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Festival. À l'école du cinéma
N° 201
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Hassan Hamdani

Festival. Ciné marocain dans le rétro

Marock (DR)
Tanger accueille du 2 au 10 décembre la huitième édition du festival national du film. Le rendez-vous des professionnels du cinéma marocain sera l’occasion de voir ou revoir toutes les productions nationales tournées entre juillet 2003 et octobre 2005 (longs métrages et courts métrages). L’aspect rétrospective du festival s’explique aisément. Le Maroc produit trop peu de films par an pour se permettre un festival d’inédits. L’intérêt de la manifestation est ailleurs. Ainsi, certains films en compétition n’ont jamais été vus au Maroc faute d’avoir trouvé un distributeur. C’est notamment le cas de Tenja de Hassan Legzouli qui a fait le tour des festivals étrangers, après avoir représenté le Maroc au Festival international du film de Marrakech en
2004. La manifestation tangéroise redonne également une seconde vie à des films sortis en salle, mais retirés très vite de l’affiche. C’est notamment le cas de Le regard de Nourredine Lakhmari qui a tenu à peine deux semaines. Tanger présentera cependant quelques nouveautés comme Juanita de Tanger de Farida Belyazid ou La symphonie marocaine de Kamal Kamal. L’homme aux deux prénoms a enfin achevé son film après moult reports. Espérons que le public marocain sera au rendez-vous. Il n’aura en tout cas aucune excuse en cas d’absence : le prix des billets est symbolique et les places nombreuses. En plus du cinéma Roxy, le cinéma Tarik de Beni Makada sera également mis à contribution. Ce dernier peut accueillir plus de 1000 spectateurs.


Dialogue. Jeddna Abraham

Children of Abraham est une association américaine qui a pour vocation le dialogue entre juifs et musulmans. Neuf étudiants juifs et neufs musulmans, sélectionnés à travers le monde, ont déjà entamé, grâce à Children of Abraham et via internet, un échange de points de vue sur leurs points communs et leurs différences. Le programme découverte devrait bientôt être étendu et toucher 40 à 50 jeunes. Un musulman iranien pourra ainsi dialoguer librement avec un juif d’Israël. L’association prépare aussi un livre de photos à partir de clichés pris par les étudiants du programme : “ces scènes de la vie quotidienne saisies sur le vif sont plus parlantes que bien des mots” explique Houda Abadi, une des responsables du projet. Marocaine, vivant à New York, elle est à l’heure actuelle au Maroc pour promouvoir les actions de Children of Abraham. Elle a d’ores et déjà rencontré André Azoulay, Serge Berdugo et a rendez-vous avec Nadia Yassine. Good luck Houda.


Philo. Du grec à l’arabe

Pensée grecque, culture arabe (Ed. Aubier) est un classique. Publié en 1998 par l’arabisant Dimitri Gutas, il vient (enfin) d’être traduit en français par le philosophe et historien marocain, Abdeslam Cheddadi. Ce livre explique l’essor intellectuel de Bagdad, comme berceau de traduction d’œuvres hellénistes. Contrairement aux idées reçues, cette période exceptionnelle (du milieu du VIII° à la fin du X° siècle) n’est pas le fruit d’une prédisposition d’esprit mais d’une demande émanant de l’Empire, des marchands, des bailleurs de fonds et enfin, de la société. L’humanisme né en Mésopotamie n’est donc pas un élan spontané du cœur.


Rave. Happy new peace !

Tous ceux pour qui Nouvel An veut dire être transit de froid toute la nuit avec seule la musique non-stop pour se réchauffer le cœur : rendez-vous au barrage Lalla Takerkoust pour la Rythms of Peace New Year Party : CPU, Gnawa Transexperience, Moon and Oum, Sonorphill et les DJ Driss, BuzzT, Dr Sam et Horam vous y attendent d le 31 décembre à 17 heures pétantes pour 24 heures de transe à 38 kilomètres de Marrakech, sur la route d’Amizmiz. 400 DH le ticket en pré-vente (du 25 novembre au 25 décembre dans les boutiques Diesel de Casa, Rabat et Marrakech), 550 DH sur place (à vous l’accès aux DJ sets, live acts, thé et canapés. Les plus puristes peuvent planter la tente). Plus d’info au 061 10 81 86 et sur www.rythmsofpeace.net.


Boulevard des jeunes. Programme en cours

ça sent le printemps ! À six mois du prochain Boulevard des jeunes musiciens, qu’accueillera du 1er au 4 juin 2006 le désormais célèbre tandem de stades RUC & COC à Casablanca, la programmation du rendez-vous urbain le plus underground de l’année se précise. Du côté de l’équipe, on annonce déjà les Britanniques ColdCut du célébrissime label Ninja Tune pour la soirée électro et nos amis d’Ifrikya pour la brûlante journée fusion. Côté metal, ça négocie sec pour Moon Spell et même System of Down. Bref, du très gros calibre. Dans la famille rap, la discrétion demeure de mise. La surprise du chef pour patienter : un probable partenariat BJM-GaroRock, festival bordelais avec lequel pourrait se mettre sur pied un savoureux échange de groupes, le temps de quelques concert. Avec, comme d’hab’, une petite place pour les imprévus.
Allez, soyez sport !


Cinémathèque. Art et essai à Tanger

Tanger accueillera au printemps 2006 une cinémathèque dans l’ancien cinéma Rif. Le lieu a été entièrement rénové et doté d’équipements modernes grâce aux bons soins de la photographe Yto Berrada. La salle de 450 places, dotée d’un écran géant, sera consacrée à des films grand public diffusés en version originale sous-titrée. La deuxième salle d’une capacité de 65 places sera davantage art et essai. Tous les genres y seront à l’honneur, du documentaire à la vidéo en passant par le cinéma d’animation. En projet, des cycles consacrés à Chris Marker, Agnès Varda, Peter Watkins… Les matinées et les week-ends seront réservés aux bambins avec des classiques comme Le roi et l’oiseau de Paul Grimault et des films d’animation plus récents, mais tout aussi exigeants que Kirikou la sorcière de Michel Ocelot. www.cinemathequedetanger.com


Kiosque. Au cœur de la matrice

La revue trimestrielle Matrice des arts vient enrichir la presse marocaine. En kiosque à partir de jeudi prochain, le premier numéro du magazine veut “promouvoir la peinture marocaine dans toutes ses facettes” précise Abderrahim Benhamza, l’un des responsables du projet. On y retrouve des portraits de grands pionniers de la peinture marocaine comme Chaibia, Nabili, Mellakh et Hassan Glaoui. Matrice des Arts met aussi un coup de projecteur sur les jeunes peintres marocains moins connus. Abdelaziz Nadi inaugure cette rubrique découverte. Le numéro 1 contient également une interview de Sakina Rharib, ex-directrice du Musée de Marrakech. Elle y fait le point sur les musées marocains, parents pauvres de la culture. Longue vie au nouveau-né.


Prologues. L’islamisme soft et ultra

L’islamisme politique et le radicalisme religieux est le thème autour duquel la revue Prologues organise une rencontre fermée entre chercheurs marocains et américains, lundi 28 novembre. Outre les spécialistes marocains de la question (Tozy, El Ayadi, darif, Moudden, Benabdellaoui) et leur hôte Mohamed Sghir Janjar, prennent part des membres de think tanks américains versés dans la question (Hudson Institute, Center for islam and the future of the muslim world). Cette confrontation de points de vue permettra, au vu des organisateurs, de dépasser le regard maroco-marocain et intra-musulman posé sur le phénomène.


Casablanca. La culture pour tous

Deux bonnes nouvelles pour les amoureux de la culture à Casablanca. Le Conseil de la ville vient de voter deux amendements qui prendront effet en janvier 2006. Le premier permettra aux troupes de théâtre d’accéder à tous les complexes culturels moyennant 15% de la recette (si recette il y a). Plus besoin de payer 2000 DH comme droits de location. Dorénavant, c’est de la vieille histoire. Deuxième bonne nouvelle, l’accès aux bibliothèques municipales ne nécessitera que la modique somme de 10 DH par an (au lieu de 50 DH). Avis aux
lecteurs. Merci qui ? Hicham Abqari, Monsieur culture de la ville. Il a proposé et les élus ont disposé.


De l’art d’exposer

Durant le week-end du 3 et 4 décembre, architectes, architectes d’intérieur, designers, plasticiens et professionnels de l’exposition se réuniront lors d’un workshop consacré au processus d’élaboration des expositions. Philippe Delin, architecte-scénographe, animera ces deux journées de réflexion à l’Hôtel des Arts de Dar Bouazza.


Sur la corde raide

Le Festival international des cordes pincées est en péril. Alors que sa dixième édition fête la femme de toutes les cultures, son directeur Saïd Laghzaoui risque de jeter l’éponge. Pourquoi ? Grand musicien, il n’a pas suffisamment d’influence pour pousser les bailleurs de fonds à le suivre. Résultat, il paie de sa poche, parfois.


Solidarité musicale

Passionnés de musique, unissez vous! Pour soutenir un ami musicien dont le père est à l’hôpital après un grave accident, l’Association culturelle et artistique laïque (ACAL) organise une série de concerts de solidarité. Acte I avec Mazagan et Hoba Hoba Spirit, le samedi 2 décembre au complexe ZafZaf, Maârif, Casa. 50 DH. On compte sur vous!



Humeur : Hey Mister DJ

Par Hassan Hamdani

Dans les livres d'histoire, l'Andalousie est un période glorieuse pour le monde musulman. Nous n'en doutons pas un instant, mais de cette civilisation brillante, il ne reste que quelques vieilles pierres et une musique temesta. On excusera notre inculture, mais le grand art musical andalou, pour une oreille non experte, c'est surtout cette musique d'ascenseur qui accompagne les repas de mariage, le ftour du ramadan ou ce bel entraînement à la sieste d'après couscous du vendredi. Un bruit de fond qui ne gêne en rien la mastication, des sons qui fusionnent à merveille avec les ronflements d'après déjeuner. Un tel acharnement à endormir les Marocains sent le complot à plein nez. Et pour cause, la musique andalouse est un art de cour qui entretient des rapports étroits avec le makhzen depuis toujours. L'association des amateurs de la musique andalouse du Maroc a été portée sur les fonds baptismaux par Hassan II lui-même et une bonne dizaine de ministres de l'époque. Ceci au lendemain de l'indépendance. Pour parachever son côté musique courtisane, elle a aussi son festival, soutenu par trois conseillers royaux, quand le festival d'Essaouira n'en a qu'un et le festival de la Aïta de Khmiss Zmamra aucun. Hassan II était un formidable DJ. Il avait trouvé la bande-son idéale pour éviter toute velléité de rébellion. ça fait Zzzzz...




Le livre

Kamal est mort. Les obsèques mettent en scène son père le nationaliste Si Driss, sa fratrie, Habib, Ghita, son maître Si Abed et bien d’autres frères d’armes de la résistance. Réunis et solitaires à la fois, tous ruminent, dans le salon vert, leurs histoires, personnelles ou héroïques, avec Kamal. Ce procédé littéraire (plutôt classique) s’avère de prime abord distrayant. Mais au fil des pages, le récit fait du sur-place et le ton nostalgique prend le dessus. Certes, la diversité des points de vue maintient une certaine curiosité mais le propos du roman se délite. Pourtant, l’auteur (Farouk Benbrahim), à son premier essai à 62 ans, ne manque pas de subtilité.

F. Benbrahim : Les enfants du salon vert (Ed. L’Harmattan)




Agenda.

Clubing au Pacha de Marrakech avec la soirée Defected le 2 décembre. Dj invité, Sandy Riviera.

Conférence-débat, 1945-2005 : l’ONU en question, le 2 décembre à 18h30 à l’institut des Hautes Etudes de Management de Rabat.

Danse contemporaine avec Nichane ni rien, un quatuor d’hommes. Au Théâtre 121 de l’IF de Casablanca le 29 novembre à 20h30 et le 30 novembre à 15h00 et 20h30.

Spectacle pour enfants avec Plus d’école d’Emmanuel Darley à l’IF de Casablanca le 2 décembre à 15 h00 et le 3 décembre à 10h00 et 17h00.

Blandine Ménard clôturera le festival des cordes pincées le 26 novembre à 20h00 à la salle Bahnini de Rabat.

Maria-Jose Combras expose à la Galerie bleue de Marrakech jusqu’au 3 décembre.

Festival Casaandalouse. Le 1er décembre à 21h00 à l’Office des changes de Casablanca : Lotfi Bouchnak, Chabab Al Andalous, Ahmed Pirou, Mohamed Bajedoub et Amine Doupy. Le 2 décembre à 21h00 : Salim Fergani et Omar M’tioui. Concerts également à la préfecture de Hay Hassani le 1er décembre à 20h30 avec l’Orchestre de Tanger, Omar M’tioui, du Fado et Al Mouraria. À la préfecture de Aïn Sebaâ le 1er décembre à 20h30 avec l’Orchestre Abdelkarim Raïss. Au théâtre de Mohammedia le 2 décembre à 20h30 avec l’Orchestre du Conservatoire de Tétouan, l’Orchestre Baath de Fes, Mehdi Chahchoua, Fettah Benmoussa et l’Orchestre de Lotfi Bouchnak.

Vernissage de l’exposition de Younès Rahmoun le 1er décembre à 18h30 à l’espace d’art Le Cube au Centre Autrichien de Rabat, 11 rue Benzerte.

 
 
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