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Par Driss Bennani
LUSFP malade de ses médias
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Mohamed El Yazghi
et Mohamed El Gahs (AIC PRESS)
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à l'USFP, les grandes batailles, tout comme les coups bas, se sont toujours jouées sur les colonnes de la presse. Zoom sur un parti que quatre titres font et défont.
Que se passe-t-il à l'USFP ? Vaguement, on sait que le bureau politique n'apprécie plus les sorties médiatiques (nombreuses) de Mohamed El Gahs. L'actif ministre de la Jeunesse y revient, sans détour, sur les choix idéologiques de son parti, l'incapacité des appareils à gérer convenablement la situation actuelle, etc. Depuis, la boule de neige a grossi et plusieurs têtes d'affiches sont entrées en scène (directement ou |
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en coulisses). Premier coup de théâtre : la démission de Mohamed El Gahs de son poste de directeur de la rédaction (charismatique) de Libération, l'organe francophone du parti dirigé par Mohamed El Yazghi en personne. à la rédaction, cet événement pousse une dizaine de journalistes à présenter une démission collective. Puis, il y a ce nouveau titre en préparation, Sawt Annas, dirigé par Abdelkrim Al Amrani, l'ex-rédacteur en chef (et véritable dynamo) d'Al Ahdath Al Maghribia, remercié par Mohamed Brini. Très vite, comme au lancement d'Al Ahdath, une étiquette ittihadie a été collée au nouveau quotidien, avant même sa parution. En fait, l'arrivée très prochaine de Sawt Annas (étiqueté à tort ou à raison El Gahs) perturbe plusieurs calculs. En faisant irruption parmi les quotidiens, il concurrencera directement Al Ahdath Al Maghribia. De plus, il compte au sein de sa rédaction quelques ittihadis endurcis et désillusionnés comme Salah Sbyea et Bachir Znagi (Libération) et Hassan Tarik. Avec Abdelkrim Al Amrani, directeur de cabinet dEl Gahs, ils ont chacun une revanche à prendre sur leurs anciens mentors du parti.
Résultat des courses ? L'USFP se retrouve avec 4 titres officiels ou officieux (Al Ittihad Al Ichtiraki, Libération, Al Ahdath Al Maghribia et Sawt Annas). C'est le propre de ce parti. Les batailles se sont toujours gagnées sur les colonnes de la presse ittihadie, officielle ou proche de certains courants, analyse Redouane Erramdani, journaliste politique. Flashback.
Al Ittihad Al Ichtiraki. Le journal de Youssoufi
à sa réapparition en 1983, après l'interdiction d'Al Moharrir, la direction d'Al Ittihad Al Ichtiraki a été confiée à Mohamed Brini, homme de confiance du courant d'Abderrahim Bouabid et de Mohamed El Yazghi. à l'époque, Abderrahmane Youssoufi est à Cannes, en exil volontaire après sa démission du parti. Pour son retour en 1994 en tant que secrétaire général du parti, il pose une condition essentielle : la direction d'Al Ittihad Al Ichtiraki. Mohamed Brini accepte malgré lui. Il démissionne et transfère la direction du journal à
Mohamed El Yazghi, alors secrétaire général adjoint. Le lendemain, ce dernier est le premier surpris. Youssoufi pique une colère noire, crie au complot et exige le changement du nom du directeur dans la journée. Il l'obtiendra 48 heures plus tard. Pour asseoir définitivement son autorité sur le journal du parti, Youssoufi fait appel à Mohamed Bahi, un fidèle resté avec lui en France quil présente officiellement comme son conseiller en communication. Il prendra néanmoins très vite ses quartiers à Al Ittihad. Premier clash au journal et premier affrontement avec Youssoufi. Bahi décide de repartir en France. Il est pris d'un malaise à l'aéroport. Il décèdera 7 jours après à lhôpital. Les deux courants (Youssoufi et El Yazghi) se renvoient les accusations. Un rapport explicite de Mohamed Lahbabi accusera publiquement l'aile Youssoufi d'avoir tué Mohamed Bahi. L'incident est alors vite oublié. Les Yazghistes quittent le journal et Youssoufi entame les négociations pour la constitution du gouvernement d'alternance. Le journal bascule et devient proche du gouvernement. Ses ventes chutent sensiblement. Les deux directeurs qui s'y sont succédé après Youssoufi (Khalid Alioua et Mohamed Saddiki) n'ont pas pu redresser la barre.
Libération. La citadelle del Yazghi
Le journal est sous la direction de Mohamed El Yazghi depuis 1976. C'est d'ailleurs sous son ère que l'hebdomadaire devient quotidien. Contrairement à Al Ittihad Al Ichtiraki, Libération a, de l'avis de ses propres journalistes démissionnaires aujourd'hui, bénéficié d'une certaine liberté de manuvre, due en grande partie au caractère plus libéral et calme d'El Yazghi. Avec Mohamed El Gahs (longtemps fidèle à l'actuel secrétaire général) aux commandes, El Yazghi n'avait pas à s'inquiéter, explique un ancien journaliste. Qu'est-ce qui a changé alors ? Qu'est ce qui a poussé El Gahs à la démission ? Tout a commencé avec le départ de Salah Sbyea, rédacteur en chef du journal. El Gahs propose un journaliste de la rédaction au poste. Puis, contre toute attente, El Yazghi nomme Aziz Khamliche, en total désaccord avec El Gahs. Ce dernier l'apprend alors quil se trouve en France. Il encaisse très mal le coup et demande par téléphone que son nom soit immédiatement retiré du journal. Sa démission sera suivie par celle, collective, d'une bonne partie de la rédaction. Un ancien journaliste de Libération tente cette explication, les journalistes de Libération, maintenant, sont plus dociles. ça tombe bien : le parti, à l'approche des élections de 2007, a besoin d'être plus conciliant, de faire plus de concessions, etc. Cette explication tient d'autant plus la route que Libération est aujourd'hui le seul titre sur lequel El Yazghi peut entièrement compter. Le scénario rappelle étrangement l'OPA de Youssoufi sur l'Ittihad à la veille de l'alternance.
Al Ahdath Al Maghribia. Les pugnaces
Même si son directeur s'en défend, Al Ahdath Al Maghribia exprime clairement un courant ittihadi, proche de Mohamed El Yazghi. En plus des fonds mobilisés (plusieurs actionnaires sont ittihadis), les dirigeants du journal ont, pendant des années, mené des campagnes contre des personnalités proches de Youssoufi et contre ce dernier lui-même, jouant même un rôle dans son départ. Souvenons-nous des épisodes anti-Malki et anti-Alioua, par exemple. Au sein de la rédaction, on explique que ces combats sont souvent le fait de personnes qui règlent des comptes personnels. C'est justement ce qui colle l'étiquette ittihadie à Al Ahdath. Sans négliger les visites de courtoisie dEl Yazghi au siège du journal, etc. à l'USFP, Al Ahdath a un effet certain et plusieurs militants le considèrent dorénavant comme le véritable organe arabophone du parti. Le départ en fracas d'Abdelkrim Al Amrani, après un clash avec Mohamed Brini, poussera le rédacteur en chef déchu à créer un quotidien pour prendre sa revanche.
Sawt Annas. La voix des désillusionnés
Ceux-là ne sont proches de personne, sinon de l'USFP. Yazghsites désillusionnés, les leaders de cette nouvelle expérience s'approchent plus des nouvelles visions critiques de Mohamed El Gahs. Ils disent vouloir maintenir la même distance avec toutes les formations politiques et syndicales du pays, être la voix des gens simples. Ayant chacun une revanche à prendre, y arriveront-ils ? Les prochains jours et les premiers numéros le diront. |
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Chabiba. Les électrons libres
Ce sont les ex-journalistes d'Annachra, organe de la jeunesse ittihadie. Une grande partie d'entre eux a rejoint lhebdomadaire Assahifa. Pendant un moment, on y retrouvait plus de cinq ex-Chabiba en plus de Mohamed Sassi, ex-secrétaire général de la même organisation. "Tout le monde s'est beaucoup assagi depuis et l'USFP est considéré par la rédaction comme une formation politique comme les autres", confie un membre de la rédaction d'Assahifa.
Annachra, pour rappel, a été interdite par le premier secrétaire général de l'époque, Abderrahmane Youssoufi après une série d'articles critiques à légard de l'alternance. La disparition du journal donnera très vite lieu à la déconfiture de l'organisation elle-même, avant que de nouvelles élections ne portent de nouveaux venus à sa tête. Le journal ne refera cependant pas sa réapparition. Depuis, la jeunesse du parti souffre d'une certaine léthargie et ne s'exprime plus qu'à travers des espaces tolérés dans Al Ittihad Al Ichtiraki. |
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