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Affaire(s) TelQuel. La mobilisation se poursuit
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Les avocats de TelQuel à la Cour
dappel, le 10 novembre (AIC PRESS)
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Les procès continuent
Viendra ? Viendra pas ? La députée Hlima Assali a en tout cas été formellement convoquée par la Cour d'appel, à l'issue de la séance du 10 novembre dernier. Ses avocats avaient pourtant tout tenté pour éviter cette convocation. Si Mme Assali comparaît devant la justice (elle peut toujours décider de ne pas le faire, elle en a le droit), elle devra expliquer en quoi le terme d'ancienne cheikha lui a paru diffamatoire. Débats attractifs en perspective
Toutefois, l'audience du lundi 21 novembre sera, en principe, d'abord consacrée à l'examen des (nombreux et solides) vices de forme entachant ce procès. Si ces vices
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de forme sont retenus par la Cour, le jugement de première instance (pour rappel, deux mois de prison avec sursis pour Ahmed R. Benchemsi et Karim Boukhari, plus un 1 050 000 DH entre amendes et dommages et intérêts) pourrait être tout simplement cassé par la Cour d'appel, sans même que le fond ne soit examiné - c'est ainsi, du moins, que fonctionne la justice quand un procès se déroule normalement. Sera-ce le cas du nôtre ? Nous verrons
Le procès en appel de la seconde affaire contre TelQuel sera, lui, ouvert dès le lendemain, soit mardi 22 novembre. Pour rappel, le tribunal de première instance avait condamné TelQuel pour diffamation à l'encontre de Mme Touria Jaïdi, épouse Bouabid, présidente d'une ONG d'aide à l'enfance. TelQuel avait effectivement publié, par erreur, une fausse information la concernant. Avant de démentir cette information et de présenter ses excuses à Mme Bouabid - à l'instar de trois autres journaux qui avaient publié la même information et le même démenti, avant et après la parution de TelQuel. Sauf que ces trois journaux ont été condamnés à verser des dommages et intérêts à Mme Bouabid (intuitu personae) compris entre 30 000 et 100 000 DH. Alors que pour la même affaire, TelQuel avait été condamné à 910 000 DH entre amende et dommages et intérêts !! La première séance d'appel devrait être consacrée à l'interrogatoire, par le président de la Cour, de la plaignante et de l'accusé, Ahmed R. Benchemsi.
Outre la présence d'une dizaine d'avocats aux côtés de TelQuel (dont les bâtonniers Abderrahman Benameur et Abderrahim Jamaï et notre premier avocat, Me Mohammed Karam), on attend, comme lors de la séance du 10 novembre, la présence de nombreux journalistes et activistes des droits de l'homme venus soutenir TelQuel.
Le Collectif de défense de la liberté dexpression et de presse appelle à un sit-in de soutien à TelQuel à la porte extérieure de la Cour dappel de Casablanca (avenue des FAR, face à la Comanav), lundi 21 novembre à 12h. Venez nombreux ! Laudience démarrera à 12h30, salle 6. Cest aussi en salle 6 que se tiendra laudience du mardi 22 novembre, à partir de 9h. Les audiences sont ouvertes au public. |
Communiqué du Collectif démocratie et modernité.
Amendes totalement disproportionnées
Le Collectif démocratie et modernité a pris connaissance avec indignation de la sévérité des sentences prononcées à l'encontre du journal TelQuel, dans le cadre des procès qui l'opposent à Mme Hlima Assali et Mme Touria Jaïdi, épouse Bouabid.
Le montant cumulé des amendes et des dommages et intérêts, qui atteint 1.960.000 dirhams, est totalement disproportionné par rapport au contexte des plaintes et relève d'une volonté délibérée de condamner indirectement l'hebdomadaire à la disparition.
Le Collectif s'étonne que, dans le contexte de plaintes similaires pour le dernier procès (Touria Jaïdi-Bouabid), les amendes et indemnités requises contre d'autres journaux n'ont pas dépassé 100.000 DH.
Le Collectif estime indispensable de garantir la liberté d'expression pour tous les citoyens, en particulier celle de la presse, indispensable dans un état démocratique.
Si la presse doit être responsable de ses jugements et informations et que tout citoyen peut la poursuivre s'il s'estime diffamé, les jugements doivent être raisonnables et proportionnels aux préjudices subis.
Nos confrères nous soutiennent
De nombreux confrères se sont joints à notre indignation, et nous ont exprimé leur solidarité par écrit ou sur les ondes depuis le début du harcèlement judiciaire contre TelQuel, qui a commencé mi-août 2005. Pour la presse internationale, merci à nos confrères Steven Adolph (NRC Handelsblad, Pays-Bas), Laurent Arnauts (Le Journal du
Mardi, Bruxelles), Mouna El Banna (RFI), Houcine Majdoubi (Al Qods al Arabi), Andres Martinez (Los Angeles times), et Ahmed Najim (elaph.com), ainsi qu'à nos confrères de la RTBF (radio télévision belge), de la chaîne Al Jazeera et du site lemonde.fr.
Pour la presse nationale, merci à Mostafa Alaoui (Al Ousboue), Ali Anouzla et Taoufik Bouachrine (Al Jarida Al Oukhra), Abderrahim Ariri et Mounir Ketaoui (Al Bidaoui), Mohamed Brini, Lahcen Ou Simouh et Abdelkbir Akhchichen (Al Ahdath Al Maghribiya), Driss Chahtane (Al Michâal), Abdelmounaïm Dilami et Mohamed Akisra (L'économiste), Mohamed Hafid et Omar Bchirit (Assahifa), Khalid Jamaï (pour Annahar Al Maghribiya), Aboubakr Jamaï, Ali Amar et Amine Rahmouni (Le Journal hebdomadaire), Kamal Lahlou et Mohamed Afifi (La Gazette du Maroc), Noureddine Miftah et Youssef Bajaja (Al Ayam), Karim Mariami (pour Libération), Rachid Nini et Khalid El Herri (Assabah). Nos excuses et notre gratitude, à ceux dont nous aurions manqué les écrits de solidarité - il y en a eu tellement
La justice, pas la matraque
Par Larbi Messari, ancien ministre de la Communication
Une presse indépendante a surgi (ces dernières années), apportant une grande vivacité au climat politique et culturel. Les journalistes ont dépassé les lignes rouges, et, grâce à leur audace et leur intelligence, ont conquis de larges espaces dans le domaine de la liberté d'expression. (
) Il y a parfois un traitement provocateur de l'information, et une recherche des sujets attractifs et pas uniquement informatifs. Cela relève de la pratique naturelle du métier, et le public en est le juge. C'est lui qui confère leur crédibilité aux journalistes. Commettre des erreurs dans une pratique libre du journalisme vaut mieux que la dissimulation qui accompagne la censure et la répression. (
)
Le milieu journalistique est préoccupé, ces derniers temps, par les deux jugements prononcés contre l'hebdomadaire TelQuel, à l'occasion de plaintes en diffamation déposées par deux particuliers, et par le procès intenté à l'hebdomadaire Al Ousbouîya Al Jadida, suite aux déclarations de Nadia Yassine. Les deux confrères Abdelaziz Koukas et Ahmed Benchemsi ont publié des éditoriaux que nous appuyons et auxquels nous joignons notre voix. L'éditorial de Benchemsi, en particulier, a été repris par trois de ses confrères, en solidarité avec son contenu.
Ce qui peut arriver de pire est que la justice, qui devrait être sacrée et renforcer ses respectabilités, fonctionne comme une matraque, et soit rejetée à l'instar des autres matraques.
Extraits d'un rapport à l'intention du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) - à paraître
Vive la Justice !
Par Rachid Nini, chroniqueur
Quand nous écrivons sur des sujets (qui nuisent à la respectabilité de la justice), nous ne cherchons pas à montrer aux lecteurs que nous sommes des Hercule de la presse nationale, qui disent la vérité sans craindre rien ni personne. Nous avons, nous aussi, des familles dont nous nous préoccupons du bien être. Nous avons, nous aussi, des vies à vivre, que nous ne voulons pas hypothéquer en nous mettant à la merci des forces obscures. Nous voulons simplement apporter notre modeste contribution, pour redonner à la justice marocaine sa crédibilité perdue.
Extrait de la chronique de Rachid Nini Chouf tchouf, publiée par Assabah du 17 novembre
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Parmi les institutions qui nous soutiennent*
Syndicat national de la presse marocaine
Resaq (5 réseaux et 150 associations affiliées)
Association marocaine des droits de l'homme
Parti socialiste unifié
Réseau associatif chouâla
Parti de l'avant-garde socialiste démocratique
Parti Annahj addimocrati
Syndicat national de l'Enseignement supérieur
Forum vérité et justice
Parti Al Badil hadari
Attac Maroc
Association marocaine des familles de martyrs et disparus du Sahara marocain
Syndicat national des fonctionnaires des collectivités locales de Safi
Confédération démocratique du travail - Essaouira
Centre marocain pour l'observation des élections
Ligue marocaine pour la culture et les arts
Syndicat des employés de 2M
Syndicat des employés de l'Institut Pasteur
Association des femmes progressistes
*Membres du Collectif de défense de la liberté dexpression et de presse et/ou présents au sit-in de soutien à TelQuel, le 8 novembre dernier
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Institutions ayant déjà émis des communiqués de soutien
Syndicat national de la presse marocaine, Reporters sans frontières/Ifex, Fédération marocaine des éditeurs de journaux, Association marocaine des droits humains, Centre marocain des droits de l'homme, Association
alternatives, Réseau amazigh pour la citoyenneté, Gauche socialiste unie et fidélité à la démocratie. |
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Pétition.
Après un premier procès où TelQuel et ses avocats n'avaient même pas eu droit à la parole, et qui s'était soldé par deux mois de prison avec sursis pour deux journalistes plus une amende record de 1.050.000 DH, TelQuel a été condamné, à l'issue d'un second procès, à une amende exorbitante de 910.000 DH. Soit neuf fois plus que d'autres journaux, condamnés pour le même motif. Et neuf fois plus que l'amende maximale jamais accordée par la justice marocaine en pareil cas. Avec un total de 1.960.000 DH d'amende en deux mois, c'est désormais clair : le pouvoir veut abattre TelQuel.
Ces procès orientés et ces peines excessives confirment, de manière éclatante, la nouvelle stratégie du pouvoir marocain pour museler la presse indépendante : l'asphyxier financièrement, en manipulant la justice à l'occasion de procès banals intentés par des particuliers.
À travers TelQuel aujourd'hui, c'est demain toute la presse libre du Maroc qui est en danger. Si nous ne réagissons pas, les procès manipulés et les amendes démesurées s'accumuleront. Et les journaux fermeront ou s'auto-censureront, la peur au ventre.
La liberté d'expression, un des plus grands acquis de l'ère Mohammed VI, est gravement menacée. Nous soussignés, dénonçons cette menace avec force et déclarons soutenir TelQuel, ainsi que toute la presse libre, dans son juste combat pour un Maroc démocratique. |
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Paradoxe
TelQuel distingué par l'état !
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Chadwane Bensalmia, lauréate
du Grand Prix National de la
Presse, section presse écrite.
En reportage à Marrakech
au moment de la cérémonie
(le travail d'abord !), elle n'a
pas pu recevoir son trophée
en mains propres. (AIC PRESS)
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Le Grand Prix national de la Presse a été institué, sur décision du roi Mohammed VI, par décret du Premier ministre. Sa commission d'organisation est présidée par le ministre de la Communication Nabil Benabdellah qui nomme les onze membres du jury. Bref, l'état, à son plus haut niveau, a créé ce prix pour, disent les documents officiels, récompenser un ou plusieurs journalistes marocains, en reconnaissance de leurs efforts, individuels ou collectifs, dans le développement de la presse nationale écrite et audiovisuelle. Et c'est avec ravissement que nous avons appris que ce Grand Prix National de la Presse, section presse écrite, a été décerné cette année à notre consoeur Chadwane Bensalmia, journaliste à TelQuel, pour un reportage intitulé Drogue,
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au cur du trafic, traitant des circuits du trafic de haschich dans le Rif*. Si cette distinction intervient au moment où TelQuel fait face à un harcèlement judiciaire destiné à l'étouffer financièrement, c'est, avant tout, un signe de l'indépendance du jury du Grand Prix, présidé par notre estimé confrère Abddeljebar Sehimi, directeur d'Al Alam. Il n'empêche que l'état, instigateur et organisateur de ce prix, reconnaît aujourd'hui, officiellement et de la plus belle des manières, la qualité éditoriale et de la pertinence de notre magazine. Nous en sommes honorés et espérons que cette conscience s'élargira à la justice et, pourquoi pas, à ceux qui, dans l'ombre, cherchent à abattre TelQuel pour le punir de son insolence éditoriale. Les officiels et journalistes présents à la tribune de remise des prix, en tout cas, se sont ouvertement solidarisés avec notre magazine. Qu'ils en soient tous remerciés.
Une heureuse pensée, enfin, pour notre collaborateur Mohamed Bouhcini. Nous n'en sommes pas à un paradoxe près, mais rappelons que Mohamed, qui avait été le guide de Chadwane durant son long périple à travers le Rif central (1500 km), avait passé deux mois de prison suite à la publication de notre enquête - sous l'accusation, fallacieuse et non prouvée, de trafic de drogue. Mohamed avait été finalement innocenté, en première instance puis en appel. Comme quoi, la justice est capable de faire marche arrière, quand elle le décide, au bénéfice de la liberté de la presse. Puisse-t-elle en donner une nouvelle preuve dans les semaines qui viennent...
* La liste des autres lauréats est en page 14
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| Notre collaborateur Mohamed Bouhcini, guide de Chadwane pendant son reportage primé. Probablement sous l'impulsion de barons de la drogue locaux avides de vengeance, il avait purgé deux mois de prison suite à la publication du reportage. Il a été finalement innocenté, en première instance puis en appel. |
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"La presse indépendante nous montre que la langue de bois n'est pas une fatalité. Il est honteux qu'aujourd'hui, la justice accable un magazine du niveau de TelQuel par des amendes aussi excessives."
Abdeljebbar Sehimi,
Directeur d'Al Alam et président du Jury
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"Je rêve d'une justice plus équitable à l'égard de la presse"
Mohamed Aujjar,
Journaliste et ancien ministre des Droits de l'homme
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"J'ose espérer que ce prix décerné à TelQuel constitue un signal positif dans la tourmente que ce magazine traverse"
Mohamed Benyahia,
Journaliste et parlementaire
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"J'espère que ce prix marquera la fin des ennuis de TelQuel avec la justice"
Driss Ksikes,
rédacteur en chef de TelQuel recevant le trophée au nom de Chadwane Bensalmia, des mains de Nadia Salah, rédactrice en chef de lEconomiste
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