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N° 197
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Hassan Hamdani

Cinéma. Marrakech bigger than life

Claudia Cardinale,
à Marrakech au FIFM 2004
Marrakech sera de nouveau capitale du cinéma du 11 au 19 novembre pour la 5ème édition du festival international du film. Côté chiffres, la manifestation enfle à vue d’œil avec plus de 124 films projetés cette année contre 64 pour l’édition 2004. Sur les 16 films en compétition, 10 sont des premiers ou des deuxième films, un fait notable qui souligne la préférence accordée aux nouveaux talents. Côté stars, la liste n’est pas encore bouclée, les négociations avec des têtes d’affiche comme Brad Pitt ou Salma Hayek toujours en cours, mais on annonce à coup sur Monica Belluci, Daniel Day-Lewis, Terence Stamp, Catherine Deneuve, Ornella Mutti, Yvan Attal, Bigas Luna, Kelly Reilly, Sandrine Bonnaire. Ou bien encore Stephen Frears qui présentera, en ouverture du festival, son dernier film Mrs Henderson presents.
Mais cette année, le gros calibre est Martin Scorcese auquel un hommage sera rendu avec la projection de 16 de ses films. Avec des œuvres très rares comme son court-métrage The Big Shave réalisé en 1967 ou Who’s that knocking at my door, son premier long réalisé en 1968. Côté compétition, le jury présidé par Jean Jacques Annaud aura à juger, entre autres films, des qualités de El Ayel de Moumen Smihi qui représente le Maroc cette année. Ou l’histoire d’un gamin de 10 ans solitaire qui fait ses premiers pas dans la vie dans la Tanger mythique des années 50. “El Ayel est le premier film d’une série de 4 où Moumen Smihi désire revisiter ses souvenirs à la manière de François Truffaut” précise Ody Roos le producteur du film.


Kiosque. Match au Maroc

Le nouveau Match du Monde est tout frais en kiosque, et n’a qu’une muse, sur quelque 150 pages : le Maroc. Après les poids lourds que sont le Brésil, le Canada, la Chine et l’Inde, c’est sur nous que ce bi-mensuel (affilié, comme son nom l’indique, à Paris Match) a jeté son dévolu, notamment à l’occasion du cinquantenaire de l’Indépendance, mais pas seulement. Loin du sensationnalisme apprécié de la maison, Match du Monde met la culture en première ligne. En ouverture, un dossier intitulé sans ambiguïté : “Liberté, ils gueulent ton nom”. Le magazine y parle de movida, des “jeunes qui ouvrent leur gueule”, à l’instar de TelQuel lors du BJM 2004, tchatche avec H-Kayne… Vous y trouverez aussi le cinéaste Fawzi Bensaïdi, le peintre Hassan Darsi, les écrivains Mohamed Neftah et Mohamed Nedali, l’humoriste Rachida Khalil et le compositeur Rachid Benabdesslam et… notre Rachid Nini national. Avec, tout de même, Mohammed VI en couv’. Chassez le naturel...


Littérature. Moi, Bilal et l'autre

Notre confrère Bilal Marmid (journaliste à Médi 1) a été l'hôte, la semaine dernière, de la chaîne satellitaire égyptienne pour une série d'interventions sur la jeune littérature maghrébine et sa place dans le monde arabe. Auparavant, Bilal s'est vu attribuer le prix honorifique du concours de la création arabe des jeunes écrivains au Caire, pour son premier recueil de nouvelles, "Entre la douleur et l'espoir". Un recueil original où le jeune écrivain expose son autobiographie croisée avec celle d'un personnage qu'il a imaginé. Et c'est justement ce mélange de genres et de trajectoires qui lui a valu le prix au Caire. Bilal finalise actuellement un premier roman nommé "Mounajat".


Expo. Benjilani ressuscité

Hamid Benjilani est le nom que portera dorénavant la salle d’exposition de La Maison de l’artisan aux Oudayas de Rabat. Le ministère du Tourisme et de l’Artisanat y a abrité, du 27 au 29 octobre, une exposition hommage à l’artiste décédé en juin 2004. Connu depuis 1990 pour son Petit musée, tenu encore par sa fille Hind à Oulja, Benjilani a eu plusieurs vies. La première, il y a 45 ans, était celle d’un artiste peintre à Salé. La seconde, en Belgique, celle d’un étudiant en décoration. La troisième à la CDG, en qualité de décorateur d’intérieurs. La quatrième, d’un peintre qui retrouve ses vieilles amours et expose ses toiles. Et la dernière, parmi les artisans, lui a permis de faire la synthèse de toutes ses expériences. Artiste, peintre, sculpteur au service du décor intérieur, Benjilani est devenu un style.


Parution. Brisons les murs !

Les libres leçons de l’historien Ferdinand Braudel sont transposables partout. Et le livre, La Maison-monde (Tarik Editions), qui nous en traduit la quintessence, nous rappelle des évidences, aujourd’hui oubliées : le marché devrait permettre aux gens de dépasser le stade de survie, la démocratie n’est pas possible sans école garantissant un ascenseur social, et le développement ne peut s’accommoder de frontières fermant aux populations pauvres l’accès aux richesses. Aujourd’hui, au Maroc, le développement, fait cahin caha, ne limite pas l’envie de foutre le camp, l’école mène le plus grand nombre fatalement au chômage et les murs de barbelés érigés autour de Sebta font de nous des complices de la prison monde. Autant relire Braudel !


Récompenses. Awards amazighs

L’IRCAM a organisé son premier prix de la Culture Amazighe samedi dernier. Mohamed Mestaoui a remporté le prix du mérite pour l’ensemble de son œuvre littéraire. Le prix de la pensée est revenu à Miloud Taifi, auteur d’un grand dictionnaire de la langue amazighe. Les poètes Omar Taous et Ahmed Ziani se sont vu décerner le prix de la création littéraire pour avoir, notamment, moderniser la poésie amazighe. Le prix des médias a été attribué ex-aequo aux journalistes Hada Ouabou de la RTM et Ibrahim Baouj de Al Alam Al Amazighi. Houcine Baâmrani remporte, quant à lui, le prix de la traduction pour son Coran en berbère, une traduction qui lui avait valu quelques démêlées avec le Makhzen à la fin des années 70.


Théâtre. L'amour en pièces

Camille Laurens, écrivain et prix Fémina 2000, et Carole Drouelle, metteur en scène privilégiant l'écriture contemporaine, étaient en résidence d'artistes à l'IF de Casablanca. Les deux femmes y ont collaboré notamment sur l'adaptation théâtrale du livre de Camille Laurens, "L'amour roman", ouvrage autobiographique où cette dernière explorait toutes les facettes de l'amour, côté cour et côté jardin. Carole Drouelle en est à sa 5ème mise en scène, mais elle redécouvrira le trac des premières fois à Casablanca. Et pour cause, "L'amour Théâtre", pièce au titre presque éponyme, n'a jamais encore été jouée en public depuis sa création dans les locaux de l'IF de Casablanca. Le 1er novembre à 21h00 au Théâtre 121 de l'IF de Casablanca.


Radio. Un micro underground

La chaîne Inter se met au parfum de la nouvelle scène. Underground pour être précis.Tous les samedis soir depuis le début du ramadan, la radio r’batie accueille dans le studio de ses “nuits bleues” les “jeunes militants de la vie culturelle citadine” pour tchatcher et faire danser le public. À Casablanca, les géniteurs du site maroceze.com. À Marrakech, ce sont les DJ qui sont entrés dans la danse. À Fès, la soirée a été meknassie avec les Dar Dmana et Calibre respectivement gagnants de la 7ème édition du Boulevard des jeunes musiciens dans les catégories Fusion et Rap/ Hip Hop. Et in fine, à Tanger, ce sont vraisemblablement les Rif Gnawa et The Candles qui partageront cette semaine le micro de Marouane, l’animateur. Alors à vos postes et pourvu que ça dure !


Al Jazeera. Ça tourne… en musique !

Hoba Hoba Spirit, H Kayne, DJ Key… La chaîne Qatarie El Jazeera fait le tour de la nouvelle scène marocaine. Objectif, un numéro spécial Maroc de l’émission “Sirr Al Mihna” qui sera diffusé en février 2006. Qui sont-ils ? Comment ont-ils percé ? Leur public ? Leurs projets ? Et pour la petite histoire, les groupes ont été priés de parler un arabe proche des dialectes du Moyen-Orient, et d’éviter le français pour être compris par le public d’outre-Afrique. Ce à quoi nos jeunes undergrounders ont répondu “Niet, nous ne pouvons pas. Nous ne savons pas”. Alors Al Jazeera a fait avec. Au public moyen-oriental de faire un effort. ça nous changera.


Mode. H-Kayne se sape Bilal

A l’heure où nous mettons sous presse, les H Kayne s’apprêtent à rencontrer le top management de Bilal. Non, pas le chanteur raï, mais la marque de fringues en vogue ces derniers temps chez les Beurs. Rappelons que les rappeurs meknassis étaient montés sur scène “lookés Bilal” à trois reprises : durant Assahratou lakoum sur 2M, pour la finale du pied en or sur TVM et tout dernièrement lors d’un reportage de Match du monde. À signaler aussi que les fils issaouis avaient été approchés par la marque algéro-beur Khalifa, mais… c’est finalement Bilal qui en fera sans doute ses ambassadeurs. Une première série de clichés est déjà en cours de flashage pour le site du groupe.


Aâtabou au Canada

Najat Aâtabou sera l’invitée d’honneur du 6ème festival du Monde arabe de Montréal. La soirée du 5 novembre sera consacrée à “La Cesaria Evora du Maroc”, disent les organisateurs du festival, très en verve quand il s’agit de décrire Najat : “elle chante pour exorciser la douleur et danse pour piétiner les malheurs.”


L’intellect made in France

Arielle Dombasle tourne à Marrakech “c’est Gradiva qui vous appelle” sous la direction d’Alain Robbe-Grillet, le théoricien du nouveau roman. Arielle y jouera le rôle d’une fille représentée sur un bas-relief dont tombe amoureux un archéologue. Arielle + Robbe-Grillet, une addition qui ne présage pas d’un film grand public...


Ismail prix du public

Le réalisateur marocain Ismail Ferroukhi vient de remporter le prix du public pour son film “Le grand voyage” au dernier festival de cinéma de Bangkok. Plus de 60 longs métrages étaient en compétition lors de cette édition qui a été marquée notamment par la présence de Roman Polanski.



Humeur : Hors-jeu

Par Hassan Hamdani

En Arabie Saoudite, le loisir se fait rare le dimanche. C’est le jour du seigneur des autres, les ouléma n’ont rien à faire à part se lisser la barbe en regardant le match dominical. Trois d’entre eux ont d’ailleurs trouvé louches ces hommes à moitié nus gambadant dans tous les sens sans raison apparente. L’oisiveté étant la mère de tous les vices, ils se sont empressés de dégainer une fatwa. Beckham et consorts ont été invités à cacher ce mollet-que-je-ne-saurais-voir. Seule tenue sportive agréée : le caleçon long. Sepp Blatter, la Spicy Victoria, Adidas et un paquet de filles sont pourtant formels : Beckham en pyjama, ça le fait pas. Ces protestations éventuelles n’ont pas arrêté nos trois héros. Quitte à ruiner l’industrie du loisir et les fantasmes de la voisine de palier, les trois ouléma ont décidé de pousser leur réflexion religieuse à des sommets jamais atteints. Ils ont revu de fond en comble les règles laxistes du football. Le carton jaune et rouge ont été décrétés hérétiques, car pas assez édifiants pour le méchant défenseur qui a fait mal à son prochain. Désormais, les fautes devront êtres jugées selon la charia. Si le goal est déclaré coupable d’obstruction, faut-il lui couper la main, puis procéder à son remplacement ? Ou le remplacer et l’amputer après ? Sur ce point litigieux du règlement, les trois ouléma se concertent toujours...




Le livre

Depuis qu’il a été salué pour son ton enjoué dans Chronique d’un pou vert, Issa Aït Belize, le virtuose rifain de Belgique, s’est remis à l’œuvre. Avec Racines et épines il confirme ses ambitions littéraires. Annoncé comme le premier tome d’une trilogie –d’où le sous titre, Fils du péché I-, ce gros pavé est le parcours sinueux du jeune Amarouche, maudit car provenant d’un père inconnu, mais chanceux car soutenu par une mère incorruptible. Au gré de ses rencontres, avec le soldat, le fquih, l’enseignant libérateur, les vallées nues du Rif, les esprits en construction, le souk en ébullition, il raconte le Maroc bâtard des années 60. Réaliste, juste et plein d’esprit, mais sans ces envolées lyriques qui gâchent le plaisir.

Ed. Luce Wilquin, Bruxelles




Agenda.

l L’exposition du photographe Jonathan Watts, “Kerala, des dieux et des hommes”, se poursuit à l’IF de Tanger Tétouan jusqu’au 6 novembre.

La légende de Zorro, suite du Masque de Zorro, est à l’affiche au Mégarama. En 1850, la Californie aspire à devenir le 31ème état de l’Union, mais les membres d’une mystérieuse confrérie sont décidés à l’en empêcher à tout prix. Avec Antonio Banderas et Catherine Zeta-Jones.

Toufik Meftah présente ses dernières calligraphies, “Danse avec les mots”,à l’IF de Oujda jusqu’au 30 novembre

L’Ensemble de Guitare de Rabat, mené par Saïd Laghzaoui et composé d’anciens étudiants du Conservatoire national de Rabat, jouera des œuvres de Paco de Lucia, Los Lobos, Tarik Hilal, Celso Machado et Antonello Lixie le 1 novembre à 20h30 à l’Institut Goethe de Rabat.

L’exposition photos de Robert Lebeck, “Le Bonheur inouï”, présente l’Allemagne entre reconstruction et miracle économique, entre l’Est et l’Ouest, entre capitale et province. Du 1er novembre au 15 décembre à l’Institut Goethe de Rabat.

Du grand art avec Le voyage de Chihiro de Hayao Miyazaki. Programmé par l'IF de Rabat le 30 octobre à 10h30 au cinéma Fantasio de Kénitra.

 
 
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