Subsahariens. Maroc : du transit au terminus
Équipe nationale. Les leçons d’un échec
Histoire. Quand le Maroc voulait acheter la bombe A
Dayzine. Ghir bechwiya
N° 195
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Khalid Tritki


Larbi Bencheikh (AFP)
Formation. L’Office veut redorer son blason

L’Office de la Formation Professionnelle et de la Promotion du Travail (OFPPT) affiche des indicateurs positifs. Augmentation des effectifs formés, ouvertures de nouveaux établissements et surtout respect des engagements gouvernementaux. Bref, tout est parfait et l’office ne rechigne pas à le faire savoir. Une nouvelle agence de communication s’en charge. Le tableau aurait été éblouissant sans cette maudite “affaire”… En effet, l’enquête sur les marchés attribués par l’Office à la société Samfor prend une autre tournure. Alors que les milieux judiciaires s’attendaient à ce que le dossier soit présenté en audience,
le juge d’instruction a, comme par hasard, reçu une lettre anonyme accablant les directeurs de l’Office qui ont mené une fronde contre Larbi Bencheikh. Tous ont été convoqués pour les besoins de l’enquête sur des marchés qui n’ont rien avoir avec la société Samfor. Le comble est que, selon une source policière, ceux d’entre eux qui ont pu prouver leur bonne foi, parce que disposant de preuves, se sont vu reprocher d’avoir signé les marchés au profit de Samfor. Cité à comparaitre, Bencheikh a tiré son épingle du jeu. Et quelques uns de ses subalternes sont écroués. Mieux encore, au lieu de rester concentrée sur l’affaire Samfor, la lettre anonyme a provoqué une avalanche de dossiers remontant aux années 90. Est-ce une tentative de noyer le poisson en éparpillant les efforts de la police judiciaire ? Des proches du parquet de Casablanca le pensent.


Restructuration. Le CIH dans le flou

Khalid Alioua, Président Directeur Général du CIH, arrivera-t-il à convaincre ses actionnaires de suivre son plan de restructuration ? Pas sûr. La banque de l’immobilier compte sur une augmentation de capital pour disposer de fonds propres positifs. L’opération lui serait salvatrice. Mais pour y parvenir, Alioua doit convaincre les principaux actionnaires du CIH, en l’occurrence la Caisse de Dépôt et de Gestion, la Banque centrale Populaire et la BMCE Bank. La position de la CDG n’est pas encore claire, même si le marché la donne favorable à la récupération du CIH pour la consolidation de son pôle bâtiment. La BCP affiche un niet catégorique par la bouche même de son PDG, Noureddine Omary. Et la BMCE Bank est, selon des sources bancaires, dans une logique de cessions de participations. Alioua se retrouve seul.


Pêche. Les prix en baisse

La campagne de pêche qui s’est achevée fin septembre a été bonne pour le secteur de la pêche hauturière. Les prises en poulpe ont été abondantes et les quotas ont été atteints. Mieux, des espèces de plus en plus rares reviennent en force. Le poulpe n’est pas le seul à faire des heureux. Le calmar aussi. Les armateurs se frottent presque les mains. Pourtant, la joie n’est pas totale. Les prix sur les marchés traditionnels, notamment le Japon, ont été cassés. Une baisse estimée entre 15 et 30% selon l’espèce. Ce qui remet sur la table le projet de la fameuse commission tripartite pour la fixation des prix minima. En attendant, les armateurs négocient les prix individuellement. Les acheteurs, disposant de stocks énormes, exercent des pressions sur les prix. Et sans organisation, les armateurs ne peuvent qu’acquiescer.



Les off

Les banques et le gouvernement mènent, à l’heure où nous mettons sous presse, des négociations houleuses sur les taux à appliquer dans le cadre du financement de la mise à niveau. Les banques restent intransigeantes. Elles se cramponnent à des taux équivalents à ceux offerts par les bons du trésor, mais majorés de 150 points de base. Une offre que les industriels n’acceptent pas.

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La très célèbre marque de jeans Diesel se retire discrètement du Maroc. Des commandes, qui tombaient jusque-là dans les carnets des entreprises nationales, passent désormais progresivement chez les Roumains. La marque risque de renforcer ce mouvement de retrait si l’accord de libre échange signé avec la Turquie n’entre pas en vigueur inrapidement.


Tourisme. Banco pour la promotion

La Fédération Nationale du Tourisme (FNT) a finalement obtenu gain de cause. À l’issue de la réunion qu’elle a tenue mardi 11 octobre avec le Premier ministre, l’état lui a promis 300 millions de dirhams supplémentaires pour la promotion de la destination Maroc. Cette enveloppe ne sera cependant pas affectée d’un seul coup, mais suivant un calendrier progressif : 50 millions de dirhams en 2006, 100 millions en 2007 et 150 autres en 2008. Rappelons que la promotion est essentielle pour la réussite des nouvelles stations balnéaires. Une étude de positionnement et de marketing dont les conclusions sont tenues secrètes, servira de base au lancement de l’opération de promotion desdites stations. Bonne nouvelle donc pour le secteur.


Bâtiment. La règle de préférence en prime

La Fédération des BTP (bâtiment et travaux publics) bataille dur pour l’obtention de la règle préférentielle qui privilégie les entreprises nationales. Il s’agit de leur donner une longueur d’avance lors du lancement de chantiers d’infrastructure, la concurrence étrangère étant de plus en plus forte ces derniers mois. Surtout de la part des Portugais, Espagnols, Turcs et désormais des Chinois aussi. La proposition intègre une stratégie globale pour le renforcement de la marque marocaine. Un contrat-programme sera donc signé à cet effet. Selon ses concepteurs, il sera à la base de la création de grands groupes dans les BTP à l’instar des Turcs dont la force de frappe dépasse les frontières européennes.


Stratégie. Attijariwafa en Tunisie

Le déploiement africain de Attijariwafa bank est entamé. La banque filiale de l’ONA a mis les pieds en Tunisie. Elle a signé, le 12 octobre dernier, l’acte d’achat de la banque du Sud tunisienne. La holding a ainsi récupéré les parts de l’état tunisien. Le prix de la transaction est encore tenu secret, mais une chose est sûre, le deal tiendrait vraisemblablement compte des difficultés que connaît la banque tunisienne. Par ailleurs, Attijariwafa entend poursuivre son parcours maghrébin en s’implantant en Algérie dans un deuxième temps. Un marché dont le potentiel dépasse de loin celui du Maroc. La voie de la normalisation des relations avec l’Algérie passera-t-elle par les couloirs de l’ONA ?



Khalid Tritki
Moul Chkara

Vous connaissez tous l’expression de Moul Chkara. Dans notre esprit, elle évoque un bonhomme portant jellaba et babouches, traînant une sacoche en cuir jaunie et réglant les factures en espèces. Quelqu’un qui ne comprend rien au management dont parle la presse, ni aux discours des éclairés du capitalisme marocain. Sauf que nous lui devons trop, à ce Moul Chkara. De commerçant, il est devenu industriel, puis exportateur. Il s’est même aventuré dans la finance. À la base de la création de toutes nos banques, il y a des Moul Chkara. C’est une phase historique dont nous
devons être fiers. Mais aujourd’hui, l’expression Moul Chkara désigne tout patron dont la gestion est défaillante. Sauf que cette fois, ce sont des personnes instruites, maîtrisant des langues étrangères, arborant costards signés et roulant dans des berlines à couper le souffle. Ils se font un honneur de parler haut et fort dans les salons feutrés et prennent leur pied à critiquer les systèmes politique et économique. Mais ils ne reconnaissent jamais leur statut non productif de rentiers “new look”. Ils omettent, aussi, de reconnaître leur part de responsabilité dans la pauvreté du pays. Si Moul Chkara, l’ancêtre, a su évoluer, Moul Chkara, le descendant, se perd dans des questions identitaires. Ses affaires se limitent à maintenir son rythme de vie.

 
 
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