Communication. Trop d'INDH tue l'INDH
Droits de l'Homme. Les dossiers chauds de l'IER
Politique. Quand nos leaders rêvent...
Société. Le (mauvais) rêve canadien
Cinéma. "J'ai vu tuer Ben Barka"
Hoba Hoba Spirit. Dima dima hayha
N° 194
Webmaster
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Khalid Tritki


Abdelatif Jouahri (AIC PRESS)
Blanchiment. Bras de fer BAM/DGSN

Le projet de loi sur la lutte contre le blanchiment d'argent présenté par Bank Al Maghrib a été examiné de près par une commission interministérielle. Une source confie que ce projet bloque parce que les différents intervenants n’ont pas réussi à se mettre d’accord sur le département ministériel qui supervisera l'Unité de renseignement financier sachant que la Direction générale de la sûreté nationale comme le ministère des Finances ou encore Bank Al Maghrib ont leur propre police financière. Inscrit sur la liste noire du Gafi (Groupe d’Action Financière International), le Maroc essaie de sortir un projet
de loi qui satisfait les organismes internationaux. Il reste à savoir si le mouvement de toilettage ira au fond des choses. Des observateurs estiment que le projet de loi ne donnera pas un véritable coup dans la fourmilière. Pour cause : cela pourrait déstabiliser toute une économie basée sur l’informel. Si la DGSN veut garder main basse sur la lutte contre le blanchiment d’argent, Bank Al Maghrib, lui, restera l’initiateur du projet de loi. C’est une loi qui portera l’emprunte de Abdelatif Jouahri, wali de la Banque centrale. Rappelons que la question du blanchiment d’argent s’est posée avec acuité lors du passage à l’Euro. Le Maroc a connu à cette occasion un record de transfert d’argent (les 30 milliards de dirhams dépassés pour la première fois). La lutte contre le terrorisme a donné une autre dimension à la question. Désormais, c’est marche ou crève. Le Maroc est obligé de s’aligner sur les standards internationaux.


Télécoms. Médi Telecom loue les rails

L'heureux gagnant de la deuxième licence de téléphonie fixe a signé mercredi 5 octobre un accord avec l’ONCF. Le deal porte sur la location de l’infrastructure en fibres optiques du spécialiste des rails. Cette partie de l’accord concerne les liaisons pour le centre et l’oriental. Le second volet de l’accord porte sur la concession par l’ONCF à Médi Telecom d’un droit de passage. Il s’agit d’autoriser l’opérateur télécoms à construire une infrastructure en fibres optiques en empruntant l’itinéraire de la voix ferrée de Tanger (Tanger Med compris) vers Rabat, Casablanca et Marrakech. Cette opération a un double objectif : déploiement des offres pour le fixe et surtout l’abandon de la location des ondes Hertziennes auprès de l’Agence nationale de réglementation des télécoms.


Huile. Savola tacle Lesieur

Conférence et contre-conférence, c’est désormais le jeu favori des deux concurrents, Savola Maroc et Lesieur-Cristal. Ce dernier a tenté d’expliquer la baisse de son chiffre d’affaires par le dumping qu’exerce le premier. Savola Maroc rétorque : "Nous avons vendu à un prix inférieur au prix de revient pendant les quatre moi d’exercice de 2004. Après, nous avons repris la normale". Mais c’est au niveau de la qualité que la filiale saoudienne attaque. Selon une analyse réalisée auprès d’un cabinet indépendant, Savola Maroc matraque que la qualité de Lesieur est inférieure de sept points à celle de ses produits. Mieux encore, ses responsables estiment que "la perte de 1 milliard de dirhams de valorisation en bourse est la preuve que la filiale de l’ONA n’a pas de visibilité".



Les off

Des tractations sont en cours pour le rachat de la part de Farid Amrouni dans GSM Al Maghrib. Des blocages persistent au niveau de la valorisation de l’entreprise. De même, des sources fiables rapportent que Mohammed Mounir Majidi exerce des pressions pour que Ahizoune, patron de Maroc Telecom, reste en dehors de cette transaction.

------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Mustapha Mansouri, ministre de l’Emploi accélère la cadence. Juste après les journées pour l’emploi tenues les 22 et 23 septembre dernier, le ministre a convié ses cadres et certains collaborateurs externes à des réunions marathoniennes. L’objectif est d’aboutir à un canevas daté et chiffré avant la fin de l’année. Bon courage.


Aéronautique. Du made in Morocco

Creuzet Aéronautique s’installe au Maroc. Mardi 4 octobre, le constructeur a signé une convention d’investissement avec l’état Marocain. En vertu de cette convention, Creuzet Aéronautique s’engage à investir 110 millions de dirhams en 36 mois pour la construction d’une unité de fabrication de composants pour hélicoptères et de moteurs d’avion. L’investissement créera 250 postes de travail stables. L’état, de son côté, a été généreux. Le fonds Hassan II a pris en charge 30% du coût de construction et l’état s’occupe de 5% du coût des frais des infrastructures externes. Le constructeur bénéficie également d’une aide à hauteur de 20% des coûts de formation des ressources humaines. Le site sera installé à la technopole de Nouacer, devenue une zone d’accueil pour l’industrie aéronautique.


Energie. Boutaleb recalé

Le très attendu projet de code pour le gaz naturel circule depuis plus de six mois chez certains opérateurs de la place. Dans l’ensemble, le code ne fait pas l’unanimité. Au lieu de s’atteler à mettre en place un cadre qui tend vers la régulation pacifique, le ministre de l’Energie a préféré la manière forte. Plusieurs articles du projet s’occupent de l’aspect coercitif. "Des pénalités à tout bout de champ, on dirait que l’essentiel pour le ministre est de nous sanctionner", ironise un membre de la fédération de l’énergie. Ce qui veut dire que le projet retournera à la case départ. Le ministre doit revoir sa copie. Encore du temps perdu par manque de clairvoyance.


Humanitaire. La banque qui nourrit

En ces temps d'INDH triomphante, l'heure est à la solidarité. La Banque Alimentaire, qui n'est pas à sa première initiative de collecte de produits alimentaires pendant le mois de Ramadan, a lancé une nouvelle opération auprès des grandes surfaces. L'idée est de faire acheter par les clients de grandes surfaces un peu plus de denrées non périssables (farine, lait en poudre, lentilles, riz), puis donner le surplus aux représentants de l'ONG sur les lieux. Le succès de cette opération apparaît à travers l'engagement de personnes physiques ou d'entreprises (comme DHL par exemple) qui accompagnent cette initiative par de la communication, des dons financiers ou en nature.



Khalid Tritki
Laenser se paie nos gueules

Au ministère de la Pêche, plus d’une centaine de personnes réfléchissent, depuis des lustres, sur le plan d’aménagement du pélagique. Aidons-les un peu. Une sardine, des anchois et quelques morceaux de maquereaux bien choisis donnent un ravissant cocktail d’amuse-gueules. Mohand Laenser n’en manque pas. Il en parle et en rêve depuis qu’il est ministre de la Pêche. Mais au lieu d’amuser nos gueules à tous, il se fait désirer, nous faisant miroiter les délices d’une table bien pêchée. Il a juré que notre sardine ne quittera nos ports que si son plan est au point, quitte à ce que toute
la sardine meure de vieillesse dans l’attente d’être libérée. Ce n’est pas une blague. Croyez-moi, la sardine vieillit aussi, et si vous lui cherchez noise, elle peut émigrer. La sardine n’a pas de nationalité et de ce fait, ne connaît ni visa ni queue devant les consulats et encore moins les dangers d’une patera. Imaginez notre chère bonne sardine pliant bagages et tournant le dos au Maroc. Ce serait le comble de l’ironie. Ce scénario est tout ce qu'il y a de probable. Trois ministres (Chbaâtou, Rhafès et Laenser) ne sont pas parvenus à lui donner une visibilité. Trop, c’est trop. La patience de la sardine a également des limites. Tiendra-t-elle jusqu’à mars 2006, date de l’entrée en vigueur de l’accord de pêche signé avec l’UE ? Car tout laisse croire que Laenser ne se réveillera que la veille. Entre temps, rêvons sardine, rêvons amuse-gueules en fermant nos gueules.

 
 
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est © 2009 TelQuel Magazine. Maroc. Tous droits résérvés