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Par Driss Bennani
"La révolution armée a fait son temps"
| Antécédents |
Kamal Lahbib
Militant associatif
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| 1949. |
Naissance à Meknès |
| 1952. |
Départ à Azrou |
| 1972. |
Condamné à 5 ans de prison pour "atteinte à la sécurité de l'Etat" |
| 1978. |
Crée une entreprise de négoce en transmission mécanique |
| 1980. |
Ouvre avec d'autres militants la librairie Al Karama |
| 1981. |
S'investit dans le mouvement associatif (Forum vérité et justice, Insaf, Transparency, observatoire des prisons, collectif démocratie et modernité, forum social, etc.) |
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Smyet Bak ?
Mohamed ben Ahmed.
Smyet mok ?
Mina bent Ali.
Nimirou d'la carte ?
D 57 272.
Vous êtes membre d'associations de droits de l'homme, de mères célibataires, de réinsertion de détenus. Vous participez à des collectifs de réflexion BCBG et menez un travail de terrain dans le forum social. Ça ne vous fait pas trop de casquettes ?
Pour un profil comme le mien, qui n'est pas rare heureusement, l'implication dans des structures qui peuvent paraître incohérentes relève d'un choix philosophique particulier. Celui de dire que le pays a besoin de toutes les forces démocratiques et que cette implication n'est pas l'apanage de la gauche ou de l'extrême gauche. Je suis au milieu, entre le chef d'entreprise qui aspire à la citoyenneté et le militant de quartier ou des droits de l'homme. Un facilitateur de contacts.
Vous êtes à ce point incontournable ?
Cela voudrait dire indispensable et ce n'est pas vrai. En 25 ans d'activité, j'ai cumulé un certain capital de confiance et d'expérience. Il est dès lors normal que des gens sollicitent ce cumul de savoir. Je fais partie d'un nombre de militants qui connaissent très bien l'action associative et le pays et qui peuvent aider à la réalisation de projets collectifs.
Qui servira de relais après vous ?
Je travaille sur le renouvellement des élites et je sais qu'elles existent. Il faut céder la place à la nouvelle élite. Elle peut encore faire de grosses bêtises, mais il lui faut prendre le relais. Le pouvoir est quelque chose qu'on ne laisse pas tomber facilement, mais il est obligatoire de nous en défaire. Personnellement, je mets en place, je catalyse et je me retire. Je ne reste jamais assez longtemps pour prendre le pouvoir.
Jeune, vous militiez pour la révolution armée. Vous n'avez pas toujours été un ange, dites donc...
Les palestiniens luttent avec des armes sans perdre cette dimension angélique. Porter des armes ne diabolise pas. C'était une théorie valable il y a 30 ans qui a laissé place au pacifisme aujourd'hui.
Vous vous êtes pas mal assagi, aussi...
Non, parce que cela voudrait dire que je ne l'étais pas. La révolution armée a fait son temps. Même en Palestine, l'heure est à la résolution pacifique du conflit. Les idées changent. Peut-être que demain, je reviendrai à la lutte armée. Mais aujourd'hui, vu le contexte politique et social, nous optons pour le pacifisme.
Vous avez longtemps milité pour la tenue du forum social mondial à Marrakech. Vous trouvez que c'est plus sympa que Porto Alegre ?
Porto Alegre est une étape. Un lieu symbolique de résistance à la mondialisation sauvage. Le forum prochain se tient au Venezuela, au Mali et au Pakistan. On aurait souhaité le faire au Maroc aussi, mais le gouvernement marocain n'a pas eu suffisamment de clairvoyance pour capitaliser sur un événement pareil pour renforcer sa démocratisation et constituer une base de lutte contre la mondialisation dont il est lui-même victime. Ça l'aurait également aidé à mieux négocier avec les puissances mondiales.
Quel genre de relation entretenez-vous avec les hommes du roi ?
Professionnelle, mais avec les femmes du roi aussi. Je les avais contactées pour la tenue du forum social mondial et je les re-contacterai pour un projet similaire sur lequel je travaille actuellement.
Ce sont donc les conseillers du roi qui ont manqué de clairvoyance ?
Notre première rencontre a été informelle, la deuxième a été officielle et Zoulikha Nasri a été déléguée pour négocier avec nous.
Sur quoi elle a bloqué ?
Posez lui la question, ainsi qu'au Premier ministre, au ministre du Tourisme et au ministre des Finances qui constituaient une commission ministérielle chargée du dossier. |
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