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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

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Affaire TelQuel

L'affaire TelQuel vs. Hlima Assali a été de nouveau reportée, pour des raisons de calendrier. Au moins deux séances sont encore prévues. La première, qui sera consacrée à l'examen des vices de forme, est programmée le 10 novembre prochain. Merci encore, chers lecteurs, pour votre soutien qui ne se dément pas. Patience et longueur de temps...

Pétition. à l'issue d'un procès en diffamation expéditif, le directeur de TelQuel Ahmed R. Benchemsi et son chef des actualités Karim Boukhari ont été condamnés, sans même que leur avocat ait eu droit à la parole, à deux mois de prison avec sursis chacun, plus une amende record de 1.050.000 DH. Les deux journalistes ont fait appel.
Ces peines de prison et cette amende exorbitante constituent, sans aucun doute, un "avertissement" du pouvoir à l'égard de TelQuel, "puni" pour son indépendance éditoriale. Elles inaugurent une nouvelle méthode pour museler la presse : l'étouffer progressivement par des amendes disproportionnées, obtenues grâce à des simulacres de procès civils. à travers TelQuel aujourd'hui, c'est demain toute la presse libre du Maroc qui est menacée.
Nous soussignés, dénonçons avec force toute atteinte, même indirecte, à la liberté de la presse et demandons justice pour TelQuel à l'issue d'un procès en appel transparent et équitable.



Les Marocains non grata au Palais

Un petit mot pour vous faire part d'une anecdote qui s'est déroulée dimanche dernier à Rabat. En attendant la rupture du jeûne, je décide avec un ami de faire un petit tour en voiture. Arrivé à côté de Bab Rouah, je décide de me diriger vers l'avenue du palais royal qui est toujours aussi jolie et agréable à emprunter. Jusque-là, tout va bien. Seulement, une fois à l'entrée du palais, je me fais appréhender par un policier qui m'interdit le passage. Je vois pourtant des bus et d'autres voitures passer sans problèmes. Je demande des explications au policier qui refuse d'abord de me répondre. Et devant mon insistance, il finit par m'expliquer que “seuls les étrangers” étaient autorisés à passer. Qu'il avait pour instruction de ne pas laisser circuler les Marocains dans l'enceinte du palais ! Info ou intox, toujours est-il que j'ai ressenti une frustration incroyable sur le moment. Il se trouve aussi que je galérais depuis quelques semaines pour avoir un visa pour l'étranger. J'ai fini par me résigner car même au Maroc, on n'est pas considéré comme citoyen (pire, les étrangers nous sont préférés). Qu'espérer alors d'un autre pays ?
Mais j'ai une autre question : à quand une autorisation de circuler sur notre propre territoire ?!

Hicham Fettahi, Rabat

La plus belle avenue du monde

J’ai la chance d'habiter sur le boulevard Zerktouni à Casablanca. La nuit du 13 au 14 octobre, nous sommes réveillés vers 3 heures du matin pour déplacer nos voitures garées sur 1'avenue vers un endroit de notre choix, pour dégager la voie pour Sa Majesté dont le passage est prévu le lendemain à midi trente !
À cette heure tardive, quatre dépanneuses et une dizaine de policiers sont mobilisés pour déplacer les voitures dont les propriétaires ne se sont pas manifestés. Ceci vers un endroit qu'ils ignorent, bien entendu, à charge pour eux, le lendemain, de retrouver leurs véhicules pour accompagner les enfants à l'école, travailler… et vivre.
J'ai eu la chance, durant mes études, d'habiter une chambre de bonne, avenue de Wagram à Paris. Je peux vous dire que jamais pareille aberration ne pourrait être imaginée dans un pays où le respect du citoyen est naturel. Alors, je voudrais dire à messieurs les commis de l'état “s'il vous plaît, réveillez-nous lorsque le conflit du Sahara sera résolu, réveillez-nous lorsque 100% de la population sera médicalisée et alphabétisée, réveillez-nous lorsque nos jeunes arrêteront de se noyer dans les eaux du détroit !”.
En attendant, réveillez-vous !

Karim Benkirane, Casablanca

D’abord, des êtres humains !

Vos éditoriaux sont habituellement mieux inspirés que le dernier, consacré au sort des Subsahariens au Maroc.Vous avez noyé la question dans des considérations géopolitiques, oubliant que c'est une dizaine d'êtres humains qui sont morts. Certains tués par les forces de l'ordre marocaines, d'autres “déportés” vers la frontière dans des conditions inhumaines. Cela m'interpelle en tant que Marocain parce que la manière dont un Etat traite l'étranger n'est que le reflet de la manière qu'il n'hésitera pas à utiliser contre ses propres citoyens. Dans cette affaire, tous les démocrates marocains doivent se sentir subsahariens.

Mohamed El Yaakabi, Paris

 
 
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