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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Hassan Hamdani

Master class. Des hommes de bonne volonté

(DR)
Pendant le festival de Marrakech, il y a les gens qui font des films et ceux qui font leur cinéma. Les seize étudiants de la master class animées par Abbas Kiarostami feront (nous l’espérons) partie des premiers. Studieux, huit Marocains et huit Américains ont dévoré pendant quinze jours durant les conseils du réalisateur iranien. “Nous voulions Kiarostami pour une journée. Il a lui-même insisté pour animer les 15 jours de formation” précise Peter Scarlet, directeur du festival du film de Tribeca à New York, et co-organisateur de cette master class avec le cinéaste marocain Hakim Belabbas. “Humilité, patience, et honnêteté”, voilà résumé en trois mots ce qu’a appris Mohamed Achaouar, l’un des étudiants marocains. Voir Kiarostami, lui-
même, douter de ses films, en a rassuré plus d’un. L’écouter expliquer sa vision du cinéma les a recadrés: “Ils repartiront tous avec le désir de faire des films qui leur ressemblent et non pas un cinéma artificiel”, constate pour sa part Ali Essafi, un des formateurs. Martin Scorsese a martelé le même message. Invité à animer un après-midi de la master class, il a donné un cours magistral, et pas que pour la forme. Martin Scorsese a préparé un montage de quatre heures, subtil mélange d’extraits de ses films et d’œuvres l’ayant marqué. Qui plus est, grâce au soutien de Faycal Laraïchi, les étudiants ont bénéficié du matériel de la TVM (tables de montage, une caméra par étudiant). Une bonne volonté générale confirmée par Peter Scarlet : “Selon le prince My Rachid, cette master class est plus importante pour l’avenir du cinéma marocain que le festival lui-même.” Dont acte.


Hommage. Viva Espana !

Le festival de Marrakech a rendu un hommage au cinéma espagnol. Lors de cette soirée, la cinéaste marocaine Farida Belyazid, en maîtresse de cérémonie, rappelait son enfance bercée par des films espagnols de l’époque franquiste. Le cinéma espagnol a un passé glorieux, un présent vivace et un futur assuré. On aimerait en dire autant. Le speech de Farida Belyazid a eu le mérite de recadrer les débats. Les Espagnols avaient été invités pour parler cinéma et non pas immigration clandestine ou mur de Sebta comme l’ont cru certains journalistes marocains lors de la conférence de presse donnée par la délégation espagnole. Quand le minaret tombe, on pend le barbier de Séville ? Telle fut l’impression ressentie par de nombreux auditeurs en écoutant certaines questions. José de Palma, Victoria Abril et consorts ont fait contre mauvaise fortune bon cœur, montant sur scène comme un seul homme pour improviser une chorégraphie pour les spectateurs du Palais des Congrès.


Cinéma. El Ayel raté

Un ratage total. Voilà qui résume bien le film qui représentait le Maroc dans cette 5ème édition du festival de Marrakech. El Ayel se voulait un mélange entre le docu historique et le film. Le premier d’une trilogie qui retraçe la vie d’un enfant de Tanger dans les années 50. Moumen Smihi a voulu être le François Truffaut marocain. Mais n’est pas Truffaut qui veut. D’ailleurs, on se demande bien quelle mouche a piqué le jury. Ce film ne méritait pas de concourir. “C’est tout ce qu’on avait sous la main”, se justifie-t-on. “Un festival au Maroc sans un film marocain, ça ne se fait pas”. Si, si. Car à force de vouloir préserver les apparences, on finit par se ridiculiser.


Cérémonie. Les Indiens à Marrakech

Chaque année, le cinéma indien fête ses stars dans une ville différente de la plainte. En juin 2006, ce sera Marrakech. La ville ocre a ravi l’organisation de l’évènement à New York, Rome et Barcelone, trois cités qui étaient aussi en lice pour accueillir la cérémonie. Sont attendus d’ores et déjà 250 stars du cinéma indien, 150 producteurs, 200 journalistes du monde entier et 15.000 touristes indiens. Beaucoup de pub pour Marrakech, puisque ces oscars sont suivis par 400 millions de spectateurs. Et belle opération commerciale en perspective : la capitale britannique, qui a déjà accueilli la cérémonie, avait engrangé 14 milliards de centimes de retombées économiques en moins d’une semaine.


Sortir. Dark Alternative Party

Le webzine marockmagazine.com organise la deuxième édition de “Lost in Casablanca”. Le concept ? S’éloigner du schéma classique des concerts locaux en proposant, dans un cadre intimiste, un évènement multi facette. Au programme, des sets de DJs (gothique, industriel, metal, electro dark), des prestations live des artistes Half a Moment (industriel atmosphérique) et Mastabe (electro rock), des projections de films noirs, et l’écoute exclusive du premier album de In The Nightmare, piliers de la scène metal marocaine depuis 1996. À noter également, l’exposition des toiles de l’artiste peintre Mounir Nour Cherif, alias “Vamp”. Le 26 Novembre au Vertigo (110 rue Chaouia, ex-Clobert) de 15h à 21h, puis After Party jusqu'à 1h. Entrée à 40 DH, boisson incluse.


Formation. À l’école du cinéma

Il n’existait pas d’école de cinéma au Maroc. Cette lacune sera comblée en septembre 2007. Vincent Mellili, ancien directeur de l’IF de Marrakech, Susan Biedermann, présidente de la fondation Dar Bellarj et l’université Cadi Ayyad de Marrakech ont porté ce projet sur les fonds baptismaux. L’école supérieure des arts visuels de Marrakech formera aux métiers du cinéma (réalisation, image, son et montage), mais aussi aux professions de la télévision, ouverture du paysage audiovisuel marocain oblige. L’école a d’ores et déjà pris une option sur le cinéma du Sud. En plus des Marocains, elle accueillera un quota d’étudiants du sud de la Méditerranée et d’Afrique subsaharienne. Le Maroc, plateforme pour l’Afrique. C’était vrai, pour les grandes entreprises étrangères. Ce le sera aussi pour le cinéma.


Fonds d’aide. Les deniers de la gloire

La liste des lauréats de l’avance sur recette du CCM est tombée. Hamid Zoughi recevra 3 millions de dirhams pour Kharboucha ou ma ydoum hal, une reconstitution historique. Idriss Karim, un des pionniers du cinéma marocain, bénéficiera de 2,9 millions de dirhams pour Retour à Fès. Zakia Tahiri percevra 2,5 millions de dirhams pour la comédie Number One. Nourredine Lakhmari, 2,4 millions de dirhams pour Casa Negra, un film dédié à Casablanca. Saâd Chraïbi reçoit 2,3 millions de dirhams pour Les déracinés. Aziz Salmi, 2 millions de dirhams pour Amours voilées, love story entre une femme voilée et un décorateur débauché. Laila Kilani, 1 million de dirhams pour Nos lieux interdits, premier documentaire financé par le CCM.


Théâtre. Philosophez à Tanger

La dernière création de la troupe r’batie du Clair Obscur, Ahmed le philosophe, clôt sa tournée à l’Instituto espanol Severo Echoa (Tanger), le samedi 26 novembre à 19h. Monté à partir du texte à tiroirs du dramaturge et philosophe, Alain Badiou, ce spectacle a pour vocation de rendre intelligible des notions abstraites (la mesure, l’absurde, le hasard...) par le truchement du jeu de mots et le jeu proprement parlé. Mis en scène par Agnès Sefrioui et interprété par des comédien(nes) émérites, eux-mêmes animateurs d’ateliers de théâtre, cette pièce est un divertissement intelligent. À voir absolument.


Concert. Petit oiseau s’envolera

Syncop et Numidia feront bouger les rbatis, le 19 novembre à 19h, à l’IF de Rabat. Des rythmes rock pour Syncop, de la fusion acoustique pour Numidia, mais un même souffle nouveau qui avait conquis le public lors du dernier festival des Oudayas. Les deux formations s’y étaient produites dans le cadre de la scène Envol, un programme initié par l’IF de Rabat afin d’accompagner les jeunes formations dans leurs projets musicaux. Constitué en association depuis l’été dernier, Envol organise notamment des ateliers son ou des cours en communication. Le dernier professeur invité : le directeur communication de Maroc Telecom. éteignez vos portables et bon concert.


Juanita Farida

En septembre dernier, au Festival international de cinéma de Donostia-San Sebastian, La Chienne de vie de Juanita Narboni a valu à sa réalisatrice, Farida Belyazid, une standing ovation méritée. Adapté du roman espagnol Chienne de vie, le film sera projeté lors du Festival du film marocain du 2 au 10 décembre à Tanger. Patience.


Que Dieu t’accompagne...

À bas les frimas de l’hiver ! La voix chaude de Dani Klein réchauffera les Casablancais. La chanteuse leader de Vaya Con Dios posera armes et bagages avec son groupe au Mégarama pour une série de trois concerts les 14,15 et 16 décembre, à 21h. Prix : 300, 450 et 600 DH. Infoline : 090 607 608.


Les barons de Laraki

D’un côté, des barons de drogue puissants et intouchables. De l’autre, des pêcheurs modestes et désarmés. La rencontre des deux a donné Colère, le tout dernier film de Abdelhay Laraki. Le tournage terminé, le film est entré en post prod. Sortie en salles prévue pour mars prochain, avec Mohamed Merouazi et Mohamed Majd.



Humeur : L’envers du jeu

Par Hassan Hamdani

La retransmission de certains jeux de loterie à la télévision peut prêter à confusion. On croit assister à une émission de jeux de hasard, on regarde en fait l’émission la plus hot de la télé marocaine. à preuve, les présentatrices sont tellement sexy qu’elles sont interdites d’antenne pendant le ramadan. Il ne s’agit pas de réveiller le cochon qui sommeille en tout bon musulman, mois sacré ou pas. Il faut dire qu’en temps normal, les présentatrices portent des tenues très moulantes et croisent les mains juste devant leur pubis. C’est sans doute un geste de pudeur, mais que voulez-vous, j’ai l’esprit mal tourné, et on ne se refait pas. Il faut dire qu’elles sont particulièrement charmantes et, de surcroît, inspirent la sympathie. On les a déjà croisées en caftan ou tenue de plage, photographiées dans des magazines de salles d’attente. Et une fille qui vous réconforte avant de passer chez ce nazi de dentiste, forcément on a un petit faible pour elle. Le footballeur Zaïri lui-même a craqué pour une présentatrice de jeu de loterie avant de convoler en justes noces avec elle. Le jeune homme a dû avoir beaucoup de caries. C’est le risque que l’on court à manger trop de chewing gum flash.




Le livre

Aminata Sow Fall est sénégalaise. Elle inaugure une série (Livre équitable) par son roman, Festins de la détresse. Une famille, prise individuellement, dans un village traditionnel, se raconte via des trajectoires parallèles. Mais comme dans la tradition d’un Wole Soyinka, tous se rejoignent dans un centre spirituel, de refus du désespoir. Cela passe par des échanges intenses, des banalités quotidiennes, les coutumes qui préservent de la déchéance, la délicatesse des hommes avec le deuxième sexe et bien d’autres joyeusetés trempées dans une réalité dure, insoutenable. La pudeur de larmes déversées dans la solitude, l’état délabré d’un bus brinquebalant, les personnages baignent dedans. Mais le transcendent aussi.

Ed. Tarik, Eburnie, Jamana...




Agenda.

Danse avec La Smala B.B de la compagnie 2k_far les 23 et 24 novembre à 18h sous le chapiteau de l’IF de Casablanca.

Documentaire avec Le Blues des shikhates de Ali Essafi, projeté à l’IF de Casablanca le 21 novembre à 20h30.

Vite ! Dernier jour pour voir l’exposition Marrakech, “encore et toujours” organisée par l’agence Action Culture à la galerie des Atlassides de Marrakech. Les photos sont de l’artiste espagnol Asin Luis et les textes de Mahi Binebine.

Du cinéma avec les Semaines du film européen. Le Grand voyage d’Ismaïl Ferroukhi le 22 novembre à 20h au cinéma Roxy de Tanger et le 24 novembre à 20h au Théâtre Mohammed V de Rabat. L’Enfant de Jean Pierre et Luc Dardenne le 23 novembre à 20h au cinéma Roxy de Tanger et le 25 novembre à 20h au Théâtre Mohammed V de Rabat.

Du flamenco avec Tito Losada en concert à la Bodega de Casablanca jusqu’au 24 novembre.

L’IF de Marrakech présentera, le jeudi 24 novembre à 20h30, “La Douleur” de Marguerite Duras. Mise en scène de Julien Téphany, avec Arlette Téphany.

Expo peinture avec les œuvres d’Abdelhaï Diouri jusqu’au 30 novembre au Musée municipal d’Agadir.

Spectacle avec “La fiancée du soleil” de Hamadi, un one man show bâti autour des contes marocains.

Théâtre avec “La femme qui…” de Mohamed Jem, le 20 novembre à 16h au Théâtre Mohammed V de Rabat.

 
 
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