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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Abseslam Kadiri

Turquie. Un compromis à l’arraché

Les ministres européens et Turc
des Affaires étrangères. (AFP)
àpremière vue, l’Union Européenne a évité le désastre. En trouvant un compromis à l’arraché lundi soir, à Luxembourg, les Vingt-Cinq vont ouvrir les négociations d’adhésion de la Turquie à l’UE, comme prévu depuis décembre 2004.
Tour à tour, les dirigeants ont salué cette date "historique". Et pourtant, cet accord ne saurait occulter les difficultés dans lesquelles se débat l'Union. Le veto de l’Autriche risque de laisser des séquelles dans une Europe privée de Constitution, de budget et de but politique commun. À quoi s’ajoute le dossier explosif de l’élargissement à dix pays de l’Est…
Cet accord a sûrement été dicté par la peur d’ouvrir une crise
internationale plutôt que par une réflexion stratégique sur le futur du continent. Mardi, Jacques Chirac s’est montré très offensif sur la question. Il est personnellement favorable à l'entrée de la Turquie et n'a pas changé de cap en dépit de l'opposition de l'UMP et des ténors de la droite qui proposent un "partenariat privilégié" avec Ankara. Il a déclaré que la Turquie "risque de basculer dans l'intégrisme" si on lui claque la porte de l'Europe. Il a réitéré que l'adhésion turque étendrait "la paix et la démocratie" et qu'Ankara apporterait "une puissance considérable" à l'UE.
La Croatie a aussi gagné son ticket pour des négociations, après un surprenant revirement du procureur du Tribunal pénal international, Carla Del Ponte, qui a estimé que Zagreb coopérait désormais "pleinement" avec le TPI.


Boosnie. Srebrenica à visage découvert

Le gouvernement serbe bosniaque a dressé mercredi une liste de 20 000 militaires qui ont participé au génocide de Srebrenica (Bosnie orientale), lors du massacre de 8 000 musulmans en 1995. "Parmi eux se trouvent ceux qui ont donné des ordres de tuer ainsi que ceux qui les ont exécutés", précise Samjil Cekic, membre de la commission officielle chargée de cette étude.
Certains travaillent au ministère de la Défense et de l’Intérieur. "Cette liste sera remise à la Cour d’état bosniaque pour les crimes de guerre", a-t-il ajouté. Le Haut représentant de la communauté internationale, Paddy Ashdown, a estimé que le gouvernement a "enfin pris au sérieux son obligation de rendre disponibles les informations dont il dispose sur les crimes commis à Srebrenica". Les noms des personnes ne seront pas rendus publics afin d’assurer le bon déroulement des enquêtes.



Vite !

L'Union Européenne a décrété mardi un embargo sur les exportations d’armes à l’encontre de l’Ouzbékistan en raison du refus de Tashkent d’accepter une enquête internationale indépendante sur la répression d’Andijan des 12-13 mai dernier. Mais la Russie a décidé de voler au secours de ce pays et d’en faire son allié le plus fidèle dans la région...

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Malgré les campagnes de publicité de la Défense et les offres de primes (jusqu’à 20.000 dollars), l’armée américaine éprouve les pires difficultés à recruter. La guerre d’Irak a écoeuré bon nombre de candidats. La campagne de recrutement pour 2005 s’est terminée, fin septembre, avec les plus mauvais résultats enregistrés depuis 1979 : 73.000 soldats engagés en 12 mois au lieu des 80.000 attendus.


Égypte. Une ONG épingle l’opposition

Un groupe de réflexion, International Crisis Group (ICG), basé à Bruxelles, a publié mardi un rapport qui tance le régime et l’opposition égyptiens. Hugh Roberts, l’auteur de l’étude, dénonce la vacuité des réformes des derniers mois. Les causes ? La confusion totale de l’état et du Parti national démocratique (PND) du président Moubarak, mais aussi la faiblesse de l’opposition.
D’après ICG, ni l’opposition parlementaire ni le mouvement Kefaya n’ont saisi l’opportunité de la première élection présidentielle pluraliste du pays pour poser les bases d’un vrai changement. ICG déplore que Kefaya ne parvienne à attirer les masses. Pour l’ONG, l’avenir passe par la création d’un front commun des opposants (libéraux, nassériens, islamistes etc.) dont le mot d’ordre devrait être le renforcement des forces du Parlement.


Tunisie. La Ligue veut sa liberté

Alors que le sommet mondial sur la société de l’information de Tunis approche, les protestations de la communauté internationale contre l’interdiction faite à la Ligue tunisienne des droits de l’homme (LTDH) laissent les autorités de marbre. L’UE, les états-Unis et dix pays occidentaux ont adressé une mise en garde à la Tunisie en exigeant qu’elle "garantisse la libre participation des organisations non gouvernementales" à ce sommet. Lundi, le ministre français des Affaires étrangères, Philippe Douste-Blazy, a émis le souhait "que la situation de la Ligue (LTDH) se normalise".
La LTDH a déjà vu son Congrès national, prévu en septembre, annulé par la justice. Ses militants ont été empêchés d’accéder à leurs locaux, la semaine dernière, par des policiers.


Palestine. Remaniement en vue

Le gouvernement palestinien doit être remanié dans une dizaine de jours. C’est le résultat du vote par le Parlement palestinien, lundi dernier, d’une motion appelant le président Abbas à mettre en place un nouveau gouvernement. Ce vote intervient dans un contexte très tendu d’incidents interpalestiniens. L’actuel cabinet a été jugé incapable de mettre fin aux violences qui règnent dans les territoires. Le nouveau gouvernement sera installé pour une période "transitoire, jusqu’aux élections législatives" prévues le 25 janvier, a précisé le président du Parlement, Rawhi Fattouh.
La commission parlementaire a recommandé l’adoption d’une motion de censure contre le gouvernement du premier ministre, Ahmed Qoreï, ainsi que le limogeage des chefs de la sécurité. Mais les députés n’ont voté que pour la motion de remaniement. Mahmoud Abbas pourra donc garder, s’il le souhaite, Ahmed Qoreï, comme Premier ministre.


Etats-Unis. Par ici la monnaie !

Discrètement, les multinationales américaines rapatrient aux états-Unis des centaines de millions de dollars, pris sur leurs bénéfices à l’étranger. Elles profitent d’un rabais temporaire de leur taux d’imposition qui, pendant un an, tombe de 35 % à 5, 25 %. Plus de 200 milliards ont déjà été rapatriés et on estime que 350 milliards de dollars vont finir par rentrer cette année. Pfizer, leader de la pharmacie, a rapatrié 37 milliards de dollars et Hewlett-Packard a fait rentrer 14,5 milliards…Ces sommes seront affectées au renforcement des régimes de retraite des entreprises.
Jusqu’à présent, ces entreprises ont préféré exporter leurs profits. Elles étaient imposées deux fois : la première par les autorités des pays où elles étaient implantées, la seconde lorsqu’elles décidaient de rapatrier le reste des bénéfices. Cette dernière taxation avait encouragé les multinationales à une véritable évasion fiscale.



Lu pour vous.
Les perches de l’espoir
(El Pais, le 5 octobre)

Bernabé Lopez Garcia

Ce ne sont ni trois, ni six, mais peut-être douze mètres qui empêcheront les Subsahariens de traverser les clôtures qui entourent Ceuta et Mellila. Il ne faut ni les poursuivre, ni être répressif, ni houspiller les autorités. Encore moins accuser les mokhaznis marocains qui surveillent la frontière.
À l’évidence, quiconque parcourt 3 000 ou 5 000 km pour arriver aux portes de l’espérance ne s’arrêtera pas devant la hauteur de cette barrière. Il imaginera d’autres moyens pour la franchir (…).
Des voix se sont élevées réclamant le réexamen de la politique migratoire et surtout une pression sur le Maroc. Certains vont jusqu’à accuser notre voisin de pratiquer une politique sybilline d’ utilisation de l’immigration comme "munition humaine" contre notre forteresse affaiblie. Peu réfléchissent à d’autres solutions que la militarisation et qui coûtent moins que la condamnation fatale de ces hommes à la désespérance (…).
C’est avec la fermeture des frontières, en 1973-74, qu’une grande accélération des migrations s’est produite. à mesure que les frontières se ferment, la pression migratoire est forte et provoque une sédentarisation du mouvement (…). La mise en place du visa en 1991 pour l'Espagne n’a-t-elle pas provoqué une montée spectaculaire de l’immigration marocaine, passée de 70000 Marocains, en 1991, à un demi million aujourd’hui ? Une politique migratoire plus flexible aurait-elle engendré une telle obsession migratoire ?

 
 
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