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N° 198
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Karim Boukhari

Laâyoune. Violences au quotidien

(DR)
Après les GUS, voilà les GIR. Les Groupements d’Intervention Rapide sont la nouvelle génération de policiers formés aux techniques de combats et plus particulièrement aux plans anti-émeute. La première promotion des GIR, fraîchement sortie de l’école, devait être convoyée, en cours de semaine, à Laâyoune où la situation est toujours critique. Les GIR viendront surtout en renfort aux effectifs des GUS déjà sur place, et dont la côte est au plus bas auprès de la population locale. Dans certains quartiers de la ville, les escarmouches font désormais partie du quotidien. Jets de pierre et interpellations sont fréquents, surtout en fin d’après-midi à l’heure de la sortie des écoles et des lycées. La situation, en fait, stagne mais peut dégénérer à tout
moment, surtout depuis la mort, samedi dernier, d’un jeune homme, Hamdi Lambarki, au cours d’une nouvelle émeute. “Mort par un jet de pierre accidentel”, d’après la version de la police. “Tabassé à mort par un GUS”, d’après la famille du défunt. Une première autopsie a été pratiquée, sur ordre du parquet de Laâyoune, qui a conforté la thèse de la police. Mais la famille, soutenue par la tribu Aït Lahcen dont Lambarki est issu, et les ONG locales, a demandé, et semble en bonne voie d’obtenir, la pratique d’une deuxième autopsie, cette fois au centre hospitalier Ibn Rochd à Casablanca. Une enquête judiciaire devrait également être ouverte sous peu, seul moyen, d’après tous les indicateurs, pour espérer un relatif retour au calme.


Télé. Tout sur l'islam officiel

Après “radio Coran Mohammed VI”, voici “télé Coran Mohammed VI”, dont les programmes seront diffusés chaque jour entre 17h et 23h. C'est dans les locaux de la RTM que le roi a inauguré la nouvelle chaîne, le 2 novembre. Au programme, outre “la lecture et l'explication du Coran”, “des débats pour les jeunes avec des Ouléma de renommée sur des sujets les interpellant”. Des programmes en Amazigh et en français sont également prévus. Objectif général : “contrecarrer les extrémistes qui portent atteinte à l'image de l'islam”, dit une source gouvernementale citée par l'AFP. Apparemment, la RTM et 2M, guères suspectes de diffuser des programmes “islamiquement incorrects”, ne suffisaient pas pour ça.


Spéculation. Le roi en Israël ?

Mohammed VI serait invité officiellement à se rendre en Israël, si l’on en croit des confidences publiées par le quotidien israélien Arouts 7. Le journal précise, par ailleurs, que le chef de l'état hébreu, Moshe Katsav, aurait reçu la visite d’un conseiller royal pour lui transmettre, toujours selon le journal, l’invitation (au souverain) de se rendre en Israël. Katsav aurait évoqué, par la même occasion, l’éventualité d’une reprise des relations diplomatiques entre les deux pays. Cela fait plusieurs mois que le royaume est cité, notamment aux côtés de la Tunisie et de la Jordanie, comme favori à une reprise diplomatique avec Israël.


Indépendance. Une statue pour Mohammed V

Les hautes autorités du pays auraient donné leur feu vert pour la mise en place d’une statue de Mohammed V, non loin du mausolée du roi défunt, à Rabat. L’inauguration pourrait avoir lieu à l’occasion du 50ème anniversaire de l’indépendance. Avec l’érection de cette statue, le Maroc rompra avec la tradition imposée par Hassan II, pour des raisons religieuses, d’interdire les statues sur les lieux publics. Rappelons néanmoins qu’une statue de Hassan II se trouve au palais royal de Casablanca, ainsi qu’un buste qui orne le hall de l’entrée du bâtiment de la DGED à Rabat.


Drame. Décès de deux hommes politiques

Une délégation composée de Mohamed Moatassim, conseiller du roi, Mustapha Sahel, ministre de l'Intérieur, et Brahim Frej, chambellan du roi, s'est rendue successivement à Laâyoune et à Sidi Ifni pour présenter les condoléances du souverain et assister aux obsèques de deux hommes politiques : Sidi Ahmed Araquib Rguibi (PND) et Abdallah Brou (PJD), qui ont trouvé la mort, il y a une semaine, dans un accident de la route non loin de Smara alors qu’ils se rendaient à Laâyoune dans le cadre de la caravane “Silat Arrahim”. Abdallah Baha, le chef du groupe parlementaire du PJD, grièvement blessé, a été transféré à l’hôpital militaire de Rabat.


Ecoutes. La DGST brouille les salafistes

Les éléments de la direction générale de la surveillance du territoire (DGST) ont réussi à bloquer les communications entre les salafistes en plaçant, à l’intérieur même de la prison de Oukacha à Casablanca, des “bornes” destinées à brouiller les liaisons téléphoniques entre les différentes cellules. Les salafistes avaient notamment donné des cheveux blancs aux agents de la DGST en coordonnant, à la minute près, les appels à la grève de la faim et autres manifestations à l’intérieur du complexe pénitentiaire.


Mystère. L’ INDH recale Ferdaous ?

Le concert de la chanteuse Ferdaous, prévu le 22 octobre dernier à Casablanca, au profit du Lion’s club, a été annulé par la Wilaya deux jours avant sa tenue. Lotfi Chraïbi, le producteur de Ferdaous, avait organisé la tournée ramadanesque de sa protégée pour contribuer à l’INDH à sa manière. Il l’avait affirmé à plusieurs reprises dans la presse. Les organisateurs escomptaient d’ailleurs, grâce au concert casablancais, réunir 700 000 dirhams en dons et recettes à destination de plusieurs associations caritatives. Dossier administratif incomplet ? Référence à l’INDH jugée abusive ? Les raisons de l’interdiction ne sont pas claires. Mais elle aura eu au moins l’avantage d’offrir des vacances à Walid Toufik, le chanteur libanais, Amin Taissir, le compositeur jordanien et le poète libanais Michel Jeha. Invités sur la tournée de Ferdaous, ils se sont retrouvés bien désoeuvrés à Casablanca. Contraints et forcés à jouer les touristes.


Diffamation. Flagrant déni de justice

En octobre 2004, le mensuel Challenge et l’hebdomadaire La Gazette du Maroc publiaient des articles indiquant que le FBI recherchait le Marocain Saâd Echouafni pour des affaires d’escroquerie informatique. Ce dernier avait poursuivi nos confrères en justice pour diffamation. Le 24 octobre dernier, le tribunal de première instance de Casablanca lui a donné raison et condamné les deux titres à, respectivement, 100 000 et 80 000 DH de dommages-intérêts. Quatre jours plus tard, le FBI a contacté nos confrères pour confirmer qu’Echouafni était toujours recherché par la justice américaine ! À noter que Noureddine Qassine, l’auteur de ce brillant verdict, est aussi le juge qui a condamné TelQuel à 900 000 DH de dommages-intérêts dans l’affaire Touria bouabid.


Ben Barka. En face de Lipp…

Comme prévu, une place Mehdi Ben Barka a été inaugurée dans le 6ème arrondissement de Paris, en présence du maire Bertrand Delanoë. Une plaque rappelant l’enlèvement du 29 octobre 1965 a été dévoilée le même jour, en face de la brasserie Lipp. À signaler, au passage, que les propriétaires de la brasserie n’ont pas voulu de la plaque sur leurs murs, pas plus que les habitants des deux immeubles voisins... Heureusement que ces légers contre-temps n’ont pas dénaturé la portée symbolique d’un événement que les amis de Ben Barka attendent depuis 40 ans.


Talsint. Les émeutes du pain

Talsint, cette petite localité rendue célèbre le jour où le Maroc crut y avoir découvert des gisements de pétrole, a vécu un début de semaine dramatique. En effet, la tension sociale, qui s’y est installée depuis plusieurs mois, a atteint son paroxysme dans la nuit du 28 au 29 octobre. Cinq heures durant, des centaines d’habitants ont défilé pour demander “du travail, du pain, de l’eau potable et des factures d’électricité moins chères”. La manifestation qui a duré jusqu’à deux heures du matin a vu intervenir les forces auxiliaires et des agents des CMI, qui sont allés, d’après des témoignages, jusqu’à tirer des balles en l’air. Le 29 octobre, les habitants des localités voisines, comme Bouarfa et Bouanane Talsint, ont également manifesté par solidarité avec Talsint.


Photo. “Toute” la famille royale ?

“Cette photo intégrera sûrement les manuels d’Histoire”, commente, fièrement, le magazine Match du Monde. Il est vrai qu’elle est inédite : 29 princes et princesses royaux réunis autour du roi Mohammed VI, ça ne s’est jamais vu sur une même photo. Faut-il regretter, encore une fois, que ce soit un média non marocain qui ait eu l’exclusivité d’un tel scoop ? Le Matin, tout de même, a obtenu le droit de la diffuser le jour de la sortie de Match du Monde - en poster s’il vous plaît. Notons qu’il aura fallu beaucoup de coopération pour que toute la famille royale, parée de ses plus beaux atours, soit présente au même moment, au même endroit. Toute ?
Il y manquait, évidemment, Moulay Hicham, ce qui n’est pas une surprise. Grande absente aussi : Lalla Latéfa, mère du roi. Ce n’est pas encore cette fois qu’on connaîtra son visage.


3 questions à Mohamed Aouzal (Vice-président de la fédération royale de football)

(AIC PRESS)
Pourquoi le choix s'est-il porté sur Troussier pour entraîner l’équipe nationale ?
Il connaît à fond l'environnement du football marocain, africain et mondial. Il a beaucoup d'expérience et a roulé sa bosse. Son palmarès plaide pour lui. Les autres candidats, notamment Le Guen et Deschamps, ne connaissaient pas l'environnement marocain et africain.

Est-il chargé d’une mission, d’un objectif spécial ?
On ne peut exiger de lui de remporter la prochaine coupe d’Afrique (janvier 2006), étant donné les délais. Mais, à l'horizon 2008, le contrat pourrait être rompu s'il ne se qualifie pas pour la CAN suivante, et s'il n'atteint pas les demi-finales. La qualification pour les jeux olympiques de 2008 fait également partie des objectifs.

Le nouvel entraîneur semble déjà contesté pour son salaire et son caractère...
C’est un faux débat. Troussier, qui touche actuellement 420.000 dh, pourra être augmenté à 500.000 dh s’il nous qualifie pour le mondial 2010. Je vous rappelle que Zaki et Madih touchaient à eux deux 420.000 dirhams à l'époque, et que Troussier, aujourd’hui, s'occupe de l'ensemble des équipes nationales. Pour le reste, Troussier est peut-être connu pour sa fougue et sa poigne, mais ce n’est pas exactement un caractériel. C’est un professionnel qui a fait ses preuves, il n’y a aucun risque de dérapage.



Billet. Murs et barbelés (par Driss ksikes)

La mondialisation, c’est fini. Tous les discours lénifiants sur le monde libre qui se dilate et les richesses qui circulent ne sont plus d’actualité. Les seuls espaces où la liberté de naviguer est encore tolérée sont le net, le câble et autres gadgets de la civilisation virtuelle. Pour le reste, les murs hier démolis redeviennent à la mode, sous forme de barbelés qu’on escalade au risque d’en mourir. Autour de Sebta, pour protéger les postes avancés de l’Europe de l’invasion de “barbares” mal décolonisés, surexploités, paupérisés puis abandonnés. Autour de la Cisjordanie, pour prémunir Israël de l’attaque de “hordes” islamisées, toujours colonisées, piégées dans un cul-de-sac et poussées à l’erreur. Au Maroc, comme en Palestine, des barrières de plus en plus hautes sont érigées pour prémunir “le monde libre”. Parce que c’est fini. Il a décidé de s’enfermer, ce monde libre. En son sein, les communautés ont été labellisées, réduites à des appartenances religieuses, ghettoïsées et parfois vouées aux luttes de clans. Dans nos pauvres pays, ce même monde libre est marketé, télécommandé et zappé par écrans interposés. Et entre les deux rives, les rêves de vivre ensemble et de circuler librement sont jetés à la mer ou détruits à coups de canon, quand ils ne sont pas piétinés par les intégrismes de tous poils. Partout, la violence redevient la règle. En Irak, contre un Maroc “allié du diable”. En Iran, contre une terra israélienne “non grata”. Que reste-t-il de la mondialisation ? Des chiffres d’affaires qui circulent sans visa. Et des silhouettes immobiles qui maintiennent sur Internet l’illusion de l’échange. Sinon, l’après-mondialisation a déjà commencé. La preuve, les frontières sont redevenues sanglantes.



Billet. Entre chiens et chats (par Karim Boukhari)

Le bonheur d’un homme, d’un couple, ne dépendent pas tant de la démocratie, de la séparation des pouvoirs, du choix homérique entre république et monarchie, et tutti quanti. C’est parfois plus simple, une question de chats ou de chiens que l’on décide d’adopter. Comme l’histoire de ce couple dont la fille voulait un chat, alors que le garçon avait jeté son dévolu sur un méchant toutou. Comment arbitrer entre les deux ? Les parents ont fait appel à leurs parents, à leurs amis. Résultat : des résolutions magnifiques où santé, religion, culture et pouvoir (désolé) se sont télescopés comme dans une partie de billard. “Oui aux chats puisqu’ils sont fiers comme des rifains et puisque le prophète avait laissé une chatte accoucher sur ses genoux (…) Non puisqu’ils donnent la lèpre comme le disait le bouquin de Guy Des Cars (…) Oui aux chiens puisqu’ils sont serviles comme certains d’entre nous (…) Non puisque les anges n’entrent jamais dans une maison où il y a un chien, etc”. Certains ont accordé leur préférence aux chiens “parce que même notre roi les aime”. D’autres ont opté pour les chats pour la même raison. Les explications de ceux qui ont dit non aux chats et aux chiens, n’en sont pas moins intéressantes : “Ce ne sont que des animaux (…) Leurs poils sont une source d’asthme et d’allergies (…) Ils sont insupportables en période de rut, etc”. Le couple a même posé la question, très discrètement, à un fqih. Le saint homme a usé des mêmes arguments que tout ce beau monde, avançant une chose et son contraire, regrettant “la
libido exagérée des animaux en général et des chiens et chats en particulier”, et concluant : “Heureusement, la sexualité de ces pauvres bêtes n’égale pas celle des lapins dans sa fureur !”. Oui, heureusement.



Vite !

2M a décidé de dépêcher une équipe de reporters pour enquêter, à Agadir, sur le scandale des CD pornographiques qui a défrayé la chronique tout au long de l’année en cours. Le résultat devrait être diffusé sur le magazine mensuel “Grand angle”, probablement en décembre prochain. Un bon point au crédit de la chaîne et du magazine.

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Human Rights Watch a certifié, cette semaine, que la CIA avait loué, en septembre 2003, un boeing 737 pour le transfert, depuis Kaboul, d’un groupe de terroristes à destination du Maroc et de Guantanamo. L’ONG américaine conclut, au bout de son enquête, que des groupes de prisonniers ont été débarqués dans plusieurs pays, dont probablement le Maroc.

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Un sit-in a eu lieu, cette semaine, devant l’ambassade de Tunisie à Rabat. Ce sit-in, auquel ont pris part une centaine de personnes, a été lancé par le comité marocain de soutien aux démocrates tunisiens pour demander le droit à l’organisation politique et à l’information, ainsi que la relaxe de 500 détenus politiques. En Tunisie, bien sûr.

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La garde civile espagnole a annoncé lundi avoir saisi près de 27 tonnes de résine de cannabis dans une remorque en provenance de Tanger, dans le port d’Algésiras. La drogue a été découverte dans une remorque de sardines surgelées. Il s’agit de la saisie la plus importante jamais effectuée en Espagne, la dernière en date remontant à juin 2003 avec 25 tonnes.

 
 
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