Sujet
Actu Économie
Analyse. Et si le Maroc n'était pas en transition ?
Reportage. Comment j'ai été refoulé d'Algérie
Hommage. âlem, diplomate et patriote
Gad El Maleh. "Je mens trois fois par jour"
Darga, life is live
N° 192
Webmaster
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Hassan Hamdani

Exposition. Belkahia abat ses cartes

Farid Belkahia
Du monde, des ministres, des artistes bien sûr et tout le ghetto (oops ! pardon, le gotha) de Rabat était là. événement : l’exposition montée par Farid Belkahia à l’Institut du Monde Arabe de Paris est rapatriée à la super galerie nationale de Bab Rouah. "Le transfert a coûté la bagatelle d’1 millions 500.000 dh". L’artiste, du haut de ses 51 ans de carrière, commence par nous parler de chiffres. Tout autour, dans cette salle où les invités échangeaient quelques amabilités, il y avait ce que Mohamed Chebaâ appelle "le fond archéologique" du peintre (La main et ses traces de henné, des travaux d’atelier destinés à Jamaâ El Fna et ayant atterri à Paris, etc). Mis à part ces reliques, l’essentiel de l’exposition reprend les mappemondes, baptisées par l’artiste "La dérive des continents". Belkahia en arrive aux cartes du
monde par le truchement des tâches noires et blanches entremêlées sur le dos des vaches, dont la peau a longtemps été le support favori de l’artiste. De ce support vivant, il a su adopter ce que Jacques Leenhardt appelle "la peau du monde", pour y restituer le tracé du géographe Al Idrissi, exprimer l’absurdité d’un monde où les frontières s’effacent et les pays se recomposent, puis pour inscrire l’instabilité des masses qui flottent sur un fond océanique. Derrière ce regard cosmique, se dresse un fondateur de l’art contemporain au Maroc, cohérent, toujours à la recherche d’alliances entre l’authenticité du matériau et l’universalité de l’apport.


Album. H-Kayne prophétique

La tête bien vissée sur les épaules, ils l’avaient assuré lors de la sortie tonitruante de 1 son 2 bled’art : pour goûter à la vraie valeur d’un groupe, attendez le second album. ça, pour avoir attendu… trois mois maintenant que les conquis et les curieux piétinent pour mettre la main sur ce nouvel opus produit par Platinium, qui a réussi là son meilleur pari. Propulsé dans la droite lignée de son prédécesseur, HK 1426 est signé de la même griffe hypnotisante et nasillarde, avec toujours assez de pouvoir créatif pour que chaque morceau, brut et racé à souhait, fasse mouche. Au finish: 12 petites merveilles distillées d’un art sanguin, énervé, procurant un pur plaisir auditif emmené par le génial Issawa Style, où les cinq lascars puisent avec intuition dans un patrimoine classique pris à contre-courant. Même un petit zeste de raï parvient à se faire une place au soleil dans ce bel album, via deux special guests des trublions meknassis. On aime!


Arts Populaires. Ahwach forever

Un nouveau festival consacré à la culture amazighe vient de voir le jour, et cela à Ouarzazate. La ville du sud accueillera du 23 au 25 Septembre un festival de danse ahwach, lors duquel tout le patrimoine culturel de la région sera à l'honneur. Cette première édition connaîtra la participation d’une vingtaine de troupes d’Ahwach et plusieurs expositions ainsi que des projections de films seront proposées au public. À noter également qu’une conférence autour du thème "Les arts ahwach, expression socioculturelle de l’identité" sera animée, avec la participation de M. Mohammed Al Khattabi (spécialiste de la danse ahwach) et celle de M. Ahmed Assid, chercheur à l’institut royal de la culture amazighe et raïs dans une troupe d’ahwach.


Danse. New girls on the block

Deux jeunes chorégraphes, Meryem Assali Jazouli et Mouna Sekkat présenteront dans un spectacle commun leurs premières œuvres respectives, "Temps de Chien" et "Murmure". Le spectacle de Meryem Assali Jazouli est une réflexion sur l’instant présent, la mémoire du corps et celle de l’esprit. Son œuvre, sous forme de duo, est interprétée par deux jeunes danseurs de Sidi Othmane, découverts dans le cadre des travaux de l’association Les Rencontres de la Danse. "Murmure" quant à lui est un solo de Mouna Sekkat, sur une musique d’Erik Satie. Inspirée par l’œuvre de l’artiste contemporain américain Robert Smithson, la chorégraphe définit son spectacle comme étant "un autoportrait psychologique à échelle intimiste". Mercredi 28 Septembre à 20h30, à l’Institut français de Casablanca.


Musique Classique. Olé Mozart !

La nouvelle saison musicale 2005-2006 de l’Orchestre Philharmonique du Maroc fera le bonheur des amateurs de Mozart. Pour commémorer le 250ème anniversaire de la naissance du compositeur, l’Orchestre lui consacrera le "Concours international de musique" en Mars 2006 ainsi que l’Opéra "La flûte enchantée" en Mai 2006, une première au Maroc. Et dans un avenir plus proche, plusieurs concerts consacrés à la musique classique espagnole et basque seront organisés en collaboration avec l’orchestre symphonique de Bilbao. Le 29 Septembre à Casablanca (Salle de l'office des Changes, à 20h30), le 1er Octobre à Rabat (Théâtre National Mohamed V, à 20h30), et le 2 Octobre à Marrakech (Théâtre Royal, à 20h30).


Cinéma. Le roi des beignes

De l’ombre à la lumière, 17ème film de Ron Howard, réalisateur prolifique et valeur sûre du box-office américain, est un drame sur fond de boxe. Dans les années 20, Jim Braddock interprété par Russel Crow, est un boxeur prometteur, mais une blessure met un terme à sa carrière. Sans ressources, alors que la grande dépression de 1929 frappe de plein fouet l’Amérique, Jim est contraint d’accepter des petits boulots pour nourrir sa femme et ses trois enfants. Jim décide alors de renfiler ses gants et fait un come-back comme on n'en voit qu’au cinéma. Sauf que le scénario est tiré d’une histoire vraie. Présenté comme un modèle pour son courage, son honnêteté et son intégrité, Jim Braddock est devenu une légende dans l’imaginaire collectif américain. Au Mégarama.


Underground. Le ramadan musical de Oum

Non, Oum ce n’est pas le diminutif de Oum Keltoum, mais le celui de la plus délicieuse et sans doute la plus forte voix féminine que la scène underground marocaine connaisse. Celle que l’on a eu le temps d’apprécier dans Dear Mama (en duo avec Barry ) sur la compil’ Stoune 2 et qui s’apprête à entrer en studio (début ramadan) pour l’enregistrement de son album. 9 morceaux qui basculent d’un univers musical à un autre. De l’électro à l’acoustique en passant par l’arrangé. Des textes en darija, en français et en anglais. "Éclectique" a-t-elle décidé de le faire, mais hésitante cependant quand au titre de son album. à signaler que l’opus comptera un minimum de deux collaborations avec Barry et sera sur le marché début 2006. Une promesse signée Sigma Technologies.


Chant. Chœur d'enfants

La chanterie de Rabat organise à Casablanca un concert, "La Longue Route" (d'après Bernard Moitessier), sous la direction de Jalila Bennani. Racontant l'histoire d'un navigateur faisant le tour du monde, cette chorale est composée en grande majorité d'enfants de 10 à 16 ans qui maîtrisent parfaitement toutes les techniques du chant. Née en 1994, l'association de la Chanterie de Rabat a déjà plusieurs concerts à son actif que ce soit à l'échelle locale ou internationale. Le groupe avait participé entre autre au "Temps du Maroc en France" en 1999. En concert le 28 Septembre à partir de 20h au Cinéma Rialto. Entrée libre.


Performance. Stage Butô

Regina Goerger continue son projet 2005 sur le littoral marocain, baptisé "Espace ou vérité du silence". Spécialiste de Butô, appelée aussi "danse des ténèbres", elle en est à sa 8° performance. Celle-ci aura lieu dimanche 2 octobre 2005 à l’ancien fort Borg, 1er du genre au sud du phare de Rabat-Océan. Rendez-vous est donné gratuitement au public au site de la performance à 17h15. La danseuse, qui a déjà laissé perplexe tous ceux qui ont assisté à ses précédentes démonstrations de symbiose avec les sons et les reliefs de la nature, dirige un stage d’initiation à son art au Goethe institut de Rabat, les 8 et 9 octobre. Avis aux amateurs.


Fine al hbiba ?

"Hbiba Hbiba", single du duo rap marocain Mafric1, composé de Rabii et Younes, vient de sortir chez Platinium. Composé avec Elam Jay, le morceau est gentillet et séduira sans doute quelques hbibate amatrices de déclarations d’amour chantées. Les garçons passeront leur chemin.


Bollywood à Marrakech

Marrakech pourrait accueillir en juin prochain les awards du cinéma indien. Une délégation indienne représentant l’International Indian Film Academy était en repérage dans la ville ocre en septembre. L’événement médiatique, qui a lieu dans une ville différente chaque année, est suivi par plus de 450 millions de téléspectateurs.


Accueil royal

El Maestro et Mustafa Bourgogne ont eu droit à un accueil très chaleureux la semaine dernière à Amsterdam. Ils se sont produits avec l'Orchestre Symphonique Royal devant plusieurs personnalités politiques hollandaises et européennes. Seule fausse note: l'absence des responsables marocains et de nos chaînes nationales.



Humeur : Chinoiseries

Par Hassan Hamdani

Les Chinois sont un peuple admirable capable de sublimer une sordide histoire de cul entre un chef de service et sa stagiaire. Ainsi, une société chinoise spécialisée dans le caoutchouc a décidé de commercialiser des protège zizi répondant au doux nom de Clinton et Lewinsky. Clinton et son priapisme présidentiel sont vendus l'équivalent de 30 dirhams la boîte de 12. Lewinsky, la plus célèbre gorge profonde depuis le Watergate, est commercialisée comme produit bas de gamme à 20 dirhams la douzaine. Les Chinois n'ont décidément plus aucun égard pour les prolétaires, même quand ils portent des tailleurs. Pour justifier une telle différence de traitement, les responsables de la société ont déclaré avoir choisi l'ex-président comme produit haut de gamme car il redouble d'efforts dans la lutte antisida. Mais, les fabricants de caoutchouc chinois savent pertinemment que Clinton pourrait se taper 50 tours du tiers-monde, aucun consommateur de préservatif ne le confondra jamais avec Mère Théresa. L'image de marque de Bill est à chercher ailleurs, dans l'inconscient collectif. Pour le monde entier, Bill restera à jamais ce grand type aux cheveux argentés qui disperse sa descendance sur le linge propre des subalternes. L'élève chinois a de toute évidence dépassé le maître, il lui donne même des leçons de marketing avec un air faux-cul réjouissant. On attend avec impatience les cigares Clinton commercialisés par Castro.




Le livre

Ceci est l’un des derniers travaux légués par le professeur Remy Leveau, avant sa mort. Co-dirigé par Khadija Mohsen-Finan, Musulmans de France et d’Europe est une œuvre collective qui a le mérite de diagnostiquer la présence de la diaspora musulmane, militante ou pas, en Europe depuis le 11 septembre. Provenant du Maghreb ou des Balkans, cette population, stigmatisée au nom de son obédience, est étudiée, pays par pays, à l’aune de plusieurs paramètres. Parmi ceux-là, l’institutionnalisation du culte musulman, la symbolique du port du voile, le comportement des polices nationales, les difficultés affrontées dans les tribunaux, etc. Entre formes d’intégration et mécanismes d’exclusion, le livre dresse un tableau édifiant.

Ed. CNRS (Partenariat avec l’IFRI)

 
 
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est © 2009 TelQuel Magazine. Maroc. Tous droits résérvés