Dans quel secteur pouvons-nous nous vanter d'être parmi les 32 meilleurs mondiaux ?
Nom : Boualem
Prénom : Zakaria
Né en 1976 à Guercif
Signe particulier : Marocain à tendance paranoïaque
Soyons clairs et rapides. Il y a deux possibilités : soit vous connaissez le résultat du match, soit vous ne le connaissez pas encore. Dans le premier cas, rendez vous directement à la ligne 44 de cette chronique. Dans le second cas, vous êtes exactement dans la même situation que Zakaria Boualem. Ce dernier, disons-le franchement, vit très mal cette position. Partagé entre une angoisse sourde et un défaitisme de protection, il vit à peine, respire peu et mange encore moins. Par contre, il grogne, comme d'habitude. Inutile de rapporter sa prose dans le détail, elle est dépourvue du moindre intérêt. Et, surtout, elle n'est là que pour servir de défouloir à son flot abondant de mauvaise humeur paranoïaque. Rien de bien brillant donc. En gros, il suppose, évidemment, que les tunisiens ont mis l'arbitre dans leur poche. Avec leur patron du foot, Slim Chiboub, comment voulez-vous lutter ? C'est comme si Driss Basri, au temps de sa splendeur, avait été président du WAC, président de la fédération de foot et en plus membre du comité exécutif de la FIFA. Vous en connaissez beaucoup, vous, des équipes qui viendraient battre les Marocains à domicile dans ces conditions ?
Vous imaginez que le WAC puisse être autre chose que champion du Maroc et champion d'Afrique, en attendant que la demande d'adhésion de feu Hassan II à feu la CEE aboutisse et que donc, le WAC devienne champion d'Europe ? Malheuresement pour le WAC, Driss Basri préférait le golf au foot, contrairement à Slim Chiboub, qui, d'ailleurs, a le bras long. Etc, etc, etc. Zakaria Boualem, en attendant le match, rumine en rond. |
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Ligne 44. Vous connaissez le résultat. Si nous avons gagné, rendez vous à la ligne 94. Si nous avons perdu, vous êtes probablement déçu. Zakaria Boualem, lui, est carrément en colère. Il est éliminé de la Coupe du monde, ce qu'il prend pour un affront personnel. Par des Tunisiens, en plus - ce qui est une circonstance aggravante, ne me demandez pas pourquoi, c'est délicat à expliquer dans des termes respectables et francophones. Ladite Coupe du monde - disions-nous - rassemble les 32 meilleures équipes du monde. Soyons lucides un instant. Dans quel secteur pouvons-nous nous vanter de nous situer parmi les 32 meilleurs mondiaux ? Le Maroc fait-il partie des 32 meilleurs pays en ce qui concerne la protection sociale ? La conquête de l'espace ? Le nombre de touristes acceuillis par an ? La production audiovisuelle ? Les kilomètres d'autoroute ? TelQuel fait-il partie des 32 meilleurs hebdos mondiaux ? ELam Jay est-il classé dans le top 32 mondial ? Non. Alors pourquoi diable demander à des footballeurs de réaliser ce que personne n'arrive à faire ? C'est un chauffeur de taxi qui a expliqué à Zakaria Boualem cette théorie, au cours d'un trajet vers Aïn Sebaâ qui a eu lieu jeudi dernier (détail sans importance, mais qui donne au récit un supplément de crédibilité). Voici le dialogue entre le Guercifi et le chauffeur de taxi en question : Zakaria Boualem : Tu penses qu'il faut virer Zaki si on perd contre la Tunisie ?
Taximan philosophe : Chouf, je vois pas pourquoi on s'acharne sur Zaki. On fout la paix aux ministres, aux moqaddems, aux super caïds, qui nous volent toute la journée. On accepte l'incompétence d'à peu près tout le monde dans ce pays. Par contre, un entraîneur de foot qui fait mal son boulot, il faut le virer, ça c'est une urgence. C'est vraiment un signe de kalakh généralisé.
Zakaria Boualem, à l'époque, avait été réduit au silence par ce raisonnement implacable.
Ligne 94 : Nous avons gagné. Nous sommes vengés.
Sortez festoyer. Profitez de cette liberté, et oubliez vite cette chronique inutile. |