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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Abseslam Kadiri

Espagne. Sept ans de prison pour un journaliste d’Al-Jazira

Tayssir Allouni, d'Al-Jazira. (AFP)
Le plus grand procès d’Al-Qaida tenu en Europe a connu son verdict lundi dernier. Parmi les 24 personnes qui ont comparu à Madrid en juillet, le chef de la cellule, le Syrien Abou Dahdah, a été condamné à vingt-sept ans de réclusion pour appartenance au groupe et pour “complicité active” dans les attentats du 11 septembre. Le Marocain Driss Chebli a été condamné à six ans de prison.
Plus frappant, le journaliste vedette d’Al-Jazira, Tayssir Allouni, connu pour son interview avec Ben Laden après le 11 septembre, a écopé de sept ans de prison pour collaboration avec Al-Qaida. Ce reporter espagnol d’origine syrienne était accusé d’être “un membre éminent” du réseau et d’avoir remis de l’argent à un haut dirigeant du
mouvement en Afghanistan. Pour les magistrats, Allouni a aidé des responsables djihadistes “pour obtenir d’eux des informations exclusives et précieuses sur Al-Qaida et le régime taliban” dans le cadre de sa profession. Comme cette fameuse interview de Ben Laden qui l’a fait connaître et… condamner. Economiste de formation, Allouni s’était installé à Grenade, à 30 ans. Il a été recruté par Al-Jazira après avoir été traducteur d’arabe, à l’agence EFE.
“Ce verdict est injuste. Nous étudions les possibilités d’appel”, s’est indigné le directeur général de la chaîne, Waddah Khanfar. Sur son site Web, Al-Jazira soutient son journaliste et appelle à l’aide les organisations arabes et internationales des droits de l’homme.


Turquie. Pression américaine sur les Kurdes

Les États-Unis sont déterminés à combattre davantage les rebelles kurdes qui attaquent la Turquie. "Les États-Unis condamnent absolument le PKK, comme nous condamnons Al-Qaïda", a déclaré Karen Hughes, la sous-secrétaire d’État américaine, en tournée au Proche-Orient. "Nous savons que les Turcs souffrent chaque semaine, que des Turcs sont tués par des terroristes du PKK."
La Turquie presse depuis longtemps les États-Unis à agir contre des milliers de militants du PKK, réfugiés dans le nord de l’Irak, dont les raids sur le territoire turc se multiplient depuis plusieurs mois. Jusque-là, les Américains compatissaient mais rétorquaient que leur préoccupation était la guérilla en Irak. Washington répond enfin aux griefs d’Ankara. Les affrontements entre l’armée turque et les rebelles kurdes ont fait environ 37 000 morts depuis 1984.



Vite !

La soldate américaine Lynndie England, au centre du scandale des sévices de la prison irakienne d’Abou Ghraib en 2003, a été condamnée, mardi, à trois ans de prison et radiée de l’armée. C’est le neuvième et dernier soldat jugé dans ce scandale. Pour les huit autres, dont son ex-amant, les peines vont de la radiation de l’armée à dix ans de prison.

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Après les ouragans et la flambée des prix de l’essence, Bush a décidé de parler écologie ! Lundi, il a appelé ses concitoyens à moins conduire et a demandé à l’administration fédérale de donner l’exemple. " Nous pouvons tous améliorer la situation en économisant l’énergie." Cet écolo du dimanche veut en fait calmer la grogne de deux tiers d’Américains qui désapprouvent sa politique énergétique.


Italie. Parmalat passe à table

C'est un procès-fleuve qui s’est ouvert mercredi à Milan. Deux ans après l’effondrement de Parmalat, qui a laissé un trou de 14,3 milliards d’euros, le groupe agroalimentaire passe à la barre. Le fondateur du groupe, Calisto Tanti, et ses associés sont jugés pour manipulation des cours de Bourse et fausses déclarations aux marchés financiers. Des cabinets d’audit comme Thornton (aujourd’hui, Italaudit), Deloitte et Touche, sont aussi impliqués dans ce que le substitut du procureur a désigné comme étant “l’escroquerie du siècle”.
Aux juges désormais de déterminer la part de responsabilité de Calisto Tanzi et de ses proches dans la communication de fausses informations qui ont englouti les économies de 135 000 épargnants italiens. Le procès se déroulera à la fois à Milan et à Parme.


Irak. Autosatisfaction de pacotille

Les Américains d’Irak avaient une bonne raison de sourire. L’Otan a inauguré mardi une académie militaire à Roustmiya, au sud de Bagdad. L’Alliance atlantique compte y former un millier d’officiers irakiens par an.
Au même moment, les forces américano-irakiennes ont affirmé avoir porté un coup dur au réseau Al-Qaida en Irak, en tuant son numéro deux, Abou Azzam. Cette annonce est sujette à caution. Abou Azzam ne figure qu’en 20e position des terroristes les plus recherchés et sa tête ne vaut “que” 50 000 dollars… De plus, en mars dernier, les Américains avaient clamé déjà avoir capturé un certain Abou Azzam. Homonymie ?
Mardi encore, les Américains ont libéré 507 détenus irakiens d’Abou Ghraïb, à l’occasion du début du ramadan. Au total, plus de 1 000 prisonniers doivent être libérés cette semaine. Les démonstrations d’autosatisfaction de mardi ne font guère illusion. L’après-guerre d’Irak est une drôle de paix.


Canada. Une Noire à la tête de l’État

Depuis mardi, le Canada a un nouveau chef d’État. À 48 ans, Michaëlle Jean est la première femme noire à accéder à cette fonction. D’origine haïtienne, cette ex-journaliste de Radio-Canada succède pour cinq ans à Adrienne Clarkson, née à Hongkong et elle aussi immigrante.
Représentante de la reine Elizabeth II d’Angleterre (chef d’État officiel du Canada), son rôle sera symbolique : promouvoir l’unité nationale, toujours fragile dans ce pays marqué
par des clivages linguistiques et régionaux.
De nationalité franco-canadienne, Michaëlle Jean a dû renoncer à sa citoyenneté française pour faire taire ses détracteurs, qui mettaient en doute sa légitimité. Elle a aussi balayé les soupçons de sympathie pour le séparatisme québécois qui pesaient sur elle : "Il est fini, le temps des deux solitudes qui a trop longtemps défini notre approche de ce pays", a-t-elle lancé lors de son discours d’intronisation.


Etats-unis. Après Katrina, Rita

Les Américains pourraient bientôt connaître une nouvelle épreuve, trois semaines après le passage de l’ouragan Katrina dans le sud des états-Unis. La tempête tropicale Rita, transformée mercredi en catégorie 4 (sur 5) menace le Texas et la Louisiane après avoir frappé la Floride et Cuba.
Conspuées pour leur gestion catastrophique du cyclone Katrina, les autorités américaines ont retroussé leurs manches pour éviter une nouvelle tragédie. En Floride, plus de 24 000 foyers ont été privés d’électricité. Le maire de la Nouvelle-Orléans, Ray Nagin, a ordonné la suspension du retour des habitants dans la ville, encore ravagée par Katrina. Les habitants ont commencé à être évacués par les services de secours.
Le président George W. Bush s’est rendu pour la cinquième fois mardi dans les régions dévastées par Katrina, pour annoncer qu’un amiral était en route pour le Texas pour y coordonner les secours.



Lu pour vous.
La victoire de Sharon
(The Boston Globe, 28 septembre 2005)

Éditorial

Comme souvent au Moyen-Orient, les chances d’une paix durable sont intimement liées aux coulisses de la politique intérieure. Sharon et Abbas doivent toujours convaincre leur camp des bénéfices d’une paix négociée et surmonter l’opposition de leurs ultras.
C’est donc une bonne chose qu’Ariel Sharon ait gagné, lundi, le vote serré devant le comité central de son parti du Likoud. Donné perdant, il a convaincu la majorité silencieuse du Likoud de maintenir les primaires du Likoud en avril 2006. Il a écarté sa bête noire, Benjamin Netanyahu, chantre de la politique annexioniste, qui dénonçait le retrait de la bande de Gaza.
Sharon dit vouloir appliquer la Feuille de route. Netanyahu, lui, se plaint des pressions tactiques et des offres d’emploi “paternalistes” de Sharon, qui ont dissuadé les votants d’avancer la date des primaires. Netanyahu a même qualifié Sharon de “tyran” pour avoir utilisé toutes les armes pour le battre.
S’il en a le courage, Sharon va entamer des négociations avec les Palestiniens avant avril. Mais pas la peine de s’attendre à une paix historique. Il lui sera difficile d’envisager des discussions sérieuses sans risquer de diviser son parti ; se liguant d’un côté avec ses pairs, pragmatiques, œuvrant pour la stabilité et la relance économique, et laissant le croupion extrémiste du Likoud autour de Netanyahu. Le résultat pourrait être une reconfiguration totale des partis politiques israéliens.

 
 
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