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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Réda Allali

Nos chances pour Tunis

(AFP)
Le 8 octobre, le Maroc joue gros. La promesse de participer au Mondial 2006, mais aussi la possibilité de nous libérer de mauvais souvenirs avec la Tunisie. Nos forces, nos faiblesses… et celles de l'adversaire.


Nous y sommes. Seule une victoire à Tunis le 8 octobre peut nous qualifier pour la Coupe du monde 2006 en Allemagne. Dès le tirage au sort, il était clair que tout allait se jouer sur ce match décisif. Pourtant, de nombreux Marocains considèrent aujourd’hui cette mission comme impossible. Nous sommes passés de l’optimisme délirant au
défaitisme le plus noir, une nouvelle manifestation de la versatilité légendaire du peuple du football. Remettons les choses à leur place. Ceux qui pensaient que les Marocains allaient arriver à Tunis déjà qualifiés se berçaient d’illusions. Aujourd’hui, alors que nous abordons les dernières journées des qualifications, très peu d’équipes sont déjà sorties d’affaire. En Europe, seule l’Ukraine est dans ce cas. La France souffre, elle est condamnée à gagner son match à l’extérieur contre la Suisse pour éviter des barrages très hasardeux. L’Angleterre et l’Espagne sont également à la peine. Il n’y a qu’en Asie où les qualifiés prématurés sont nombreux (Japon, Iran, Corée, Arabie Saoudite). Logique : les disparités entre les équipes sont plus flagrantes sur ce continent.
Revenons à l’Afrique. Il y a eu un nivellement des valeurs. Toutes les équipes sont bâties autour de profesionels qui évoluent en Europe. Dans les autres groupes que le nôtre, les surprises sont nombreuses : le Togo et l’Angola sont leaders. Ils dominent le Sénégal et l’Afrique du Sud, largement plus costauds sur le papier. Autrement dit, tout va se jouer au cours de la dernière journée des qualifications. Partout. Notre équipe nationale a engrangé 19 points en 5 matchs, un parcours très honorable (5 victoires, 4 nuls, aucune défaite). Avec ces mêmes 19 points, elle serait leader du groupe 2 ou 4. Oui, mais elle se trouve dans le groupe 5, et la Tunisie, elle, a 20 points. Conclusion : il est inutile de pleurnicher sur deux points perdus à Nairobi ou à Rabat contre le Kenya ou la Tunisie. Dans tous les cas, il fallait s’attendre à aller chercher la qualification à Tunis, le dernier jour. Question : sommes-nous armés pour cela ? C’est là que le bât blesse. Depuis l’excellent parcours de Tunisie 2004 (ponctué, rappelons-le, par notre meilleure performance continentale depuis 1976), l’équipe a perdu la confiance de la rue. Trois raisons à cela : des performances médiocres sur le plan du jeu, des problèmes à répétition au sein du groupe, et enfin la prise en compte tardive de la valeur de la Tunisie.
Examinons les performances. Les prestations contre le Botswana ou le Kenya à domicile, malgré les deux victoires 1-0, ne resteront pas dans les annales. Walid Regragui : “Pendant les qualifs, il faut gagner, c’est tout. Les beaux matchs, ils viennent au moment des phases finales.” Soit. Encore faut-il y aller. Et pour y aller, il faut un moral d’acier pour aborder ce dernier match. On le sait, c’est l’esprit de groupe qui avait porté le Maroc en finale en 2004. Un esprit de groupe créé par une bande de Beurs revanchards, désireux de prouver à la fois à leurs parents qu’ils ne se sont pas sacrifiés pour rien et à leurs compatriotes qu’ils étaient aussi marocains qu’eux. Aujourd’hui, cette belle union sacrée est-elle toujours d’actualité ? Officiellement, oui. Les joueurs affirment que rien de négatif ne sortira du groupe avant le match de Tunis. Il y a toutefois de nombreuses raisons de penser que l’idylle entre Zaki et son équipe appartient au passé. L’affaire Naybet a commencé par plomber l’ambiance. Un choc frontal entre deux têtes de mule, qui arrive au plus mauvais moment. Le joueur estimait que son statut et ses états de service lui permettaient certains passe-droits. L’entraîneur, de son côté, met un point d’honneur à rappeler à tout le monde que c’est lui le boss, quitte à se montrer cassant lorsque Naybet déborde de son rôle (pour placer sa défense, par exemple). Le reste, c’est une série d’accrochages sur des détails insignifiants. Comme dans toutes les affaires qui touchent au domaine de la suceptibilité, il est difficile de trouver un responsable et une victime. Il est, par contre, facile d’affirmer que Naybet, avec son énorme expérience des matchs décisifs, aurait apporté un plus incontestable à un groupe qui, sans lui, affiche une moyenne d’âge d’environ 25 ans. Au passage, tordons le coup à la légende qui présente Naybet comme un noctambule invétéré. On ne réalise pas une telle carrière (plus de dix ans de professionalisme) sans une bonne hygiène de vie.
Il y a eu aussi les états d’âme de joueurs comme Moha El Yacoubi ou Youssef Mokhtari, qui n’acceptent pas leur statut de remplaçants – deux joueurs à forte personnalité qui avaient marqué l’épopée tunisienne (Mokhtari en terminant meilleur buteur du tournoi et Moha en délivrant quelques passes décisives). Or, il se trouve que c’est l’attitude des remplacants qui détermine l’ambiance d’un groupe. L’éviction d’Abdelghani Naciri, ancien adjoint de Zaki, n’a rien fait pour arranger les choses. Lui savait communiquer avec ces joueurs pour arrondir les angles – il parle couramment allemand, espagnol, français. Il a quitté le staff, lassé d’attendre une forme de reconnaissance qui n’est jamais venue de la part de la fédération ni de son patron Zaki, qui a même parlé à son égard de “malade mental”... C’est une grosse perte. Zaki, lui, ne fait aucun effort de communication. Enfermé dans ses certitudes, il estime n’avoir à justifier aucun de ses choix à quiquonque – surtout pas aux joueurs. C’est une posture naturelle chez lui, aggravée par son statut de finaliste de la Coupe d’Afrique des nations. Son obsession de la discipline commence à agacer de nombreux joueurs, qui estiment qu’ils sont suffisamment professionnels pour ne pas avoir à se farcir ce genre de discours quasi militaire. Ils ont été formés en Europe, ils n’ont pas forcément besoin d’un gendarme. Las, Zaki continue de les mener à la baguette. Ajoutons-y la méforme de Jawad Zaïri, passablement perturbé par un mariage assorti d’une “phase mystique”, et vous obtiendrez un tableau peu reluisant de l’état du moral des troupes et des rapports entre les joueurs et l’entraîneur. Mais, encore une fois, il n’y a aucune certitude qui ne tienne jusqu’à l’entrée des deux équipes sur le terrain. Placés en concentration à Marbella, comme en 2004, l’union sacrée peut être recréée...comme en 2004. Et le récent coup de téléphone d’apaisement de Baddou Zaki à Jawad Zaïri semble prouver que l’ancien gardien est décidé à remobiliser les joueurs qui doutent.
C’est que l’équipe est au pied du mur, condamnée à l’exploit. Chamakh résume la situation : “Notre génération veut marquer l’histoire, et, pour marquer l’histoire, il faut aller à la coupe du monde.”
Historiquement, l’équipe qui reçoit pour le dernier match perd très rarement. Nous avons été dans la position de la Tunisie lors des qualifications pour les Coupes du monde 1994 et 1998, et nous avons chaque fois gagné le match décisif 1-0 (contre la Zambie et le Ghana). En 1998, nous avons été contraints à chercher le nul au Sénégal lors de la dernière journée et nous avons perdu. Soyons clair : la Tunisie est la grandissime favorite. Un match nul lui suffit. Ce n’est pas forcément une mauvaise chose pour nous. Dans ces conditions, il faut attaquer sans complexe, faire douter les Tunisiens. “Jouer en pénétration”, pour reprendre l’expression de notre confrère Najib Salmi. Ce qui implique la titularisation d’entrée de trois attaquants : les indispensables Chamakh et Hadji, épaulés par Boussaboun ou Zaïri selon leur état de forme respectifs. Examinons les statistiques. En 21 matchs, le Maroc et la Tunisie se sont neutralisés 14 fois! Quatre victoires pour le Maroc et trois pour la Tunisie. Hormis aux éliminatoires de la CAN 2002, jamais un match officiel ne s’est soldé par plus d’un but d’écart. Les matchs ont toujours été serrés. Celui-ci le sera aussi. Parce que Tunisiens et Marocains sont deux équipes très proches. Lors de la dernière Coupe des confédérations, le groupe tunisien, en tenant tête à l’Argentine sur le plan du jeu (penalty loupé par Mhadhebi) avant de s’incliner en fin de match, a démontré qu’elle était sans doute plus forte aujourd’hui qu’elle ne l’était chez elle en 2004. Raison de plus pour s’attendre à une bataille difficile, ou deux entraîneurs jouent leur tête.
En attendant le verdict du terrain, le cybermatch, lui, a déjà commencé sur le Web. Sur les forums consacrés au sujet (marocain mountakhab.net et le tunisien tunisie-foot.com), les coups volent très bas. Score : match (très) nul.

[Regarder l'infographie]




Palmarès de la Tunisie

3 participations à la Coupe du Monde (1978, 1998, 2002).
3 éliminations au premier tour.

Palmarès du Maroc

4 participations à la Coupe du monde (1970, 1986, 1994, 1998).
3 éliminations au premier tour et un 8e de finale (1986).



CAN 2004. Retour sur une finale “louche”

Février 2004, Rhades, finale de la Coupe d’Afrique des nations. Pour les observateurs neutres, le Maroc est largement supérieur à la Tunisie, son adversaire, sur le plan du jeu. Les statistiques le prouvent : le Maroc, avec 13 buts marqués, affiche la meilleure attaque du tournoi.
La veille de la finale, Naybet confiait à TelQuel : “J’ai peur que nos gamins perdent les pédales, ils ne savent pas à quoi ils vont être confrontés.” Bien vu. L’entame du match est catastrophique : les Tunisiens pressent haut et provoquent une véritable panique dans la défense marocaine. Objectivement, il faut se déclarer satisfait de n’avoir encaissé qu’un seul but durant le premier quart d’heure (Santos, 4e). La seconde partie de la première mi-temps est marocaine. L’équipe sort la tête de l’eau, retrouve son football, puis égalise grâce à Mokhtari (39e). La Tunisie doute, avant d’être sauvée par une bourde de Fouhami, impeccable jusque-là. Malgré des qualités morales impressionnantes, les Lions n’arrivent pas à revenir au score. La Tunisie se contente de gérer la suite du match avec roublardise, et empoche le titre. Vue du Maroc, l’affaire est claire : le Maroc a "donné" le titre à la Tunisie, contre un soutien à sa candidature à l’organisation de la Coupe du monde 2010. Le soutien ne viendra jamais, mais la rue continue d’affirmer, encore aujourd’hui, que ce match est “louche”. Pourtant, côté Tunisie, nous n’avons rien vu de louche. Nous avons vu une équipe tunisienne transcendée par l’enjeu de dominer des Marocains tétanisés en début de match. Nous avons vu une finale classique entre un pays organisateur, enfin digne de son statut, et une équipe plus technique, mais dominée mentalement. Exactement comme lors de la finale de la Coupe du monde 1998, lorsque la France, pas spécialement brillante jusqu’alors, a battu des Brésiliens largement supérieurs sur le papier.


Jouer à Tunis

L'arbitre demande à Jaziri
de se relever. Une scène qu’on
reverra sans doute le 8 octobre (AFP)
L’art de la simulation de son équipe sur le terrain, des arbitres un peu trop dévoués à sa cause, un public haineux et violent… N’exagérerait-on pas avec la Tunisie ?


Beaucoup considèrent les Tunisiens imbattables à domicile. Une impression confirmée par les statistiques : en huit confrontations à Tunis, les Marocains se sont inclinés à quatre reprises. Ils ont décroché trois matchs nuls et se sont imposés une seule fois, en 2001. Autrement dit, même la grande génération de 1986 s’est cassé les dents au stade El Manzeh (défaite 2-1 en 1989). La tentation est grande d’imputer à cette malédiction un arbitrage maison. La tentation est encore plus grande d’attribuer l’étouffement de l’affaire de corruption kenyane à la main des dirigeants tunisiens. Ce n’est pas forcément un fantasme de supporteur paranoïaque. Il est un fait avéré que certains grands dirigeants utilisent leur présence dans les hautes instances du foot international pour s’assurer que leur équipe nationale sera bien traitée à domicile. Dit crûment, avoir des représentants à la
Fifa ou à la CAN augmente la qualité des performances sportives d’un pays. Sans aller jusqu’à parler de corruption, il suffit de choisir le bon arbitre, celui qui sera sensible à la pression des gradins, celui qui n’osera pas siffler un penalty à l’encontre des locaux pour simplifier grandement la tâche. Ce n’est pas une spécialité africaine. La Russie, par exemple, a longtemps souffert de sa sous-représentation à la Fifa. Rappelez-vous le Mondial 1986 où les coéquipiers de Belanov avaient été éliminés sur deux buts hors jeu des Belges. Qui peut raisonnablement penser qu’une pareille mésaventure puisse arrriver au Brésil, par exemple ?
Or, il se trouve que la Tunisie est représentée dans la plus haute sphère du foot mondial – le comité exécutif de la Fifa (alors que les Marocains, eux, sont trop occupés à se tirer dans les pattes pour songer à propulser l’un d’eux à ce niveau). Le représentant tunisien n’est pas n’importe qui. Slim Chiboub, à la fois gendre de Zine El Abidine Benali et richissime homme d’affaires, impliqué dans tout ou presque. Il a présidé avec succès le club de l’Espérance de Tunis pendant plus de quatorze ans. Un dirigeant tout-puissant, qui présente officiellement son club comme “un vecteur d’identification des forces vives de la Tunisie nouvelle” (sic). Bilan du président : 10 titres de champions de Tunisie, trois coupes de Tunisie et quatre coupes d’Afrique. On ne peut raisonnablement attribuer l’ensemble de ce palmarès à un arbitrage favorable. Il n’en demeure pas moins que la proximité notoire de Slim Chiboub avec Farah Ado, longtemps président de la commission d’arbitrage de la CAF a grandement fait jaser dans le milieu du foot africain. On le soupçonne d’avoir demandé à son ami Ado (évincé, depuis, de la CAF) de n’envoyer à Tunis que des arbitres accommodants.
Des exemples d’arbitres conciliants ? En 1999, lors de la finale de la Champion’s League, Espérance-Raja, un arbitre capverdien trouve le moyen d’expluser Jrindou et de siffler un penalty après douze minutes de jeu sur une simulation grossière. Le Raja finira par s’imposer... aux penaltys. En 2004, la désignation du Sénégalais Falla Ndoye pour arbitrer la finale de la CAN relève de l’irrationnel : cet arbitre avait été suspendu un an en 2001 pour une faute professionnelle avérée. Partout ailleurs qu’en Afrique, une telle tache noire dans un CV interdit l’accès aux matchs décisifs tres longtemps…
Pour le match du 8 novembre, la situation semble plus saine. La Fifa a désigné l’Égyptien Abd Al Fattah Issam, qui bénéficie d’une excellente réputation. Selon le journal Al Mountakhab, l’homme a repoussé une tentative de corruption il y a quelques mois émanant de la fédération angolaise – une enveloppe de 50 000 dollars... Il a non seulement refusé la proposition, mais il a, de plus, adressé un rapport à la Fifa, qui s’est empressée, comme d’habitude, d’étouffer l’affaire.
Aucune raison, donc, de douter de l’intégrité d’Abd Al Fattah Issam, ou de penser qu’il sera sensible à la double pression du public et des joueurs tunisiens. Commençons par examiner celle du public. Contrairement à une idée reçue, elle n’est pas pire qu’ailleurs. Elle est largement plus supportable qu’au Caire, par exemple. Le public tunisien, en fait, n’est pas plus agressif que celui de Casablanca. Précisons aussi que le prix élevé des places fait grandement jaser à Tunis. Les prix commencent à 70 DH… Restent les joueurs, et là, c’est une autre affaire. Les Tunisiens sont des experts de la simulation. Riad Bouazizi ou Ziad El Jaziri, pour ne citer qu’eux, se sont fait une spécialité de rouler sur le gazon au moindre contact pour envenimer une rencontre. Seuls les jumeaux égyptiens, Hossam et Ibraihim Hassan, les surpassent. Les joueurs marocains (comme les Sénégalais, les Camerounais ou les Nigérians, pour ne citer qu’eux) ont abandonné depuis longtemps cette sale habitude. En résumé, il faut s’attendre à voir les Tunisiens utiliser toutes les armes qu’on leur connaît. C’est d’autant plus malheureux pour le fair-play que cette équipe a les moyens de gagner sans utiliser ces coups de pouce. De notre côté, il ne faut s’attendre à aucun cadeau de l’arbitre, comme le résume très bien Najib Salmi : “On ne peut compter ni sur un penalty ni sur un hors-jeu en notre faveur.” C’est la règle du jeu, on la connaît. Rappelons que, contre la Zambie et le Ghana, en match décisif pour la qualification, nos adversaires avaient eu eux aussi quelques raisons légitimes de s’estimer lésés.
Mais tout n’est pas noir. Un joueur marocain nous a ainsi expliqué "qu’au moins, à Tunis, on jouera sur une bonne pelouse". C’est déjà ça...



Plus loin. Haine arabe

Par Réda Allali

Voyager chez nos frères les Arabes permet de se rendre compte de l’ampleur de l’échec de la “nation arabe”, justement. Contentons-nous de parler de football. Les Marocains n’aiment ni les Tunisiens, ni les Égyptiens. Évidemment, ces derniers nous le rendent bien. Ce qu’on ne sait pas, c’est que les Égyptiens détestent aussi les Tunisiens, et que c’est réciproque. Si l’Algérie échappe à cette spirale de désamour, c’est uniquement parce que ses performances récentes en font un adversaire peu redoutable. Dès qu’elle progressera, elle retrouvera naturellement sa place dans ce puzzle d’inimitié. À l’annonce de la désignation d’un arbitre égyptien, Marocains et Tunisiens se sont élevés ensemble, dans leurs forum Internet respectif pour expliquer qu’un Égyptien allait enfoncer leur équipe. Forcément. Ce qu’on ne sait pas non plus, c’est qu’il circule dans tous les stades du monde des histoires mythologiques qui viennent alimenter ces sentiments. Du côté marocain, on explique que les Tunisiens ont sifflé notre hymne. En Tunisie, on raconte avec insistance une histoire de supporteurs locaux armés de barres de fer qui auraient attaqué les joueurs. En Égypte, on présente les Marocains comme des hooligans ou des sorciers. En Tunisie, on explique que les Égyptiens ont affamés les supporteurs tunisiens pendant le ramadan, en les bloquant à l’aéroport. Ces histoires sont tellement vieilles qu’on ne sait même plus si elles sont vraies. Qu’importe, relayées par une presse partisane et populiste, elle deviennent des vérités. Mauvaise foi, attaques fourbes, victimisation, tout est permis entre Arabes. Normal, c’est sans doute le seul moment où ces peuples se parlent vraiment.

 
 
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