettah Belfkih, fonctionnaire international, Jeddah
Anas Ben Adim, instituteur, Fes
Bachir Ben Barka, enseignant, Belfort
David Beaufreton, chef de cuisine, Rabat
Mohammed Benazzouz, professeur de droit, Rabat
Ali Taleb Bencheikh, PDG, Toronto, Canada
Bachir Benhaj, DJ, compositeur, Bordeaux
Mohammed Berd, chirurgien, Khouribga
El Hassane Bichouarine, professeur, Tiznit
Bouchra Boudchiche Boucetta, diplomate, Santiago, Chili
Brahim Boujabit, président de la jeunesse des démocrates marocains à l'étranger, Paris
Khadija Boumehdi, contrôleur aérien, Casablanca
Mohamed Boundi, sociologue, Madrid
Chafik Bouslihim, chef d'entreprise, Montréal, Canada
Fouad Bouteyeb, directeur de réseau associatif, Al Hoceima
Amina Chibani, microbiologiste, Rabat
El Habib Choubani, parlementaire PJD, Errachidia
Houria Chraïbi, inspectrice de l'enseignement, Casablanca
Brice Couturier, producteur à FranceCulture, Paris
Adnane Daoudi, cadre au gouvernement,Ottawa, Canada
Amine Daouki, chirurgien dentiste, Paris
Christine Daure-Serfaty, écrivain et militante associative, Marrakech
Paolo De Mas, chercheur universitaire, Amsterdam
Francisco Del Valle y Sevilla, militaire, Malaga, Espagne
Abdelfettah Dinar, gardien, Agadir
Michel Ducassou, ingénieur nucléaire, Harhoura
Marie Thérèse Dupas, chercheuse, Bruxelles
Jamal El Alami, administrateur au ministère de l'Intérieur, Settat
Souad El Alaoui Benhachem, écrivain, Casablanca
Rachid El Fatmi, plombier, Lille
Hamid El Gouha, chauffeur, Casablanca
Raja El Habti, directeur de recherche, Washington DC, USA
Amine El Kebbaj, pilote, Rabat
Abdellah El Ouazani, menuisier, Agadir
Hamadi El Yacoubi, vice-président de la CGEM Tensift, Marrakech
Amine Esseghir, journaliste, Alger
Maak Flatten, historien, Bonn, Allemagne
Ahmed Amine Ghaichate, caméraman, Casablanca
Audemarie Grillo, réalisatrice, Paris
Abdelkader Hadini, membre du bureau politique de la GSU, Al Hoceima
Fouad Hafidi, marketing manager, Jeddah
Jaafar Hajoui Taalibi, réalisateur radio, Tanger
Saïd Harari, professeur, Tanger
Brahim Hemmadi, élève chercheur au CNRS, Paris
Abdelatif Himmich, fellah, Meknès
Mohamed Hmiddane, chauffeur, Agadir
Abdellah Ichreben, marin, Agadir
Saïd Intidam, enseignant chercheur, Lyon
Christina Japs, juriste, Stuttgart
Fouzia Kanissi, mère de famille, Laayoune
Hicham Karimi, médecin, New York
Jamal Khalifi, plombier, Casablanca
Lakbira Khallouk, femme au foyer, Casablanca
Mustapha Kharmoudi, écrivain, Besançon, France
Ali Lachgar, camionneur, New Jersey, USA
Mohamed Laghlimi, tailleur, Safi
Nouamane Lahlou, auteur, compositeur, interprète, Casablanca
Sebastien Laloux, PDG, Liège, Belgique
Massoud Lamdaini, capitaine de pêche, Agadir
Moulay Laraqui, banquier, Londres
Ali Lehawli, gendarme, Khouribga
Moulay Mehdi Lemrini, promoteur, Montréal
Chantal Levie, musicienne, Bruxelles
Jamal Maghzioui, étudiant, Ouarzazate
Malek, chanteur compositeur, Casablanca
Mokhtar Mohatar Marzok, chercheur, Granada, Espagne
Herman Obdeijn, fondateur de la fondation Maroc-Pays bas 400 ans, Leiden, Pays Bas
Abdelkader Oualidi, écrivain, Fes
Ahmed Ouchikh, livreur, Agadir
Hicham Oulmoudane, banquier, Bruxelles
Oum, Artiste chanteuse, Casablanca
Maha Rachidi, sociologue, Paris
Jamal Rahim, technicien, Laayoune
Oussama Rebbaj, menuisier, Meknes
Juliano Ribeiro Salgado, réalisateur, Paris
Daniel Rivet, historien et directeur d'études à l'EHESS, Paris
Adil Roudani, infirmier, Guelmim
Benyoussef Salhi, inspecteur de l'enseignement, Temara
Abdellatif Sanan, ouvrier, Safi
Aïcha Sarghini Laklili, enseignante, Rhafsai
Azzedine Sebti, directeur général, Casablanca
Naïma Sellamito, professeur, Al Hoceima
Othman Sentissi, psychiatre, Bruxelles
Abraham Serfaty, ingénieur, fondateur de Ilal Amam, Marrakech
Monica Shields, PDG, Quebec
Mohamed Skali, postier, Tanger
Amina Slaoui, militante associative, Casablanca
Ahmed Snoussi "Bziz", humoriste, Casablanca
Leila Taleb, professeur, journaliste, Rabat
Christine Vizzard, avocate des droits de l'homme, Sydney, Australie
Michel Wery, chercheur en géopolitique, Bruxelles
Jens Wirth, chercheur, Sao Paulo, Brésil
Gérard Xavier, délégué au Maroc de la fondation Terre des Hommes, Casablanca
Najat Zargui, poète, Agadir
Mohamed Zine, géologue, Londres |
Ils nous soutiennent
Pour l'avenir du Maroc
J'ai appris avec inquiétude la sévère condamnation du magazine TelQuel pour un billet d'humeur inoffensif. Je connais le Maroc, pour l'avoir visité souvent. Je le sais engagé dans une transition politique fragile. C'est pour cela que j'espère que ce jugement sera infirmé en appel, lors d'un jugement équitable. Pour l'avenir de ce pays et celui de ses enfants. En attendant, je tiens à vous exprimer toute ma sympathie et ma solidarité.
Jack Lang, député et ancien ministre (PS), Pas-de-Calais, France
Entière solidarité
J'exprime mon entière solidarité à l'égard des deux journalistes de TelQuel A. R. Benchemsi et K. Boukhari, et je rappelle que leur condamnation aberrante est en train de ternir sérieusement l'image, déjà peu enviable, de ce pays à travers le monde. Un tel préjudice ne saurait être réparé par le seul acquittement des deux journalistes, mais aussi, et surtout, par l'ouverture immédiate d'une enquête pour déterminer les véritables commanditaires de cette mascarade.
Mohamed Nedali, écrivain et lauréat du prix grand Atlas 2005, Tahennaoute
Rire ou pleurer ?
Je ne sais s'il faut rire ou pleurer de la situation dans laquelle se trouvent Ahmed Benchemsi et Karim Boukhari. Rire, il le faut car les magistrats qui les ont condamnés ridiculisent la justice de leur pays ; pleurer, parce qu'ils portent un coup très dur a l'image du Maroc et de son souverain - image qui s'était considérablement améliorée ces dernières années suite aux progrès accomplis pour ce qui est de la liberté de parole et d'écriture. Cela dit, la liberté s'arrache, elle ne s'octroie pas. Continuez donc le combat.
Francis Ghilès, senior Fellow de l'Institut Européen de la Méditerranée (Barcelone), et ancien correspondant pour l'Afrique du Nord du Financial Times
Estime et sympathie
J'ai rencontré Ahmed Benchemsi à Casablanca en mars dernier. Je n'ai pas oublié ce moment où il nous a entretenu, mon épouse et moi-même, de son hebdo, de sa ligne éditoriale, du Maroc post-hassanien avec tant d'enthousiasme et de courageuse volonté d'introduire un grand courant d'air dans le traitement de l'information dans son pays. Un journal libre de propos comme TelQuel, des jeunes comme vous décidés à tordre le cou à la langue de bois makhzénienne inspirent estime et sympathie au sexagénaire que je suis ayant habité au Maroc dans le courant des années 1960. Je vais m'employer à recueillir des signatures de soutien dans mon milieu professionnel et je vous assure de mes sentiments les plus cordiaux.
Daniel Rivet, professeur d'histoire contemporaine à Paris I et directeur de l'IISMM-EHESS
L'ennemi
Votre combat pour la liberté d'expression a un seul ennemi : la bêtise.
Zakaria Boujmal, architecte, Rabat
Insulte au peuple
Après cette affaire, tous les Marocains devraient attaquer l'état devant la justice internationale pour insulte au peuple, qui aime passionnément les cheikhate, et qui les considère comme une partie fondamentale de la culture marocaine. Devrons-nous inviter Nirvana ou les Gipsy Kings pour la fête du trône ?
Mohammed Solaih, vétérinaire, Sidi Bennour
Laissez les journalistes travailler
Qui est responsable de l'analphabétisme au Maroc, qui fait que bon nombre de gens votent (pour une cheikha le cas échéant) sans savoir ni pouvoir lire, ne serait-ce qu'une ligne du programme des candidats ? TelQuel ? Certainement pas ! à ces messieurs adeptes de la censure : de grâce, posez-vous les vraies questions, et laissez les journalistes faire le travail que vous ne daignez pas faire : éclairer un minimum nos concitoyens.
Hatim Ghalem, chercheur, France
Pure vengeance
TelQuel est pour moi l'emblème du nouveau Maroc et l'éclaireur de son devenir. Il pousse le Maroc dans le dos tout en lui faisant des grimaces en pleine face. Ce jugement, pour le moins expéditif, rendu contre un canard qui a l'audace de se tenir debout contre vents et marées, est une pure vengeance. Cette boutade de « Cheikha de l'Atlas » me rappelle Tartarin de Tarascon, à une différence : Alphonse Daudet, lui, avait le droit d`écrire, et il y a de cela déjà 135 ans ! TelQuel vivra tant que le Maroc respirera.
Ahmed Benbouzid, Montréal
D'une cheikha à l'autre
Décidément, la justice marocaine tient absolument à se faire remarquer. 1 million de dirhams pour avoir cité, entre autres, le terme "cheikha" ??!!! Un certain mois de février 2003, un juge recommandait à des accusés, en plein tribunal, d'écouter Fatna Bent Lhoucine. Que s'est-il passé entretemps ? Contradiction ou prise de conscience soudaine ?
Tarik Sadkhi, étudiant, Montpellier
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