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N° 197
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Khalid Tritki


Salaheddine Mezouar (AIC PRTESS)
Industrie. Le “plan émergence” se profile

“Le plan émergence est déjà en marche”, l’expression est de Driss Jettou. Salah Eddine Mezouar, ministre de l’Industrie et du Commerce, le soutient. Suivons-les. D’abord l’offshoring : la première plate-forme dédiée à ce métier sera ouverte en mai 2006 à Casablanca (près de l’ISCAE) sur la route de l’aéroport. Les donneurs d’ordre se bousculent déjà pour ce marché. Les premières conventions seront signées en novembre. Ensuite, les grandes zones industrielles dédiées à deux secteurs clés sont déjà en place. Au lieu de perdre du temps à
chercher, le gouvernement a trouvé l’astuce. Il envisage de capitaliser sur l’existant. Ainsi, Tanger Free Zone (TFZ) pilotera la première expérience en aménageant des zones dédiées à l’automobile et à l’électronique. L’ouverture du port de Tanger-Med (qui n’est pas un simple port selon l’expression de Jettou), accélérera la mise en place d’autres zones. L’aéronautique, enfin, entamera sa mue à Casablanca. La technopole de Nouacer sera renforcée pour accueillir d’autres sous-traitants aéronautiques. Pour ces trois segments, le gouvernement n’a pas besoin de mesures fiscales (pour l’instant). “Les espaces dédiés auront les mêmes avantages que les zones franches en attendant d’imaginer d’autres incitations qui seront incluses dans la Loi de finances 2007”, explique Mezouar. Pour l’agro-alimentaire, on prépare une deuxième phase de partenariat pour les terres de la Sodéa/Sogeta. Une autre nouveauté : les terres agricoles des domaines seront concédées pour développer, en amont, l’industrie. Quant à la pêche, Mohand Leanser est en pleine négociation pour développer l’industrie de la conserve.


Stratégie. L’ONA veut du cash, et vite !

Le groupe ONA, à travers son holding immobilier Onapar, et Emaar, un groupe immobilier émirati, se lancent dans l’immobilier de luxe. Les deux partenaires envisagent de réaliser deux projets d’envergure. Pour une enveloppe de 3 milliards de dirhams, Amelkis à Marrakech et Bahia Golf Beach à Bouznika seront réalisés d’ici 2010. Faute de trouver mieux, le plus grand groupe du pays se tourne vers les métiers classiques. En manque de valeur ajoutée et surtout de vision, le groupe met la gomme sur les métiers générateurs de cash : les télécoms, la grande distribution et maintenant l’immobilier. Quant à la valeur ajoutée industrielle, il faudra attendre des jours meilleurs. Nareva, le nouveau holding pour l’assainissement et les services à la collectivité créé début 2005, se contente d’attendre son heure.


Fiscalité. La CGEM conteste

Le projet de circulaire portant application de la prochaine Loi de finances prévoit l’activation des dispositions de l’article 23 de la loi comptable. Selon ce dernier, les entreprises réalisant un chiffre d’affaires supérieur à 7 millions de dirhams sont obligées de présenter plus d’une trentaine de tableaux (aujourd’hui, ils ne présentent que le bilan). Le moindre manquement à cette règle de forme peut aboutir au rejet par le fisc de toute la comptabilité de l’entreprise. La Confédération patronale a ainsi saisi le Premier ministre lui signifiant qu’il était anormal de rejeter une comptabilité pour une question de forme qui n’a pas d’impact sur le résultat fiscal. à la veille du bouclage de la Loi de finances, la CGEM n’a pas encore reçu de réponse.



Les off

BNP-Paribas sera la première banque qui signera une convention avec l’état pour l’offshoring. Les négociations sont très avancées pour que la banque délocalise son back-office au Maroc. L’espace dédié, la baisse des tarifs de liaisons spécialisées ainsi que les avantages du contrat premier emploi, semblent plaire à la banque française. La signature est prévue pour novembre.

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Le 11 novembre prochain, le Maroc entamera des négociations pour le quota de thon qui lui sera attribué par les instances internationales. La position du Maroc n’est pas confortable, puisque sa capacité de pêche est faible comparée aux réserves dont il dispose. Il a ainsi intérêt, pour convaincre, à présenter un projet intégré. Et surtout à le respecter.


Technologie. L’Apebi prête à signer

L’Association des Professionnels des Technologies de l’Information (APEBI) et le gouvernement ont finalisé une convention de partenariat avec l’état. Il était temps. L’association avait signé un contrat programme avec le gouvernement Youssoufi, mais qui était resté lettre morte. L’actuel gouvernement récidive. Selon les informations qui filtrent, le gouvernement s’engage à prévoir un fonds de promotion dans la prochaine Loi de finances. En plus, il opérera une réforme du fonds de recherche & développement, géré par le département de l’enseignement supérieur et la recherche scientifique. La réforme touchera les affectations de sorte à ce qu’une partie du fonds bénéficie au secteur des technologies de l’information.


Salon. Le bazar à Rotterdam

Entre le Maroc et les Pays-Bas, c’est une histoire de 400 ans. Pour fêter cette longévité, un salon sera organisé, du 1er au 4 décembre 2005, à Ahoy-Rotterdam. Son objectif : promouvoir les échanges économiques entre les deux pays. à l’initiative des investisseurs marocains résidant en Hollande, le salon aura deux visages, l’un professionnel dédié au “business to business” et l’autre (“Bazar et Casbah”, c’est son nom), sera ouvert au public avec vente directe. Les artisans peuvent se frotter les mains. Le salon de Rotterdam sera organisé en collaboration avec le Centre Marocain de Promotion des Exportations (CMPE). Il vise les entreprises de Belgique, des Pays-Bas, du Luxembourg et celles de la région de la Ruhr en Allemagne.



Khalid Tritki
À la caisse !

C’est du délire. L’état nous demande, à vous et à moi, de régler la facture des retraités de la fonction publique.
11 milliards de dirhams depuis l’année dernière. Un peu moins l’année prochaine. C’est une histoire à fondre en larmes. Pendant des années, bien avant Youssoufi, les gouvernements (car ils sont plusieurs à nous avoir plumés) prélevaient les cotisations de retraite sur les salaires des fonctionnaires, mais ne les reversaient pas à la caisse. Qu’est-ce qu’ils en faisaient ? Personne ne sait. Ils bouchaient les trous, entretenaient
le faste de l’état, ou encore donnaient l’illusion d’investir. Il a fallu attendre le gouvernement Jettou pour rendre officielle ce “système”. Récapitulons : des gouvernements ne versaient pas les prélèvements, d’autres le savaient mais le cachaient, et l’actuel, accablé comme il est, nous demande ouvertement de payer. Et nous payerons car nous n’avons pas le choix. Sauf qu’avant que je ne passe à la caisse, je voudrais savoir ce que sont devenus les anciens ministres des Finances… Honnis, mis au banc ? Non. Ils sont à la tête d’une entreprise publique, d’une Wilaya, à la banque centrale et même à la Primature. Ils ont été promus, choyés, cautionnés par le régime. Il ne nous reste plus qu’à pleurer.

 
 
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