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Double standard
Je suis surpris, pour ne pas dire choqué par votre information concernant le recrutement, pour le Maroc, de médecins originaires d'Europe de l'est (TelQuel n° 195). Etant médecin diplômé de Russie, où je réside actuellement, j'ai eu tout le mal du monde à faire valoir mes compétences au Maroc. On m'avait, en effet, dressé toutes sortes de barrières pour ne pas faire valider mes diplômes acquis dans ces mêmes pays où le ministre de la Santé compte recruter. On m'avait même soumis à une procédure d'équivalence étalée sur 2 ans, période durant laquelle je devais exercer sans contrepartie ! Et que dire de tous ces jeunes médecins issus des universités marocaines, qui chôment, ou qu'on oblige à passer un concours d'intégration pour accéder à la fonction publique ? Comment, vu tout cela, M. Biadillah a-t-il le front de vouloir recruter des médecins d'Europe de l'Est sur dossier ?!
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Je précise !
La règle est de contester les interrogatoires. Même si celui que m'a fait subir TelQuel (n° 195) n'a pas été arraché sous la torture et ne peut être contesté, il mérite 2 clarifications :
1. Je n'ai pas créé une entreprise. Je travaille dans une entreprise créée en 1960 par un homme auprès duquel j'ai beaucoup appris, un homme qui mérite un hommage même posthume pour le combat qu'il a mené pour la libération des prisonniers, pour l'éthique et la transparence dans les entreprises marocaines et enfin pour l'attachement et l'amour qu'il portait à son pays. Juif marocain, mort dans un hôpital à Paris, il a tenu à être enterré dans sa terre natale, celle de ses ancêtres. Sa mort l'a préservé du choc des violences criminelles du 16 Mai.
2. Le mot "professionnelle" pour qualifier ma relation aux "hommes et femmes du roi", est impropre. La plupart du temps, les grandes décisions publiques ne sont prises qu'avec l'aval du roi. Parfois, les responsables ne bougent que lorsqu'ils ont cet aval. Cette situation (qui devrait à terme changer) met des acteurs comme moi dans la nécessité pragmatique et politique d'avoir des contacts avec tous les centres décisionnels, pour faire avancer le processus démocratique et le respect des libertés et des droits de l'homme. C'est pourquoi tout au long de ce processus, ma relation est courtoise, amicale ou conflictuelle selon les hommes (et les femmes), et selon les situations et les sujets abordés.
Kamal Lahbib, militant associatif
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Mise au point.
Que mon défunt père, Salah Rachid, ait été un ami et soutien fidèle de Mohammed V, comme vous le rapportez dans votre dossier sur les francs-maçons au Maroc (TelQuel n° 194), cest tout à fait vrai. Mais j'ai été choquée de lire sur vos colonnes qu'il aurait été inhumé selon le rite maçonnique, ce qui est absolument faux. Mon père est décédé à Paris le 14 octobre 1955, de retour de Madagascar où je l'avais accompagné dans sa visite à Sa Majesté. Après sa mort, son corps a été transposé à la salle de prière de la grande mosquée de Paris, où il a été exposé en attendant l'arrivée de ma famille. Nous sommes ensuite rentrés à Rabat où la prière des morts fut dite par mon oncle, le cadi Sidi Mohammed El Alaoui, à la mosquée attenante au cimetière des martyrs, où mon père fut inhumé selon notre rite musulman, car mon père était un grand musulman respecté de tous.
Le rite d'enterrement maçonnique qui se résume, pour les frères maçons du défunt, à se tenir la main pour former une chaîne de fraternité symbolique autour du cercueil, avant de jeter une rose sur ce même cercueil
n'empêche en rien une inhumation selon le rite musulman. La franc-maçonnerie est, de manière générale, tout à fait compatible avec l'islam, comme l'atteste un jugement du tribunal de Casablanca
datant de 1973.
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