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N° 198
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Khalid Tritki


Saâd Bendidi (DR)
Stratégie. L’ONA tourne le dos aux petits

Le groupe royal a pris la ferme décision de se débarrasser de ses filiales de petite taille. Saâd Bendidi, PDG du groupe, remet ainsi en cause la politique de ces prédécesseurs qui ont opté pour l’intégration des filières. Un fin connaisseur du groupe explique cette volte-face par la nécessité d’améliorer la rentabilité de l’ONA. Jusqu’à une date récente, des filiales comme Lesieur-Cristal ou la Centrale Laitière étaient obligées de s’approvisionner en emballages (carton et plastique) auprès de filiales du groupe. Du coup, cela coûtait plus cher
que dans le marché. “Il fallait arrêter l’hémorragie en permettant aux filiales de faire jouer la carte de la concurrence et d’arriver à des prix plus intéressants”, explique un consultant de la place. à cela s’ajoute un repositionnement sur les métiers de base. L’ONA, c’est avant tout les huiles, le sucre, le lait, les mines et les finances. La concurrence sur ces segments est de plus en plus forte. Le groupe en a pris conscience et sort la grande artillerie : achat des sucreries de l’état, acquisition de Wafabank… Mieux encore, il consolide son pôle distribution par un renforcement des implantations de la marque Acima et met un pied dans les télécoms, un secteur qui demande des investissements lourds. Des cessions donc, il y en aura plusieurs.


Textile. Les rumeurs plombent le moral

Alors que les textiliens sortent à peine la tête de l’eau, les rumeurs sur le départ de gros clients, leur donnent des frissons dans le dos. La marque Diesel a déjà ouvert le bal avec le retrait de ses commandes du marché marocain. La raison, le retard de l’entrée en vigueur de l’accord de libre-échange avec la Turquie. Ce dernier attend toujours le sceau royal qui tarde à venir. Des observateurs évoquent vaguement une main invisible qui ferait pression sur le Palais pour maintenir l’accord en stand-by. Si cela continue, les gros clients s’orienteront vers la Tunisie qui a négocié le même accord… et l’a mis en application un mois plus tard.


Finance. Bingo pour la PME

La fédération de la PME qui prépare ses troisièmes assises pour les 10 et 11 novembre, vient de finaliser une convention avec le GPBM. Le deal porte sur quatre points : l’accès au financement, la tarification, le conseil et la garantie. Cette dernière s’avère d’ailleurs être le point fort de cette convention. L’accord entre les deux partenaires stipule en effet que l’accès au financement sera accompagné de garanties à hauteur de l’actif du projet. La caution personnelle ne sera nécessaire que si le crédit dépasse le package du projet. De même, le client de la banque peut toujours faire jouer la garantie institutionnelle, notamment celle de la Caisse centrale de garantie. Si cette clause sur les garanties est respectée par les banques, l’économie nationale vivra une révolution.



LES OFF.

La société Koweitienne Al Borhane s’apprête à ouvrir un bureau de représentation au Maroc. C’est un signe que le marché est porteur, surtout sur le segment des travaux publics et du bâtiment. La société a déjà réalisé le tronçon de l’autoroute actuellement en service entre Casablanca et El Jadida. Les autres projets dans le pipe attisent sa gourmandise.

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Les opérateurs de la pêche s’interrogent sur l’absence de la clause d’observation scientifique dans l’accord de pêche signé avec l’UE et qui entrera en vigueur en mars 2006. Certains pensent que l’état y remédiera par un système contractuel. Les armateurs européens pourraient ainsi payer les inspecteurs scientifiques censés les contrôler. Ce qui est, en soi, une aberration.


Banque. CDG contrôle CIH

La Caisse de Dépôt et de Gestion (CDG) vient d’acquérir 22% du capital du Crédit Immobilier et Hôtelier (CIH). Contre 405,7 millions de dirhams, la caisse porte à 57,5%, sa part dans le tour de table de la banque. L’opération était prévisible. Et contrairement à ce qu’on peut croire, ce n’est pas uniquement une opération de sauvetage. La CDG dispose actuellement d’un pôle financier complet. Avec le CIH, elle peut développer son pôle assurance et consolider celui du bâtiment. Mieux encore, grâce à la capitalisation prochaine du CIH, la Caisse invite des partenaires français à la rejoindre dans le tour de table. Ce qui constituera une belle opération de développement. Disposant de gros plans d’aménagement, de financement bancaire intra-groupe, la CDG sera, sous peu, le plus grand holding du pays sur tous les segments.


Aérien. Les voyagistes attaquent

Les agences de voyages sortent le grand jeu. Elles vont poursuivre la RAM en justice pour application de nouveaux tarifs de commissionnement sans signature de convention. La compagnie nationale a en effet décidé d’abandonner le commissionnement en pourcentage sur les billets pour une commission fixe par destination. Les voyagistes ont d’abord refusé estimant que ce procédé réduira leur chiffre d’affaires de moitié. Après une période de tractations infructueuses, la RAM a décidé d’appliquer le tarif unilatéralement. Quelques compagnies aériennes l’ont suivie, notamment Air France. Les voyagistes se disent décidés à poursuivre en justice toutes les compagnies imitant le modèle de la RAM.


Investissement. Procédures on line

Salaheddine Mezouar, ministre du Commerce et de l’Industrie, propose un recueil des activités économiques soumises à autorisation préalable. 500 activités commerciales, industrielles ou de prestation de services ont ainsi été recensées entre 2003 et 2004. Ce recueil, disponible sur le site Web du ministère, vise à harmoniser les interventions de l’administration et des collectivités locales et à informer les investisseurs sur les démarches à suivre. Dans la foulée, de nouvelles procédures sont prévues pour protéger le consommateur, notamment pour le volet restauration et vente de produits alimentaires. Un cahier des charges sera imposé comme condition préalabale pour l’obtention de l’autorisation d’exercer.



Khalid Tritki
Prière collective

Les Marocains sont des rêveurs incorrigibles. à l’occasion d’Al Aïd, ils se souhaitent mutuellement la bonne santé, la réussite des enfants et surtout, la prospérité et la richesse. C’est humain, nous travaillons tous pour l’argent. Le problème est d’avoir l’opportunité de le gagner, légalement bien entendu. Et c’est là où j’ai eu une idée : à l’image de la lecture collective du Coran et du labeur collectif de la terre (Twiza), je vous propose la prière collective pour la richesse. Trouvons donc les termes exacts pour ne pas rater notre dernière chance d’être riches. Que dirons-nous alors ? Que
Dieu fasse que les impôts baissent en ce aïd béni ? Quand même, ce n’est pas Dieu qui va réformer notre fiscalité. Que les investisseurs nous viennent de partout ? C’est trop demander. Les capitaux sont déjà dans les contrées bénies de Dieu. Que le pétrole jaillisse de nos terres ? Dieu a failli nous le donner et Il s’est ravisé. Il a certainement ses raisons. Que nous reste-t-il ? La pluie pendant sept années successives. Et je parie qu’après cette période, nous demanderons une rallonge. Nous ne sommes pas aussi prévenants que Youssef le prophète ni aussi futés que Satan. Nous sommes ce que nous sommes, des rêveurs qui comptent souvent sur les prières. à part ça, aïd mabrouk !

 
 
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