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Par Driss Bennani
"Les Rifains sont en liberté provisoire"
| Antécédents |
Ilias El Omari
Lobbyiste et cadre associatif
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| 1967. |
Naissance à El Hoceima |
| 1987. |
Condamné par contumace à cinq ans de prison suite aux événements d'El Hoceima |
| 1990. |
Co-fondateur du journal Al Mouwatin |
| 1999. |
Président de l'association des victimes des gaz toxiques au Rif |
| 2001. |
Membre de l'Institut Royal pour la Culture Amazighe |
| 2004. |
Membre du Conseil supérieur de la communication audiovisuelle |
| 2005. |
Président de l'association "Rifains pour le développement et la solidarité" |
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Smyet Bak ?
Mohamed Ben Shouaib. Il était fqih.
Smyet mok ?
Khadija Bent Ali.
Nimirou d'la carte ?
R 117 187.
RG, ça vous aurait dérangé ?
R, c'est El Hoceima.
Posons la question autrement. Vous auriez aimé être flic ?
Non, mon père m'a éduqué pour être professeur. Si son vu n'a pas été exaucé, c'est l'état qui en est responsable.
Bien sûr. Vous avez récemment créé une association à Rabat, qui regroupe des cadres rifains vivant hors du Rif. Vous lancez l'assaut contre la capitale ?
C'est une association qui est basée à Rabat pour faire connaître l'histoire du Rif aux non Rifains. Nous avons essayé de monter des associations dans le Rif, mais en raison de l'absence de routes et de moyens de transport, nos idées n'arrivaient jamais à Rabat. Elles ont eu de nombreux accidents de circulation, tous comme ces autocars qui viennent du Rif. Et souvent, ces idées sont mortes sur la route, tout comme ces Rifains qui viennent pour se soigner ou étudier à la capitale. Nous, les survivants du Rif, proposons de relayer ces idées.
Vous concevez votre résidence à Rabat comme une délivrance ?
Non, nous sommes les survivants des accidents des autocars du Rif. Et nous sommes là pour relayer les espoirs et les maux de cette région oubliée.
Franchement, à quand remonte votre dernier trajet en autocar ?
à un mois et demi. J'ai peur de prendre la voiture. Je préfère la mort collective à l'individuelle.
Vous êtes macabre, dites-donc. C'est Karim Ghellab qui sera content
Avant d'être ministre, il a été directeur de l'équipement à El Hoceima. J'espère qu'il profitera de son passage et de sa connaissance de la région pour agir maintenant qu'il est ministre.
Vous avez un portrait d'Abdelkrim chez vous ?
Oui, et un grand portrait. Un portrait unique, peint par un artiste rifain marginalisé tout comme sa région qui s'appelle Skaki, dans les années 80.
Vous avez un portrait de Mohammed VI chez vous ?
Non, mais cela ne me poserait pas de problème d'en avoir un. Le portrait d'Abdelkrim, c'est une uvre artistique unique.
Vous êtes pour la destruction des champs de kif dans le Rif ?
Le kif a une histoire dans le Rif. Il a existé avant l'indépendance et les gens cultivent avec un dahir de l'état marocain. La régie des tabacs s'appelait régie des tabacs et du kif et achetait leur production aux agriculteurs. Je le dis à haute voix : dans le Rif, nous sommes tous en liberté provisoire. Notre tare, c'est justement d'être Rifains. Même dans les autres régions du pays, les gens croiraient volontiers en l'accusation, même fallacieuse, d'un Rifain pour trafic de drogue ou contrebande.
Vous êtes membre de la GSU. Vous ne trouvez pas que votre place serait plutôt au RNI ?
Mon appartenance est dictée par mes convictions idéologiques. Il se trouve qu'aujourd'hui, elles sont de gauche.
Et demain ?
Je ne sais pas, les convictions évoluent avec la personne. Aucun militant objectif ne peut le nier.
Vous êtes riche ?
Non.
Ce n'est pas ce qu'on dit de vous
Je n'ai rien. D'ailleurs, j'ai récemment déclaré tous mes biens dans une interview. Mon père était un simple fqih, il avait 13 enfants.
Ça vous dit que je vous pose une question sur Fouad Ali El Himma ?
C'est votre droit, et je vais y répondre. Je suis quelqu'un qui n'a pas honte de ses amitiés.
Ça ira, alors... |
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