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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Driss Bennani

"Je ne suis pas vraiment jet set"

Antécédents
Melita Toscan du Plantier
Directrice du FIFM*
1995. Responsable du bureau acteurs et metteurs en scène à Uni France Films
1998. Épouse Daniel Toscan du Plantier
2001. Première édition du Festival international de Marrakech
2003. Décès de son mari
2003. Consultante en relations publiques chez Cartier
Smyet Bak ?
Dimitrije Nicolic, il est yougoslave.

Smyet mok ?
Jivka Stankovic.

Nimirou d’la carte ?
Il est long. 040975R00634.

Alors, comment se passe cette cinquième édition ?
La sélection est excellente et les invités sont forts. Cette année, c’est une édition moins paillettes et plutôt axée sur le cinéma et les réalisateurs.

C’est peut être ce qui explique la colère du prince lors de la soirée d’ouverture ?
Pas du tout, il a aimé la soirée. Mais comme tout le monde, il était d’accord qu’il y avait quelques problèmes, que ce n’était pas assez rapide, que la traduction n’était pas au point, qu’il y avait une certaine lenteur. Mais il n’était pas du tout mécontent. Ça fait partie des rumeurs du festival.

Vous ne portiez pas de caftan cette année, que s’est-il passé ?
Je n’en avais qu’un seul de neuf cette année et j’ai préféré le porter lors du dîner royal. En plus, j’ai adopté une nouvelle stratégie cette année, celle d’accueillir les invités en smoking à l’intérieur du Palais des Congrès plutôt que de faire le tapis rouge.

Vous apparaissez souvent en caftan, même en France. C’est un geste politique ?
J’aime le Maroc et je trouve le caftan majestueux. Le porter lors des Césars ou à Cannes est ma façon de montrer combien j’aime le Maroc et combien je le soutiens.

Vous avez travaillé au festival sous l’ère Azoulay, puis celle du tandem Sail-Laraichi. Laquelle préférez-vous ?
La seconde. Sail est un grand cinéphile. Laraichi est un ami intime avec lequel on partage beaucoup d’idées. C’est un connaisseur du monde du cinéma et de la communication.

Ce qui n’est pas le cas d’Azoulay, il n’avait pas sa place au festival, c’est ça ?
Je n’ai jamais dit ça. Le festival voulait vraiment être tourné vers l’artistique et la cinéphilie. Le titre de M. Azoulay était quelque part pesant et donnait au festival ce côté politique ou officiel. Sa Majesté a initié le festival. Aujourd’hui qu’il est sur les rails, il a délégué Moulay Rachid qui travaille dessus d’une manière exceptionnelle. Tous les sponsors sont privés. Je crois donc que tout le monde est aujourd’hui d’accord pour enlever ce côté officiel au festival.

Un festival est moins alléchant quand ce n’est pas le roi qui reçoit en personne le premier soir ?
La première année, c’était un signe magnifique. La première édition se tenait au lendemain du 11 septembre et la présence royale nous a beaucoup aidés. Aujourd’hui, il a des priorités et un pays à gérer, je ne crois pas que le cinéma fasse partie de ses premiers soucis. Aujourd’hui, on vogue tout seuls. Puis il y a Moulay Rachid et les princesses, c’est formidable.

Vous le prenez comment qu’on dise que vous êtes directrice par héritage ?
Oui, c’est vrai et je l’assume. Je crois maintenant avoir démontré que j’en étais capable.

Vous admettez que si on vous maintient au festival, c’est simplement au bon souvenir de votre mari ?
Sûrement. Mais n’oubliez pas que je suis là depuis la première année, je connais donc bien le festival. C’est moi qui ai demandé à mon mari d’écrire au roi et de lui proposer l’idée du festival. Je garde d’excellentes relations avec les amis de mon mari, toutes ces grandes stars du monde du cinéma et du spectacle que je contacte personnellement et auprès desquelles je me fais l’avocate du Maroc.

De simple stagiaire à directrice de festival et responsable RP chez Cartier… Vous êtes un modèle d’ascension jet set ?
Je ne suis pas vraiment jet set. Pour Cartier, je fais dans le mécénat culturel. Je refuse beaucoup de soirées à Paris et préfère rester avec mes enfants et ma famille. Professionnellement, je suis peut-être un modèle. J’ai commencé en tant que stagiaire et j’ai doucement appris mon métier. Et si autant de grands noms du cinéma me font encore confiance, c’est peut-être que je travaille bien.

 
 
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