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N° 197
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Driss Bennani

"À Béni Mellal, la DST me rassurait"

Antécédents
Amale Samie (dit “tonton”)
Journaliste et militant associatif
1954. Naissance à Marrakech
1977. Professeur de français à Rabat
1986. Journaliste à Kalima
1990. Prix Grand Atlas pour “Cèdres et baleines de l'Atlas”
2002. Crée Asidd, association de développement durable à Béni-Mellal
2004. Accusé d'atteinte à la monarchie, de trouble de l'ordre public et atteinte aux institutions
Smyet Bak ?
Abdellatif Belhaj Ali.

Smyet mok ?
Khadija Bent Abbes.

Nimirou d'la carte ?
B 30 732.

Lors de votre précédente convocation, vous étiez censé développer une montagne près de Béni-Mellal. Depuis, vous avez pas mal garni votre casier judiciaire. Que s’est-il passé ?
J'ai créé une association qui a construit une école à Tassemmit. Puis les autorités locales ont installé une réserve de mouflons au beau milieu du site, qui a privé les habitants d'eau et de pâturages. L'association a défendu ce dossier, elle s'est retrouvée avec un tas de procès sur le dos.

Vous êtes accusé d'atteinte à la monarchie, de trouble de l'ordre public et atteinte aux institutions. Avec des accusations pareilles, généralement, on ne sort pas du commissariat. Qui vous a pistonné ?
Personne. Il a fallu 20 minutes seulement au commissaire qui m'interrogeait pour qu'il sache que je n'avais rien à voir avec tout cela et qu'il me laisse partir.

Vous qui êtes journaliste, qu'est-ce que ça vous fait d'écoper de pareilles accusations en tant que militant associatif ?
Disons qu'en tant que journaliste francophone, je prêche des convaincus. La subversion à Casablanca, c'est avoir une position politique extrême et sympathique à la fois. En montagne, c'est tout à fait autre chose. Ce sont deux planètes différentes.

Il faut combien de mètres d'altitude pour perdre ses illusions ?
Je ne sais pas, mais j'ai vu que le travail que je faisais était récompensé, même si ça prenait beaucoup de temps. Sensibiliser des personnes enclavées en 2005, ça ne se fait pas en un week-end. Aujourd'hui, 90% du problème est réglé et le nouveau wali a promis de rendre leurs pâturages aux habitants. à présent, nous avons un wali intègre, rigoureux et ouvert.

Parce qu'en montagne, un wali fait ce qu'il veut ?
Oui. Je suis démocrate et je suis favorable à la primauté des élus, mais je regrette que, bien des fois, il n’y ait que le wali pour débloquer des situations exceptionnelles.

Entre nous, que va chercher un père noël rocker citadin comme vous dans un coin paumé comme celui-là ?
Ça paraît louche vu de la ville. Mais pas là-bas. Vous savez qu'à Béni-Mellal, les mouchards de la ville m'ont donné un surnom, Hammadi. Ils traquaient mes déplacements. Tous mes faits et gestes devenaient louches.
Nous étions observés avec des jumelles, filmés…

Vous n'en rajoutez pas un peu là ? Vous croyez que l'état n'a que vous à contrôler ?
Il y a une centaine de témoins. Pire, un agent d'autorité, aujourd'hui viré, m'a montré les films et les photos. Ce n'était pas l'état, mais les autorités locales qui me faisaient peur. À la limite, les agents de la DST, quand ils nous surveillaient, me rassuraient. Au moins, c'est un corps national qui n'avait rien à me reprocher.

En 1990, vous remportez le Prix Grand Atlas. Pourquoi est-ce que votre plume a séché depuis ?
Trop à faire et d'abord à gagner sa croûte. Mais là, le besoin d'écrire se fait ressentir.

Ma dir kheir maytra bass, ça a un sens particulier pour vous aujourd'hui ?
Le bien (lkheir) est ce qui nous différencie des animaux. Et encore, les animaux ne sont pas méchants.

L'herbe, ça rend lucide ?
Oui, mais il ne faut pas trop en abuser.

 
 
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