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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

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Affaire(s) TelQuel. La solidarité s'organise


(AIC PRESS)
Ils étaient plus de 300. Nous ne pouvons, malheureusement, les remercier un par un - qu'ils nous pardonnent. Ils sont arrivés par vagues, ce mardi 8 novembre après-midi, pour exprimer leur solidarité à TelQuel. Parmi eux, des hommes politiques, des militants des droits de l'homme, des acteurs associatifs, des avocats, des journalistes, des artistes et, tout simplement, des lecteurs de TelQuel. D'abord par petits groupes, puis tous ensemble, ils se sont rassemblés derrière une banderole avec l'inscription géante : “Oui à la Justice, Non aux règlements de comptes”. Sous l'œil vigilant (et peu discret) de nos amis de la police qui prenaient scrupuleusement des notes, des slogans ont été scandés en chœur, stigmatisant l'instrumentalisation de la -
??justice et les atteintes à la liberté de la presse. Rappelons que TelQuel avait été condamné, suite à deux procès en diffamation intentés par des particuliers, à un total d'amendes de 1 960 000 DH. Le premier procès avait été expédié en moins de cinq minutes, en l'absence des inculpés et de leur avocat, qui n'ont même pas eu droit à la parole. Verdict : deux mois de prison avec sursis et 1 050 000 DH d'amende, soit, en dommages-intérêts, dix fois plus que le maximum jamais accordé par la justice dans des cas similaires ! Le second procès s'était soldé par un verdict encore plus ubuesque : 900 000 DH d'amende, soit neuf fois plus que le maximum jamais accordé par la justice, et surtout… neuf à trente fois plus que les amendes auxquelles ont été condamnés trois autres journaux, poursuivis pour exactement le même motif ! La signification de ces deux verdicts surréalistes ne fait, à nos yeux, aucun doute : à cause de ses prises de position éditoriales (qui n'ont rien à voir avec les deux procès en cours), le pouvoir veut abattre TelQuel, l'asphyxier financièrement par des amendes disproportionnées.
Le formidable mouvement de solidarité qui s'est déclenché suite à ces amendes aberrantes nous a confirmé dans la justesse de notre cause. D'abord et avant tout, les deux pétitions de soutien lancées par TelQuel ont réuni, à l'heure où nous mettons sous presse, près de 14.000 signatures, venues du monde entier. Ensuite, un collectif de défense de la liberté d'expression et de la presse s'est constitué, dans la foulée de notre seconde condamnation, et a lancé un programme d'activité dans le but de soutenir TelQuel, ainsi que tous les journaux victimes de harcèlement judiciaire ou sécuritaire. Une conférence de presse a ainsi été tenue à l'appel de ce collectif, lundi 7 novembre, au siège casablancais du Syndicat national de la presse marocaine, en présence de nombreux confrères. En plus de multiples activités planifiées (interpellation du gouvernement, des partis politiques et des associations des droits de l'homme), les membres du comité de défense ont été présents en force au sit-in de mardi, ainsi qu'à la première séance d'appel du procès Halima Assali, jeudi 10 novembre. De nombreux confrères nous ont également exprimé leur solidarité, oralement et par écrit. Qu'ils soient tous, journalistes, militants politiques, acteurs associatifs, activistes des droits de l'homme, artistes, amis et lecteurs, chaleureusement remerciés. C'est pour eux, c'est pour vous, que nous continuons à nous battre.



"Nous sommes avec la justice, pas avec les instructions. De réelles avancées ont été réalisées ces dernières années, et nous refusons de repartir de zéro."

Mohamed Bensaïd Aït Idder,
Leader historique de la gauche




"Des affaires de corruption traînent pendant des années, alors qu'une affaire en diffamation a été jugée en quelques minutes. TelQuel est victime d'un règlement de comptes. L'audace est salutaire, et tous les tabous doivent être dépassés."

Younes Moujahid,
Secrétaire général du Syndicat national de la presse marocaine





"L'affaire Ben Barka attend depuis 40 ans, et une affaire d'opinion est expédiée en quelques minutes ?! Si TelQuel est attaqué, c'est parce que ses journalistes ont osé aborder des sujets interdits."

Ahmed Snoussi (Bziz),
Humoriste et militant des droits de l'homme




"À chaque fois que nous avons eu besoin de soutien, TelQuel a été là. TelQuel a toujours donné de la visibilité à la nouvelle génération d'artistes et de musiciens. Si ce titre disparaît, nous serons tous orphelins."

Mohamed Merhari (Momo),
Cofondateur du Boulevard des jeunes musiciens




"Pour la première fois, notre réseau se mobilise pour la liberté de la presse. Notre présence aux côtés de TelQuel est un message pour défendre la liberté d'expression."

Abdellah Zaâzaâ,
Secrétaire général du Resaq (5 réseaux et 150 associations affiliées)




Parmi les institutions qui nous soutiennent

Syndicat national de la presse marocaine
Resaq (5 réseaux et 150 associations affiliées)
Association marocaine des droits de l'homme
Parti socialiste unifié
Réseau associatif Achouâla
Parti de l'avant-garde socialiste démocratique
Parti annahj addimocrati
Syndicat national de l'enseignement supérieur
Forum Vérité et justice
Parti Al badil hadari
Attac Maroc
Association marocaine des familles de martyrs et disparus du Sahara marocain
Syndicat national des fonctionnaires des collectivités locales de Safi
Confédération démocratique du travail - Essaouira
Centre marocain pour l'observation des élections
Ligue marocaine pour la culture et les arts
Syndicat des employés de 2M
Syndicat des employés de l'Institut Pasteur
Association des femmes progressistes


Procès en appel. Ça commence


(AFP)
Entre la séance du 13 octobre et celle du 10 novembre, tout a changé. La défense de TelQuel s'est enrichie de plusieurs nouveaux avocats, dont des représentants d'associations des droits de l'homme. Outre notre premier avocat Me Mohamed Karam, les bâtonniers Me Abderrahman Benameur et Me Abderrahim Jamaï, ainsi que Me Hammadi Manni, ont accepté de nous représenter. Se sont également spontanément présentés pour nous défendre Me Alami Adlouni, Me Mohammed Ammari, Me Rachid Atik, Me Ahmed Aït Bennacer, Me Abdeltif Douibi, Me Idrissi Housseini, Me M'barek Meskini, Me Mohamed Rachid Mounir et Me Tayeb Omar.
La séance du 10 novembre s'est déroulée dans une salle comble, des
dizaines d'observateurs (associations de juristes, des droits de l'homme, de défense de la liberté de la presse...) étant spontanément venus soutenir TelQuel. On notait également la présence de nombreux journalistes et photographes, ainsi que des agences de presse internationales (AFP, Reuters…).
Si les accusés, Ahmed R. Benchemsi et Karim Boukhari, étaient présents à la barre, la plaignante, Hlima Assali, était absente, comme elle l'a été depuis le début de cette affaire. Les avocats de TelQuel ont donc demandé sa comparution devant la Cour. Après un débat juridique houleux entre les deux parties (et une courte délibération des juges), Mme Assali a été convoquée par le tribunal… et sur ce, la séance a été levée. La prochaine séance, théoriquement en présence de Mme Assali, sera consacrée à l'examen des vices de forme. Elle a été fixée au 21 novembre à 12h 30. à suivre, donc...



Pétition.

Après un premier procès où TelQuel et ses avocats n'avaient même pas eu droit à la parole, et qui s'était soldé par deux mois de prison avec sursis pour deux journalistes plus une amende record de 1 050 000 DH, TelQuel a été condamné, à l'issue d'un second procès, à une amende exorbitante de 910.000 DH. Soit 9 fois plus que d'autres journaux, condamnés pour le même motif. Et 9 fois plus que l'amende maximale jamais accordée par la justice marocaine en pareil cas. Avec un total de 1 960 000 DH d'amende en deux mois, c'est désormais clair : le pouvoir veut abattre TelQuel.
Ces procès orientés et ces peines excessives confirment, de manière éclatante, la nouvelle stratégie du pouvoir marocain pour museler la presse indépendante : l'asphyxier financièrement, en manipulant la justice à l'occasion de procès banals intentés par des particuliers. À travers TelQuel aujourd'hui, c'est demain toute la presse libre du Maroc qui est en danger. Si nous ne réagissons pas, les procès manipulés et les amendes démesurées s'accumuleront. Et les journaux fermeront ou s'auto-censureront, la peur au ventre.
La liberté d'expression, un des plus grands acquis de l'ère Mohammed VI, est gravement menacée. Nous soussignés, dénonçons cette menace avec force et déclarons soutenir TelQuel, ainsi que toute la presse libre, dans son juste combat pour un Maroc démocratique.
 
 
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