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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Karim Boukhari

Services secrets. La DGST quitte Témara

Hamidou Laânigri (AIC PRESS)
Le torchon brûle-t-il entre Ahmed Harari et Hamidou Laânigri ? La construction du nouveau complexe de la DGST à Aïn Aouda à quelque 25 kilomètres au nord-est de Rabat est directement supervisée par Fouad Ali El Himma, secondé par Harari, le patron de la Direction Générale de la Surveillance du Territoire alors que le directeur général de la police semble n’avoir pas été associé au projet. Le centre devrait s’étaler sur plusieurs hectares, avec un bâtiment central et plusieurs annexes. Supervisé par des architectes américains mandatés par la CIA, le centre hypermoderne devrait être au niveau des directions des services de renseignements les plus performants puisqu’il est appelé à servir de relais essentiel à la CIA et aux autres services de
renseignements occidentaux engagés dans la lutte contre le terrorisme. Comme le centre d’écoutes de la DGST ne possède pas de paraboles puissantes, la priorité sera donnée à un équipement informatique des plus modernes. D’ailleurs le site a été notamment choisi en raison de son isolement, loin des perturbations électromagnétiques et donc idéal pour intercepter des communications téléphoniques. Le nouveau complexe devrait également faire oublier le fameux centre de Témara, trop marqué par des histoires de torture à répétition. à ce jour, pour pister et écouter les Marocains, la D.G.S.T. s'appuie à Rabat (dans le fameux centre de Témara) sur des services centraux et un cabinet chargé des relations nationales et internationales ; dans les autres villes, elle est présente à travers les directions régionales subdivisées en brigades.


Tit Mellil. En attendant le roi

Le centre de bienfaisance de Tit Mellil, dans la banlieue casablancaise, devait recevoir une visite royale, lundi dernier. Mais le roi n’est pas venu et, entre-temps, le centre a vécu un week-end mouvementé. Deux jours avant la date arrêtée pour la visite, le centre a pris la surprenante décision de se délester de près de 120 de ses pensionnaires (il en compte 600 en temps normal), dont 50 filles, dans le but d’offrir une image plus «propre» au roi. Les 120 malheureux, parmi lesquels se trouvait une femme enceinte, ont été abandonnés à leur sort, certains choisissant de rester dans les forêts environnantes, d’autres élisant domicile à la gare routière de Ouled Ziane ou derrière la place Verdun au centre-ville de Casablanca.


Palais. Panique à Touarga

L’affaire des verres volés du palais royal sème la panique dans le quartier Touarga. Des serviteurs de la couronne se débarrassent d’ustensiles, bijoux et cadeaux reçus ou subtilisés à l’époque Hassan II. Les arrestations et les convocations aux interrogatoires terrorisent une population qui a toujours vécu des largesses du Palais. Le désarroi est tel que quelques purs Tourouguis pointent les méthodes de Mounir Majidi, secrétaire particulier du roi, qu’ils accusent d’avoir allumé la mèche. Selon eux, ce genre d’affaires devait être traité par Dar El Makhzen et par les Caïd de la place et non pas par la justice “des profanes”.


Justice. Bouzoubaâ sur le départ

Le ministre de la Justice, Mohamed Bouzoubaâ, aurait communiqué au roi son désir de quitter ses fonctions, invoquant des raisons de santé. En attendant, il a profité d’une récente réunion, tenue début octobre, avec les cadres de son département, pour leur communiquer deux messages : “Je suis le patron du parquet. Et les PV de police ne sont pas sacrés”. Des sources judiciaires soulignent que la sortie de Bouzoubaâ ressemblait à un baroud d’honneur, visant à réduire l’influence de certains directeurs centraux réputés intouchables et “autonomes” et échappant le plus souvent à son contrôle.


Agadir. La pollution aux pieds du roi

Les responsables du port d’Agadir ne savent plus à quel saint se vouer. Les courants marins poussent les déchets liquides et solides vers le quai où est stationné le bateau du roi. Une visite surprise du souverain pourrait faire sauter des têtes. C’est désormais un cauchemar qui hante les responsables du port. Les réunions se suivent pour parvenir à une solution. Or, la pollution du bassin n’est pas un phénomène ponctuel. C’est une donne structurelle. Son nettoyage passe par la sanction des bateaux pollueurs. Même quand ils appartiennent à des généraux ou à des notabilités sahraouies. La direction du port franchira-t-elle ce pas ?


Causerie. Toufiq fixe les limites des oulémas

Ahmed Toufiq a choisi, lors de sa causerie ramadanienne de cette année, de passer deux messages aux oulémas. Primo, la question religieuse est loin d’être leur monopole, puisque intellectuels séculiers, journalistes et autres intervenants dans la société ont leur mot à dire là-dessus. Deuxio, s’ils doivent s’inspirer du prophète dans leur sphère, leur rôle ne doit être qu’éducatif. Ils sont les gardiens d’un savoir ancestral et d’une éthique ancienne à transmettre, rien de plus. Voilà qui délimite leur champ. Et augure d’un Maroc pluriel.


IER. La vérité sur Agdz et M’gouna

L'IER a finalement révélé les lieux d'inhumation des victimes de disparitions forcées dans trois centres de détention à Agdz, Kelaât M’gouna et Tagounit. En tout, l'instance a publié une liste comprenant 50 noms de disparus avec leur lieu d'inhumation. Elle a, en outre, indiqué dans un communiqué que sa mission a été rendue possible grâce aux “données fournies par les autorités centrales, aux documents disponibles auprès des autorités provinciales, et aux propos recueillis auprès d’anciens fonctionnaires qui ont été témoins des circonstances de décès et des enterrements”. L'IER organisera bientôt un déplacement collectif des familles qui veulent se recueillir sur les tombes de leurs proches, mais précise d’emblée que “le transfert des sépultures ne relève pas de ses attributions”. Dans sa livraison du jeudi, le quotidien Assabah a révélé que le nom d'un détenu libanais décédé à Agdz manque sur la liste de l'IER. Quel a été son sort ?


Universités. Le Maroc à la traîne

Les universités marocaines sont à la traîne. C’est du moins ce que révèle le “World universities ranking on the web”, un groupe de travail américain qui publie périodiquement sur Internet un classement des universités dans le monde. Il en ressort que la première institution marocaine, l’université Cadi Ayad de Marrakech, pointe au 31ème rang africain et précède Al Akhawayne, 51ème. Au niveau mondial l’université marrakchie est reléguée à la 5026ème place ! Parmi les critères retenus pour ce classement : le nombre d’anciens élèves ou d’enseignants ayant obtenu des prix de prestige ou recrutés dans des centres de recherche reconnus, les articles publiés dans les grandes revues scientifiques, etc.


Un journaliste en Prison. RSF défend Badraoui

Reporters sans frontières (RSF) a demandé, en cours de semaine, la libération du journaliste Abderrahmane Badraoui. Ce dernier, dont TelQuel avait déjà évoqué le cas, purge une peine de quatre ans de réclusion pour “usurpation de fonction”, entre autres. En fait, Badraoui avait révélé, dans Al-Moulahid Assiyassi, qu’il dirigeait, une affaire de malversation au sein de la hiérarchie policière à Témara. Le journaliste, qui séjournait à “Zaki” (la prison de Salé), vient d’être transféré à Mohammédia, dans des conditions dégradantes. “On me persécute depuis la mise en ligne de mon site sur Internet”, affirme-t-il. Son dossier est désormais défendu par RSF.


Drogue. Tabassés à cause d’El Nene

Une répression terrible s’est abattue sur les détenus de la prison de Oued Laou après la publication d’un portrait du baron de la drogue El Nene (TelQuel n°192). Les détenus accusés d’avoir divulgué des informations, ont été soumis, d’après nos sources, à des traitements dégradants avec, au menu, bastonnades, mises à nu et cachot. Quant aux prisonniers qui s’étaient plaints ouvertement à Assia El Ouadie en septembre dernier, ils ont pour la plupart été punis par un transfert abusif vers des pénitentiers d’autres villes du Maroc. Quant à El Nene, transféré à la suite de cet article à la prison centrale de Kénitra, il y coule des jours heureux… à l’infirmerie.


Abus. Scandale à la plage Dahomey

La plage Dahomey, dépendant de Bouznika, couve depuis des mois un gros scandale. Sous la houlette du président de la commune, l’istiqlalien Mohamed Karimine, des terrains dépendant du domaine public ont été indûment vendus. Résultat : le site balnéaire est devenu hideux et les habitants ont multiplié les protestations. Deux commissions d’enquête, des ministères de l’Intérieur et des Finances, ont été dépêchées sur place. Puis, mercredi 12 octobre, surprise ! Des fonctionnaires de la commune en sit-in ont été abusivement arrêtés. Le lendemain, des trucks étaient stationnés sur place. Mystère.


Propagande. Les manuels scolaires aussi !?

Que le manuel d’Arabe de sixième année primaire, agréé et officiel, illustre une section sur “la fête nationale” par une photo de Mohammed VI agitant un drapeau, passe encore. Après tout, le roi est là pour la vie et il “symbolise” la nation, dit la Constitution. Mais qu’une section sur “la solidarité” soit illustrée, sans vergogne, par un… logo de la fondation Mohammed V ?!!! Il s’agit d’enfants de 11 ans. La propagande devrait avoir des limites.


Parlement. Partis, budget et élections

La rentrée parlementaire est prévue pour cette semaine. Trois chantiers prioritaires attendent les élus. Le premier concerne la loi sur les partis, retardée à deux reprises. Aujourd’hui, la dernière mouture du projet est ficelée. Le deuxième concerne la loi de finances. Discutée, jusque tard dans la nuit du jeudi 13 octobre par le conseil du gouvernement, elle sera aussitôt soumise aux débats parlementaires (réduits souvent à une formalité). Enfin, les élections 2007 pointant du nez, la révision du code électoral est aussi à l’ordre du jour. Le scrutin de liste survivra-t-il ? C’est tout l’enjeu. Quant au seuil minimal de 5%, il est déjà acquis, par consensus.


Médecins. Le Maroc recrute en Europe de l’Est

Le Maroc manque aujourd’hui cruellement de médecins et d’infirmiers dans le secteur public. Le constat ne date pas d’aujourd’hui, mais la situation a été exacerbée par les fameux DVD (départs volontaires définitifs) qui auraient concerné plus d’un millier de cadres appartenant au ministère de la Santé publique. L’appel à candidatures lancé par le MSP pour remplacer les bénéficiaires du DVD n’ayant pas eu de réponse, le ministre de la Santé Mohamed Cheikh Biadillah devrait se tourner vers les médecins étrangers. Selon une source proche du ministère, les 260 spécialistes et 9.000 infirmiers dont Biadillah a besoin, de toute urgence, vont être recrutés du côté… des pays d'Europe de l'Est.


3 questions à A.K, 24 ans (Victime du scandale pornographique d’Agadir)

(DR)
Vous êtes la première victime à recouvrer sa liberté ; avez-vous retrouvé une vie “normale” (travail, vie de famille, etc) ?
Oui et non. J’ai été libérée le 30 août après avoir purgé une peine de 4 mois de prison. à la rue, au cyber, partout où je suis, j’ai peur d’être reconnue. Une passante, une dame d’un certain âge, que je ne connais pas, m’a récemment insultée en pleine rue, sans raison apparente. Je travaillais auparavant dans un hôtel.. Aujourd’hui, j’ai du mal à retrouver un poste équivalent. J’ai évité mes anciens employeurs, je me suis adressée à d’autres…etc. Toutes mes demandes ont été rejetées.

Comment avez-vous connu Philippe Servaty, le touriste belge à l’origine du scandale ?
Dans la rue. Je marchais avec une amie et il nous a abordées. On s’est retrouvées plus tard dans son appartement, et il nous a prises en photo. Il nous disait que c’était pour ses souvenirs, et que la photo était parfaitement normale, sans nu, sans rien. Je n’ai eu aucune liaison avec Servaty. C’est sur la base de cette photo que l’on m’a arrêtée et jugée.

Comment s’est passé votre incarcération ?
Il y avait de tout. certains (pensionnaires, personnel) étaient polis et faisaient preuve de compassion avec les 14 victimes. D’autres, la majorité, nous abreuvaient de remarques désobligeantes. Mon calvaire n’est pas fini même si, aujourd’hui, je suis une femme libre.



Billet. Le choix de rester (par Driss ksikes)

Est-on plus marocain que d’autres, lorsqu’on choisit de rester au pays ? C’est la morale, plutôt surannée, par laquelle le piètre humoriste Saïd Naciri ne cesse de bassiner les téléspectateurs, dans son inénarrable sitcom programmé après la rupture du jeûne. Prenons le cas d’un Monsieur qui demeure au pays, contre vents et marées. Baddou Zaki, en l’occurrence, reste-t-il aux commandes de l’équipe du Maroc par patriotisme ? S’il s’agrippe à son poste national, même s’il a failli dans sa mission, c’est bien plus par attachement aux termes d’un contrat juteux que pour le plaisir de servir la nation. Restons dans le foot, lieu privilégié des harragas potentiels. Quand les joueurs du Raja, Tarik Bendamou et Mohsine Yajour, ont refusé l’offre Bahreïnie de naturalisation, se sont-ils montrés plus attachés à leur pays que l’athlète Rachid Ramzi, qui n’a pas résisté à la tentation ? Pas si sûr. Les deux footballeurs en question attendent mieux qu’un pays outsider pour briller, alors que Ramzi avait juste besoin d’une plus grande attention, fût-elle bahreïnie, pour réaliser le meilleur. Tout compte fait, autant les restants que les partants pensent davantage à leur exploit personnel qu’à la gloire nationale. Et si cette dernière devait arriver et déteindre sur eux, au passage, ils n’en demanderaient pas moins. Fussent-ils des expatriés, tel un Marouane Chammakh, inconsolable après l’élimination à Tunis. Au fond, le sentiment d’appartenance n’a rien à voir avec le territoire de résidence ni même avec les papiers administratifs. Il a tout juste à voir avec l’équilibre que préserve l’individu entre confort privé et conscience collective. Au sport, rares sont ceux qui y parviennent durablement. Surtout dans un pays comme le Maroc, qui leur donne peu et attend d’eux énormément en retour.



Billet. Objectif paradis (par Karim Boukhari)

L’anecdote date un peu, mais elle reste d’une grande actualité : à Casablanca, des gosses de riches ont improvisé une messe pour palabrer comme des grands avant de prendre la décision finale de cogner, violemment, la tête contre le mur, l’un des leurs ! Ils lui reprochaient de ne pas faire le ramadan. Comme dans un “procès” de fanatiques au bout duquel le coupable, c’est-à-dire la victime est, si elle s’en sort bien, “seulement” fouettée et délestée de ses biens. On change le décor, on rase les barbes et on reprend nos classiques. Les gosses de riches, golden boys de demain, ont reproduit le même schéma, leur acte est probablement tiré des mêmes ressorts psychologiques que les fanatiques. Je suis persuadé que leurs parents, ou voisins, ne les ont pas tous réprimandés pour cette ignominie. Imaginez ce père ou cette mère “progressistes”, qui condamnent tous les fanatiques dont la télévision et les journaux relatent régulièrement les exploits, mais qui offrent une barre de chocolat à leur gosse pour le récompenser de sa bravoure devant le copain qui a osé violer la règle du jeûne. S’il avait su, mon professeur d’éducation islamique aurait à son tour repris l’anecdote pour l’enseigner à ses chers élèves, dans le style : “Voilà un exemple de Jihad qui ouvre les portes du paradis. Voilà le sort réservé aux mécréants qui n’aiment pas Dieu et son prophète”. Que de réjouissances, mes amis ! C’est à se demander jusqu’où peut aller la perception du Jihad, et l’objectif paradis qui la sous-tend fatalement. Ces choses-là circulent dans nos veines, elles sont inscrites dans nos gènes. Mais oui, on veut tous être de la fête (au paradis). Et tant pis si cela passe par cogner son prochain.



Vite !

Bien qu’il n’y ait aucune confirmation officielle, des bruits insistants courent sur l’éventuelle reprise, dans les prochaines semaines, du procès de Nadia Yassine. Depuis le report sine die de son jugement, la fille Yassine a, à maintes reprises, réaffirmé ses préférences pour un régime républicain en lieu et place de la monarchie.

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Les offres d’emploi proposées sur les différents sites proches d’Al Qaïda donnent des cheveux blancs aux services secrets des trois pays du Maghreb, réputés être les principales sources de recrutement de Ben Laden. Les sites proposent des postes à pourvoir pour l’Irak, la Tchétchénie et la Palestine, notamment en communication (vidéo et techniques de l’information).

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Depuis le 22 septembre, Dennis Hays, ancien “Monsieur Cuba” dans le département d’état américain, proche de Bill Clinton, est lobbyiste au sein du Moroccan American Center for Policy (MACP). Pour rappel, le MACP a pour mission “d'informer les décideurs et faiseurs d'opinion (américains) au sujet des développements politiques et sociaux au Maroc”.

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L’armée infiltrerait-elle la police ? La décision du général Hamidou Laânigri de faire nommer six officiers des FAR pour s’occuper de la formation des futurs limiers de l’académie de Police de Kénitra fait jaser les cadres de la Sûreté nationale qui ne comprennent pas le sens de cette “opération portes ouvertes (de la police)” confiée aux FAR.

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Lundi 10 octobre, une brigade de la police et de la douane du port de Tanger a saisi 140 kilogrammes de drogue (haschich) dissimulés à bord d'un véhicule. Rien que du très ordinaire, sauf que le chauffeur en question, qui s’apprêtait à quitter le Maroc pour Algérisas, se trouve être le fils d'un haut gradé des Forces Armées Royales.

 
 
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