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N° 198
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Hassan Hamdani

Parution. Ce bas pays qui est le mien

Dominique Caubet (DR)
L’équivalent d’un beur en Hollande est un mocros. Ils sont 306.000 maroco-hollandais, dont un groupe de plus en plus visible et reconnu d’artistes, rappeurs, écrivains, comédiens. Depuis 2003, Dominique Caubet, spécialiste de la darija, est allé à la rencontre de cette jeune génération qui a fait irruption dans la scène culturelle néerlandaise au milieu des années 90. À l’arrivée, dix interviews, enrichies par les commentaires de l’auteur, nous font découvrir des parcours individuels, mais aussi des conceptions diverses de l’identité, de la langue maternelle et de la création inscrite entre deux cultures. Le lecteur découvre plusieurs univers : le tragi-comique chez le mime Yahia Gaier ; les ambitions de l’aîné de la bande Hafed Bouazza, qui se définit
tantôt comme “un Hollandais né au Maroc”, tantôt comme “écrivain néerlandais” ; l’acteur et metteur en scène Chaïb Massaoudi qui se définit d’abord comme “amazigh” ; le jeune plasticien Rachid Ben Ali que la surdité a longtemps confiné au silence ; l’autre écrivain Abdelkader Ben Ali, qui a écrit son premier roman Noces de mer à 19 ans, et a su voler de ses propres ailes ; le rappeur Ali B. qui a eu droit, à 23 ans, à une statue en cire au musée Madame Tussaud d’Amsterdam ; l’autre rappeur Khalid Ouaziz qui se plaît à marocaniser la langue de création, enfin, le comédien Mimoun Ouaïssa, qui joue le rôle principal dans le film le plus vu en 2004, Shouf Shouf Habibi ! L’auteur s’en inspire. Son livre, Shouf Shouf Hollanda ! (Tarik Editions) est un hymne à la débrouille mocros.


Cinéma . Ciel, ma belle-mère !

Amina Rachid, la belle-mère acariâtre, Rachid Ouali, les beaux-fils falots et l’épouse insatiable seront de retour sur les écrans le 9 novembre dans “Elle est hypertendue, diabétique et refuse toujours de crever”. Le premier opus avait été un succès populaire. La suite trouvera son public. Les gens aiment Amina Rachid pour sa mauvaise humeur presque naturelle. Ils vont l’adorer dans le film de Hakim Noury, elle y crie en permanence. Mais Rachid Ouali, son beau-fils a décelé la source du mal. L’Hajja déverse sa bile sur lui, car elle souffre de frustration sexuelle. Il décide de lui trouver un mari pour rattraper toutes ses nuits de veuvage. Ce sera Moulay Mehdi ( Mohamed Affifi), un metteur en scène de théâtre qui venait à passer par là. Mohamed Affifi, en artiste habité par son art, a des moments drôles quand il s’auto-parodie presque en acteur shakespearien. La scène où Amina Rachid fantasme, allongée sur son lit, est l’un des rares moments jouissifs du film. On saura gré au réalisateur au moins pour ça.Pas Pour le reste.


Doc. Taxiii !

À Casablanca, 8500 petits taxis circulent quotidiennement, tous numérotés de 1 à 8 500. Pascal Renaud, réalisateur de son état, est parti à la recherche du tacot portant l’emblématique numéro 1. Il existe toujours et sillonne les rues de la ville. “À la recherche du taxi n°1” est un “city-movie”, comme le définit son auteur, où l’espace confiné du tacot est pris comme lieu de melting-pot social. Le taxi est par essence une passerelle entre les quartiers de Casablanca et ses habitants, les destins se croisant sur ses banquettes le temps d’une course. Vendredi 11 novembre à 21h00 au Théâtre 121 de l’IF de Casablanca.


Archéologie. Alerte au vandalisme !

Un plateau dans le haut Atlas (Azzib N’ikkis) portant des inscriptions rupestres datant du 7° siècle av. J.C a été détruit. D’autres roches gravées, normalement protégées par une loi de 1970, ont été volées ou détruites. L’anthropologue Ahmed Ouskounti pousse un cri d’alarme sur le site www.tamazgha.fr. Sur les 300 sites que compte le Maroc (on appelle rupestres tous ceux qui ne sont pas d’influence romaine et phénicienne), seuls 5 sont surveillés. Le Centre National créé en 1994 et , censé s’en occuper, manque de moyens. Et qui détruit ce patrimoine ?
Les autochtones ? Ouskounti est formel. “Ceux-ci ont l’habitude de cohabiter avec ces sites. Ce sont des mains étrangères qui y portent atteinte”. Du vandalisme pur et dur.


Documentaire. Another brick in the wall

En regardant le journal télévisé un soir de l’été 2002, Simone Bitton voit les premières images de la construction du mur devant séparer Israël des territoires palestiniens. La réalisatrice franco-israélienne, née au Maroc, décide de filmer cette ligne de séparation qui vient couper en deux champs, maisons, villages et “ghettoïser” davantage les populations palestiniennes. Plans séquences sur la muraille de béton, travelling sur les tranchées, barrière électronique et rangs de barbelés, la cicatrice est filmée sous toutes ses coutures et ses formes. Les plans très larges et les témoignages couverts par le bruit des bulldozers viennent accentuer le sentiment d’enfermement. “Mur” sera projeté en présence de Simone Bitton le Mercredi 9 novembre à 19 h 00 à l’IF de Marrakech et le 11 novembre à 19 h 00 à l’IF de Meknès.


Sur vos écrans. Ben Barka, le film

Le film était très attendu, précédé d’articles de presse presque obligés vu le thème abordé. “J’ai vu tuer ben Barka”, co-réalisé par Serge Le Péron et Saïd Smihi, n’est cependant ni un pamphlet politique, ni un pensum indigeste comme auraient pu le craindre les habitués des salles obscures marocaines. Le réalisateur a choisi de traiter l’affaire à travers le regard et le parcours d'un “scélérat” impliqué dans l'enlèvement du leader marocain, plutôt qu'ériger une biographie dithyrambique au “militant” Ben Barka . Charles Berling est très juste dans le rôle de Figon, ce truand raté et ambigu qui a des attaches aussi bien dans le milieu des barbouzes que dans l'intelligensia parisienne. Les petites histoires minables de Figon croiseront le fer avec l'Histoire. Et aussi la route d'Oufkir la brute. Ni le truand ni le bon n'en sortiront vivants. Actuellement au Mégarama.


Résidence d’artistes. Transports en commun

Résidence d’écriture à trois mains à L’IF de Fès du 7 au 13 novembre. Aux stylos, la Compagnie française Générique vapeur- spécialisée dans le spectacle de rue-, les étudiants de l’ISADAC et Ahmed Ghazali, auteur notamment de “Tombouctou, 52 jours à dos de chameau”. Le thème de l’atelier : la cultissime Mercedes 240D, sa vie, son œuvre. Générique vapeur aime réinterpréter les mythes urbains, le taxi collectif l’est par excellence. “Fantasia mécanique”, le nom du spectacle, s’annonce comme un joyeux chambard où des individus s’affairent, chantent, dansent et s’adressent au public autour d’un troupeau de Mercedes. On est impatient de voir notre vache folle dans un premier rôle. “Fantasia mécanique” prendra d’assaut les rues de Fès en avril 2006.


Concert Metal. Samedi noir à Casa

Bracelets cloutés, orbites charbonneuses et musique tonitruante qui fait du bien, c’est ce samedi à Casa. À l’approche de son premier anniversaire, le mag en ligne Metallair.net monte sur scène avec cinq groupes de hardrock pur jus. Au menu pour 50 DH, les Casaouis Butchers of the Morgue (ex-Killerzone), Paranoïa, Utopia, Tormentor of Souls et les Rbatis RedTears.
Le trip ? Jouer sans attendre de passer par le Boulevard des jeune musiciens et savourer sa liberté de gueuler. En partenariat avec l’association Ichrak de la culture et de l’environnement.
Moroccan Metal GIG, Samedi 5 novembre à 19h30, complexe culturel ZafZaf, Maârif.


Musique. Arriva El Salsero

Quand, il y a quelques années, Radio Nova diffuse pour la première fois une version “latino” de “Ne me quitte pas”, Yuri Buenaventura est inconnu au bataillon. Mieux encore, c’était un musicien endetté qui a raté son début de carrière et qui, résigné, rentre sur son île natale, Buenaventura au large de la Colombie, pour se convertir en chauffeur de taxi collectif. Quelques mois plus tard, il est le premier chanteur salsa à obtenir un disque d’or en France. La roue de la fortune a tourné. Et aujourd’hui, Yuri est le nouveau maître de la Salsa. Tout le monde craque pour sa “sauce piquante”. Même notre roi semble avoir un faible pour sa musique et l’invite à ses soirées. Yuri se produit le 12 novembre au petit rocher à Casa. Fans, réservez au 063 000 565/566. (billets à 300 DH).


Ayach arrive

ça y est, c’est confirmé! à la veille de la sortie de son nouvel album, Ramy Ayach se produira pour la première fois au Maroc en décembre. Quatre dates de concert sont d’ores et déjà annoncées pour nomvembre: le 7 à l’hôtel Hilton de Rabat, les 8 et 9 au Mégarama et le 10 au Palais des Congrès de Marrakech.


Droit de cité...des arts

Wanted plasticiens, vidéastes, photographes, musiciens, danseurs... La candidature est ouverte pour les artistes professionnels désireux de poser leurs pénates à la Cité des arts de Paris pour les ateliers résidence de la rentrée 2006. Dossiers à envoyer avant le 30 novembre 2005.
Renseignements : Direction des Arts. Tél. 037 67 10 09.


Lifting à la CDG

La CDG se refait la façade. L’institution financière lance un concours à destination des artistes quelle que soit leur discipline : poésie, peinture, sculpture, littérature, etc. But : illustrer une bâche de onze mètres sur vingt qui longera l’un des murs du siège de la CDG. Date limite de dépôt des dossiers : le 15 décembre 2005.



Humeur : Open bar

Par Hassan Hamdani

Ramadan est fini. Fidèles à un romantisme désuet, les sages ont fait leur partie de cache-cache annuel avec le clair de lune. Vu ? Pas vu ? Vu ! C'est toi le chat ! Le suspense du hilal fut haletant pour beaucoup d'assoiffés, accrochés au bon vouloir de ces vieux galopins contant fleurette au clair de lune. Certains boit-sans-soif très impatients avaient déjà fait leurs valises, la main posée sur la poignée de la porte d’entrée, avec la ferme intention de profiter du week-end prolongé pour ouvrir le bar dans une boîte de Marrakech. L’Aïd, forcément ça s'arrose. D'autres avaient pris rendez-vous depuis un mois avec leur guerrab attitré, histoire de fêter les premiers le gerrouane nouveau. C'est le principe des vases communicants. Après chaque ramadan, les mosquées se vident et les verres se remplissent. C'est qu'au bout d'un mois de chômage technique, et après mûres réflexions spirituelles, les ivrognes ont toujours la même révélation : Dieu est plus digeste noyé sous beaucoup d'alcool. Un mois divin dans onze mois de Bacchus, voilà leur cocktail idéal. Qui plus est, on leur a tellement rabâché 30 jours durant que Dieu était partout qu'ils ont pris le message au pied de la lettre. Ils cherchent dans le vin d’autres vérités et God dans une boîte branchée de Marrakech comme au fond d'un bar minable. Signe de délirium tremens indubitable. Quoi que...




Le livre

Abdellah Taïa est un nouvelliste qui a longtemps contenu son souffle littéraire, à Salé, dans son corps à peine éclos. Puis vint la saison d’exil à Paris, l’ailleurs comme espace décalé, où sa plume allait être libérée. Avec Le rouge du Tarbouche, que l’on peut lire comme une mémoire fragmentée, il réordonne les images qui ressurgissent de son passé récent. De la mort de Hassan II, le seul roi qu’il ait connu, à son premier retour au bercail, l’auteur arpente les stations : Le cinéma, où gît le souvenir d’un baiser chaud ; les personnages mystérieux (la femme en blanc) ou familiers (sa tante Massaouda) qui l’habitent ; Amr, son amant furtif à Clignancourt ; ses frères, plus conformistes. Mine de rien, Taïa réussit une fresque par à coups.

Ed. Séguier (154 dh)




Agenda.

Spectacle tout public avec Chère famille du Théâtre de la Licorne en tournée au Maroc. La troupe détourne les objets et en joue. Le 7 novembre à 19h30 à l’Entrepôt (face à l’IF de Tanger) ; le 8 novembre à la Maison de la Culture de Tétouan ; le 10 novembre à 19 h00 à la délégation de la Culture de Larache et le 11 novembre à 19h00 à la délégation de la culture de Chefchaouen.

Table ronde Casablanca en mouvement le 9 novembre à 19 h 00 à l’IF de Casablanca. Débattront de la modernité de Casa, Assia El Ouadie( magistrate), Souad Guennoun (architecte et photographe), Nadia Jebrou (architecte) , Ahmed R. Benchemsi (journaliste) et Mohamed Merhari dit “Momo”, co-fondateur du Boulevard des jeunes musiciens.

Les festivités à l’occasion des 400 ans de Don Quichotte se poursuivent. Alberto Mengual, écrivain argentin et chercheur, donnera une conférence sur El Quijote et les Arabes le 7 novembre à 19h00 à l’Institut Cervantes de Tanger.

Colloque international sur le thème “L’Amazighe dans l’Oriental et le Nord du Maroc” à la Faculté des Lettres et des Sciences Humaines d’Oujda les 10 et 11 novembre toute la journée.

L’exposition Art contre la violence continue son tour du Maroc. Les affiches et les photographies composant l’expo sont l’œuvre d’étudiants d’art et d’artistes marocains dirigés par le dessinateur-infographiste Uwe Loesch et le photographe Michael Danner. À partir du 9 novembre à la Mairie de Meknès.

 
 
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