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Par Driss Bennani
"La détention ne donne pas de légitimité"
| Antécédents |
Abderrahim Jamai
Avocat, ancien bâtonnier
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| 1945. |
Naissance à Fès |
| 1965. |
Événements des lycées à Fès |
| 1968. |
Enlevé pendant deux mois à la base militaire de Benguerir |
| 1977. |
Procès de Serfaty et des militants marxistes léninistes |
| 1979. |
Membre fondateur de lAmdh |
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Smyet Bak ?
Mohamed, comme la majorité des anciens Marocains.
Smyet mok ?
Radia Benjelloun.
Nimirou dla carte ?
A 36 630. Mais les prisonniers ont généralement le privilège davoir deux numéros (celui de la carte didentité et décrou) comme le capitaine Dreyfus ou le roi Louis XVI.
Jespère que vous vous contenterez dun seul aujourdhui
Jai été à plusieurs reprises interrogé à Rabat, jai été harcelé et torturé moralement par El Kholti. Jallais être présenté au tribunal en 1984. En me relâchant, on ma posé une question : continueras-tu à défendre les prisonniers ? Jai répondu que jamais je ne laisserai daccusé sans défense.
Vous êtes un avocat engagé et membre dorganisations plus ou moins proches du Palais. Quest-ce qui plaît en vous aux deux bords ?
Ce nest pas à moi de répondre mais aux gens auxquels vous pensez. LObservatoire de lenfance est une ONG et pas une organisation du Palais. Cest un réel plaisir que de consacrer quelques efforts à une cause aussi noble. Cest une expérience où jai appris beaucoup de choses.
Deux mois denlèvement à Benguerir sont-ils suffisants pour soffrir une légitimité comme la vôtre ?
Cest un passage que peu de gens connaissent, et jen parle très rarement. La détention ne donne pas de légitimité. Ce sont plutôt les idéaux et la cause qui conduisent à lincarcération arbitraire qui donnent cette légitimité ou pas.
Personnellement, je ne peux pas prétendre que jai vécu ce que dautres ont vécu comme atrocités.
Vous le regrettez, quelque part ?
La souffrance a plusieurs facettes. Je vois linjustice chaque jour devant moi et cela me fait souffrir. Je vois des gens en liberté provisoire dans un espace qui manque de démocratie, de justice et de dignité.
Mohamed Bouzoubaâ est un grand ami à vous. Que lui avez-vous dit le jour de sa nomination à la tête du ministère de la Justice ?
Jai pris ma plume pour rédiger une lettre ouverte qui dit ceci : noubliez pas lhistoire et les principes !
Que lui diriez-vous aujourdhui ?
Beaucoup de choses, certainement. Pour résumer, je lui dirais vous nous avez déçus.
Nous sommes en train de recenser les républicains du royaume, en faites-vous partie ?
Ce nest pas le régime qui compte. Cest le contenu qui importe. Je vous renvoie la question : est-ce que le Shah dIran, roi des rois, était différent de Pinochet, le président dictateur ?
Vous faites partie, à côté de quelques personnalités, dune caste de grands avocats, presque historiques. Qui défendra lidéal juridique après vous ?
Chaque génération a ses hommes. Nous ne sommes pas les derniers parce que nous navons pas été les premiers. On se rappelle dOmar Benjelloun, du grand Bouabid. De la même manière, il y a aujourdhui des jeunes pour assurer la relève.
Vous vous portez souvent bénévole dans les affaires que vous défendez, comment vous faites pour gagner votre vie ?
Cest une autre richesse, celle du cur. Jexerce depuis 35 ans et je gagne doucement ma vie, sans acharnement sur les affaires. Jai, comme tous les Marocains, mes dettes et mes engagements de crédit. Je vis bien avec mes quatre enfants.
Si demain, il ny avait plus dinstructions, à quoi ressemblerait notre justice ?
Je dirais : enfin, la justice, la vraie! Une justice aux normes et sans arbitraire. |
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