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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Abseslam Kadiri

États-Unis. Les prisons secrètes de la CIA

GeorgeW. Bush (AFP)
Le scoop est signé The Washington Post. La CIA détiendrait des membres d’Al-Qaïda dans des prisons secrètes en Europe de l’Est et ailleurs. D’après le quotidien américain, ces “sites noirs” se trouvent dans huit pays et “plusieurs démocraties d’Europe de l’Est” non citées par le journal. Les autorités veillent à ne pas divulguer d’informations sur l’identité et les interrogatoires des détenus, a priori de hauts cadres d’Al-Qaida. La CIA, qui financerait et gérerait ce réseau secret de prisons, y aurait envoyé plus de 100 suspects, dont 30 figures importantes du terrorisme. Coupés du monde, ces détenus fantômes ne disposeraient d’aucun statut juridique et d’aucun contact avec le monde extérieur, hormis les agents de la CIA. Washington aurait opté pour ces
prisons délocalisées, en raison du caractère illégal de telles détentions aux états-Unis. La CIA et Washington sont restés silencieux, mais plusieurs pays (Pologne, Roumanie, Thaïlande) ont démenti.
Plus de 70 autres suspects, jugés moins importants, ont été confiés à d’autres pays, notamment l’Egypte, la Jordanie, le Maroc et l’Afghanistan. Ces détentions ne sont connues que d’une poignée de hauts responsables américains et étrangers. L’information discrédite les références morales dont se targue Washington. Elle plombe un président, lâché par les sondages et les conseillers, et attaqué par des démocrates qui ont récquisitionné le Sénat pour un huis-clos sur la politique irakienne de Bush.


Iran. Téhéran brouille les pistes

Diabolisé, l’Iran a rassuré les Occidentaux en ouvrant le site militaire de Parchine (sud-est de Téhéran) aux inspecteurs de l’AIEA. Les états-Unis soupçonnent les Iraniens d’y avoir procédé à des tests de charges hautement explosives, ce que dément Téhéran. Ce geste de bonne volonté intervient deux semaines avant une réunion de l’AIEA, qui devrait décider d’envoyer le dossier iranien devant le Conseil de sécurité de l’Onu. Il a cependant coïncidé avec un grand chamboulement dans la diplomatie iranienne, touchant des interlocuteurs privilégiés des Occidentaux sur des questions comme le nucléaire. 40 ambassadeurs (Allemagne, France, Grande-Bretagne etc.) vont être remplacés. Téhéran réfute l’idée d’une purge et invoque des fins de mission. La nouvelle risque d’être interprétée comme un coup de balai d’Ahmadinejad et un frein aux relations avec l’Occident.


Espagne. Zapatero défend une Catalogne plus autonome

Lors d’un débat sur l’avenir de la Catalogne, le chef du gouvernement, Zapatero a soutenu le projet d’élargissement de l’autonomie catalane, critiqué par l’opposition. Selon Zapatero, “l’identité nationale” de la Catalogne est “en adéquation avec la Constitution”. Zapatero a estimé que le projet catalan était “raisonnable” et qu’il nécessitait de simples “retouches”, concernant la quasi-indépendance fiscale qu’il prévoit pour la prospère région du nord-est espagnol.
Le leader PP d’opposition, Mariano Rajoy, lui a répondu que “ce projet tournait le dos à la Constitution”. Selon Rajoy, Zapatero, en soutenant le projet, “paye le prix pour pouvoir continuer à gouverner”, avec l'appui de partis indépendantistes catalans sans lesquels il n’aurait pas de majorité à la Chambre basse des Cortès.



VITE !

Yigal Amir, le meurtrier de Rabin, réclame une révision de son procès. L’extrémiste de droite affirme que ce n’est pas lui qui a tiré la dernière des trois balles, fatale à l’ex-Premier ministre israélien. Amir, en réclusion à perpétuité, veut accréditer la thèse d’un complot qui aurait été préparé par des membres des services de sécurité israéliens.

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Suite à la parution de douze caricatures du prophète Mohamed dans un journal danois, dix ambassadeurs de pays arabes à Copenhague, ont adressé une lettre de protestation au Premier ministre Rasmussen. Les diplomates ont souligné que ces dessins dénigrent l’islam, deuxième religion au Danemark. Rasmussen a défendu la liberté d’expression dans son pays.


Angleterre. Blunkett jette l’éponge

Le ministre britannique du Travail et des Retraites, David Blunkett, mis en difficulté par des accusations de conflit d'intérêts, a démissionné mercredi. C’est un sérieux revers pour le Premier ministre Tony Blair.
C'est la deuxième fois en moins d'un an que Blunkett, non-voyant de naissance, jette l’éponge. Il avait déjà dû abandonner en décembre 2004 le portefeuille de l'Intérieur. Downing Street a annoncé que John Hutton, ardent partisan des réformes engagées par Blair, remplacerait Blunkett. Blair, déterminé à utiliser son troisième mandat pour parachever ses réformes sociales, perd avec Blunkett l'un de ses plus proches alliés politiques et un relais fiable au sein d'un parti travailliste tiraillé et rétif à ses tentations centristes et libérales.


Syrie. La version de Damas

L’actualité syrienne prend des allures de feuilleton à suspense. Lundi, le Conseil de sécurité a adopté la résolution 1636 qui somme Damas d’arrêter tout Syrien soupçonné d’être impliqué dans l’attentat contre Hariri. Cette résolution ne comprend plus que des menaces voilées de sanctions, en cas de non-coopération de Damas. L’ONU a dû lâcher du lest pour rallier les voix de la Russie, la Chine et l’Algérie.
La résolution habilite le juge Mehlis à choisir le lieu d'interrogatoire des responsables syriens, de “jouir de la liberté de mouvement dans tout le territoire et avoir accès à tous les lieux et installations”. La Syrie a qualifié la résolution d’“injuste” et veut préserver “sa souveraineté”. Pour montrer sa bonne foi, Damas a créé une commission spéciale judiciaire mais a accusé Mehlis d’avoir “politisé” son rapport accablant pour ses services de sécurité et pour le beau-frère et le frère d’El-Assad.


Tunisie. Être libre ou mourir de faim

“La faim, pas la soumission”, c’est le slogan d’un mouvement né le 18 octobre dernier en Tunisie. Huit personnes, dont Lotfi Hajji, président du Syndicat des Journalistes Tunisiens (SJT), et Hamma Hammami, porte-parole du Parti communiste ouvrier tunisien (PCOT), ont décidé de faire une grève de la faim pour réclamer le respect des libertés publiques et des droits de l'homme. À l’approche du Sommet mondial sur la société de l’information (SMSI) qui doit se tenir à Tunis du 16 au 18 novembre, les autorités tunisiennes accusent le mouvement de monter une “mise en scène” et de “manquer de sérieux et de crédibilité”. L’initiative semble en tout cas avoir eu des répercussions chez une certaine frange de la population : des grèves de la faim de soutien auraient eu lieu dans dix-huit villes dont Sousse, Kairouan et Sfax et des sympathisants auraient été empêchés de se joindre au mouvement par les forces de l'ordre.

I.B.A




Lu pour vous.
Instabilité allemande
(Le Temps, 2 novembre 2005)

Yves Pétignat

Il y a chez les dirigeants socialistes, du moins allemands, une fascination un peu morbide à l’auto-destruction. Le chancelier Gerhard Schröder avait lui-même enclenché un processus proche du suicide politique en réclamant la dissolution du Bundestag et des élections anticipées alors que le soutien populaire à son gouvernement était au plus bas.
Le président du SPD, le “général”, Franz Müntefering a récidivé en exigeant de ses troupes qu’elles lui obéissent “le doigt sur la couture du pantalon”. Lui sur le front du gouvernement, pas question de se retrouver soudain seul sur le champ de mines des réformes sociales. Sa tentative de garder en main l’appareil du parti trahissait la méfiance de la vieille garde socialiste.
Frustrée du peu de perspectives offertes aux jeunes et aux femmes, la génération des quinquagénaires s’est révoltée. L’aile gauche sociale-démocrate s’est aussi avisée qu’il y a en Allemagne, avec les Verts et la gauche radicale, une majorité hostile aux réformes sociales que défend Angela Merkel. Toute une frange du SPD n’entrait qu’à reculons dans la grande coalition. Dès lors, les éléments de la révolte étaient réunis. Les socialistes n’ont pas résisté à la tentation de jouer avec le feu. Et qu’importe les dégâts. Ils sont considérables. La signature de Gerhard Schröder et Franz Müntefering, n’a aucune valeur. Les deux hommes n’engagent plus en rien leur parti.

 
 
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