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N° 197
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Karim Boukhari

Abdellah Ibrahim. Un 40ème jour très mondain

Yassine Mansouri et
Mohamed Moâtassim (AIC PRESS)
La cérémonie du 40ème jour de la disparition de Abdellah Ibrahim, organisée en fin de semaine dernière à Casablanca, a été riche en anecdotes significatives. Parmi les présents, tout le monde a relevé la présence de deux personnages-clés du royaume : le patron des renseignements extérieurs Yassine Mansouri, et le conseiller royal Mohamed Moâtassim. Les deux hommes appartiennent à ce qu’on appelle le “gouvernement de l’ombre” auquel on prête plus de pouvoir réel que le gouvernement classique, qui était pour le reste représenté par le Premier ministre Driss Jettou et le ministre des Habous Ahmed Tawfiq. Comme cela n’a échappé à personne, Mansouri et Moâtassim ont bien montré, à leur façon, qu’ils étaient les interlocuteurs
privilégiés du roi sur la question des partis politiques, et de la gauche plus particulièrement. Prenant la parole, Mohamed Moatassim a rappelé qu’il était, à la faculté, parmi les disciples de Abdellah Ibrahim : “Une fois, racontait le Conseiller royal, j’ai demandé à Si Abdellah, qui était mon professeur, s’il était bien le Premier ministre en 1958, le premier dans l’histoire du Maroc indépendant. Après une hésitation, Si Abdellah m’a répondu qu’il avait presque oublié !”. Cette pointe d’humour n’a pas manqué de gêner l’actuel Premier ministre Jettou, vers lequel tous les regards se sont spontanément tournés. Le tout, sous le regard amusé de Mansouri...


Ben Barka. Un sit-in à Rabat

Un sit-in aura lieu, ce samedi 29 octobre devant le siège du Parlement à Rabat, pour demander la vérité sur le sort de Mehdi Ben Barka, enlevé le 29 octobre 1965. La nouveauté, c’est que trois ONG des droits de l’homme (AMDH – OMDH – FVJ) ont appelé en même temps au sit-in. À Paris, la place Ben Barka, sise à quelques mètres à peine de la brasserie Lipp, lieu de l’enlèvement du leader socialiste, sera officiellement inaugurée lundi prochain. On a appris, par ailleurs, qu’en plus des deux témoins Miloud Tounzi et Boubker Hassouni, une 3ème commission rogatoire sera remise au Maroc concernant Abdelhak Achaâchi, un ancien membre du CAB1 actuellement à la retraite et dont le témoignage, s’il se confirme, pourrait être déterminant.


Transparency. Cherche 100.000 DH

L’association de lutte contre la corruption, Transparency Maroc (TM), est en difficulté financière. Branche locale, mais autonome de Transparency Internationale, dont la rigueur permet de classer le Maroc au 78ème rang mondial en la matière, TM lance actuellement un appel à contributions auprès de ses membres. Outre les fonds levés pour mener ses actions stratégiques, TM a besoin de collecter 100.000 DH pour s’acquitter au mieux des tâches immédiates ou à court terme, relatives au fonctionnement de la structure. Par souci de transparence -n’est-ce pas sa vocation ?- l’association s’engage à publier régulièrement la liste des contributions.


Basri. Deux livres en chantier

Driss Basri met fébrilement la dernière touche à ses mémoires rédigées avec l'aide du journaliste Eric Laurent, qui a déjà écrit une biographie de Hassan II. Une source parisienne a lié cette fébrilité à l’information selon laquelle, l’écrivain et journaliste français Pierre Péan, auteur d’enquêtes à succès comme “La face cachée du Monde”, serait en train d’enquêter sur la fortune de Driss Basri, au Maroc et à l’étranger. Pierre Péan pourrait se rendre bientôt au Maroc pour terminer ses investigations.


Sebta et Melillia. Zones de non droit, pour Amnesty

Amnesty International (AI) a estimé mercredi à Madrid que les frontières de Sebta et Melillia, étaient des “zones où ne semble pas exister l'état de droit”. Au bout de 10 jours dans les enclaves et à Oujda, Nador et Tanger, l’ONG a assuré qu'il existe, des deux côtés, un “contexte d'impunité”. AI a “des preuves que les agents espagnols ont utilisé des armes mortelles”. Et elle accuse le Maroc de jouer sur les mots en préférant parler de “regroupement d’immigrés” plutôt que d’arrestations. Conséquence, “les autorités marocaines sont dans un flou juridique qui les rend plus vulnérables”, conclut le rapport.


Sahara. L’Europe tance le Maroc

Le Parlement européen a voté jeudi, une résolution peu favorable au royaume. Par 98 voix pour (contre une abstention), les Européens ont choisi, dans l’esprit du texte, de féliciter le Polisario pour la libération des derniers prisonniers de guerre marocains. Ils demandent par ailleurs au Maroc de libérer Ali Salem Tamek, Aminatou Haidar et les 35 autres prisonniers de Laâyoune, et de faire la lumière sur le sort de quelques 500 disparus sahraouis. Sans être une surprise, la résolution du Parlement européen constitue, à coup sûr, un revers pour la diplomatie marocaine.


Irak. Deux Marocains en otage

On est encore sans nouvelles des deux employés de l'ambassade du Maroc en Irak, Abderrahim Boualem, chauffeur, et Abdelkrim Mouhafidi, agent d'entretien, disparus depuis une dizaine de jours. Les deux employés étaient sur la route qui les ramenait d'Amman à Bagdad quand ils ont été interceptés par la branche irakienne d'Al-Qaïda, dirigée par le Jordanien Al-Zarqaoui, qui, depuis, a revendiqué le rapt sur son site Internet. “Nos frères dans la branche militaire de l'Organisation d'Al-Qaïda en Mésopotamie ont arrêté deux Marocains, employés de l'ambassade du gouvernement marocain à Bagdad”, lit-on ainsi dans un communiqué, qui n’explique pas les raisons de l’enlèvement, ajoutant que les deux Marocains “étaient toujours interrogés”. Une source du ministère des Affaires étrangères a précisé qu’une mission composée de trois diplomates marocains, conduite par Mohamed Azeroual, directeur des Affaires arabes et islamiques, s’était rendue mardi à Amman pour tenter de régler le problème.


Disparition. Les Ouassouli interpellent

La famille du disparu Omar Ouassouli, perdu de vue en 1984 et qui serait réapparu en 2004 (lire TelQuel n°194) a adressé une lettre ouverte à l’Instance équité et Réconciliation. Intitulé “Mise en garde contre toute annonce hasardeuse et sans preuve incontestable”, le document rappelle que la famille est maintenue dans une attente (de nouvelles) arbitraire, qui dure depuis 21 ans. “Nous ne pouvons que nous attendre à tout, y compris la tentative de falsifier la vérité”, peut-on encore lire dans le document qui conclut sur une phrase lourde de sens : “La seule preuve recevable est Omar lui-même, vivant ou mort, mais dans ce dernier cas l’identification par analyse ADN serait la seule preuve acceptable”.


Normalisation. Israël transite par Paris

Tel Aviv ne perd pas espoir de rouvrir son bureau de liaison à Rabat. Selon le quotidien Asharq Al Awsat, un “nouveau plan de normalisation” a été mis en place, afin d’amener Washington et l’UE à convaincre leurs alliés, y compris le Maroc, du bien-fondé de la normalisation avec Israël. Premier acte dans ce sens, Sylvan Shalom s’envolait vendredi pour Paris afin de plaider la cause auprès de Matignon et l’Elysée. Jusque-là, les tentatives secrètes ou discrètes menées auprès du roi Mohammed VI, mais aussi de Bouteflika et autres états arabes susceptibles d’accepter l’offre, étaient restées sans suite. Chirac passera-t-il le message ?


Terrorisme. Le Maroc pistonne la Libye

Les Libyens ont demandé la médiation marocaine auprès des USA pour être inclus dans le programme du “Trans-Sahara Counterterrorism Initiative”, ou TSCI, créé par le département d’état pour contrer la menace terroriste qui pèse sur les territoires sahariens. Et cela semble porter ses fruits puisque le général James Jones, commandant des forces alliées en Europe, a récemment déclaré que les Américains “examinaient sérieusement la possibilité d'inclure la Libye dans le TSCI”. Le TSCI, qui a pris la suite de la "Pan Sahel Initiative", bénéficie d'un budget de 10 millions $. Jusqu’à présent, seul le Maroc, la Tunisie, l’Algérie et la Mauritanie participaient à des actions conjointes avec l’armée américaine.


Télévision. Benjelloun s’éloigne de Medi1sat

Concernant le projet de télévision de Medi 1 (Medi1sat), le groupe Othmane Benjelloun aurait déjà passé la main en se retirant du tour de table au profit de la Caisse de Dépôt et de Gestion. Dans le même chapitre de lancement de nouvelles chaînes, la Haute Autorité de la Communication et de l'Audiovisuel (HACA) est en train d’examiner cinq projets, dont quatre correspondant à des partenariats Maroco-européens, alors que le cinquième est le fruit d’un partenariat avec des investisseurs arabes. Rappelons que la loi sur l'audiovisuel impose à tout opérateur étranger de s’associer avec un professionnel marocain.


Diffamation. Entre journalistes…

Abdellah Amrani, directeur de l’hebdomadaire “La Vérité”, a intenté un procès en diffamation contre Hassan Alaoui, le directeur du mensuel “Économie & Entreprises”. Amrani, qui exige un dédommagement de 500.000 DH, s’estime diffamé par un éditorial paru dans le numéro de septembre du magazine de Hassan Alaoui. “Il y est clairement écrit, explique Abdellah Amrani, que La Vérité est une publication proche des militaires. C’est un mensonge qui porte atteinte à notre crédibilité et à notre indépendance éditoriale”. Ce procès entre confrères n’est malheureusement pas le premier du genre. La première audience a été fixée pour le 7 novembre devant le tribunal de 1ère instance de Casablanca.


Foot. Troussier remplace Zaki

Après une dizaine de jours de réflexion, les dirigeants du football marocain ont fini par trouver un successeur à Baddou Zaki, entraîneur démissionnaire après la non-qualification du Maroc pour le Mondial 2006. C’est Philipe Troussier qui a été choisi, sans surprise, pour le poste. Le Français ,qui sera secondé par Fethi Jamal, ancien coach des juniors, aura pour mission de qualifier l’équipe nationale au 2ème tour de la prochaine Coupe d’Afrique ,attendue début 2006 en Egypte. Troussier avait notamment entraîné le Japon, l’Olympique de Marseille, mais aussi le FUS et la défunte équipe du Crédit Agricole. Il a toujours conservé un appartement à Rabat.


3 questions à Mohamed Cheikh Biadillah (Ministre de la Santé)

(AIC PRESS)
La grippe aviaire progresse d’un pays à l’autre. Le Maroc est-il exposé ?
Il y a deux types de virus aviaire : animal et humain. Nous ne sommes pas encore touchés, ni par l’un ni par l’autre. Les analyses et les enquêtes du Haut Commissariat aux Eaux et Forêts l’attestent. C’est un dossier que nous suivons depuis avril 2003. Bien que le risque zéro n’existe nulle part dans le monde, sachez que le virus se développe dans un contexte particulier. Au moins deux de ses chaînons manquent au Maroc : l’absence de lac où les oiseaux migrateurs partagent les eaux avec les autres volailles, et celle de grands élevages de porcs.

Qu’en est-il des volailles actuellement commercialisées au Maroc ?
Elles sont en bonne santé. Une grande partie provient d’élevages locaux, l’autre partie est importée de pays qui ne sont pas touchés par l’épidémie. La baisse de la consommation du poulet par exemple est injustifiée. C’est une appréhension qui n’a pas de fondement et qui agit négativement sur le marché. Personnellement, je consomme le poulet et je vous invite à en faire de même !

Avez-vous prévu un plan d’action au cas où le virus se déclarerait au Maroc ?
Bien sûr, nous sortons d’ailleurs (ndlr jeudi dernier) d’un conseil de gouvernement où la question a été exposée dans le détail. La stratégie peut d’ailleurs être consultée sur le site web du ministère.



Billet. Mohammed V, prophète ! (par Driss ksikes)

Les capsules quotidiennes proposées par 2M sur Mohammed V, par la voie de Abdelhadi Tazi, historiographe très officiel, sont suffisamment courtes pour ne pas ennuyer. L’ennui est qu’en y regardant de près, les lapsus de l’invité se succèdent et se ressemblent. Ainsi, deux épisodes de suite, cet homme, rompu aux exercices de flagornerie, nous parlait du roi défunt en exil à Antsirabé, comme d’un prophète. Son aura céleste, son statut de super musulman, faisaient de lui un messager tombé du ciel. J’ai regretté, à ces moments précis, où ce savant faisait le courtisan à titre posthume, que le journaliste qui l’interviewait, Maâninou, soit inhibé par le devoir de soumission. Sinon, il aurait pu faire un peu d’esprit. Rétorquer que le roi ne pouvait venir que du ciel, au vu de la distance qu’on lui avait fait parcourir de la Corse à Madagascar. Ou encore répliquer, sur un ton moqueur, que de toute façon nul n’est prophète dans son pays. Peut-être que Tazi aurait, alors, ri de son zèle. Mais bon, l’émission est trop solennelle, l’interviewer figé, n’osant même pas un mot qui dépasse, et l’interviewé intellectuellement obséquieux depuis des décennies. La scène idéale pour faire de Mohammed V un prophète à titre posthume, quoi ! Et voilà qui nous ramène à ce mythe du sultan aperçu dans la lune, le soir de son retour d’exil. 50 ans après, alors que les Marocains aspirent à se débarrasser de ces légendes qui les engloutissent, qu’ils rêvent de se prendre en charge, qu’ils n’en peuvent plus d’être les spectateurs de semi-dieux qui les protégent sur terre, voilà que les lapsus de Tazi l’historien font table rase. L’ennui est que ces deux reliques (Tazi et Maâninou) déterrées pour re-sacraliser le pouvoir, passent chaque jour, et qu’ils n’ont pas fini de canoniser Mohammed V. Vivement la fin de ce mauvais feuilleton.



Billet. Chacun à sa place (par Karim Boukhari)

Dans l’un de ses derniers films, qui a pratiquement valeur de testament, Marcello Mastroianni jouait le rôle d’un vieux journaliste culturel dans le Portugal en ébullition des années 1930. Assassinats politiques, émeutes populaires, enlèvements, le pays était en pleine tourmente et le vieux Marcello ne voulait rien savoir. Il bidouillait ses petites chroniques sans conséquence et rentrait se barricader chez lui. «Je ne suis que le responsable de la page coultourelle de mon journal», répétait-il inlassablement aux opposants qui tapaient à sa porte. Happé malgré lui par la révolution en marche, le journaliste “coultourel” plongera corps et âme dans le bain politique, il deviendra même une espèce de symbole de ce Portugal qui refusait d’abdiquer devant un régime totalitaire… Ce film, “Pereira prétend”, que je recommande volontiers aux cinéphiles et aux pirates de Souiqa et Derb Ghallef, a une morale, et elle est très belle. Dans un pays en proie à des difficultés sociales, dans un état tout simplement sous-développé, il est très difficile de faire l’autruche, aveugle et sourde à tout ce qui l’entoure. Transposée, toutes proportions gardées, au contexte marocain, la réponse du film désespérera nos amis qui rêvent de cantonner chacun à sa place. Non, ce n’est pas possible. Tous les journalistes ne peuvent pas rester des plumes “coultourelles” à la manière de Mastroianni, de simples agents de communication et d’accompagnement. Tous les artistes ne peuvent pas éternellement refuser de représenter la répression sous prétexte que c’est politique. Tous les Marocains ne peuvent pas ignorer leur histoire sous prétexte qu’ils ne l’ont pas vécue, etc. Prétendre le contraire revient à contredire le joli film de Mastroianni et, bien au-delà, à nier des principes tout simplement universels.



Vite !

Viendra, viendra pas ? Le général Larbi Belkheir, ambassadeur d’Algérie au Maroc, n’a toujours pas rejoint son poste à Rabat. Il se trouve depuis plusieurs semaines à Paris, a priori sans mission officielle. La “désertion” de Belkheir accrédite pour le moment la thèse d’un éventuel retrait pur et simple, malgré les démentis des autorités algériennes.

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Le capitaine Atmane, ancien pilote qui a regagné le Maroc après une longue période de captivité à Tindouf, a mis au point un ouvrage dédié à la grammaire (unifiée) de la langue berbère. “J’ai contacté l’IRCAM (Institut royal de la Culture Amazighe), qui réserve toujours sa réponse”. Achevé il y a deux mois, l’ouvrage est toujours inédit.

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Le quotidien Annahar se plaint de la visite régulière d’agents des services. “Cela a commencé avec l’arrivée, dans nos locaux, de la femme de Karim Mejjati, explique le directeur de la publication Abdelhakim Badii. Désormais, les agents débarquent à l’imprimerie et exigent de valider le contenu du journal avant de relancer l’impression, c’est scandaleux”.

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Le blog www.aljinane.com de notre confrère Tarik Essaidi, webmaster d’e-marrakech.info, a été sélectionné dans la catégorie “meilleur blog journalistique”, dans le cadre du concours international de blogs organisé par la Deutsche Welle, télévision et radio d’informations allemande. Résultat du concours, le 21 novembre prochain.

 
 
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