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Émmigration. La mafia des passeurs
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Portrait. L'homme qui danse
N° 200
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Khalid Tritki


(DR)
Transport. La RAM se fait justice

La Royal Air Maroc sort ses griffes. Mardi 15 novembre, la compagnie nationale opère une saisie sur deux avions de Air Horizon, une compagnie française spécialisée dans le transport charter. L’action de la RAM a été calculée à la minute près, sachant que cela fait presque un mois que les bruits courent sur un éventuel dépôt de bilan de Air Horizon. La compagnie est financièrement dans le coma et l’exploitation n’arrive plus à redresser la barre. Après une lutte acharnée, Air Horizon jette finalement l’éponge. Le dépôt de bilan a eu
lieu le 14 novembre. Il reste maintenant à savoir quelle sera la position du tribunal français. En cas de liquidation, les fournisseurs de la compagnie seront dans l’embarras. La RAM, consciente de l’enjeu et surtout soucieuse de ne pas perdre de l’argent dans une conjoncture difficile, a bloqué à terre les deux avions d’Air Horizon. La compagnie nationale réclame 700 000 euros d’impayés. La saisie lui permet de négocier le remboursement dans une position de force, à moins que les politiques entrent en jeu. Selon des sources fiables, Dominique de Villepin, premier ministre français, en visite actuellement au Maroc, aurait programmé de discuter avec les autorités marocaines sur cette affaire. “Cette question ne pourra être évitée alors qu’une partie de l’actif d’une entreprise française a été confisquée au Maroc”, précise la même source. Et en aucun cas, Raymond Lakah, l’égyptien qui contrôle Air Horizon, ne sera écarté d’une éventuelle solution amiable.


Affaire. Tirs croisés sur Lakhouaja

Azeddine Lakhouaja, le promoteur du Palais international des Roses et associé de Dallah Al Baraka, voit rouge. La justice lui a flanqué une expertise de 22 points portant sur la période 2000-2004. Cet audit touchera à la gestion de l’hôtel, aux règlements des clients… à tout. Ce qui est en soi une bizarrerie. Pour preuve, la plainte du Saoudien ne concerne que quatre points précis : un virement à l’étranger de 14 millions de dirhams, un crédit associé de 7,9 millions, l’utilisation de deux villas et un appartement à des fins personnelles et enfin la disparition d’un véhicule de société. Ces points ont déjà fait l’objet d’une instruction judiciaire qui n’a pas été probante. Le juge fait mieux, il ratisse large et finira par trouver quelque chose. Même un oubli comptable pourra être brandi comme preuve de mauvaise foi.


Textile. La douane passera aux audits

L’administration des douanes et l’Association marocaine des textiles et de l’habillement finalise les dernières retouches de leur partenariat. Il s’agit des ultimes ajustements pour l’application de la catégorisation des entreprises du secteur. Une liste servira à cette catégorisation. En principe, à partir de janvier 2006, la douane effectuera des audits dans les locaux des entreprises listées parmi les bons élèves. Une fois l’audit achevé, l’entreprise sera bardée d’un label attestant sa légalité, sa transparence et surtout sa bonne foi. à partir de là, une révolution sera entamée : un traitement à la carte, des facilités et une grande souplesse dans le traitement en douane. Une bonne partie des textiliens ne mesure pas encore l’impact de cette catégorisation. Le moment venu, ils en auront pour leur indécision.



LES OFF.

Les armateurs de la pêche crevettière crient au scandale. Le ministère de tutelle continue de distribuer des licences alors que les orientations générales décrétées par le ministère maintiennent un gel des investissements. Rien que pour le mois de novembre, sept autres licences ont été attribuées à des notabilités. Le massacre continue donc et ce n’est pas Laenser qui va l’arrêter.

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Le ministère des Finances prépare un colloque pour début décembre dont le sujet central sera le bilan des privatisations. Une étude a été réalisée par la DEEP à cette fin. L’idée de base est de savoir si le cahiers des charges a été respecté. L’étude conclut que oui. Difficile de la croire, vu son caractère simpliste.


Investissement. 15,3 milliards !

La note de l’Office des changes révèle qu’au terme des neuf premiers mois de l’année 2005, les recettes des investissements et prêts étrangers ont atteint 15,304 milliards de dirhams. En comparaison avec la même période de l’année dernière, cela donne une expansion fulgurante de 7,3 milliards de dirhams. Selon l’Office des changes, ce montant dépasse de 8,5% la moyenne réalisée pour la même période des cinq dernières années. Toutefois, ces comparaisons manquent de pertinence. Pour preuve, le gros des recettes des privatisations de l’année dernière n’a été réalisé qu’à la fin de l’année. C’est le cas de la cession de Maroc Telecom. C’est qui est une certitude en revanche, c’est que l’année 2001 restera dans l’Histoire. Les privatisations ont drainé 31,115 milliards de dirhams.


Assurance. L’AMO choisit la Poste

C’est désormais officiel, la Caisse nationale de la sécurité sociale s’allie à la Barid Al Maghrib dans le cadre du projet AMO. La CNSS a opté pour les virements ou la mise à disposition du remboursement des prestations médicales, via le réseau de Barid Al-Maghrib. Cette solution était prévisible, vu le taux de bancarisation encore faible chez les assurés d’autant plus que le choix de la CNSS est également motivé par le réseau de la Poste qui bénéficie d’une large couverture territoriale. L’option de la poste s’est imposée d’elle-même après le retard qui a marqué la mise en place des cartes guichet bancaire pour les assurés de l’AMO. Ce projet bloque sur des problèmes techniques.


Commerce. Guichet unique à Casa

Le Conseil de la ville de Casablanca ouvre les portes de Dar Al Khadamat. Situé à proximité du Centre régional d’investissement, Dar Al Khadamat est un guichet unique spécialisé dans l’octroi des autorisations commerciales et urbaines. Pour ces dernières, le guichet sera habilité à traiter tout ce qui a trait au lotissement, au morcellement et à la construction.
Précisons que la signature de Dar Al Khadamat ne sera habilitée que pour les autorisations à la construction des R+3 et plus. Le fonctionnement de Dar Al Khadamat repose sur l’implication de grands opérateurs publics. Ainsi la Commune, l’Agence urbaine, la Lydec, IAM, ONE et l’ONEP se sont joints au projet.



Khalid Tritki
Ramadan, MRE et inquiétude

Dans deux ans, le ramadan coïncidera avec les vacances d’été. Il dominera la saison estivale pendant au moins quatre ans successifs. C’est encore loin, diront certains. Mais les investisseurs du tourisme s’inquiètent quand même. Pour la filière de la restauration et de l’hôtellerie, il y a, dès maintenant, matière à discussion. Que cherche-t-elle ? Tenez-vous bien : un engagement du gouvernement pour trouver une solution à la très délicate question de la liberté de pratiquer ou non le ramadan. Ne vous attendez pas à ce que ce débat soit porté devant le public, le terrain étant très
miné sur cette question non seulement religieuse, mais également économique. Les craintes concernent surtout la venue des MRE. Plus de 2 millions de visiteurs par an, surtout pendant la période estivale, drainent plus de 30 milliards de dirhams. Le ramadan sera-t-il une bonne raison pour qu’ils partent ailleurs ? Oui, disent les pessimistes. Non, disent les optimistes. Sauf que pour ces derniers, les MRE, certes, éviteront le ramadan, mais se rueront tous sur le Maroc en même temps dans un laps de temps très court. Les infrastructures faisant défaut, les dégâts ne manqueront donc pas. Que peut le gouvernement ? Rien. La question religieuse ne relève pas de sa compétence. Que peut le roi ? à la fois beaucoup et pas grand-chose : constitutionnellement, le roi peut décréter une réelle liberté de la pratique religieuse, mais politiquement, il ne le fera pas. Résultat : l’hypocrisie sociale et juridique jouera à fond.

 
 
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