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N° 199
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Khalid Tritki


Mohand Laenser (ACI PRESS)
Pélagique. Les pêcheurs côtiers s’insurgent

Le plan pélagique de Mohand Laenser a mis le feu aux poudres. Les chambres maritimes d’Agadir et de Casablanca, les plus importantes du pays, se sont réunies pour présenter une réponse commune aux propositions du ministre de la Pêche. Le ton est sans appel : Laenser veut maintenir des situations de rente. Les professionnels de la pêche côtière rejettent ainsi les quotas et le zoning. Selon eux, il est hors de question d’accepter la répartition faite par le ministère, à savoir, la zone Nord regroupant les stocks A et B et la zone Sud comprenant le stock C. Ensuite, ils refusent de cautionner un plan qui favorise
l’affrètement au détriment de l’investissement. Le plan s’appuie en effet sur l’affrètement de bateaux permettant la congélation à bord. Cette option n’induit pas d’investissements pour le Maroc ni de création d’emplois. Elle profite surtout à “des privilégiés” (entendre des Sahraouis) disposant de licences qu’ils mettent en location à des étrangers. Le ministère a prévu un quota de 120.000 tonnes pour cette catégorie de personnes, faisant ainsi fi de l’impératif du développement d'une filière qui repose sur des investissements sur le moyen et le long terme. Le plan de Laenser a péché par son côté politicien. à force de vouloir satisfaire tout le monde, en particulier les puissants, il est tombé dans le piège de la rente.


Internet. Jettou élargit la Toile

Les assises de l’Internet ont clôturé leurs travaux le 8 novembre à Rabat. Les points forts de ces rencontres, dont le but est de développer les nouvelles technologies de l’information, se résument en trois points. Le gouvernement s’engage à connecter tous les établissements scolaires à l’Internet pour un budget d’un milliard de dirhams sur trois ans. Les textes de loi sur la signature électronique et la protection des données seront activés. Enfin, l’exécutif promet la mise en ligne de plus de 200 procédures administratives sur la période 2005-2008. De son côté, l’association coiffant le secteur des technologies (Apebi) peaufine la dernière mouture de la convention qu’elle doit signer avec l’état. Son point fort est sans doute le soutien à l’innovation.


Fiscalité. Non à la CGEM

La Confédération patronale ne recevra pas de cadeau dans la prochaine la loi de Finances. Ses principales propositions, qui touchent les trois grands impôts (IS, IGR et TVA), ont toutes obtenu une fin de non recevoir. Pour l’impôt sur les sociétés, les patrons plaident pour la proportionnalité, ce qui équivaut à en aménager les taux en fonction du résultat net. Pour les entreprises qui réalisent moins d’un million de dirhams de résultat, le patronat propose un taux de l’IS à 17,5%. Pour L’IGR, le souhait est de voir le taux maximal baisser de 44 à 41,5%. Concernant la TVA, le patronat est pour l’harmonisation des taux pour le secteur des services et la réduction du délai de remboursement.



LES OFF.

Une bombe risque de secouer l’arbitrage au Maroc. Le constructeur Alstom Maroc vient d’être condamné à verser 50 millions de dirhams au profit d’un partenaire marocain. Cette décision découle d’une procédure d’arbitrage prévue par le contrat. Le hic est que le marché sujet du litige ne représente que 5 millions de dirhams. Si cette sentence arbitrale se confirme en appel, Alstom Maroc pourrait plier bagages.

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Crainte sur le site qui devra abriter le pôle offshoring à Rabat. Le projet devait se réaliser dans la zone dite “la ceinture verte”. Ce choix a soulevé des interrogations auprès des élus de la ville. Finalement, le dossier leur a été retiré pour “dépolitiser le projet”. La consultation du palais n’est pas exclue puisque la zone en question a été décrétée “ceinture verte” par Hassan II. Affaire à suivre.


Finances. La CDG fonce sur le CIH

La Caisse de dépôt et de gestion passe à la vitesse supérieure. Depuis mardi dernier, elle a lancé une offre publique d’achat (OPA) sur le CIH. En clair : elle affiche son intention de ramasser tous les titres CIH mis en vente. L’objectif de cette opération est de détenir plus de 70% du capital de la banque publique. La CDG est actuellement à plus de 50% et veut renforcer son emprise sur le CIH, à l’instar de l’opération effectuée sur la BNDE, il y a un an. Sauf que cette fois, la CDG ne vise pas le démantèlement de la banque. Selon des sources proches de la Caisse, le CIH vivra en effet une réorientation stratégique dans le cadre du plan de développement de la CDG. La BMCE-Bank et la BCP semblent déjà prêtes à se retirer du CIH. En revanche Axa Assurances Maroc demande à voir.


Banques. Les BTP mauvais payeurs

Les créances en souffrance dans le secteur bancaire ont atteint 48,1 milliards de dirhams à la fin 2004. Et, contrairement à des idées reçues, le textile ne représente que 7,9% de ces créances. Le gros des impayés est concentré dans quatre secteurs : les BTP avec 15,3%, le commerce d’articles domestiques et des automobiles cumulent 12,9%, l’hôtellerie et la restauration suivent avec 12,8%, et enfin l’agriculture, la chasse et la sylviculture ferment la marche avec 11,2%. En revanche, dans la catégorie des bons, on trouve les industries manufacturières, toutes branches confondues, les industries mécaniques et électroniques et, tenez-vous bien : l’administration. Chacun de ces secteurs ne dépasse pas 4% des créances en souffrance.


Pétrole. Compensation

En réponse à une interpellation parlementaire, Rachid Talbi Alami, ministre délégué auprès du Premier ministre chargé des Affaires générales et de l’économie, a précisé que la compensation des produits pétroliers atteindra les 7 milliards de dirhams pour 2005. Il a expliqué que, pour chaque baril de pétrole importé, l'état verse 19,2 dollars à la caisse de compensation, sachant que les prix des carburants sur le marché national ont été établis sur la base de 47,8 dollars le baril. Ce qui veut dire que l’état supporte environ 600 millions de dirhams par mois en termes de compensation. Cela pèse lourd sur le budget et pousse davantage vers la solution de l’indexation. Le ministre a évité d’en parler. Raison politicienne oblige.



Khalid Tritki
Conservateur et moderniste

Une vieille connaissance m’a sorti une fois un discours qui m’a laissé coi. Les conservateurs dominent le pays à 95%. Les quelques têtes pensantes qui émergent avec un discours progressiste sur le plan économique (politique également) ne sont qu’une infime minorité. Cela veut dire quoi au juste? Que nous avons trouvé la cause de la lenteur des changements économiques au Maroc. Un exemple : Oualalou martèle dans les journaux qu’il faut agir sur les tranches de l’IGR pour réformer le système de contribution fiscale. C’est une évidence. Mais il ne l’a pas réalisée.
Pourquoi? Pour l’heure, les contraintes s’y opposent. Mais il y a quatre ans, le terrain était propice. Son conservatisme l’avait alors empêché d’agir. Et c’est aussi pour la même raison qu’il n’ose pas taxer la richesse - pratique rodée au nord de la Méditerranée - et qu’il opte pour la traite des pauvres via la TVA. Un autre exemple : Mohand Laenser a sorti un plan pélagique qui encourage la rente. Comment peut-il faire autrement alors qu’il baigne politiquement dans un courant conservateur? Et puisque la rente est à la base du capitalisme national, les hommes d’affaires portent les germes du conservatisme. Ce n’est pas une tare en soi. C’est un courant défendable pour ceux qui le véhiculent. Il suffit juste d’enlever les masques et de le reconnaître en assumant ses choix.

 
 
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