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Par Khalid Tritki
Textile. Une bataille, pas la guerre
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Karim Tazi, président de lAMITH
(AICPRESS)
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La signature de la convention portant plan de relance du secteur du textile est prévue lundi 17 octobre. Il y aura de nouveaux avantages douaniers, mais pas de nouveautés fiscales. Dautres ronds sont à venir.
L Association Marocaine des Industries du Textile et de l'Habillement (Amith) prend a remporté une premièe bataille. Lundi 17 octobre, elle doit signer avec le gouvernement la convention portant sur le plan de relance du secteur. Le textile serait-il tiré daffaire ? Pas encore. À lheure où nous mettons sous presse, les services du ministère de l'Industrie et du Commerce et ceux des Finances font toujours le |
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va-et-vient dans les allées du Méchouar. à deux jours (ouvrables) de la signature, les termes de la convention ne sont pas encore définitivement fixés. Notamment sur les volets financement et promotion à l'export. Ce qui est sûr, en revanche, c'est que le gouvernement donne effectivement son aval à un nouveau traitement des textiles en douane. Le régime des admissions temporaires nest pas en cause. Il est plutôt question de catégoriser les opérateurs.
Banco pour les bons
En gros, l'idée est la suivante : que la douane soit du miel pour les bons et un cauchemar pour les mauvais. Bien que discrètement, l'AMITH a été derrière cette transformation, sachant qu'elle ne plaira pas à tous ses membres. Surtout pas à ceux qui en pâtiront. Concrètement, une liste sera conjointement établie par la douane et l'AMITH pour faciliter la vie à ceux qui seront classés dans la catégorie des bons élèves. La douane aura ainsi recours à un scoring pour filtrer et renforcer le contrôle chez les moins bien notés. à cela s'ajoute la révision des tarifs douaniers appliqués aux matières premières. Une nouvelle grille a été concédée par l'exécutif. Ce n'est pas une révolution, mais tout de même un succès - pour lequel il aura fallu batailler dur. Ainsi, à partir de 2006, date d'entrée en vigueur de la prochaine loi de finances, le fil sera taxé à 2,5% en douane. Les tissus, eux, passeront à 10% pour les marchandises en provenance de l'Union Européenne et des états-Unis contre 17,5% pour le reste du monde. Enfin, les produits finis provenant de l'UE et des USA resteront taxés à 20%, et ceux provenant du reste du monde à 50%.
Les deux parties ont souffert avant d'aboutir à cette grille. Le gouvernement était sous pression. Les grands lobbies poussaient à fond vers le maintien des taux actuels. L'AMITH, elle, s'est retrouvée dans une situation délicate. D'une part, il fallait ouvrir les portes à l'importation de la matière première, mais de l'autre, il fallait rassurer la filière du tissage. Autre bataille : les producteurs de tissus d'ameublement sont montés au créneau pour défendre leurs intérêts. Pour eux, le tissu d'ameublement est un produit fini et non une matière première. Il est en tout cas plus avantageux de le catégoriser ainsi, pour que la protection contre la concurrence étrangère soit meilleure. Finalement, sous la pression du président de l'AMITH, Karim Tazi, lui-même professionnel du tissu d'ameublement, cette branche a été cataloguée dans la grille des matières premières. Avec un taux de protection plus faible, mais il fallait bien concéder quelque chose au guvernement...
Le fisc fait de la résistance
Si sur les aspects douaniers, la convention est une grande avancée, sur le plan fiscal, elle ne règle rien. Pour comprendre les raisons de cet échec, il faut remonter dans le temps. Au moment de la négociation du contrat-programme du textile, au début des années 2000, le secteur avait proposé le concept de l'exportateur indirect. Idée : le fournisseur direct d'un exportateur devait bénéficier des mêmes avantages fiscaux que lui. Et puisque les exportateurs bénéficiaent d'abattements fiscaux sur l'IS et sur la patente pendant plus de dix ans (si ce n'est à vie), leurs fournisseurs entendaient profiter des mêmes avantages. Sauf que Noureddine Bensouda, directeur général des impôts, nétait pas du tout daccord. Il avait pourtant fini par céder, sous la pression du gouvernement. Et le concept dexportateur indirect a figuré dans la loi de finances... sauf quil na jamais été appliqué, faute de décret dapplication ! Maroc, quand tu nous tiens...
Le temps passe, les mots changent. Grâce à une acrobatie fiscale , une solution se profile. Le fisc accepte de transposer au textile le système appliqué à la Somaca (pour le cas de la voiture économique seulement) : les fournisseurs profitent des mêmes abattements que le producteur. Victoire de l'AMITH ? Pas vraiment : Bensouda exige que les partenaires (producteur/exportateur et fournisseur) soient situés dans la même zone géographique. Aberrante exigence... mais qui bloque toujours la discussion. La convention parle aussi de la mise en place de plate-formes d'exportation (l'équivalent du système Somaca) sans en préciser les contours. Personne ne sait comment cela va se passer au juste. Une source bien informée nous confie que l'AMITH a proposé un schéma étoile. Traduction ? Personne nen donne - semble-t-il, pour ne pas perturber les négociations en cours.
Promotion : Jettou joue à Cache-cache
Jettou a d'autres susceptibilités à ménager. Ce que veulent les textiliens, les autres industriels le veulent aussi. Sauf que le gouvernement ne peut satisfaire tout le monde. La conjoncture est difficile, il faut d'abord gérer l'urgence. Et lurgence, cest-à-dire la crise, est dans le textile. Les textiliens avaient ainsi proposé l'augmentation du fonds pour la promotion des exportations. Accordé : de 4 millions de dirhams, ce fonds passe à 20 millions. Ce n'est pas énorme, mais cest appréciable. Sauf que ça ne vaut que pour le textile. Donc, problème : à qui confier la gestion du fonds ? Au CMPE, organe chargé de la promotion des exportations, toutes les exportations ? Impossible. Doù lidée d'impliquer l'ANPME (Agence Nationale de la Petite et Moyenne Entreprises). La formule semble tenir la route, mais il reste à savoir comment ce fonds sera géré et quel nom il aura. La dernière mouture de la convention nous le dira. Ce qui est d'ores et déjà sûr, cest que le volet relatif à la baisse des coûts des facteurs de production n'apportera pas de nouveau. La baisse du coût de l'énergie est quasiment un fantasme, vu le prix du pétrole. La logistique, dans laquelle intervient Karim Ghellab, ministre des Transports et de léquipement, ne sera pas révolutionnée non plus. à part des mesurettes, prévues pour Tanger Med et qui seront élargies au port de Casablanca, le coût de la logistique restera le même.
Dernière grande idée de réforme, la régionalisation du SMIC. Elle devrait permettre de baisser le prix du facteur travail dans certaines zones, et de laugmenter dans dautres. Un terrain politiquement glissant, sur lequel le Premier ministre se garde bien de saventurer... |
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Stratégie. Un plan, et après ?
"La survie du secteur du textile ne se limite pas à un plan de relance. Si les industriels le croient, c'est qu'ils se mentent à eux-mêmes. La poire doit être coupée en deux, conseille un spécialiste du textile. Les industriels souffrent dun déficit de productivité. Selon les derniers rapports de la Banque mondiale, corroborant ceux de l'OCDE, les usines au Maroc ne tournent qu'à 40% de leur capacité, alors que la moyenne mondiale est de 80%. Si les textiliens remontent cette pente, il mériteront des encouragements , abattement fiscal et baisse des coûts énergétiques compris, estime notre expert. Des voix à l'intérieur même de l'AMITH tiennent le même discours. Aux concernés de cesser de pleurer et de faire le nécessaire. |
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