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Islam et sexualité

Vous avez souvent écrit sur “l'islam et la sexualité”. Certaines questions restent néanmoins sans réponse dans mon esprit. Permettez-moi de vous les poser.
Premièrement, y a-t-il un inconvénient religieux à employer les moyens de contraception modernes ? Quelle est par exemple, la place de la “pilule du lendemain” dans la religion ? Pour ceux qui l'ignorent, il s'agit d'une méthode de contraception d'urgence, consistant à insérer un dispositif intra-utérin jusqu'à cinq jours après un rapport non protégé. Est-on en droit de recourir à cette technique sans contrevenir aux préceptes religieux ?
En second lieu se pose la question de l'interruption volontaire de grossesse. Nombre de couples y recourent par manque de moyens, parce que leur logement est trop exigu, leur famille déjà trop nombreuse, etc. Sur le plan légal, l'interruption de grossesse est interdite. à mon sens à tort, mais c'est la loi. Cependant, mon interrogation est d'ordre religieux.
Qu'en dit l'Islam ? Certains “fqihs” donnent cet avis : jusqu'à trois mois et demi d'aménorrhée, l'embryon est réputé ne pas avoir d'âme (sourate “Al Mouminoune”, à l'appui). Par conséquent, interrompre une grossesse serait licite. Faut-il y croire ?
Enfin, pour faire suite à votre interview du Dr Othmani, j'aimerais lui poser cette question que vous avez oubliée : est-il prêt à imposer une éducation sexuelle à son ministre de l'éducation nationale ?

Mohammed Alaoui



“Idara land”, suite

En complément à votre édito intitulé “Idara land”, je voudrais approfondir le débat sur l'administration marocaine. Du point de vue constitutionnel, le gouvernement “dispose de l'administration” à la manière d'un instrument. Elle sert à tout, et notamment à faire les sales besognes, s'essuyer les mains et camoufler les tares du système.
Les spécialistes des sciences administratives s'accordent à considérer que l'administration n'a pas d'idéologie propre, comme elle n'a pas d'objectif spécifique. Son credo devrait consister à réaliser ou du moins à suivre les objectifs arrêtés par le politique. Par conséquent, ceux qui travaillent dans l'administration n'ont pas le choix et ne peuvent que se soumettre à la volonté politique. Leur situation est à la fois précaire et fragile ; et leur fragilité augmente selon leur position dans la hiérarchie. La prudence devient ainsi une règle d'or, sauf pour certains “cascadeurs” qui deviennent de plus en plus rares. La précarité des postes de responsabilité, la précarité sociale en général du “monde de l'administration”, conduit à l'envie sinon à l'ambition de “plaire” ou, du moins, de ne pas déplaire au décideur, en vue d'améliorer sa situation ou du moins garder le statu quo et bien sûr éviter les représailles. Toute réaction du décideur (positive ou négative) a un impact direct sur le petit budget qui permet rarement de joindre les deux bouts du mois.
Ajoutons à cela que le pourquoi des décisions administratives, notamment celles relatives au recrutement et aux nominations aux postes de responsabilité, n'est ni clair ni convaincant. Par-dessus tout, le responsable n'est évalué ni sur sa compétence, ni sur son rendement, ni sur son bilan, ni sur sa capacité à tenir ses objectifs. En fait, ce sont la subjectivité et l'absence de normes qui règnent en maîtresses absolues.
Dans ce cadre, un comportement “standard” s'inscrit couramment dans le schéma caricatural, mais bien réel, décrit et décrié par votre édito “Idara land”. Cette situation déplorable ne peut permettre à notre pays de relever les défis de la mondialisation, du développement humain et économique. Notre administration doit encourager l'investissement, permettre aux compétences de s'exprimer, semer la culture du rendement, participer à résorber le chômage...
Quand mettra-t-on la main à la pâte ? Etant donné l'urgence de la situation, j'espère que la réponse à cette question ne sera pas dans le plus pur style administratif : “dans les meilleurs délais”...

Mohammed Aït El Haj, fonctionnaire, Rabat

 
 
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