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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Abseslam Kadiri

États-Unis. Le Sénat met Bush sous surveillance

Le sénateur républicain McCain (AFP)
Dure semaine pour Bush. D’un côté, l’affaire des prisons secrètes de la CIA prend de l’ampleur. Plusieurs pays (Suède, Espagne, Italie, Allemagne) ont diligenté des enquêtes et demandé des explications.
De l’autre, le Sénat demande des comptes à Bush. Ce lynchage tous azimuts reflète autant l’impopularité de l’invasion américaine que la crainte des républicains de la voir peser sur les élections de mi-mandat en 2006.
Mardi, le Sénat, soutenu par le vote républicain, a adopté plusieurs mesures pour renforcer son contrôle sur Bush, notamment sur l’Irak, la torture et Guantanamo. Le Sénat exige que Bush lui fournisse des rapports trimestriels sur la situation en Irak, car il attend de réels
progrès en 2006 dans le transfert de la sécurité aux autorités irakiennes. Pourtant, le Sénat a rejeté un calendrier de retrait des troupes. Chose dont s’est félicité Bush.
Autre signe d’agacement : les sénateurs vont autoriser les centaines de détenus de Guantanamo à contester, devant les tribunaux fédéraux, leur statut de “combattants ennemis”, non reconnu par le droit international. Enfin, le Sénat a confirmé l’amendement du sénateur républicain McCain, qui veut interdire tout traitement “cruel, inhumain et dégradant” des détenus. La découverte, dimanche, d’une prison secrète à Bagdad et la révélation de cas de torture parmi les 130 détenus va apporter de l’eau au moulin du sénateur. Abou Ghraïb reste dans les mémoires.


Gaza. Ouverture des frontières

La secrétaire d'état américaine Condoleezza Rice est parvenue à arracher, mardi, un accord entre Israël et les Palestiniens sur l'ouverture des frontières de la bande de Gaza, après d'intenses pourparlers, sous l'égide du quartette pour le Proche-Orient.
Cet accord va rouvrir le terminal de Rafah, point de passage entre la bande de Gaza et l'égypte, dès le 25 novembre, et mettre fin à l'enfermement de 1,3 million de Palestiniens. Rice a mis les bouchées doubles depuis lundi pour finaliser cet accord, le dossier étant resté en suspens depuis le retrait israélien de la bande de Gaza le 12 septembre. Ariel Sharon et Mahmoud Abbas se sont félicités de l’accord, qui a en revanche été dénoncé par le Hamas. Un port pourrait aussi être construit à Gaza. Par ailleurs, Sharon et Amir Peretz se sont entendus pour avancer les élections normalement, prévues en 2007, à début 2006.


Sénégal. Le Pinochet africain arrêté

L’ancien président tchadien Hissène Habré a été arrêté mardi à Dakar et a comparu dans la foulée devant la justice sénégalaise, dans le cadre d'un mandat d'arrêt international émis par la justice belge pour des atrocités commises dans les années 1980 au Tchad.
Sur la base d’une plainte déposée en 2000 par un Belge d’origine tchadienne, la justice belge a lancé le 19 septembre, un mandat d’arrêt international à l’encontre d’Habré, qui vit à Dakar depuis son renversement en 1990. Baptisé le “Pinochet africain” par ses opposants (40.000 morts sous sa présidence), Habré pourrait devenir le premier ancien chef d'état à devoir répondre de crimes contre l'humanité devant les tribunaux d'un autre pays. La justice sénégalaise va maintenant statuer sur son extradition vers la Belgique.



VITE !

Le prince Albert II a été intronisé solennellement jeudi à la tête de la Principauté de Monaco. Albert II veut lutter contre les infractions liées aux transactions financières, alors que Monaco est accusé d’être un paradis fiscal et de favoriser le blanchiment. Il a renouvelé son cabinet et compte donner un nouvel élan aux relations avec la France.

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Le match de qualification pour le Mondial 2006, Turquie-Suisse, a été suivi de violences entre les joueurs des deux équipes. Ces affrontements pourraient coûter cher à la Turquie, qui d’après Joseph Blatter, pourrait être exclue des qualifications du Mondial 2010. Après ce match houleux, les joueurs suisses ont couru vers leurs vestiaires et l’un d’eux a été blessé au bas-ventre, puis hospitalisé.


Égypte. La percée des Frères musulmans

Sans surprise, de larges fraudes ont permis au parti du président Moubarak de l’emporter lors du second tour des élections législatives. Sur 164 sièges, les caciques du PND en ont raflé 63 et comptent sur l’appui de 45 indépendants. Mais la grande surprise du scrutin est la percée historique des Frères musulmans. La confrérie, interdite mais tolérée, a gagné 34 sièges, soit 20% du total. “La victoire islamiste, loin d’être une menace pour le régime, l’arrange, en le faisant passer pour modéré”, déclare Hala Mustapha, rédactrice en chef de Dimuqratia. Le courant non islamiste sort laminé, victime de sa division alors qu'il a formé un front uni avec les libéraux du néo-Wafd, les marxistes de Tagamou et les Nassériens. Ces élections ont de plus été marquées par des cas de violence.


Tunisie. Exactions contre militants et journalistes

Qui pourra arrêter Ben Ali ? Alors que la Tunisie accueillait le Sommet mondial sur la société de l’information du 16 au 18 novembre, les agressions contre les défenseurs des droits de l’homme se sont poursuivies. Une manifestation de soutien au “mouvement du 18 octobre” a été violemment réprimée avant la tenue du sommet. Et pour la première fois, des journalistes étrangers ont fait les frais des ces méthodes. L’envoyé spécial du quotidien Libération a été aspergé de gaz lacrymogène, roué de coups puis poignardé en plein Tunis. Curieusement, il venait de publier un article sur le tabassage des militants des droits de l’homme en Tunisie. Quant à Robert Ménard, SG de Reporters sans frontières, il a été empêché de descendre de l’avion qui le ramenait de Paris.
Plusieurs pays ont rappelé la Tunisie à l’ordre, mais le ton n’est pas monté très haut. Il ne faudrait pas fâcher l’ami Ben Ali.


France. Retour au calme dans les banlieues

Retour à la normale en France, trois semaines après l’embrasement des banlieues de plusieurs grandes villes. Les violences, déclenchées par la mort accidentelle de deux adolescents en banlieue parisienne, sont désormais à la baisse. Le bilan reste toutefois très élevé : depuis le début des émeutes, 9000 véhicules ont été brûlés, près de 3000 personnes interpellées et l’état d’urgence a été prolongé de trois mois.
Une autre polémique agite aujourd’hui les esprits, suite à des propos tenus par le ministre délégué à l’Emploi, Gérard Larcher, et par le président du groupe UMP à l’Assemblée nationale, Bernard Accoyer. Le premier estime que les familles nombreuses et polygames entraînent parfois un comportement “anti-social” chez les jeunes, et le second considère que la polygamie est certainement l’une des causes des violences. De quoi susciter des réactions outrées, comme celle de Daniel Vaillant, député socialiste de Paris, qui réplique que “faire croire que le problème des banlieues, c’est la polygamie, c’est se moquer du monde”...

Paris, I.B.A




Lu pour vous.
L’UE doit faire peau neuve
(Newsweek, 15 novembre)

Fareed Zakaria

On a droit à deux types d’analyses pour comprendre les émeutes françaises. La première intègre les manifestations dans le grand choc des civilisations entre l’islam et l’Occident. “Falluja-sur-Seine ?”. Pourtant les émeutes n’ont rien à voir avec l’islam. Il n’y avait ni drapeau vert, ni slogans palestiniens. Les jeunes gens parlaient de respect, de travail et de discrimination, pas de jihad, de suicide ni de vierges au paradis.
La seconde analyse se focalise sur l’économie. La France a un taux de chômage renversant dans ses ghettos ethniques, allant de 15 à 30%. (…) La France a un problème de travail. Ce pays a le plus bas nombre d’heures travaillées par personne dans tout le monde industriel. Ce cocktail de chômage, de sous-emploi et de stagnation n’est pas un problème arabe, mais un problème français (…)
La crise française, c’est surtout un problème d’identité nationale. Aujourd’hui, l’Europe de l’Ouest a presque autant de citoyens étrangers que les états-Unis. Sauf que les pays d’Europe ne se considèrent pas comme des nations d’immigration. (...) Les Européens affirment qu’ils ont perdu leur vieille identité nationale, mais en ont-ils seulement une ? La France parle d’une république de valeurs, mais c’est plutôt une république de communautés cloisonnées. Trouver une solution est une question de survie pour l’Europe. Les “étrangers” sont des citoyens et ils doivent être intégrés.

 
 
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