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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Abseslam Kadiri

Syrie/Liban. Un suicide et des questions

Ghazi Kanâan (AFP)
Damas est sous le choc. L’ancien homme fort de la Syrie au Liban, Ghazi Kanaan, s'est suicidé mercredi dans son bureau à Damas, en se tirant une balle dans la bouche. Faut-il voir un lien entre ce suicide et l’enquête sur l’assassinat de Hariri ? Il est encore tôt pour le dire. Mais l’étau s’était resserré autour de celui qui avait dirigé le redoutable service de renseignements militaire syrien au Liban de 1982 à 2002.
D’abord, Ghazi Kanaan, ministre de l’Intérieur depuis 2004, avait récemment été interrogé par la commission Mehlis de l’Onu qui enquête sur l’assassinat de Hariri et qui doit rendre bientôt son rapport. Plus troublant encore, il avait démenti sur les ondes d’une radio libanaise, juste avant sa mort, avoir touché dix millions de
dollars pour donner la victoire à Hariri aux législatives de 2000. Il avait déclaré que sa déclaration serait probablement "la dernière". Enfin, le président syrien, Bachar Al-Assad a déclaré sur CNN, qu’il pensait que la commission Mehlis blanchirait la Syrie, mais qu’il s’engageait à punir sévèrement comme "traître" tout Syrien impliqué dans l’assassinat de Hariri. Kanaan se sentait-il visé ?
Au Liban comme en Syrie, la discrétion est de mise. Alors qu’un haut responsable syrien a mis en doute la thèse du suicide, Washington a sommé Damas de coopérer à l'enquête Mehlis. Bachar Al-Assad a rejeté toute implication dans l'assassinat de Hariri :“C'est contre mes principes (...) Je ne le ferai jamais, c'est impossible”. On aimerait bien le croire.


Angleterre. Trafic d’humains

C'est le plus gros réseau d’immigration jamais démantelé en Europe. Après deux ans d’enquête, la police britannique, aidée par plusieurs services européens, a interpellé, mardi à Londres, 19 suspects. Ces Kurdes de Turquie auraient introduit jusqu’à 200 000 clandestins en Grande-Bretagne. Londres était au sommet de ce gigantesque réseau, qui avait des ramifications en France, en Italie, en Belgique et aux Pays-Bas. Les clandestins payaient jusqu’à 7000 euros pour une odyssée de plusieurs mois, des Balkans jusqu’à la Grande-Bretagne. La plupart arrivaient par groupes de 20, cachés dans des camions ou des voitures. Une fois à Londres, ils se fondaient dans la communauté turque du nord de la capitale. Les organisateurs du trafic, eux, avaient le statut de demandeurs d’asile. Les profits étaient réinvestis dans des bars ou des salles de jeu.


Etats-Unis. Bush entend Dieu

Les voies du Seigneur, impénétrables ? Pas pour Bush en tous cas. Selon un documentaire de la BBC prévu la semaine prochaine, Bush aurait expliqué en juin 2003, à Charm El-Cheikh, avoir obéi à un ordre divin en attaquant l’Afghanistan puis l’Irak.
La BBC a diffusé les propos de Nabil Chaath et Mahmoud Abbas, respectivement ministre palestinien de l’Information et Premier ministre à l’époque. Le président nous a dit : “Je suis poussé par une mission divine”. Et sous forme de confession : “Dieu m'a dit, George, va, et combats ces terroristes en Afghanistan. Et je l’ai fait. Va mettre fin à la tyrannie en Irak. Et je l'ai fait. Et maintenant, je sens encore la parole de Dieu qui m’arrive. Va donner leur état aux Palestiniens. Et par Dieu, je vais le faire !”. Gênée, la Maison Blanche a démenti.



Vite !

Les députés japonais ont adopté mardi à une large majorité le projet de loi privatisant la Poste, la plus grande institution financière du monde (3000 milliards de dollars). Cette réforme avait été d’abord rejetée en août par le Sénat. Le Premier ministre Koizumi avait dissout l’Assemblée et convoqué des législatives anticipées, facilement remportées.

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Dans une lettre datée du 9 juillet et publiée cette semaine sur le site des renseignements de l’armée US (www.dni.gov), Al-Zawahiri écrit que les Américains pourraient quitter l'Irak, selon un scénario vietnamien. Il souhaite que les islamistes se tiennent prêts à prendre le pouvoir et met en garde Zarquaoui contre les risques de s’aliéner le monde musulman en continuant à tuer des civils chiites.


Allemagne. C’est une fille !

Après trois semaines d’âpres négociations, l’Allemagne a enfin une chancelière. à 51 ans, la conservatrice Angela Merkel est la première femme à gouverner le pays. Schröder a cédé son fauteuil lundi, après que le SPD, la CDU et la CSU soient tombés d’accord sur l’identité du futur chancelier et l’équilibre des portefeuilles au sein de la coalition.
Néanmoins, les dirigeants chrétiens ont fait de larges concessions : les sociaux-démocrates auront huit ministères, dont les Affaires étrangères, l’Emploi et les Finances, contre six pour les conservateurs. De plus, la CDU a renoncé à deux projets néolibéraux : la possibilité de négocier des accords salariaux sans assentiment des syndicats et l’abolition des subventions salariales pour ceux qui travaillent de nuit et en équipe.


Koweït. La dynastie mise à mal

Les guerres de clans ont commencé au sein de la famille régnante kowéïtienne. Le chef de la Garde nationale, Ali Al-Sabah, a lancé un appel solennel en faveur du changement à la tête du pays, en souhaitant former un triumvirat, qui placerait sous tutelle l’émir et son prince héritier, jugés bien trop vieux. Quatrième dans la hiérarchie de la dynastie, Ali Al-Sabah a proposé de faire lui-même partie, avec le Premier ministre, de ce comité chargé “d’assister la direction” du pays.
L’émir Cheikh Jaber a dû intervenir publiquement pour désamorcer la crise, en renouvelant son “entière confiance” au Premier ministre, Cheikh Ahmed Sabah, plutôt réformiste.
L’émir, 77 ans, au pouvoir depuis 29 ans, avait été frappé par une hémorragie cérébrale en 2001. Depuis lors, il a délégué le gros de ses fonctions au Premier ministre. Le Prince héritier, lui, est affaibli depuis une opération au colon en 1997 et se trouve à Londres.


Libéria. Weah, du foot à la présidence ?

L’ex-vedette de football, George Weah, était favori de l’élection présidentielle de mardi au Libéria. À 39 ans, celui qui a quitté l’école avant la fin du secondaire, a enthousiasmé l’important électorat jeune de son pays. Mais il sera sans doute contraint à un second tour, le 8 novembre, en raison de la multiplication des candidatures (22 au total). Weah se méfie de sa principale rivale, l'ancienne économiste de la Banque Mondiale, Ellen Johnson Sirleaf, qui compte sur l'appui des femmes. Les 200 observateurs internationaux ont souligné la bonne tenue du scrutin, qui se déroulait en même temps que les élections parlementaires.
Dans un pays décimé par 14 ans de guerre civile et hanté encore par le souvenir de Charles Taylor, Weah a axé sa campagne sur les promesses aux jeunes défavorisés. Ces élections mettront fin à une transition issue de l’accord de paix d’août 2003. Résultat du scrutin, le 25 octobre.



Lu pour vous.
Fuite en avant
(Tichrine (Syrie), 12 octobre 2005)

Omar Jaftali

Le sommet Sharon-Abbas n’était pas important. Son report, dû à des divergences persistantes sur la question des prisonniers, a fait beaucoup jaser et est la preuve qu’Israël fuit les futures réalisations de paix qui doivent parachever le retrait de la bande de Gaza.
La rencontre prévue pour mardi a été reportée à la fin du mois. Et elle risque de l’être encore à cause du manque de préparation ! Report accompagné d’un mouvement politique israélien de compassion envers la situation palestinienne. Bien sûr, ce ballet diplomatique ne sert que le marché de l’information et donne, à l’étranger, l’image adoucie d’un Israël qui ne rechigne pas aux efforts d’égalité avec les Palestiniens.
Les raisons israéliennes du report sont loin de la réalité, à laquelle les Palestiniens accordent une grande importance. Elles n’invoquent pas les dossiers que l’Autorité palestinienne considère comme prioritaires : le retour aux frontières de 2000, la libération des prisonniers, l’ouverture des bureaux palestiniens à Jérusalem, la fin de la colonisation, un véritable calendrier pour la Feuille de route…
Tous ces dossiers, le gouvernement de Sharon refuse d’y prêter attention ou même d’en débattre durant les négociations. D’emblée, on peut dire que ce sommet court à l’échec. La position israélienne repose sur la surenchère verbale et le gain de temps, dans l’espoir de voir les Palestiniens renoncer à leurs prétentions.

 
 
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