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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Hassan Hamdani

Tremplin. À la recherche de la nouvelle star

Lionel et sa mère
Les Tremplins du jeudi, c’est fini ! Jeudi 22 septembre dernier, au très branché rendez-vous de la corniche casablancaise qu’est le Mystic Garden, dix jeunes chanteurs se confrontaient en finale de l’opération estivale qui a fait se produire, chaque jeudi depuis fin juillet, une centaine de candidats à la célébrité musicale et au plaisir de la scène.
Devant quelque cinq cents personnes, les finalistes ont fait leur show, dans une ambiance plateau “Star Ac” plutôt réussie et divertissante, emmenée par le duo féminin de la chanteuse montante Oum et de Cristi Caro, prof de chant au caractère bien trempé de l’atelier Vitalis. À leurs côtés, parmi le staff de l’événement, Philippe Rousseau, ancien producteur de Studio 2M, qui supervisera dès le mois de ramadan la
compo et l’enregistrement d’un single avec l’heureux vainqueur du tremplin : Lionel, étudiant de 17 piges en chemise noire et chapeau à la Bogart, auteur d’un show inspiré et péchu sur une chanson de Robbie Williams. Consensuel, mais sensuel… le tout, les yeux dans les yeux avec sa maman...
Loin d’être un karaoké amélioré, les Tremplins du jeudi se sont révélés être un vrai petit succès, certes quasi familial, mais métamorphosant un peu l’ambiance blues rock du Manhattan qui a accueilli la compétition avant la finale. Entre les prestations très “variet” mondiale des artistes en herbe, les piliers de la scène marocaine moderne – Dayzine, H-Kayne, Mazagan, Darga, Oum&Barry, Hoba Hoba Spirit et Dj Key – se sont succédé pour concocter un esprit de “rencontre musicale” cher à l’équipe organisatrice. Belle initiative. Mais pourquoi rester si confidentiel ? Sans connaissance, pas de reconnaissance.


Flamenco. Chapi el guitarrista

Deux femmes, un homme et une guitare. Une voix de Gitane, forte et nostalgique. Des textes chantant la terre natale, la mère et le passé. Des pas emportés, précis et définitifs. C’est ça, le flamenco de Chapi Pineda. Une recette “actualisée” du flamenco espagnol où il n’y a pas besoin d’être fin connaisseur pour apprécier. Une promesse de séduction qu’il a tenue ce mardi 26 septembre, au jardin du consulat général d’Espagne. Quelque deux cents personnes ont répondu présent, religieusement attentives et définitivement acquises. Tout ce public – fan, pour sa majorité – l’avait déjà vu sur scène au festival Jazz des Oudayas (en duo avec le luthiste Nasser Houari) ou, plus récemment, au novice “Tanger sans frontières”, où il a animé l’atelier guitare. Le public, qui s’était déplacé pour ce prodige de la guitare acoustique, aura eu également droit aux “claquettes” des trois danseurs. Il sera servi, rassasié… par les deux. À revivre.


Artisanat. Mediterranean Connection

Oyez, oyez, braves amateurs d’artisanat ! Après Paris, Amman, Alger et Florence, l’exposition itinérante “Empreinte et couleurs de Méditerranée” arrive enfin au Maroc. L’occasion d’admirer des articles d’artisanat venant de différents pays méditerranéens, tout en encourageant le label “Produits culturels de développement”, en cours de lancement. Soutenu par l’Unesco et la Commission européenne, ce label a pour objectif de mieux protéger les droits des artisans méditerranéens tout en essayant de leur garantir une rémunération juste. Jolie initiative. “Empreintes et Couleurs de Méditerranée” à l’Espace des Oudayas à Rabat jusqu’au 8 octobre.


Documentaire. Cheb i Sabbah sur le fil

L'heure est au dernier tour de vis pour Khayt lbiad. Le documentaire de Khalil Benkirane, sur la rencontre entre le DJ prodige algérien Cheb i Sabbah et des musiciens marocains, est en fin de montage avant d’entamer le fignolage technique. En le présentant bientôt aux sélectionneurs du festival de Marrakech, Benkirane verrait bien ce premier grand projet, autoproduit de A à Z, succéder au documentaire de Simone Bitton, Le Mur, présenté hors compétition lors de l’édition 2004. Le réalisateur casablancais a capté ses dernières images à Los Angeles en août, après avoir suivi l’artiste pendant près de deux ans entre New York, Essaouira et San Francisco, sa ville d’adoption. En tout cas, Marrakech ou pas, une avant-première casablancaise est attendue pour décembre. De pied ferme !


Étude. L’identité hip-hop et rap

Les hip-hopeurs et rapeurs marocains viennent de franges sociales défavorisées. Et pour compenser leur marginalité, ils tentent d’établir des liens avec une culture urbaine mondialisée (par le look et le style), et avec leurs origines ethniques (par les rythmes et inspirations). Cette remarque, très juste, résume bien l’étude publiée dans la revue néerlandaise ISIM. Le zoom fait sur plusieurs groupes musicaux permet de comprendre que le recours au chaâbi leur permet d’acquérir “une crédibilité dans la rue”, que l’usage de noms faisant référence au Maroc ou à une partie (Souss) leur permet d’être des “porte-parole officieux” et que le côté “branché” leur attribue un certain prestige. C’est tout de même bon à savoir.


Cinéma. The Island

Thriller futuriste, The Island est un de ces films qui nous rappelle le “mythe de la caverne” de Platon. Après Matrix, Vanilla sky ou encore Constantine, Hollywood nous livre donc un autre film qui nous plonge dans de multiples réflexions. C’est à travers les yeux de Lincoln Six-echo (Ewan Mc Gregor) que le spectateur s’interroge sur les notions de vérité, liberté et morale. Découvrant un jour que toute sa vie n’est faite que d’illusions et de mensonges, Six-echo s’échappe pour découvrir qui il est en réalité. Etant dans la même situation que lui, Jordane Two-Delta (Scarlett Johansson) l’accompagne dans sa fuite. Un film surprenant, à ne rater sous aucun prétexte. À saluer également, la remarquable interprétation des deux acteurs principaux. Au Mégarama.


Danse. Les deux font la paire

Interprétés pour la première fois à Casablanca la semaine dernière, les spectacles Temps de chien et Murmure ont surpris par leur originalité. Une bouffée d’air frais dans l’agenda culturel marocain. Le premier spectacle, de Meryem Assali Jazouli est un subtil jeu entre deux silhouettes, mais aussi entre ombres et lumières. Une atmosphère dure et froide se dégage, rehaussée par une musique électro.Le spectacle de Mouna Sekkat, lui, se distingue par son aspect très intimiste et doux. Le titre de la chorégraphie (Murmure) est une allusion au mur sur lequel travaille la danseuse. Son spectacle n’est que dualité entre elle et un demi-cercle blanc sur ce mur. Deux œuvres qui, espérons-le, ouvriront la voie à d’autres chorégraphies d’un genre nouveau !


Expositions. Art in Marrakech

Marrakech deviendra capitale internationale d’art contemporain et de littérature le temps d’un week-end prolongé. Jusqu’au 4 octobre, la Ville rouge accueillera plusieurs tables rondes et conférences littéraires, ainsi que des expositions disséminées dans plusieurs espaces culturels publics et galeries d’art marrakchis. Le musée local abritera la collection “Wonderful Fund”, qui regroupe les toiles de jeunes peintres venant de 17 pays différents, alors que le palais Bahia exposera les œuvres d’artistes marocains. Les galeries d’art Matisse, Atlassides, Bleu et Dar Cherifa participeront aussi à ce festival, en organisant d’autres expositions en parallèle.


Concert. Hayha sur les Remblas

Hoba Hoba Spirit s’est produit le week-end dernier à Barcelone pendant la Mercé, fête traditionnelle et immense festival qui agite la ville catalane chaque fin septembre. Le groupe a été programmé à minuit– une bonne heure – sur les mythiques Ramblas, où il a reçu un accueil chaleureux de milliers de Barcelonais et beaucoup de herragas (heureux de voir des compatriotes sur scène). “Les Barcelonais sont très ouverts et viennent au concert avant tout pour faire la fête”, déclare à ce propos Reda Allali, chanteur de Hoba Hoba. Le festival de la Mercé compte plus de 15 scènes…et pas une seule zone VIP. Un exemple dont devraient s’inspirer les festivals marocains.


Bilal à la TVM

L’Audimat risque d’exploser pour la TVM samedi soir. Bilal y chantera en direct à l’occasion de la finale de "kadam eddahabi". Son succès populaire, lors du festival de Casablanca, est sans doute pour beaucoup dans cette ouverture de la rue Brini aux artistes avec un vrai public.


La culture dans l’arène

La Plaza de Toros de Tanger sera restaurée et devrait accueillir un palais des congrès et un espace culturel, infrastructures qui font défaut à la ville du détroit. Pour cela, l’ancienne arène à l’architecture ibérique typique bénéficiera d’un financement maroco-espagnol d’un montant de 25 millions de dirhams.


1, 2, 3... concerts !

Sofia Saâdi revient au pays pour un concert au Megarama programmé la dernière semaine de novembre. L'ex-pensionnaire de la Star Academy devrait y présenter son nouvel album "Mon cabaret". Victoria Abril lui emboîtera le pas le 1 décembre, suivi d'Enrico Macias le 22 décembre.



Humeur : Jour de foot

Par Hassan Hamdani

Les cafés du Maârif sont très fréquentés pour leur luxe tape-à-l’œil, leurs côté m’as-tu-vu, et, pour ne rien gâcher, les filles y sont jolies. Mais le jour où le Maroc joue au foot, un café du quartier voit tout ce clinquant passé par profits et pertes. L’endroit est pris d’assaut par des hordes de cadres du secteur tertiaire. Propres et craquants comme un dollar neuf, on leur donnerait presque le bon Dieu sans confession. Ces derniers alignent les sièges devant l’écran géant, desserrent leurs cravates timidement, baissant à peine la garde. Mais, à la première action litigieuse, leur vernis social vole en éclats. Oubliés alors la lecture assidue de la presse économique, les poses de “bogosse” et les risettes polies aux filles. Le cadre dynamique redevient une personne normalement constituée. Et doute des mœurs sexuelles de l’arbitre haut et fort comme un supporteur du Raja. Le café, plein de filles en temps normal, ne suinte bientôt plus que la testostérone du mâle. Quelques égarées jettent un œil rapide et ressortent aussi vite, se dandinant dans l’indifférence générale de l’assistance. Pas un regard, pas une risette à toutes ces filles, les mâles cherchent leur âme sœur ailleurs. Tous en rut devant des hommes en short et ce z… d’arbitre. Comme quoi le foot, c’est trompeur, des fois.




Le livre

Mohamed Hmoudane est un poète-né. Même lorsqu’il s’essaie au roman (French Dream est son premier), il garde un faible pour un style allusif, haché, fragmenté. Mais le récit de ce jeune Marocain (Najib Walou), qui part en France malgré les turpitudes administratives, qui a du mal à se débarrasser du poids écrasant de ses deux frères, et qui se marie "pour le meilleur et dix ans de séjour", tient la route de la narration. Évidemment, les digressions "utiles" ou "fantasques" ne manquent pas de jalonner le texte. Mais l’essentiel est distillé savamment. C’est l’émigré malgré lui qui vagabonde, et l’écrivain qui hésite à soumettre au public les pérégrinations de son double. C’est l’histoire d’une déchirure existentielle qu’on lit sans peine.

Mohamed hmoudane, "French dream", ÉD. La différence.

 
 
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