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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Hassan Hamdani

Documentaire. Aïta blues

Cheikha Ayda
Premier prix au festival du cinéma Sud-Sud d’Asilah en 2004, “Le blues des sheïkhates”, documentaire de Ali Essafi, raconte le parcours de 3 femmes pionnières à leur manière. Ainsi, Ali Essafi, réalisateur d’origine berkanie, donne la parole à Aïda, Aïcha et Hafida, trois chikhate de Safi qui s’attardent avec nostalgie sur l’âge d’or de la aïta et évoquent à mots feutrés leur présent moins rose. Aïda, seule dans sa modeste échoppe, ou le regard humide en coulisses (pendant que Hafida et Aïcha se produisent sur scène) raconte sa formation de chikha dans les années 50, ses tournées d’artistes et la réprobation de ses frères quand elle a choisi ce métier décrié. Loin des feux de la rampe désormais, Aïda a tourné la page pour toujours. Elle n’a plus
que ses souvenirs d’artistes et celui de chioukhs chers à son cœur, aujourd’hui disparus. L’époque n’accordant plus aucun respect au “métier”, Aïda déconseille d’ailleurs à sa fille adoptive d’embrasser la profession. “Quand elles ont vu le film pour la première fois, Aïda, Aïcha et Hafida attendaient avec appréhension de voir quel regard porteraient les autres sur elles” souligne à ce titre Ali Essafi. Aïda, Aïcha et Hafida, trois parcours de femmes, trois artistes conscientes d’être les derniers Mohicans : des chikhates formées à l’ancienne. Après elles, le rideau tombera. “Le blues des sheïkhates” à l’IF de Meknès le jeudi 27 octobre à 20h00. À l’IF de Fès, le vendredi 28 octobre à 20h00.


Bande Dessinée. Un Marocain chez Casterman

Ancien directeur artistique dans différentes agences de pub marocaines et françaises, Youssef Daoudi passe des slogans vendeurs à la BD. Il fait sa rentrée littéraire en signant sa première bande dessinée chez Casterman : La vie est dégueulasse, adaptée de La Trilogie noire de Léo Malet, le célèbre auteur français de romans policiers. Sorti en septembre après un an de travail, ce premier tome traduit bien l’atmosphère sombre et les destins sans rémissions des héros de Léo Malet. La vie est dégueulasse devrait être suivi de deux autres opus en septembre 2006 et 2007. Belle récompense pour Youssef Daoudi, ce R’bati qui a dû patienter longtemps avant d’assouvir enfin sa passion de jeunesse : “Je voulais faire de la bande dessinée depuis toujours, mais je ne voulais pas le faire n’importe comment. Or, au Maroc aucune des conditions n’était réunie.” Youssef Daoudi en parle en connaissance de cause, il a été dessinateur de presse pour La vie économique de 1995 à 1997. C’est lui, le fameux Yoz.


Musique. Une Mongole parmi nous

Elle est arrivée du fin fond de la Mongolie chinoise, emportant dans son sac de voyage des textes de sa terre natale, des poésies faites de contes et de légendes et une voix qui rappelle par sa force et sa profondeur, les élans vocaux de nos chikhate du Moyen-Atlas. Urna, la diva des steppes a trouvé le moyen de sortir la musique traditionnelle mongole du carcan étouffant du folklore. Elle a réaménagé des mélodies, en a créé d’autres et a emballé le tout dans une voix simplement surprenante. Urna, la voix des plaines mongoles, à découvrir absolument, le 26 octobre, à 20 H30, à l’Institut français d’Agadir.


Concert. Un amour montagnard

Quiconque la connaît se souvient de ses années de choriste aux côtés de l’indétrônable Mohamed Rouicha. Cherifa est cette voix libre et montagneuse, écho du romantisme des poètes berbères et des longues après-midi de bergère à garder le troupeau durant son enfance et son adolescence. Chérifa, ce sont aussi des textes à la fois simples et métaphoriques à volonté. Aujourd’hui, sa voix et son inspiration ayant mûri, Chérifa vole de ses propres ailes. Et le résultat est un album éponyme qui chante l’amour dans tous ses états. Mayc y iwin ycawrt (qui est ton conseiller ?), Ma gn tufit amazir ? (Où as-tu élu domicile ?) etc, des titres qui lui ont valu une belle carrière internationale et qu’elle se propose de partager avec le public meknassi le 25 octobre à 20h30 à l’Institut français. Faites le voyage avec elle !


Théâtre. Toutes en scène

B’nat lalla Mennana raconte l’histoire d’une mère qui impose la réclusion à ces filles afin de les protéger des hommes. Libre adaptation de La maison de Bernarda Alba de Federico Garcia Lorca, cette pièce créée par Tacon (talon aiguille en espagnol) transpose librement le thème de l’enfermement féminin et du déni du désir, points centraux da la pièce de Lorca. Ici, l’intrigue ne se passe plus dans l’Espagne franquiste, mais dans une famille de Jbala où le poids des traditions est encore très fort, même en 2005. Tacon, troupe 100% féminine, menée par Samia Akariou, a pris cependant le parti d’en rire. Leur adaptation est tragi-comique entrecoupée d’intermèdes chantants et dansants. Le 28 octobre à 21h00 au Théâtre Mohamed V de Rabat.


Prix. Ulysse à la Mecque

L’écrivain et anthropologue Abdellah Hammoudi (enseignant chercheur à Princeton depuis 1990) a remporté, le 15 octobre à Berlin, le prestigieux prix littéraire Ulysse, consacré au reportage. Doté de 30.000 Euros (300.000 dh), le deuxième prix de la catégorie lui a été décerné pour son excellent ouvrage, Une saison à la Mecque (Ed. Seuil). Alliant approche anthropologique et sa subjectivité de musulman pas forcément dans la croyance, Hammoudi retrace dans ce récit le voyage aussi bien intérieur, physique que culturel qu’implique le Hajj. Aux côtés de l’écrivain marocain, un 1er prix a été accordé à Alexandra Fuller pour Voyages avec un soldat africain, qui permet de connaître de près les séquelles que laisse une guerre sur le corps et l’esprit d’un homme.


Spectacle. Longue Hayet à Mririda

René Eulope, instituteur qui a parcouru les régions reculées du Grand Atlas dans les années 20, y rencontre Mririda N’Aït Attik, une femme berbère courtisane et poétesse. Fasciné par Mririda, René Eulope retranscrit et traduit les poèmes de cette dernière. Plus d’un demi-siècle plus tard, Hayet Ayad retrace avec “Les chants de Tassaout”, l’histoire de “Mririda fleurant le jasmin, une Mririda prête à se laisser emporter par son lyrisme enflammé ou sa mélancolie funèbre” écrivait René Eulope. Designée meilleure voix en 1997 dans le registre des musiques du monde, Hayet Ayad chantera et lira les poèmes de Mririda, a capella ou accompagnée de percussions, le 22 octobre à 21h00 au Théâtre 121 de l’institut français de Casablanca.


Cirque. La halqa italienne

Un chapiteau, des clowns, des trapézistes, des équilibristes, des jongleurs, des dompteurs… Le cirque Bellucci traîne toujours sa petite famille à travers les villes du Maroc. C’est, aujourd’hui, au tour des Casablancais de vivre des soirées justement dosées entre acrobaties, magie et éclats de rires. Le cirque Belluci est même certifié iso 9001. Des clowns labellisés, cela mérite un petit coup d’œil. Peut-être même verrez-vous le nouveau-né dans la famille Bellucci, un lionceau nommé Rabat. Pour les nostalgiques de l’enfance et…leurs enfants. Tous les soirs du mois de ramadan (sauf le lundi) à la foire internationale de Casablanca à 20h15 et 22h15.


Rencontre. Dans les bras de Camille

En résidence d’artistes à l’Institut français de Casablanca jusqu’au 2 novembre, Camille Laurens en profitera pour lire des extraits de la chronique littéraire qu’elle tient sur la radio France Culture, ainsi que des passages du roman qu’elle est en train d’écrire. Agrégée de Lettres, Camille Laurens a enseigné au Maroc, où elle a passé douze ans à partir de 1984. Depuis 1991, elle a publié une dizaine d’ouvrages. Son roman d'inspiration autobiographique, “Dans ces bras-là”, a reçu le prix Femina en 2000 et le prix Renaudot des lycéens. À la médiathèque de L’IF de Casablanca le 28 octobre à 21h00, entrée libre.


Court métrage

Le CCM lance le premier concours national du court métrage ouvert aux jeunes cinéastes marocains. Une commission se réunira au mois de janvier de chaque année pour sélectionner les meilleurs projets. Après quoi, le CCM assurera la production des scénarii retenus.


Nassim Abassi primé

Nassim Abassi, réalisateur marocain basé à Londres, vient de décrocher le prix du meilleur film pour The winter sun is a lie au festival international 01110 Digital Film de New Delhi. The winter sun is a lie est le premier long métrage marocain indépendant tourné entièrement à Londres et en anglais.


Ramy au Maroc

À vos agendas les filles. Ramy Ayach, le beau gosse libanais abonné aux tubes, sera au Maroc en décembre pour une série de trois concerts exceptionnels. Le 7 décembre à Rabat à l’hôtel Hilton, le 8 et le 9 à Casablanca au Mégarama et le 10 au palais des Congrès de Marrakech.



Humeur : Coran Pastel

Par Hassan Hamdani

Mawahib Fi Tajwid Al Qoran Al Karim est une émission qui distille de la religion light et acidulée comme un bonbon sans sucre. Sous forme de pastilles, ainsi qu'il est écrit noir sur blanc sur les programmes de 2M. Aux heures creuses, les mosquées sont transformées en studios, on recherche le moqri’e (psalmaudieur du Coran) de demain, c'est "lasciate me cantare con il Coran al mano" à tous les étages, pour paraphraser la célèbre chanson italienne. Dans un silence religieux, le jury délibère - sans l'Haj Younès pour une fois. Et déclare le vainqueur dans un silence tout aussi religieux. Le moqri’e de demain marque timidement sa joie, il ne s'agit pas de déranger le mobilier, la salle doit rester nickel pour la prière suivante. Tant de silence et de retenue en fait l'émission musicale la plus paisible du paysage audiovisuel marocain. On y reconnaît les gentils facilement, ils portent tous du blanc ou le voile. Ou les deux à la fois quand ils veulent faire super gentils. Cette année, on a même ouvert le concours aux filles, des fois qu'apparaisse une Joudia du verset. Cette nouveauté a coloré l’émission, l’enrobage des voiles roses et bleu ciel rapellant les rassurants “halwat d’ la crème” de notre enfance. Le tout est pétillant et léger comme une bulle de champagne, très digeste contrairement au gros rouge qui tâche des extrémistes de tous poils. Méfiance tout de même, c’est traître, les cuites au champagne.




Le livre

Marie Redonnet a retrouvé (après un passage à la tête du Bureau du livre de l’ambassade de France à Rabat) ses vieilles amours d’écrivain. Dans Diego, elle raconte, dans les moindres détails humains, le parcours d’un immigré clandestin, de Tamza à Paris. Homme du désert, sortant à peine de prison, il se reconstruit petit à petit, à travers ses rencontres, avec Nelly surtout, son sens de la débrouille et sa découverte du cinéma. Décrit, au plus près de sa chair, le protagoniste est un être fragile qui vacille entre espoir d’une vie meilleure et envie soudaine de rebrousser chemin. Il finit par écrire un scénario qui séduit. Son histoire sort alors de l’ombre et lui avec. Moralité : ce n’est pas Paris qui l’a sauvé mais la lumière qui était en lui.

Ed. Minuit (2005)




Agenda.

Du jazz à consonance bulgare avec le Mario Stantchev Sextet annoncé comme une formation de virtuoses. le 26 octobre à 21h00 au Théâtre 121 de l’IF de Casablanca.

Coup de pouce aux jeunes talents avec La nuit des vidéastes marocains le 27 octobre à 20h30 à l’Institut Goethe de Rabat.

Speculum, formation espagnole, jouera El Quijote de las tres culturas, un panorama musical de l’époque de Cervantes : une touche d’andalous, un zest de christianisme, une pincée de judaïsme. Le 24 octobre à 21h00 à l’Institut Cervantes de Casablanca.

Suite du cycle musiques du monde dans les IF du Maroc avec Marickam Yegeswaran, un artiste sri-lankais habitué des scènes cosmopolites londoniennes. Le 27 octobre à 20h30 à l’IF d’Agadir.

Hommage à Claudia Cardinale avec projections de ses films majeurs le 25 octobre à 12h30 à l’Institut culturel italien de Rabat.

Jazz 3/4, un jeune orchestre de jazz marocain se produira le 22 octobre à 20h30 à l’Institut Goethe de Rabat.

L’expo photos Empreintes de Abdeslam Hadiri se poursuit à la Villa des Arts jusqu’au 25 décembre.

Meknès est abonnée aux dessins animés. Pour fêter la journée internationale du cinéma d’animation, sera projeté Les Triplettes de Belleville. Le 24 octobre à 20h00 au Centre Interculturel Fondouk El Henna de meknès.

 
 
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